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Notre-Dame de Chrétienté - pèlerinage de Pentecôte de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres

     
 

vendredi 21 avril 2017

A la veille des élections : Prière pour la France du Cardinal Pacelli (pape Pie XII)

20170421CardinalPacelli1937.jpgÔ Mère céleste, Notre-Dame, vous qui avez donné à cette nation tant de gages insignes de votre prédilection, implorez pour elle votre Divin Fils : ramenez-la au berceau spirituel de son antique grandeur, aidez-la à recouvrer, sous la lumineuse et douce étoile de la foi et de la vie chrétienne, sa félicité passée, aidez-la à s’abreuver aux sources où elle puisait jadis cette vigueur surnaturelle, faute de laquelle les plus généreux efforts demeurent fatalement stériles, ou tout au moins bien peu féconds : qu’elle s’unisse à tous les gens de bien des autres peuples, parvienne à s’établir ici-bas dans la justice et dans la paix, en sorte que, de l’harmonie entre la patrie de la terre et la patrie du Ciel, naisse la véritable prospérité des individus et de la société toute entière.

Regina pacis ! Oh ! Oui! En ces jours où l’horizon est tout chargé de nuages qui assombrissent les coeurs les plus trempés et les plus confiants, soyez vraiment, au milieu de ce peuple qui est vôtre, la Reine de la paix ; écrasez de votre pied virginal le démon de la haine et de la discorde ; faites comprendre au monde, où tant d’âmes droites s’évertuent à édifier le temple de la paix, le secret qui seul assurera le succès de leurs efforts : établir au centre de ce temple le trône royal de votre Divin Fils, et rendre hommage à sa loi sainte, en laquelle la justice et l’amour s’unissent en un chaste baiser, justitia et pax osculatae sunt (justice et paix s’embrassent). Et que par vous la France, fidèle à sa vocation, soutenue dans son action par la puissance de la prière, par la concorde dans la charité, par une ferme et indéfectible vigilance, exalte dans le monde le triomphe et le règne du Christ, Prince de la Paix, Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Amen




jeudi 20 avril 2017

Vidéoformation NDC n°56: La Virginité de la Très Sainte Vierge Marie

Entretien avec Monseigneur Rudolf Michael Schmitz,
vicaire général de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

Fiche résumé:

vf56-video-mini.jpg » lien direct vers la vidéo




vendredi 14 avril 2017

Appel de Chartres n°209


Message privé aux pèlerins français…


herve-rolland2012.jpgChers pèlerins (et candidats-pèlerins) français, permettez-moi de vous adresser un message direct !

Comme nous sommes dans la joie de Pâques, dans l’immensité de la Résurrection de Notre Seigneur, il m’est facile de vous proposer un programme simple : prolonger cette joie, et l’accompagner de l’envie et de la fierté. Pourquoi ces trois priorités ? Parce que ce sont celles qui nous manquent le plus en ce moment.

La joie tout d’abord,
afin que nous, Français, puissions lutter contre notre penchant favori : râler… Les Français ne font presque plus que cela ! Bien entendu, les motifs pour se plaindre sont nombreux et ces derniers mois ont vu se multiplier les mauvaises nouvelles, jusqu’à l’horreur d’un prêtre assassiné à l’autel. On peut aussi évoquer les attaques continuelles contre la Vie, la Famille, l’école, l’autorité, dénoncer la paralysie de certains responsables politiques, détailler les difficultés économiques, bref, on peut multiplier les raisons d’être inquiet.

Pourquoi râle-t-on ? Parce qu’on a peur, tout simplement. Voilà pourquoi on trouve si facilement des ‘camarades de râlerie’, grande spécialité française. Avec eux, on partage ses frustrations et on essaie de vider sa peur. Râler nous met en sécurité, surtout râler à plusieurs. Arrêter de râler, c’est changer d’état d’esprit, c’est reprendre sa vie en main. Oui, le monde est anxiogène, mais a-t-il vraiment existé un âge d’or où ‘c’était mieux avant ?’. Nos frères chrétiens durement persécutés aujourd’hui dans tant de pays (on parle de 215 millions d’entre eux !) ne subissent-ils pas un sort bien plus grave que le nôtre ?

Cette attitude de peureux et de geignards ne convient à des chrétiens : Jean-Paul II a été clair. Lui qui affronta directement la tyrannie, en fit son premier message de Pape élu: ‘N’ayez pas peur’.

Retrouvons l’envie.
L’envie de dire au monde, à nos contemporains qu’il y a aussi une Bonne Nouvelle, que Dieu nous attend dans l’éternité, qui commence aujourd’hui. Que sa Mère, la Sainte Vierge, tant de fois apparue sur notre terre de France, nous regarde et parle pour nous à son Fils. Elle qui de son ‘Fiat’ librement donné, a changé l’histoire de l’humanité. C’est elle, la Mère de Dieu, que nous prierons sur les routes de Chartres en juin.
Si nous n’annonçons pas l’Evangile, avec joie, si nous n’en avons pas envie, qui le fera ?

Nous avons envie que les choses changent ? Alors, ayons envie de partager le bonheur d’être catholiques. Pour cela, mobilisons-nous, préparons notre pèlerinage, invitons-y nos amis, des camarades d’école, d’université, de travail. Dites-leur « Venez et voyez ».

Enfin, la fierté.
On nous observe, on nous regarde passer sur les routes. Lisez les témoignages de Français convertis à l’Islam : pour la plupart d’entre eux, c’est la fierté affichée par les Musulmans qui a été déterminante. Et nous, qui portons l’amour du Christ, Dieu fait homme, celui qui est la Voie, la Vérité, la Vie, montrons-nous une telle fierté ?

Français, notre patrie est ‘fille aînée de l’Eglise’, elle lui a donné tant de saints. Notre fierté, partageons-la ! A chaque Pentecôte, nous déployons nos étendards, nos croix, nos bannières, nous prions et nous chantons : parce que nous sommes heureux et fiers d’appartenir au Christ et à son Eglise, et de l’annoncer haut et fort. Et fiers d’être Français, le ‘pays que Dieu aime’.

Oui, ‘Vive le Christ qui aime les Francs’, proclame déjà la loi de Clovis.

Français, rendez-vous samedi 3 juin 6h30 à ND de Paris, avec tous ceux que vous aurez invités.

Ps : chers pèlerins étrangers qui lisez cette tribune, vous serez là aussi et nous nous réjouissons de vous retrouver !

Hervé Rolland
Délégué Général NDC




mercredi 12 avril 2017

Message de notre Aumonier Général à l'approche de Pâques


Resurrectionis consortia mereamur!


ndc2016102.jpgChers pèlerins,

Les inscriptions sont lancées! Je vous encourage à faire la vôtre dès maintenant, tant pour profiter des conditions avantageuses que pour faciliter la tâche des "Marthe" du pèlerinage.

Je vous souhaite une belle montée vers Pâques. 

Quelle belle chose que de suivre pas à pas le Seigneur, "en temps réel", au fil de la liturgie qui déploie devant nos yeux émerveillés le grand mystère de Rédemption, et nous plonge dans les abîmes de l'amour miséricordieux infini! 

Je vous encourage à "dégager" autant que faire se peut les saints jours, afin de pouvoir participer aux beaux offices de l'Eglise, et de préparer une bonne communion pascale par une belle confession. 

Nous nous agenouillons et nous courbons sous le poids de nos misères, afin d'être debouts au pied de l'autel dans la lumière de Pâques. Ayons à coeur de vivre intérieurement ces attitudes liturgiques.

Communier, c'est recevoir le Christ tout entier, vivant et glorieux. 

Se confesser, c'est reconnaitre que l'on est tombé spirituellement, et se laisser relever par la main invisible de Dieu; sa grâce actuelle, sa miséricorde "tendue" vers nous, appliquée à nous dans l'absolution.

A Pâques, nous devons tous "ressusciter" intérieurement avec le Seigneur. "Resurrectionis consortia mereamur - Puissions-nous mériter de participer à la Sainte Résurrection du Seigneur". L'oraison du Dimanche des Rameaux nous dit l'essentiel en 3 mots.

Enfin, je vous annonce que vos prières pour le petit Stanislas Trochu et sa famille ont été entendues; son "relèvement" se poursuit lentement, il reprend peu à peu conscience et commence une rééducation encourageante. Deo gratias!

Que Dieu vous bénisse, en union de prière avec les pèlerins d'hier, aujourd'hui et demain, chaque premier dimanche du mois à la Messe,

Abbé Alexis Garnier
Aumonier General
Notre Dame de Chrétienté




Lundi 10 avril 2017

1er et 2 avril - Récollection des régions Provence-Languedoc et Rhône-Alpes

20170411RecollectionBarroux2.jpgSamedi 1er et dimanche 2 avril, une trentaine d'encadrants des chapitres adultes et familles des régions Provence-Languedoc et Rhône-Alpes se retrouvaient à l'Abbaye Notre-Dame de l'Annonciation du Barroux, pour la traditionnelle récollection de préparation au pèlerinage de Chartres.
Le directeur des Pèlerins et son adjoint pour les chapitres de province avaient fait le déplacement pour nous encourager et montrer le soin qu'ils apportent à entretenir notre réseau d'amitié.
Nous avons pu appréhender le - magnifique ! -thème du pèlerinage "Sainte-Marie, Mère de Dieu", grâce aux instructions de nos deux aumôniers de région, le Père Hilaire, de l'Abbaye Lagrasse, et l'Abbé Toulza, de la Fraternité Saint-Pierre.
Les deux chefs de régions ont pu, quant à eux, former les chefs de chapitre et adjoints sur la gestion plus technique des trois jours du Pèlerinage.
Dans une "ambiance pèlerine", amitié chrétienne et convivialité furent de bons ingrédients pour nous former et pour prier dans un cadre porteur malgré une météo moins heureuse... Téléphone coupés et cigarettes au placards, tous étaient plus disponibles à l'écoute des instructions !
A présent, en route vers le pélé, vivement le 3 juin !
Amitiés et union de prières.

Prouvençau e catouli, nosto fe, nosto fe n’a pas fali




samedi 08 avril 2017

Chartres 2017: les inscriptions sont ouvertes!


Chers amis pèlerins,

affiche2017_300.jpgNous avons le plaisir de vous annoncer que les inscriptions en ligne pour notre 35e pèlerinage de Pentecôte les 3, 4 et 5 juin 2017 sont ouvertes.

Le pèlerinage aura pour thème : Sainte Marie, Mère de Dieu.

Nous sommes de plus en plus nombreux à faire le pèlerinage de Chrétienté! L'organisation du pèlerinage, les contraintes de logistique et de sécurité, les impératifs d'encadrement, représentent une charge de travail très importante pour les centaines de bénévoles de Notre-Dame de Chrétienté qui se dévouent toute l'année.

Vous pouvez nous aider, en vous inscrivant, à partir du dimanche des Rameaux dès le 9 avril 2017 sur cette page.

Pour les pèlerins des chapitres FAMILLES, ENFANTS, PASTOUREAUX, nous vous demandons de vous inscrire avant le 25 mai 2017, le nombre de places étant limité. Passé ce délai, nous ne serons pas en mesure de vous garantir une place dans ces chapitres.

Nous vous invitons, dans un esprit missionnaire auquel nous appelle le pape François, à convaincre vos amis de venir prier et marcher cette année sur la route de Chartres, en particulier ceux qui n’ont jamais fait le pèlerinage.

Vous avez jusqu’au 7 mai inclus pour bénéficier d’un tarif préférentiel.


Par ailleurs, nous recherchons des bonnes volontés pour renforcer les équipes des services (équipes mobiles, chauffeurs avec ou sans véhicules pour le transport des pèlerins, service d'ordre, équipes installations…). Pour plus d’explications, consultez cette page. N’oubliez pas d’indiquer le service que vous souhaitez rejoindre lors de votre inscription en ligne.

Nous avons également besoin de cheftaines (jeunes filles âgées d’au moins 15 ans) pour encadrer les chapitres enfants, et de jeunes adultes pour encadrer les chapitres pastoureaux.

  • Pour proposer votre aide au responsable des chapitres enfants, cliquez ici.
  • Pour proposer votre aide au responsable des chapitres pastoureaux, cliquez ici.


Merci d’avance pour votre contribution à la réussite de ce 35e pèlerinage !




mercredi 05 avril 2017

Vidéoformation NDC n°55: L'Immaculée Conception

Entretien avec l'abbé Paul Giard,
prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

Fiche résumé:

vf55-video-mini.jpg » lien direct vers la vidéo




mardi 04 avril 2017

Appel de Chartres n°208


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Le pèlerinage de Chartres, un rendez-vous incontournable !


adc208-2.jpgOn me demande pour quelle raison, chaque année, à la Pentecôte, je sors de mon placard mes chaussures de marche, mon gros sac, mon tapis de sol et mon duvet.
Pourquoi, alors que les beaux jours arrivent, je décide tous les ans de marcher de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres.
Comme de nombreux pèlerins et pèlerines, j’ai fait de ce pèlerinage un rendez-vous incontournable car j’aime retrouver cette ferveur que tous partagent, en particulier les enfants, malgré leur fatigue. J’aime faire une pause dans un quotidien qui va toujours trop vite. J’aime me dire que Jésus est heureux de nous voir marcher en chantant, assister à la Sainte Messe et qu’Il se réjouit de toutes ces âmes qui reviennent à Lui.
Mais, par-dessus tout, je marche parce que je crois qu’il n’y a pas de prière plus efficace qu’une souffrance offerte joyeusement pour l’amour du Bon Dieu. La vie nous donne des occasions de souffrir - personne n’est épargné - mais c’est si difficile d’offrir cette souffrance à Jésus. Dans le cadre d’un pèlerinage, la douleur des pieds et la fatigue sont toutes tournées vers le Bon Dieu.
Sainte Teresa de Calcutta nous a enseigné de très jolies choses sur la souffrance : « Je dis toujours aux gens qui souffrent que la souffrance est un baiser de Jésus, un signe qu'ils sont tout près de Lui sur la croix, tellement près, que là, Jésus peut les embrasser ».
Qui pourrait désirer autre chose que cela ?

adc208-3.jpgVenir marcher sur les routes de Chartres, c’est faire en sorte de se rapprocher du Cœur de Jésus, par l’intermédiaire de sa maman qui est chantée, louée et honorée pendant trois jours. Trois jours de rosaires, de méditations, d’invitation à une plus grande intimité avec son Créateur.
Votre cœur est chargé de peine ? Alors n’hésitez plus ! Prenez à votre tour vos chaussures de marche, votre gros sac, votre tapis de sol et votre duvet.
N’ayez pas peur de ne pas y arriver, le Christ marchera à nos côtés. « Apporte toutes tes souffrances à ses pieds », nous encourage mère Teresa. « Ouvre seulement ton cœur pour qu'Il t'aime tel que tu es ; Il fera le reste ».

Faisons-lui confiance et marchons joyeusement pour la plus grande gloire de Dieu à la suite de Charles Péguy dans les bras de la Vierge Marie. « Partir, marcher droit, arriver quelque part », écrivait-il. « Arriver ailleurs plutôt que de ne pas arriver. Arriver où on n’allait pas plutôt que de ne pas arriver. Avant tout arriver. Tout plutôt que de vaguer. »

Bon carême à tous !

Marine Rondot
Une pèlerine

Présentation de la Beauce à ND de Chartres


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« … Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce ont fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.
Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours,
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois.
Et toute leur séquelle et toute leur volaille



Nous arrivons vers vous du lointain Parisis.
Nous avons pour trois jours quitté notre boutique,
Et l’archéologie avec la sémantique,
Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous du lointain Beauvaisis.
Nous avons pour trois jours laissé notre négoce,
Et la rumeur géante et la ville colosse,
D’autres viendront vers vous du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous de Paris capitale.
C’est là que nous avons notre gouvernement,
Et notre temps perdu dans le lanternement,
Et notre liberté décevante et totale.

Nous arrivons vers vous de l’autre Notre Dame,
De celle qui s’élève au cœur de la cité,
Dans sa royale robe et dans sa majesté,
Dans sa magnificence et sa justesse d’âme. »

Charles Péguy




samedi 01 avril 2017

Restaurer la Liturgie - un message du Cardinal Robert Sarah

Nous reproduisons ci-dessous un article que vient de publier "l'Homme nouveau". Nous saisissons l'occasion pour remercier "l'Homme nouveau" pour la qualité de son travail d'information et de réinformation.
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Restaurer la Liturgie

Cardinal Robert Sarah







Du 29 mars au 1er avril se tiennent à Herzogenrath, au nord d'Aix-la-Chapelle, les 18èmes rencontres liturgiques de Cologne, organisées par l'abbé Guido Rodheudt. Ne pouvant être présent lors de cette rencontre, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin, a adressé aux organisateurs un message substantiel que nous reproduisons ci-dessous avec son autorisation.

Je désire avant tout remercier du fond du cœur les organisateurs du Colloque intitulé : « La source de l’avenir », à l’occasion du 10e anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI, à Herzogenrath, car ils me permettent d’introduire votre réflexion sur ce sujet si important pour la vie de l’Eglise, et, plus particulièrement, l’avenir de la liturgie ; je le fais avec une grande joie. Je voudrais saluer très cordialement tous les participants à ce Colloque, en particulier les membres des associations suivantes, dont les noms sont mentionnés sur l’invitation que vous avez eu la grande bonté de m’envoyer, en espérant n’en oublier aucune. Il s’agit de l’Association Una Voce-Allemagne, du Cercle catholique des Prêtres et Laïcs des Archidiocèses de Hambourg et de Cologne, de l’Association Cardinal Newman, du Réseau des prêtres de la paroisse catholique sainte Gertrude de Herzogenrath. Comme je l’écrivais à M. l’abbé Guido Rodheudt, curé de la paroisse sainte Gertrude de Herzogenrath, je regrette beaucoup d’avoir dû renoncer à participer à votre Colloque à cause d’obligations qui sont survenues à l’improviste et se sont ajoutées à un agenda déjà bien chargé. Toutefois, croyez bien que je serai parmi vous par la prière : celle-ci vous accompagnera chaque jour, et, bien entendu, vous serez tous présents à l’offertoire de la sainte messe quotidienne que je célébrerai durant les quatre jours de votre Colloque, du 29 mars au 1er avril. Je vais donc de mon mieux introduire vos travaux par une brève réflexion sur la manière dont il convient d’appliquer le motu proprio Summorum Pontificum dans l’unité et la paix.

Restaurer la liturgie


Comme vous le savez, ce que l’on a appelé, au début du XXe siècle, le « mouvement liturgique », ce fut cette volonté du pape saint Pie X, exprimée dans un autre motu proprio, intitulé Tra le sollicitudini (1903), de restaurer la liturgie pour en rendre les trésors plus accessibles, et qu’elle redevienne ainsi la source d’une vie authentiquement chrétienne. D’où la définition de la liturgie comme « sommet et source de la vie et de la mission de l’Église » présente dans la Constitution sur la sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II (n. 10). Et on ne répétera jamais assez que la liturgie, en tant que sommet et source de l’Église, trouve son fondement dans le Christ lui-même. En effet, Notre Seigneur Jésus-Christ est l’unique et définitif Souverain Prêtre de l’Alliance Nouvelle et Éternelle, puisqu’Il s’est offert lui-même en sacrifice, et « par une oblation unique a rendu parfaits pour toujours ceux qu’Il sanctifie » (cf. He 10, 14). Ainsi, comme le déclare le Catéchisme de l’Église catholique, « C’est le Mystère du Christ que l’Église annonce et célèbre dans la liturgie, afin que les fidèles en vivent et en témoignent dans le monde » (n. 1068). C’est dans ce cadre du « mouvement liturgique », dont l’un des plus beaux fruits fut la Constitution Sacrosanctum Concilium, qu’il convient de considérer le motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007, dont nous sommes heureux de célébrer cette année, avec grande joie et action de grâce, le dixième anniversaire de sa promulgation. On peut donc affirmer que le « mouvement liturgique » initié par le pape saint Pie X ne s’est jamais interrompu, et qu’il continue encore de nos jours à la suite de la nouvelle impulsion qui lui a été conférée par le pape Benoît XVI. A ce sujet, on peut mentionner le soin particulier et l’attention personnelle, dont il faisait preuve en célébrant la sainte liturgie en tant que pape, puis, ses références fréquentes, dans ses discours, concernant sa centralité dans la vie de l’Église, et, enfin, ses deux documents magistériels Sacramentum Caritatis et Summorum Pontificum. En d’autres termes, ce que l’on appelle l’aggiornamento liturgique (« aggiornamento » est un terme italien qui signifie littéralement : « mise à jour ». Nous avons fêté le cinquantième anniversaire de la Constitution sur la sainte Liturgie du concile Vatican II Sacrosanctum Concilium en 2013, puisque celle-ci a été promulguée le 4 décembre 1963) a été en quelque sorte complété par le motu proprio Summorum Pontificum du Pape Benoît XVI. De quoi s’agissait-il ? Le pape émérite établissait la distinction entre deux formes du même rite romain : une forme dite « ordinaire », qui concerne les textes liturgiques du Missel Romain révisés suivant les indications du concile Vatican II, et une forme dénommée « extraordinaire », qui correspond à la liturgie qui avait cours avant l’aggiornamento liturgique. Ainsi, actuellement, dans le rite romain ou latin, deux Missels sont en vigueur : celui du bienheureux Pape Paul VI, dont la troisième édition date de l’an 2002, et celui de saint Pie V, dont la dernière édition, promulguée par saint Jean XXIII, remonte à 1962.

Pour un enrichissement mutuel


Dans la Lettre aux évêques accompagnant le motu proprio, le pape Benoît XVI précisait bien que sa décision de faire coexister les deux missels n’avait pas seulement pour but de satisfaire le désir de certains groupes de fidèles attachés aux formes liturgiques antérieures au concile Vatican II, mais aussi de permettre l’enrichissement mutuel des deux formes du même rite romain, c’est-à-dire non seulement leur coexistence pacifique, mais encore la possibilité de les perfectionner en mettant en évidence les meilleurs éléments qui les caractérisent. Il écrivait notamment que « les deux formes d’usage du rite romain peuvent s’enrichir réciproquement: dans l’ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces… Dans la célébration de la messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers la forme ancienne du rite romain ». C’est donc dans ces termes que le pape émérite manifestait son désir de relancer le « mouvement liturgique ». Dans les paroisses où le motu proprio a pu être mis en œuvre, les curés témoignent de la plus grande ferveur autant chez les fidèles que chez les prêtres, comme l’abbé Rodheudt lui-même peut en témoigner. On a pu noter également une répercussion et une évolution spirituelle positive dans la manière de vivre les célébrations eucharistiques selon la forme ordinaire, en particulier la redécouverte des attitudes d’adoration envers le Saint Sacrement : agenouillement, génuflexion…, et aussi un plus grand recueillement caractérisé par ce silence sacré qui doit marquer les moments importants du Saint Sacrifice de la messe pour permettre aux prêtres et aux fidèles d’intérioriser le mystère de la foi qui est célébré. Il est vrai aussi qu’il faut fortement encourager et faire œuvre de formation liturgique et spirituelle. De même, il faudra promouvoir une pédagogie parfaitement ajustée pour dépasser un certain « rubricisme » trop formel en expliquant les rites du Missel tridentin à ceux qui ne le connaissent pas encore, ou le connaissent d’une manière trop partielle et parfois… partiale. Pour cela, il est opportun et urgent de mettre au point un missel bilingue latin-langue vernaculaire, en vue d’une participation pleine, consciente, intime et plus fructueuse des fidèles aux célébrations eucharistiques. Il est aussi très important de souligner la continuité entre les deux missels par des catéchèses liturgiques appropriées... Beaucoup de prêtres témoignent qu’il s’agit d’une tâche stimulante, car ils sont conscients de travailler au renouveau liturgique, en apportant leurs propres pierres au « mouvement liturgique », dont nous parlions tout à l’heure, c’est-à-dire, en réalité, à ce renouveau spirituel et mystique, et donc missionnaire, voulu par le concile Vatican II, et auquel nous appelle avec vigueur le Pape François. La liturgie doit donc toujours se réformer pour être plus fidèle à son essence mystique. Mais la plupart du temps, cette « réforme » qui s’est substituée à la véritable « restauration » voulue par le concile Vatican II, a été réalisée avec un esprit superficiel et sur la base d’un seul critère : supprimer à tout prix un héritage devant être perçu comme totalement négatif et dépassé afin de creuser un abîme entre l’avant et l’après-Concile. Or, il suffit de reprendre la Constitution sur la sainte Liturgie et de la lire honnêtement, sans en trahir le sens, pour voir que le véritable but du concile Vatican II n’était pas d’engager une réforme qui puisse devenir l’occasion d’une rupture avec la Tradition, mais bien au contraire, de retrouver et de confirmer la Tradition en sa signification la plus profonde. De fait, ce que l'on appelle la « réforme de la réforme » et qu'on devrait peut-être appeler plus précisément « l’enrichissement mutuel des rites », pour reprendre une expression du magistère de Benoît XVI, est une nécessité avant tout spirituelle. Et elle concerne bien évidemment les deux formes du rite romain. Le soin particulier à apporter à la liturgie, l’urgence de tenir en haute estime et de travailler à sa beauté, sa sacralité et au maintien d’un juste équilibre entre fidélité à la Tradition et légitime évolution, et donc en rejetant absolument et radicalement toute herméneutique de discontinuité et de rupture ; ce sont là le cœur et les éléments essentiels de toute liturgie chrétienne authentique. Le cardinal Joseph Ratzinger a inlassablement répété que la crise qui secoue l’Église, depuis une cinquantaine d’années, principalement depuis le concile Vatican II, est liée à la crise de la liturgie, et donc à l’irrespect, à la désacralisation et à l’horizontalisation des éléments essentiels du culte divin. « Je suis convaincu, écrit-il, que la crise de l’Eglise, que nous vivons aujourd’hui, repose largement sur la désintégration de la liturgie » (Joseph Ratzinger, Ma vie. Souvenirs 1927-1977, Fayard, p. 135) Certes, le concile Vatican II a voulu promouvoir une plus grande participation active du peuple de Dieu et faire progresser de jour en jour, la vie chrétienne chez les fidèles chrétiens (cf. Sacrosanctum Concilium, n. 1). Certes, de belles initiatives ont été réalisées dans ce sens. Pourtant, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le désastre, la dévastation et le schisme que les promoteurs modernes d’une liturgie vivante ont provoqués en remodelant la liturgie de l’Église selon leurs idées. Ils ont oublié que l’acte liturgique est, non seulement une PRIÈRE, mais aussi et surtout un MYSTÈRE dans lequel se réalise pour nous quelque chose que nous ne pouvons comprendre pleinement, mais que nous devons accepter et recevoir dans la foi, l’amour, l’obéissance et un silence adorateur. Et c’est cela le véritable sens de la participation active des fidèles. Il s’agit non pas d’une activité seulement extérieure, d’une répartition des rôles ou des fonctions dans la liturgie, mais plutôt d’une réceptivité intensément active : la réception est, dans le Christ et avec le Christ, l’offrande humble de soi dans la prière silencieuse, et une attitude pleinement contemplative. La grave crise de la foi, non seulement au niveau des fidèles chrétiens, mais aussi et surtout chez nombre de prêtres et d’évêques, nous a mis dans l’incapacité de comprendre la liturgie eucharistique comme un sacrifice, comme l’acte identique, accompli une fois pour toutes par Jésus-Christ, rendant présent le Sacrifice de la Croix d’une manière non-sanglante, partout dans l’Église, à travers les divers temps, lieux, peuples et nations. On a souvent la tendance sacrilège de réduire la sainte messe à un simple repas convivial, à la célébration d’une fête profane et à une autocélébration de la communauté, ou pire encore, à un divertissement monstrueux contre l’angoisse d’une vie qui n’a plus de sens ou contre la peur de rencontrer Dieu face à face, parce que son regard dévoile et nous oblige à regarder en vérité et sans dissipation la laideur de notre intériorité. Mais la sainte messe n’est pas un divertissement. C’est le sacrifice vivant du Christ mort sur la Croix pour nous libérer du péché et de la mort et en vue de révéler l’amour et la gloire de Dieu le Père. Beaucoup ignorent que la finalité de toute célébration est la gloire et l’adoration de Dieu, le salut et la sanctification des hommes, puisque, dans la liturgie « Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés » (Sacrosanctum Concilium, n. 7). Cet enseignement du Concile, une majorité de fidèles – prêtres et évêques compris – l’ignorent. Tout comme ils ignorent que les vrais adorateurs de Dieu ne sont pas ceux qui, selon leurs idées et créativité, réforment la liturgie en vue d’en faire quelque chose qui plaise au monde, mais ceux qui, avec l’Évangile, réforment en profondeur le monde pour lui permettre d’accéder à une liturgie qui soit le reflet de la liturgie qui se célèbre de toute éternité dans la Jérusalem céleste. Comme l’a souvent souligné Benoît XVI, à la racine de la liturgie, se trouve l’adoration, et donc Dieu. Dès lors, il faut reconnaître que la grave et profonde crise qui, depuis le Concile, affecte et continue d’affecter la liturgie et l’Église elle-même, est due au fait que son CENTRE n’est plus Dieu et son adoration, mais les hommes et leur prétendue capacité à « faire » quelque chose pour s’occuper pendant les célébrations eucharistiques. Même aujourd’hui, un nombre important d’ecclésiastiques sous-estiment la grave crise que traverse l’Église : relativisme dans l’enseignement doctrinal, moral et disciplinaire, graves abus, désacralisation et banalisation de la sainte liturgie, vision purement sociale et horizontale de la mission de l’Église. Beaucoup croient et affirment haut et fort que le concile Vatican II a suscité un vrai printemps de l’Église. Cependant, un nombre croissant d’ecclésiastiques envisagent ce « printemps » comme un rejet, une renonciation de son héritage multiséculaire, ou même comme une remise en cause radicale de son passé et de sa Tradition. On reproche à l’Europe politique d’abandonner ou de nier ses racines chrétiennes. Mais la première à avoir abandonné ses racines et son passé chrétiens, c’est incontestablement l’Église catholique postconciliaire. Certaines Conférences épiscopales refusent même de traduire fidèlement le texte original latin du Missel romain. Certains réclament que chaque Église locale puisse traduire le Missel romain, non pas selon l’héritage sacré de l’Église et suivant la méthode et les principes indiqués par Liturgiam authenticam, mais selon les fantaisies, les idéologies et les expressions culturelles susceptibles, dit-on, d’être comprises et acceptées par le peuple. Mais le peuple désire être initié au langage sacré de Dieu. L’Évangile et la Révélation, eux-mêmes, sont « réinterprétés », « contextualisés » et adaptés à la culture occidentale décadente. En 1968, l’évêque de Metz, en France, écrivait dans son bulletin diocésain une effroyable énormité qui était comme la volonté et l’expression d’une rupture totale avec le passé de l’Église. Selon cet évêque, nous devons aujourd’hui repenser la conception même du salut apporté par Jésus-Christ, car l’Église apostolique et les communautés chrétiennes des premiers siècles du christianisme n’avaient rien compris de l’Évangile. C’est seulement à partir de notre époque qu’on a compris le dessein de salut apporté par Jésus. Voici l’audacieuse et surprenante affirmation de l’évêque de Metz : « La transformation du monde (mutation de civilisation) enseigne et impose un changement dans la conception même du salut apporté par Jésus-Christ ; cette transformation nous révèle que la pensée de l’Église sur le dessein de Dieu était, avant la présente mutation, insuffisamment évangélique… Aucune époque autant que la nôtre n’a été en mesure de comprendre l’idéal évangélique de vie fraternelle » (cité par Jean Madiran, L’hérésie du XXe siècle, Nouvelles Éditions Latines (NEL), 1968, p. 166). Avec une telle vision, on ne s’étonne pas des dévastations, des destructions et des guerres qui ont suivi et qui persistent de nos jours au niveau liturgique, doctrinal et moral, car on prétend qu’aucune époque autant que la nôtre n’a été en mesure de comprendre « l’idéal évangélique ». Beaucoup refusent de regarder en face l’œuvre d’autodestruction de l’Église par elle-même par la démolition planifiée de ses fondations doctrinales, liturgiques, morales et pastorales. Alors que des voix d’ecclésiastiques de haut rang se multiplient, affirmant obstinément des erreurs doctrinales, morales et liturgiques manifestes, pourtant cent fois condamnées, et travaillent à la démolition du peu de foi qui reste dans le peuple de Dieu, alors que la barque de l’Église sillonne la mer orageuse de ce monde décadent, et que les vagues se jettent sur la barque, si bien que déjà elle se remplit d’eau, un nombre croissant d’ecclésiastiques et de fidèles hurle : « Oh, tout va bien, madame la marquise ! ». Mais, la réalité est tout autre : en effet, comme le disait le cardinal Ratzinger, « les papes et les Pères conciliaires s’attendaient à une nouvelle unité catholique et, au contraire, on est allé vers une DISSENSION qui - pour reprendre les paroles de Paul VI – semble être passée de l’autocritique à l’autodestruction. On s’attendait à un nouvel enthousiasme, et on a trop souvent abouti au contraire à l’ennui et au découragement. On s’attendait à un bond en avant et l’on s’est trouvé au contraire face à un processus évolutif de décadence, qui s’est développé dans une large mesure en se référant notamment à un prétendu esprit du Concile et qui de cette manière l’a de plus en plus discrédité » (Joseph Ratzinger, Entretien sur la foi, pp. 30-31). « Personne aujourd’hui n’ose plus honnêtement et sérieusement contester les manifestations de crises et de guerres liturgiques auxquelles le concile Vatican II a conduit » (Joseph Ratzinger, Principes de la théologie catholique, Téqui, 1985, p. 413). Aujourd’hui, on procède à la fragmentation et à la démolition du saint Missale Romanum en l’abandonnant aux diversités culturelles et aux fabricants des textes liturgiques. Je suis heureux ici de féliciter le travail gigantesque et merveilleux réalisé, à travers Vox Clara, par les Conférences épiscopales de langue anglaise, et les Conférences épiscopales de langue espagnole et coréenne, etc. qui ont traduit fidèlement et en parfaite conformité aux indications et principes de Liturgiam authenticam le Missale Romanum, et la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements leur a octroyé la recognitio.

Une guerre liturgique


A la suite de la publication de mon ouvrage Dieu ou rien, on m’a interrogé sur cette « guerre liturgique », qui divise trop souvent les catholiques depuis des décennies. J’ai affirmé qu’il s’agit là d’une aberration, car la liturgie est le domaine par excellence où les catholiques devraient faire l’expérience de l’unité dans la vérité, dans la foi et dans l’amour, et que, par conséquent, il est inconcevable de célébrer la liturgie en ayant dans le cœur des sentiments de lutte fratricide et de rancœur. D’ailleurs, Jésus n’a-t-il pas prononcé des paroles très exigeantes sur la nécessité d’aller se réconcilier avec son frère avant de présenter sa propre offrande à l’autel ? (cf. Mt 5, 23-24). Car « la liturgie elle-même pousse les fidèles rassasiés des "mystères de la Pâque" à n’avoir plus "qu’un seul cœur dans la piété" (Cf. Postcommunion pour la Vigile et le Dimanche de Pâques) elle prie pour "qu’ils gardent dans leur vie ce qu’ils ont saisi par la foi" ; et le renouvellement dans l’Eucharistie de l’Alliance du Seigneur avec les hommes attise et enflamme les fidèles à la charité pressante du Christ. C’est donc de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ, et cette glorification de Dieu, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l’Église » (Sacrosanctum Concilium, n. 10). Dans ce « face à face » avec Dieu, qu’est la liturgie, notre cœur doit être pur de toute inimitié, ce qui suppose que chacun doit être respecté dans sa propre sensibilité. Cela signifie concrètement que, s’il faut réaffirmer que le concile Vatican II n’a jamais demandé de faire table rase du passé et donc d’abandonner le Missel dit de saint Pie V, qui a généré tant de saints, à ne nommer que ces trois prêtres si admirables que sont saint Jean-Marie Vianney, le Curé d’Ars, le saint Padre Pio et saint Jose María Escriva de Balaguer, dans le même temps, il est essentiel de promouvoir le renouveau liturgique voulu par le même Concile, et donc les livres liturgiques mis à jour à la suite de la Constitution Sacrosanctum Concilium, en particulier le Missel dit du bienheureux pape Paul VI. Et j’ajoutais que ce qui importe avant tout, que l’on célèbre dans la forme ordinaire ou extraordinaire, c’est d’apporter aux fidèles ce à quoi ils ont droit : la beauté de la liturgie, sa sacralité, le silence, le recueillement, la dimension mystique et l’adoration. La liturgie doit nous placer face à face avec Dieu dans une relation personnelle et d’intense intimité. Elle doit nous plonger dans l’intimité de la Très Sainte Trinité. Parlant de l’usus antiquior dans sa Lettre d’accompagnement de Summorum Pontificum, le pape Benoît XVI disait que « aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait supposer que la demande de l’usage du Missel de 1962 aurait été limité à la génération plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entre-temps, il est apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement ». Il s’agit d’une réalité incontournable, un vrai signe de notre temps. Quand les jeunes sont absents de la sainte liturgie, nous devons nous demander : pourquoi ? Nous devons veiller à ce que les célébrations selon l’usus recentior facilitent aussi cette rencontre, qu'elles conduisent les gens sur le chemin de la via pulchritudinis qui mène au Christ vivant et à l’œuvre dans son Église aujourd’hui à travers ses rites sacrés. En effet, l’Eucharistie n’est pas une sorte de « dîner entre amis », un repas convivial de la communauté, mais un Mystère sacré, le grand Mystère de notre foi, la célébration de la Rédemption accomplie par Notre Seigneur Jésus-Christ, la commémoration de la mort de Jésus sur la Croix pour nous libérer de nos péchés. Il convient donc de célébrer la sainte messe avec la beauté et la ferveur d’un saint Curé d’Ars, d’un Padre Pio ou d’un Jose María, et c’est la condition sine qua non pour qu’on parvienne « par le haut », si je puis dire, à une réconciliation liturgique (cf. Entretien au site internet catholique Aleteia, du 4 mars 2015). Je refuse donc avec vigueur que nous occupions notre temps en opposant une liturgie à une autre, ou le Missel de saint Pie V à celui du bienheureux Paul VI. Il s'agit plutôt d'entrer dans le grand silence de la liturgie, en se laissant enrichir par toutes les formes liturgiques, qu’elles soient d’ailleurs latines ou orientales. En effet, sans cette dimension mystique du silence et sans un esprit contemplatif, la liturgie demeurera une occasion de déchirements haineux, d'affrontements idéologiques et d’humiliations publiques des faibles par ceux qui prétendent détenir une autorité, au lieu d'être le lieu de notre unité et de notre communion dans le Seigneur. Ainsi, au lieu de nous affronter et de nous détester, la liturgie devrait nous faire parvenir tous ensemble à l’unité dans la foi et à la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ… et, en vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons dans le Christ pour nous élever en tout jusqu’à Lui, qui est la Tête (cf. Ep 4, 13-15) cf. Entretien à La Nef, octobre 20....

Comme vous le savez, le grand liturgiste allemand Mgr Klaus Gamber (1919–1989) désignait par le mot : « Heimat » cette maison commune ou « petite patrie » qui est celle des catholiques réunis autour de l’autel du Saint Sacrifice. Le sens du sacré, qui imprègne et irrigue les rites de l’Église est corrélatif, indissociable de la liturgie. Or, ces dernières décennies, de très nombreux fidèles ont été malmenés, voire profondément troublés par des célébrations marquées par un subjectivisme superficiel et dévastateur, au point de ne pas reconnaître leur « Heimat », leur maison commune, et pour les plus jeunes, de ne l’avoir jamais connue ! Combien sont partis sur la pointe des pieds, en particulier les plus petits et les plus pauvres d’entre eux ! Ils sont devenus en quelque sorte des « apatrides liturgiques ». Le « mouvement liturgique », auquel les deux formes sont associées, vise donc à leur rendre leur « Heimat », et, ainsi, à les réintroduire dans leur maison commune, car nous savons bien que, dans son œuvre de théologie sacramentaire, le cardinal Joseph Ratzinger, bien avant la publication de Summorum Pontificum, avait mis en évidence que la crise de l’Église et donc la crise et l’affadissement de la foi, provient en grande partie de la manière dont nous traitons la liturgie, selon le vieil adage : lex orandi, lex credendi. Dans la préface qu’il avait accordée à l’ouvrage magistral de Mgr Gamber : Die Reform der römischen Liturgie (« la réforme de la liturgie romaine »), le futur pape Benoît XVI affirmait ceci, je le cite : « Un jeune prêtre me disait récemment : il nous faudrait aujourd'hui un nouveau mouvement liturgique. C'était là l'expression d'un souci que, de nos jours, seuls des esprits volontairement superficiels pourraient écarter. Ce qui importait à ce prêtre, ce n'était pas de conquérir de nouvelles et audacieuses libertés : quelle liberté ne s'est-on pas déjà arrogée ? Il sentait que nous avions besoin d'un nouveau commencement issu de l'intime de la liturgie, comme l'avait voulu le mouvement liturgique lorsqu'il était à l'apogée de sa véritable nature, lorsqu'il ne s'agissait pas de fabriquer des textes, d'inventer des actions et des formes, mais de redécouvrir le centre vivant, de pénétrer dans le tissu proprement dit de la liturgie, pour que l'accomplissement de celle-ci soit issu de sa substance même. La réforme liturgique, dans sa réalisation concrète, s'est éloignée toujours davantage de cette origine. Le résultat n'a pas été une réanimation mais une dévastation. D'un côté, on a une liturgie dégénérée en show, où l'on essaie de rendre la religion intéressante à l'aide d’inventions à la mode et de maximes morales aguichantes, avec des succès momentanés dans le groupe des fabricants liturgiques, et une attitude de recul d'autant plus prononcée chez ceux qui cherchent dans la liturgie non pas le « showmaster » spirituel, mais la rencontre avec le Dieu vivant devant qui tout "faire" devient insignifiant, seule cette rencontre étant capable de nous faire accéder aux vraies richesses de l'être. De l'autre côté, il y a conservation des formes rituelles dont la grandeur émeut toujours, mais qui, poussée à l'extrême, manifeste un isolement opiniâtre et ne laisse finalement que tristesse. Certes, il reste entre les deux tous les prêtres et leurs paroissiens qui célèbrent la nouvelle liturgie avec respect et solennité; mais ils sont remis en question par la contradiction entre les deux extrêmes, et le manque d'unité interne dans l'Église fait finalement paraître leur fidélité, à tort pour beaucoup d'entre eux, comme une simple variété personnelle de néo-conservatisme. Parce qu'il en est ainsi, une nouvelle impulsion spirituelle est nécessaire pour que la liturgie soit à nouveau pour nous une activité communautaire de l'Église et qu'elle soit arrachée à l'arbitraire. On ne peut pas “fabriquer” un mouvement liturgique de cette sorte – pas plus qu'on ne peut “fabriquer” quelque chose de vivant – mais on peut contribuer à son développement en s'efforçant d'assimiler à nouveau l'esprit de la liturgie et en défendant publiquement ce qu'on a ainsi reçu ».

Je pense que cette longue citation, si juste et si limpide, devrait vous intéresser, au début de ce Colloque, et aussi contribuer à lancer votre réflexion sur « la source de l’avenir » (« die Quelle der Zukunft ») du motu proprio Summorum Pontificum. En effet, laissez-moi vous transmettre une conviction qui m’habite depuis longtemps : la liturgie romaine réconciliée dans ses deux formes, qui est elle-même le « fruit d’un développement », selon l’expression d’un autre grand liturgiste allemand, Joseph Jungmann (1889-1975), peut lancer le processus décisif du « mouvement liturgique » que tant de prêtres et de fidèles attendent depuis si longtemps. Par où commencer ? Je me permets de vous proposer les trois pistes suivantes que je résume dans ces trois lettres : SAF : silence-adoration-formation en français, et en allemand : SAA : Stille-Anbetung-Ausbildung. Tout d’abord, le silence sacré, sans lequel on ne peut rencontrer Dieu. Dans mon ouvrage La force du silence, j’écris ceci : « Dans le silence, l’homme ne conquiert sa noblesse et sa grandeur que s’il est à genoux pour écouter et adorer Dieu » (n. 66). Puis, l’adoration ; à ce propos, je fais part de mon expérience spirituelle dans ce même livre La force du silence : « Pour ma part, je sais que les plus grands moments de ma journée se trouvent en ces heures incomparables que je passe à genoux dans l’obscurité devant le Très Saint Sacrement du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ. Je suis comme englouti en Dieu et entouré de toutes parts par sa présence silencieuse. Je voudrais ne plus appartenir qu’à Dieu et me plonger dans la pureté de son Amour. Et pourtant, je mesure combien je suis pauvre, si loin d’aimer le Seigneur comme Il m’a aimé jusqu’à se livrer pour moi » (n. 54). Enfin, la formation liturgique à partir d’une annonce de la foi ou catéchèse ayant comme référence le Catéchisme de l’Église Catholique, ce qui nous protège des éventuelles élucubrations plus ou moins savantes de certains théologiens en mal de « nouveautés ». Voici ce que je disais à cet égard dans ce qu’il est maintenant convenu d’appeler, non sans un certain humour, le « Discours de Londres » du 5 juillet 2016, prononcé au cours de la troisième Conférence internationale de l’Association Sacra Liturgia : « La formation liturgique est avant tout et essentiellement une immersion dans la liturgie, dans le profond mystère de Dieu. Il s’agit de vivre la liturgie dans toutes ses dimensions, de s’enivrer en buvant à une source qui n’éteint jamais notre soif de richesse, d’ordre et de beauté, de silence contemplatif, d’exultation et d’adoration, de ce pouvoir qui nous fait rejoindre intimement Celui qui est à l’œuvre dans et par les rites sacrés de l’Église » (cardinal Robert Sarah : Troisième Conférence internationale de l’Association Sacra Liturgia, Londres. Discours du 5 juillet 2016. Cf. site internet de l’Association Sacra Liturgia : Vers une authentique mise en œuvre de Sacrosanctum Concilium, 11 juillet 2016).

C’est donc dans ce contexte global et dans un esprit de foi et de profonde communion à l’obéissance du Christ sur la Croix, que, humblement, je vous demande d’appliquer avec grand soin Summorum Pontificum ; non pas comme une mesure négative et rétrograde, tournée vers le passé, ou comme quelque chose qui construit des murs et crée un ghetto, mais comme une importante et véritable contribution à l’actuelle et future vie liturgique de l’Église, ainsi qu’au mouvement liturgique de notre époque, auquel de plus en plus de personnes, plus particulièrement les jeunes, puisent tant de choses vraies, bonnes et belles. Je voudrais conclure cette introduction par ces mots lumineux de Benoît XVI à la fin de l’homélie qu’il prononça en 2008, en la solennité des saints Pierre et Paul : « Lorsque le monde, dans son ensemble, sera devenu liturgie de Dieu, lorsque dans sa réalité, il sera devenu adoration, alors il aura atteint son objectif, alors il sera sain et sauf ».

Je vous remercie pour votre bienveillante attention. Et que Dieu vous bénisse et emplisse vos vies de sa Présence silencieuse !

Robert Card. Sarah
Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements




vendredi 31 mars 2017

Cardinal Sarah : "Le professeur Jérôme Lejeune, martyr de la vérité et de la vie"

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Le professeur Jérôme Lejeune, martyr de la vie et de la vérité

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Chers amis,

Je n’ai pas eu le privilège, ni la joie de rencontrer le Professeur Jérôme Lejeune. En revanche, il y a quelques années, à l’occasion d’un Congrès organisé par l’Association française Raoul Follereau, j’avais été heureux de rencontrer Madame Lejeune, son épouse, qui est ici présente ; elle avait eu la bonté de m’offrir l’image du Professeur portant au verso, la « Prière pour obtenir des grâces par l’intercession du Serviteur de Dieu, Jérôme Lejeune ».
Permettez-moi d’introduire cette brève conférence par ces mots du Professeur Jérôme Lejeune : « Si on veut vraiment attaquer le Fils de l’homme, Jésus-Christ, il n’y a qu’un moyen, c’est d’attaquer les fils des hommes. Le christianisme est la seule religion qui dit : ˝votre modèle est un enfant˝, l’enfant de Bethléem. Quand on vous aura appris à mépriser l’enfant, il n’y aura plus de christianisme dans ce pays ».
On peut affirmer que le combat du Professeur Jérôme Lejeune, avec les seules armes de la vérité et de la charité, un combat mené à mains nues, s’inscrit dans la bataille finale, évoquée dans l’Apocalypse selon saint Jean, entre Dieu et Satan. Face à l’arrogance du Goliath des puissances financières et médiatiques, lourdement armé et protégé par la cuirasse de ses fausses certitudes et par les nouvelles lois contre la vie, l’Église catholique du XXI siècle, au moins en Occident, ressemble au petit reste dont parlent les Saintes Écritures. En effet, l’Église catholique, tel David, dispose seulement du petit caillou de l’Évangile de la Vie et de la Vérité, et pourtant elle va frapper le géant en pleine tête et l’abattre. En effet, nous le savons bien - et la vie entière du Professeur Lejeune nous en apporte un témoignage éclatant - il s’agit d’une bataille, à la fois très âpre et décisive, qui sera longue et s’apparente à celle des fins dernières décrites dans le dernier livre de la Bible. Ainsi, il en va de la survie de l’humanité elle-même. Le « dragon infernal rouge-feu à sept têtes », prototype de cette culture de mort dénoncée par saint Jean-Paul II dans son enseignement, se tient devant la femme enceinte, prêt à dévorer l’enfant à sa naissance, et à « nous » dévorer également (cf. Ap 12, 4). Soyons conscients que, une nouvelle fois, et c’est arrivé bien souvent dans sa longue histoire bimillénaire, l’Église constitue le dernier rempart contre la barbarie : il ne s’agit plus d’Attila et de ses Huns, que sainte Geneviève arrêta devant Paris en 451, ni du combat des papes du XX siècle - de Pie XI à saint Jean-Paul II - contre les divers totalitarismes qui ont ensanglanté l’Europe et le reste du monde, il s’agit d’une barbarie aseptisée en laboratoire, terriblement efficace, que l’opinion publique ne perçoit pratiquement pas, puisqu’elle est anesthésiée par les Goliath des puissances financières et médiatiques. Oui, il s’agit bien d’un combat… à la vie et à la mort : si ce n’était pas le cas, les pouvoirs publics, en France, tenteraient-ils en ce moment de faire taire les sites internet dits « pro-vie », en inventant un délit d’entrave numérique à l’avortement ? Lors de la discussion de ce projet de loi aberrant au Parlement français, les défenseurs de la vie ont été verbalement lynchés pour avoir osé rappeler que l’avortement n’est pas un droit, mais un crime, et donc le plus grand drame de notre temps…
En guise d’introduction, j’ai désiré vous rappeler le cadre événementiel et mystique du combat pour la vie menée par le Professeur Lejeune pour mieux en faire ressortir maintenant le sens profond à la lumière de l’Évangile. Examinons ensemble sa vie : on peut affirmer, sans risque d’erreur, que, plutôt que de tomber dans les lâches compromis, le Professeur Lejeune a renoncé aux honneurs et à l’aisance en acceptant l’humiliation et même l’exil, du moins un exil intérieur. En effet, Jérôme Lejeune, contre vents et marées, est resté fidèle au Christ et à l’Évangile ; c’est pourquoi il représente pour chacun de nous un exemple admirable de force dans la foi et de dévouement dans la charité. En effet, comme vous le savez, la mort « in odium fidei », en haine de la foi, n’est pas l’apanage de « cette foule immense d’hommes et de femmes qui viennent de la grand épreuve et ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le Sang de l’Agneau, qui se tiennent debout devant le Trône de Dieu et devant l’Agneau, et le servent jour et nuit dans son Temple », selon la vision de l’Apocalypse (cf. Ap 7, 9). Une telle mort, où le sang est versé par le témoin du Christ, n’est pas la seule voie vers le martyre, car il est vrai qu’une vie de martyr chrétien, c’est aussi une vie durant laquelle on offre tout à Dieu, y compris sa vie, sa famille, sa réputation et son honneur, s’ils viennent à être foulés aux pieds par les païens, une vie où l’on renonce à tout pour l’Amour de Dieu(1). Pendant la longue maladie du Professeur Lejeune, qui l’a arraché prématurément à l’affection des siens, on a vu comment meurt un chrétien à l’aube de Pâques, et le Pape saint Jean-Paul II, un grand ami du Professeur, ne s’y est pas trompé, lui qui déclarait, dans la lettre qu’il adressait alors au Cardinal Lustiger, le Lundi de Pâques 1994, au lendemain du retour de Monsieur Lejeune à la Maison du Père: « La Résurrection du Christ constitue un grand témoignage rendu à la Vie qui est plus forte que la mort. Une telle mort, celle de Jérôme Lejeune, rend un témoignage encore plus fort à la Vie à laquelle l’homme est appelé en Jésus-Christ. En effet, tout au long de la vie de notre frère Jérôme, cet appel a représenté une ligne directrice… Nous nous trouvons devant la mort d’un grand chrétien du XX siècle, d’un homme pour qui la défense de la vie est devenue un apostolat, et nous désirons remercier Dieu aujourd’hui, lui, l’Auteur de la vie, de tout ce que fut pour nous le Professeur Lejeune, de tout ce qu’il a fait pour défendre et pour promouvoir la dignité de la vie humaine ».
Dans le cadre de sa profession de médecin et de chercheur, qui était une véritable vocation, la vie du Professeur Lejeune se partageait entre deux domaines qu’il convient de distinguer pour mieux unir : d’une part, son activité de chercheur, et donc son appartenance à ce qu’il est convenu d’appeler « la communauté scientifique », qui, pourtant, l’avait sinon rejeté, du moins marginalisé à cause de ses positions qualifiées de trop rigides, voire d’extrémistes, sur le sujet crucial du respect de la vie. D’autre part, son service auprès des malades et de leurs familles, à la tête d’une équipe qu’on peut qualifier de fraternelle, qui n’était animée que par le souci de guérir, ou au moins de soulager les souffrances physiques et morales provoquées par la maladie et le handicap. La charité qui animait le Professeur Lejeune unissait donc les deux aspects de sa vocation au service du malade, et cette vertu théologale de la charité fut bien la voie royale que Jérôme Lejeune emprunta avec courage et détermination pour se frayer un passage au milieu des épines de ce monde vers la contemplation du Dieu vivant, la Sainte Trinité d’Amour. Oui, par son service quotidien, humble et confiant en la Providence, le Professeur Lejeune donnait un visage à la charité du Christ venu parmi nous, et il est vrai que nul n’a oublié son sourire lumineux et rayonnant, et son regard d’un bleu d’azur empreint de cet amour du prochain, qui émanait d’une âme où Jésus, reçu dans la sainte Communion eucharistique, avait fait sa demeure : « Si quelqu’un m’aime », dit Jésus, « il gardera ma parole; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure » (Jn 14, 23). Puisqu’il m’est donné d’évoquer la vie spirituelle du Professeur Lejeune, j’ose affirmer, en référence à l’enseignement du Concile Vatican II sur la vocation universelle à la sainteté (cf. Lumen Gentium, chap. 5), et, en particulier au caractère particulier de la sainteté du fidèle laïc(2) (cf. Décret Apostolicam Actuositatem, n. 4), que toute l’existence de ce grand ami des enfants malades reflète admirablement la présence du Seigneur Jésus dans notre monde ; elle est donc comme un prolongement de l’Incarnation et de la vie du Fils de Dieu ici-bas. Je m’explique : qu’y a-t-il de plus tangible que les soins dispensés aux malades par un médecin, un chirurgien, une infirmière, un aide-soignant, une religieuse hospitalière ou garde-malade, ou un Frère de saint Jean de Dieu…, - ce qu’a fait le Professeur Lejeune pendant de longues années - , quoi de plus concret que la présence quotidienne et assidue auprès des familles de ces malades, et aussi le travail ardu du chercheur combattant ardemment la maladie, tel un chevalier intrépide muni du ceinturon de la vérité et brandissant le glaive flamboyant de la Parole de Dieu et de l’enseignement de la Sainte Église(3), avec un infini respect pour les lois de la vie inscrites par le Créateur dans les fibres de chaque être humain… ? En rendant présent le Christ qui guérit les corps et les cœurs, qui rend la vue aux aveugles, rend fermes les pieds des boiteux, leur permettant alors de bondir de joie, Jésus, qui purifie les lépreux, ouvre les oreilles des sourds et délie la langue des muets (cf. Mt 11, 5), lui qui est vrai Dieu et vrai homme, lui qui est aussi le Bon Samaritain qui oint de l’huile de l’Amour de Dieu les plaies de l’homme blessé (cf. Lc 10, 34), on peut donc considérer que la vie du Professeur Lejeune fut en quelque sorte, dans le temps de l’Église où nous vivons depuis l’Ascension et la Pentecôte, un prolongement de l’Incarnation du Fils unique de Dieu, Jésus Christ, venu parmi nous pour nous guérir et nous sauver. C’est ce qu’exprimait l’ami de Jérôme Lejeune, le Pape saint Jean-Paul II, dès sa première encyclique Redemptor hominis, lorsqu’en reprenant les mots du Concile Vatican II, il affirmait que, par son Incarnation, le Christ « s'est en quelque sorte uni lui-même à tout homme »(4). Au sujet du Professeur Lejeune, on peut donc vraiment parler d’une spiritualité de l’Incarnation, qui constitue, avec la défense de la vérité concernant la vie humaine et la compassion, l’un des traits essentiels de cette sainteté que je souhaite voir reconnaître par l’Église, afin que nous puissions bénéficier de son intercession et, ainsi, être soutenus dans notre lutte contre la dégradation actuelle de notre société par son exemple et son combat pour la vie.
Allons plus loin, et voyons maintenant comment cet homme d’action, à la fois scientifique et poète, si intelligent, et d’une grande sensibilité et finesse, a réussi à ne pas succomber à l’autosatisfaction, voire à l’orgueil. De fait, lorsque, comme lui, nous sommes tout entier dans l’action, nous risquons de succomber à la tentation suivante, qui est bien connue des missionnaires ardents de l’Evangile : que notre personne, notre « moi », établisse sa suprématie jusqu’à l’absolu, en laissant subrepticement Dieu de côté. Je pense que le Professeur Lejeune a été préservé de cet écueil, moyennant sans doute un combat spirituel parfois bien âpre, mais la parole mariale de l’Annonciation résonnait constamment dans son cœur de croyant, d’humble serviteur de l’Évangile et de l’Église : « Fiat » ! ; oui, « fiat », c’était le mot - que dis-je - la réponse si pure, parfaite et sans réserve de la Vierge Marie, que lui-même adressait à Dieu chaque jour de sa vie, en particulier lorsqu’il avait la grâce de recevoir son Seigneur dans la sainte Communion. Dès lors, comme la Très Sainte Vierge Marie, et aussi comme tant de saints et de saintes, dont nous connaissons la réponse empreinte d’abandon filial - à l‘exemple de sainte Thérèse de Lisieux, de sainte Jeanne d’Arc ou du Bienheureux Charles de Foucault - Jérôme Lejeune a consenti à laisser Dieu agir. « Consentir » dans la théologie spirituelle catholique, c’est accepter cette union de la liberté et de la grâce, qui élève l’homme au rang de collaborateur de Dieu. En effet, pour un baptisé, la décision de remettre au Christ la conduite de sa propre vie est un acte fondamental, qui permet de déjouer les pièges du désir de paraître, du découragement et de la tristesse. Toutefois, pour cela, il faut s’enfoncer dans ce que j’appellerai la « discrétion », c’est-à-dire dans ce silence qui est l’apanage des grands contemplatifs et des vrais adorateurs de Dieu. Et ce silence n’est pas seulement un porche royal par où la Très Sainte Trinité pénètre dans notre âme, et vient faire sa demeure en nous (cf. Jn 14, 23) pour transfigurer nos tâches quotidiennes en des actes de charité. Le silence est aussi une « force », d’où le titre de cet ouvrage que beaucoup d’entre vous ont sans doute déjà lu, ou qu’ils ont entre leurs mains ce soir. Lorsque M. Jean-Marie Le Méné, le président de la Fondation Jérôme Lejeune, et aussi gendre du Professeur, déclare : « A la fin de sa vie, il avait tout perdu, il avait des difficultés à travailler, il n’était plus invité aux congrès, et, pressenti pour le prix Nobel, il ne l’a jamais reçu », qu’évoque-t-il sinon le silence qui s’était abattu telle une chape de plomb sur le Professeur Lejeune, fruit amer de l’aveuglement et de la méchanceté des hommes… ? Oui, on l’avait réduit au silence, mais, loin de l’écraser, ce silence est devenu une véritable proximité avec Dieu, une « force », la force du témoignage, du martyr, la force de la sainteté. Car le silence du Professeur Lejeune était celui de Jésus durant sa propre Passion face à ses accusateurs. Voyons quelle fut l’attitude du Seigneur Jésus à partir des Évangiles : tout d’abord, nous dit saint Matthieu, Jésus comparut devant les grands prêtres et tout le Conseil suprême, qui cherchaient un faux témoignage pour le faire mettre à mort. Or, dit l’évangéliste, « Ils n’en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés. Finalement il s’en présenta deux, qui déclarèrent : ˝Cet homme a dit : “Je peux détruire le Sanctuaire de Dieu et le rebâtir en trois jours˝.” Alors le Grand Prêtre se leva et lui dit : ˝ Tu ne réponds rien ? Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ?˝. « Jesus autem tacebat », poursuit l’Évangile : « Mais Jésus gardait le silence. Le Grand Prêtre lui dit : ˝Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu˝. Jésus lui répond : ˝C’est toi-même qui l’as dit ! En tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel˝. Alors le Grand Prêtre déchira ses vêtements, en disant : ˝Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème ! Quel est votre avis ? ˝. Ils répondirent : ˝Il mérite la mort˝ » (Mt 26, 59-66). Puis, selon l’évangéliste saint Luc, Jésus comparut devant Hérode, qui l’interrogea longuement, mais il ne lui répondit pas un mot. Finalement, Hérode le traita avec mépris, le revêtit d’un vêtement éclatant et le renvoya à Pilate (cf. Lc 23, 8-11). Saint Jean nous apprend alors que le procurateur l’interrogea à son tour sur son identité, et Jésus déclara : « Moi, je suis né pour ceci, et c’est pour ceci que je suis venu dans le monde, afin de rendre témoignage à la vérité » (Jn 18, 37). Puis, il se tut.
Comme je l’écris dans La force du silence, dans le monde d’aujourd’hui, nous savons que « l’homme qui parle est célébré et l’homme silencieux est un pauvre mendiant devant lequel il n’est pas même besoin de lever les yeux » (n. 30, p. 54). Comme Jésus, qui était devenu le mendiant de l’Amour de cette humanité pécheresse, sourde et aveugle - et le Seigneur devait crier : « J’ai soif » quelques heures plus tard sur la Croix glorieuse - ainsi le Professeur Lejeune, par son silence, quémandait la compassion de ses contemporains pour les plus faibles, ces enfants malades, dont il s’était fait la voix, lui qu’on avait réduit au silence. Il se souvenait notamment de cet enfant trisomique âgé de dix ans qui, au cours d’une consultation, s’était jeté dans ses bras en s’exclamant : « On veut nous tuer ; il faut que tu nous protèges, parce que nous, nous sommes trop faibles, nous ne saurons pas nous défendre ! ». Et le cœur du Professeur, lui-même réduit au silence, saignait… Dans La force du silence, je me permets d’affirmer que « au moment le plus crucial de sa vie, alors que les hurlements fusaient de partout, le couvrant de toutes sortes de mensonges et de calomnies, quand le grand prêtre lui demanda : ˝ Tu ne réponds rien ?˝, Jésus préféra le silence » (n. 141, p. 120). Ainsi, « Jésus, en se taisant, veut montrer son mépris pour les mensonges, lui la vérité, la lumière et l’unique chemin qui mène à la Vie. Sa cause n’a pas besoin d’être défendue. On ne défend pas la vérité et la lumière : leur splendeur est leur propre défense » (n. 197, p. 155). De son côté, Pilate « ne comprenait pas la cause d’un silence si extraordinaire. Il était en face du silence de Dieu, au milieu des hurlements des hommes, ivres de haine irraisonnée » (n. 197, p. 156). Oui, que pouvait-il répondre encore le Professeur Lejeune à ces invectives que l’on a entendues encore récemment dans la bouche d’un ministre : « Une femme qui avorte n’interrompt pas une vie », et aussi : « L’avortement est un droit de la femme » ?
A ce stade de notre méditation, permettez-moi cette analogie : lorsque nos frères chrétiens orientaux, qui subissent en ce moment la persécution, sont arrêtés et emprisonnés par leurs bourreaux, ils peuvent leur présenter, inscrite dans leur chair, ce qui constitue la confession de leur foi de baptisés pour le cas où, disent-ils, sous la torture, nous succomberions à la tentation de renier le Christ. En effet, alors que tant de nos contemporains, ici, dans l’Occident décadent, s’adonnent, sous l’effet d’une mode passagère et coûteuse, à l’étrange pratique du tatouage, ces chrétiens sont toujours prêts à exhiber face aux Caïphe et Pilate de notre temps, la Croix qui est tatouée d’une manière indélébile sur leur propre poignet, témoignage silencieux de leur union à Jésus jusqu’à la mort. « Au moins », disent-ils, « ce signe là vaincra mon éventuelle faiblesse face à la peur de mourir ». Il en a été de même pour le Professeur Lejeune : sa croix tatouée sur le poignet, c’était son affirmation sereine que, disait-il « la dignité d’une civilisation se mesure au respect qu’elle porte aux plus faibles de ses membres », et il signait cette affirmation prodigieuse et vraie par son attitude dans la vie de chaque jour : de fait, patiemment, humblement, avec amour et un infini respect, il recevait tous les patients qui se présentaient à la consultation de l’hôpital, en particulier les plus pauvres, car il savait que son devoir, sa mission, était de chercher à guérir le malade et de l’aimer, une forme de charité qui, chez lui, était devenue héroïque. Martyr de la vie et de la vérité, il l’a donc été pleinement, y compris dans son silence, qui, loin d’être l’aveu d’une faiblesse, a constitué une force capable de renverser les montagnes d’égoïsme et d’indifférence. Sa vie montre bien que, comme je l’écris dans La force du silence, « Aujourd’hui, les silences des martyrs chrétiens qui vont être massacrés par les ennemis du Christ imitent et prolongent ceux du Fils de Dieu. Les martyrs des premiers siècles comme ceux de notre triste époque, ont tous montré la même dignité silencieuse. Le silence devient alors l’unique parole, le seul témoignage, le dernier testament. Le sang des martyrs est une semence, un cri, et une prière silencieuse qui monte vers Dieu » (n. 198, pp. 156-157).
Chers amis, aujourd’hui, personne ne peut se montrer insensible et indifférent devant l’obligation impérieuse de défendre l’enfant à naître. Au-delà de l’aspect moral qui nous interdit de porter atteinte à toute vie humaine, surtout lorsqu’elle est innocente et sans défense, la protection de l’embryon est la condition sine qua non pour sortir toute civilisation de la barbarie et assurer l’avenir de notre humanité. Le signe clinique le plus impressionnant, indiquant que nous allons vers l’abîme et un gouffre sans fond, c’est la puissance dramatique du refus de la vie. L’homme de la société de consommation devient toujours plus insensible au respect sacré de la vie humaine. Il ne comprend plus que la personne humaine puisse être un absolu que nous n’avons pas le droit de manipuler à notre guise.
Si le Professeur Lejeune était encore de ce monde, il ne ferait que suivre la ligne intangible de la défense de la dignité de la personne humaine, qui fut la sienne d’une manière constante. Il se serait donc opposé au faux et scandaleux « mariage » homosexuel, à ces aberrations que sont la PMA, et la GPA, et il aurait combattu avec une énergie sans pareille la théorie proprement délirante et mortifère dite du « genre » ou « gender ». D’ailleurs, le Professeur Lejeune avait vu et compris les conséquences de la légalisation de l’avortement en 1975, qui est devenu, avec le temps, un pseudo « droit de la femme »: ainsi, il tremblait déjà pour le sort de « ses » enfants trisomiques, qui, de fait, actuellement, sont en voie d’extermination, car, comme vous le savez, les pouvoirs publics eux-mêmes reconnaissent, comme une victoire funeste, que 96 % d’entre eux sont mis à mort par l’avortement. C’est vraiment horrible, criminel et sacrilège ! Jérôme Lejeune avait aussi compris, lui, le grand généticien, à quelles dérives prométhéennes nous conduiraient les manipulations génétiques en tous genres, à commencer par la recherche sur les embryons, qui sont menacés « a priori » de destruction, puisque la nouvelle loi, votée récemment le 6 mai 2013 dans une indifférence quasi générale, autorise expressément la recherche sur l’embryon, et ne met donc pratiquement plus de limite à la destruction des embryons dits surnuméraires, alors que, la loi précédente du 6 août 2004 prévoyait encore un régime d’interdiction avec dérogations accordées par l’Agence de biomédecine… et ne parlons pas du transhumanisme, qui est proprement terrifiant : jusqu’où va-t-on aller dans cette course à l’enfer ? En effet, avec le transhumanisme, cela signifie que « l’humanité augmentée » sera le triomphe de l’eugénisme et de la sélection du meilleur capital génétique parmi tous les êtres afin de créer le surhomme idéal. Le transhumanisme va réaliser, grâce aux techno-sciences, le rêve prométhéen du nazisme. Comme dans le nazisme, y aura-t-il une race des seigneurs ? Si oui, sur quels critères ? Et, dans ce cas, que fera-t-on des « sous-hommes », selon la terminologie nazie, dont le travail aura été remplacé par les robots ? Ces questions sont terrifiantes et nous glacent jusqu’au sang. Le refus d’accueillir et de laisser vivre ceux qui gênent, c’est-à-dire non seulement l’enfant conçu et « non désiré », comme le martèlent les partisans de l’avortement, mais aussi la personne handicapée, le malade en phase terminale, la personne âgée devenue impotente, ce refus manifeste une profonde méconnaissance de la valeur de toute vie humaine créée et donc voulue par Dieu. Dans l’encyclique Evangelium Vitae, le Pape saint Jean-Paul II déclare que « nous sommes face à une réalité… que l’on peut considérer comme une véritable structure de péché, caractérisée par la prépondérance d’une culture contraire à la solidarité, qui se présente dans de nombreux cas comme une réelle ˝culture de mort˝… Par sa maladie, par son handicap, beaucoup plus simplement, par sa présence même, celui qui met en cause le bien-être ou les habitudes de vie de ceux qui sont plus favorisés, tend à être considéré comme un ennemi dont il faut se défendre ou qu’il faut éliminer. Il se déchaîne ainsi une sorte de conspiration contre la vie »(5). Et le Pape François, avec le franc-parler qu’on lui connaît, qualifie sans détour cette « culture du déchet » qui « ne s'applique pas seulement à la nourriture ou aux biens superflus qui sont objets de déchet, mais souvent aux êtres humains eux-mêmes, qui sont “jetés” comme s'ils étaient des “choses non nécessaires” ». Et il ajoute : « La seule pensée que des enfants ne pourront jamais voir la lumière, victimes de l'avortement, nous fait horreur »(6). Le Saint-Père précise, dans son Exhortation apostolique Gaudium Evangelii (« la Joie de l’Évangile ») du 24 novembre 2013 que « parmi ces faibles, dont l'Église veut prendre soin avec prédilection, il y a aussi les enfants à naître, qui sont les plus sans défense et innocents de tous, auxquels on veut nier aujourd'hui la dignité humaine afin de pouvoir en faire ce que l'on veut, en leur retirant la vie et en promouvant des législations qui font que personne ne peut l'empêcher. Fréquemment, pour ridiculiser allégrement la défense que l’Église fait des enfants à naître, on fait en sorte de présenter sa position comme quelque chose d’idéologique, d’obscurantiste et de conservateur. Et pourtant cette défense de la vie à naître est intimement liée à la défense de tous les droits humains. Elle suppose la conviction qu’un être humain est toujours sacré et inviolable, dans n’importe quelle situation et en toute phase de son développement »(7). Ainsi, le Pape François nous appelle à une mobilisation générale pour la Vie : quand il évoque l’Eglise qui, dit-il, est comme un lazaret ou un « hôpital de campagne » après la bataille, il pense en premier lieu à cette bataille pour la survie de l’humanité terriblement blessée dans sa chair et dans son âme, au chevet de laquelle se tient la Mère Église. Le professeur Lejeune, en tant que médecin, plus que tout autre, a accueilli dans son « hôpital de campagne » qu’est l’hôpital Necker des Enfants-malades, ces blessés de la vie qui, tel cet enfant de 10 ans que je citais tout à l’heure, venaient, avec leurs parents, chercher le réconfort et le courage d’avancer et d’espérer encore ; l’hôpital Necker, ce « lazaret » des temps modernes est bien une œuvre admirable de charité et de compassion qui continue aujourd’hui. Le Professeur Lejeune a su versé l'huile de la miséricorde et le vin de la vérité qui libère(8) (cf. Lc 10, 34) sur les blessures de cette partie de l’humanité sans défense et ignorée des puissants de ce monde, dans cet « hôpital », cet « Hôtel-Dieu », qui est aussi « l’auberge » de la parabole du Bon Samaritain ; et nous savons que l’auberge est ici l’allégorie de l’Église, notre Mère.
Je profite de cette opportunité pour saluer et remercier toutes les associations qui œuvrent patiemment et contre vents et marées, pour que la vie soit promue et protégée, tout comme la famille qui en est le sanctuaire. La vie est un don de Dieu, un don que Dieu a confié à la famille. C’est donc dans la famille que la vie trouve sa source, qu’elle trouve le cadre qui répond et à sa dignité et à sa destinée. D’où le caractère sacré de la vie et le respect qu’elle mérite, deux impératifs que toute législation digne de ce nom doit reconnaître et promouvoir, y compris ici, en France, la Fille aînée de l’Église. En effet, dans la vie de chaque personne humaine, même la plus faible et la plus blessée, l'image de Dieu resplendit et se manifeste dans toute sa plénitude avec la venue et l’Incarnation de Jésus, du Fils de Dieu Sauveur. Dès lors, chaque homme est appelé à une plénitude de vie qui va bien au-delà des dimensions de son existence sur terre, puisqu'elle est la participation à la vie même de Dieu. Telle était la conviction du Professeur Lejeune, et telle est encore aujourd’hui la conviction inébranlable de la Fondation qui porte son nom.
Je voudrais conclure en livrant à votre méditation cette réflexion lumineuse du Professeur Jérôme Lejeune, ce modèle de médecin généticien et praticien, qui n’a pas craint de dire la vérité à temps et à contretemps (9) : « Il n’y a point d’Homme avec un grand H. Il y a des hommes, des personnes, et chacun d’eux est respectable. Si chacun veut bien verser une larme sur la condition de l’Homme, si les grandes consciences s’enorgueillissent de grands élans en parlant des droits de l’Homme, bien peu se préoccupent de chaque homme, si ce n’est la loi élémentaire de la charité, un mot fort décrié ces temps-ci, et pourtant irremplaçable, car la charité s’étend à tous et à chacun, et surtout au premier venu, celui qui est juste à côté de nous, le « prochain » comme nous le disent nos catéchismes ».
Je vous remercie pour votre attention.

Robert, Cardinal Sarah


(1) Nous devons à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Docteur de l’Église, l’appel à l’offrande de soi-même à l’Amour miséricordieux en guise de martyre, elle que le Pape saint Pie X, au début du XX siècle, qualifiait de «  plus grande sainte des temps modernes ». En effet, dans une lettre à l’abbé Bellière, Thérèse évoque « le martyre du cœur » qui n’est pas moins fécond que « l’effusion de sang » (Correspondance Générale, Lettre 213). Dans son Acte d’offrande à l’Amour miséricordieux, elle s’exclame : « Afin de vivre dans un acte de parfait Amour, je m'offre comme victime d'holocauste à votre Amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous, et qu'ainsi je devienne martyre de votre AMOUR, ô mon Dieu ! ».
(2) Le n. 4 du Décret Apostolicam Actuositatem (sur l’apostolat des laïcs) souligne que « la fécondité de l’apostolat des laïcs dépend de leur union vitale avec le Christ ».
(3) Selon la Parole de Dieu en saint Paul qui décrit l’équipement spirituel du baptisé : « Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu » (Ep 6, 14-17).
(4) Saint Jean-Paul II, encyclique Redemptor hominis, 4 mars 1979 (n. 8) : cf. Concile Vatican II: Constitution pastorale Gaudium et Spes sur l’Eglise dans le monde de ce temps (22, 2).
(5) Saint Jean-Paul II : Lettre encyclique Evangelium Vitae, 25 mars 1995, n. 12.
(6) Pape François : Discours au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, 13 janvier 2014.
(7) Pape François, Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, 24 novembre 2013, n. 213.
(8) « Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : "Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres" » (Jn 8, 31-32).
(9) « Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques. Mais toi, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère. Moi, en effet, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse » (2 Tm 4, 2-8).




mardi 28 mars 2017

Vidéoformation NDC n°54: Ce que Notre-Dame a dit aux Français

Entretien avec Anne Bernet,
historienne.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

Fiche résumé:

vf54-video-mini.jpg » lien direct vers la vidéo




vendredi 24 mars 2017

Récollection des Régions Nord et Normandie

20170311BlasonNormandie.pngLa récollection jointe des deux Régions, Nord et Normandie, samedi 11 mars à Rouen, a été, au témoignage de tous, participants et organisateurs, une superbe journée. Elle a été marquée par une ambiance de grande amitié jointe au sérieux du travail. Occasion de faire la connaissance de beaucoup de nouveaux, cadres comme simples pèlerins.


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Cette deuxième édition commune a été accueillie à Rouen par le Chanoine Waché de Corbie, de l'Institut du Christ-Roi. Les 19 participants ont profité des enseignements de l'aumônier général du Pèlerinage, l'abbé Garnier. Tous ont été impressionnés par le thème choisi pour 2017, et ont pris de fermes résolution pour préparer ce thème et recruter de nombreux pèlerins dans leurs chapitres respectifs.





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Classiques de la vie spirituelle : l'Imitation de Jésus-Christ

20170319Imitation.jpg"L'Imitation de Jésus-Christ" est le livre le plus imprimé au monde après la Bible. On vient et revient sans cesse à ses courtes et frappantes sentences. Elles ont alimenté la vie spirituelle des générations qui nous ont précédés (en particulier en France sous la forme des "manuels du chrétien").
Ne laissons pas un tel trésor prendre la poussière. Faisons-en un compagnon habituel.

Livre II - Chapitre 6 (extraits)

De la joie d’une bonne conscience


1. La gloire de l’homme de bien est le témoignage de sa conscience. Ayez la conscience pure, et vous posséderez toujours la joie. La bonne conscience peut supporter beaucoup de choses, et elle est pleine de joie dans les adversités. La mauvaise conscience est toujours inquiète et troublée. Vous jouirez d’un repos ravissant, si votre coeur ne vous reproche rien. Ne vous réjouissez que d’avoir fait le bien. Les méchants n’ont jamais de véritable joie, ils ne possèdent point la paix intérieure, parce qu’il n’y a point de paix pour l’impie, dit le Seigneur. Et s’ils disent : Nous sommes dans la paix, les maux ne viendront pas sur nous ; et qui oserait nous nuire ? ne les croyez pas, car la colère de Dieu se lèvera soudain, et leurs oeuvres seront réduites à rien, et leurs pensées périront. (...)

3. Il sera aisément en paix et content, celui dont la conscience est pure. Vous n’êtes pas plus saint parce qu’on vous loue, ni plus imparfait parce qu’on vous blâme. Vous êtes ce que vous êtes, et tout ce qu’on pourra dire ne vous fera pas plus grand que vous ne l’êtes aux yeux de Dieu. Si vous considérez bien ce que vous êtes en vous-même, vous vous embarrasserez peu de ce que les hommes disent de vous. L’homme voit le visage, mais Dieu voit le coeur. L’homme regarde les actions ; mais Dieu pèse l’intention.
Faire toujours bien, et s’estimer peu, c’est le signe d’une âme humble. Ne vouloir de consolation d’aucune créature, c’est la marque d’une grande pureté et d’une grande confiance intérieure.




Retraites de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier

FSVF

Retraites du Rosaire :

Retraite du Rosaire : "Jésus revivant dans l'âme par l'action de Marie". Retraite de 4 jours prêchée par deux Pères de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier. Un itinéraire spirituel accessible à tous, à partir des 15 mystères du Rosaire.

  • 19 au 23 avril 2017 à Saint Maximin (83)
  • 17 au 22 juillet 2017 à Notre-Dame du Chêne (72) (retraite de 5 jours avec les mystères lumineux)
  • 21 au 25 août 2017 au Foyer de Charité de Poissy (78).

Renseignements : 02 43 98 64 25 et www.chemere.org

Sessions de préparation au mariage

Sessions de préparation au mariage par le Père Raymond-Marie Puibaraud. A Poissy (78), les 6 et 7 mai 2017. Inscription et renseignements sur www.chemere.org.




jeudi 23 mars 2017

Le calendrier de l'Oeuvre des Retraites de la Fraternité Saint Pierre

Retraites selon la méthode des Exercices spirituels de Saint Ignace

2011.02.02_FSSP_St._Ignace.jpg2011.02.02_FSSP.jpgavec les prêtres de la Fraternité Saint Pierre






Retraites de l'Institut du Christ Roi

ICRSPRetraites Salésiennes

Avec l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre

  • du 4 au 7 avril 2017, chez les sœurs adoratrices en Suisse.
  • du 18 au 21 juillet 2017 A Gricigliano, au séminaire de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (près de Florence, en Italie).
  • du 25 au 28 juillet 2017, chez les soeurs Adoratrices en Allemagne.

Plus d'information sur www.retraites.icrsp.org




mercredi 22 mars 2017

Retraites de l’Institut du Bon Pasteur

Retraites de l’Institut du Bon Pasteur

Les exercices de Saint-Ignace ont lieu à Notre-Dame du Chêne, 2 rue des Bleuets, 72300 VION (Sarthe). Les retraites s’adressent aux hommes comme aux femmes (mixte) à partir de 17 ans, et aux couples.
Dates:

  • Mars : du lundi 27/02 au vendredi 03/03/2017
  • Avril : du lundi 03 au vendredi 07/04/2017
  • Mai : du lundi 08 au vendredi 12/05/2017
  • Juin : du lundi 12 au vendredi 16/06/2017
  • Juillet : du lundi 10 au vendredi 14/07/2017
  • Août : du lundi 31/07 au samedi 05/08/2017
  • Septembre : du lundi 04 au samedi 09/09/2017.

Renseignements et inscriptions. : Retraites IBP c/o Mme Picarda 24 rue Saint Paul F-75004 PARIS
-Tel : 09 83 28 27 42 - http://retraites.institutdubonpasteur.org




Lundi 20 mars 2017

Retraites au Barroux

Retraites pour messieurs
L'abbaye Sainte-Madeleine vous propose des retraites ou des récollections pour vous permettre d'approfondir votre foi chrétienne et vous en faire découvrir les richesses spirituelles.
Durant quelques jours, vous pouvez laisser de côté les soucis du monde pour vous tourner vers l'essentiel qui est de mieux connaître Dieu pour mieux l'aimer et le servir.
Les retraites durent cinq jours et les récollections deux ou trois jours.
Dates:

  • retraite de saint Ignace (pour jeunes gens) vendredi 28 avril (soir) au mercredi 3 (midi) mai 2017. (prêchée par un prêtre de l'extérieur et par un moine).
  • récollection du vendredi 19 (19h00) au dimanche 21 mai (17h30) 2017.
  • retraite du mardi 7 (17h30) au dimanche 12 (13h30) novembre 2017.

Dates des retraites et inscriptions sur www.barroux.org




Dimanche 19 mars 2017

L’angélus de midi pour la France et pour la paix du 25 mars au 15 août

20170320SanctuairesprientpourlaFrance.pngDes recteurs de sanctuaires français coordonnent leurs actions de prière pour l’avenir de notre pays. Les élections présidentielles et législatives à venir en sont une étape importante, mais notre prière se poursuivra au delà des élections. C’est pourquoi le réseau « Des sanctuaires prient pour la France » propose de retrouver jusqu’au 15 août 2017 l’origine de la prière de l’Angélus de midi en l’offrant pour la paix, en particulier dans notre pays.



Prier l’Angélus de midi pour la France et pour la paix

D’abord prié uniquement le matin puis le soir, c’est en 1472 que Louis XI prescrit à tout son royaume l'extension de l'Angélus à midi, et demande qu'à cette heure-là l'intention de prière soit la paix.
L'Angélus reprend 3 versets bibliques, véritables résumés la foi chrétienne, empruntés à saint Luc :

  • « L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie. - Et elle conçut du Saint-Esprit. » (Luc 1, 26-28),
  • « Voici la Servante du Seigneur. - Qu’il me soit fait selon ta parole. » (Luc 1, 38),
  • et au prologue de saint Jean « Et le Verbe s’est fait chair. – Et il a habité parmi nous.» (Jean 1, 14),

suivi chacun par un Je Vous Salue Marie.

On termine par une prière très ancienne, l’oraison du 4ème dimanche de l’Avent, résumé de notre cheminement spirituel :
« Que votre grâce Seigneur se répande en nos cœurs ; par le message de l’ange, Vous nous avez fait connaître l’Incarnation de votre Fils bien-aimé ; Conduisez-nous, par sa Passion et par sa Croix, jusqu’à la gloire de sa Résurrection.»

Une nuit de prière du 14 au 15 août 2017 dans nos sanctuaires

Notre prière commune se terminera par des veillées de prière dans nos sanctuaires, la nuit du 14 au 15 août 2017, veille de la fête de l’Assomption de Marie, patronne principale de la France.

Les 16 recteurs membres du réseau au 14 septembre 2017 :
Cotignac
Jérusalem Sainte Anne
Laghet
Le Puy-en-Velay - ND de France
Le Puy en Velay - St Joseph
L’Ile-Bouchard
Lorette Italie
Notre-Dame du Chêne
Notre-Dame de Cléry
Paray-Le-Monial
Paris (Cathédrale Notre-Dame)
Paris (Notre-Dame du Perpétuel Secours)
Paris (Notre-Dame des Victoires)
Pellevoisin
Pontmain
Rocamadour

La prière officielle du réseau :


Sainte Vierge Marie, Notre-Dame,

Vous avez porté depuis des siècles un regard d’amour sur le pays de France et sur le peuple français. Vous l’avez protégé et aidé de mille manières et vous avez manifesté à de nombreuses reprises votre présence sur cette terre. Malgré toutes leurs faiblesses et leurs péchés, les chrétiens de France vous ont montré souvent leur tendresse et leur confiance. Ainsi, un pacte d’affection s’est créé entre la France et vous-même, déterminant de la sorte un chemin privilégié vers le Cœur de votre Fils Jésus.

Aujourd’hui, Vierge Sainte, nous tournons nos regards vers vous avec plus d’insistance. Vous savez que dans notre pays, comme dans le monde entier, se joue l’avenir de l’être humain, de la famille, et de la civilisation et de la vie. Vous voyez que les forces de destruction de l’homme sont à l’œuvre comme jamais, séduisant les esprits et les cœurs. Vous êtes la femme de l’Apocalypse qui, avec l’aide des anges, combattez le démon. Prenez-nous en pitié. Ne nous abandonnez pas dans le combat. Ecoutez les humbles prières que nous faisons monter vers vous avec un cœur d’enfant. Permettez que la vérité, la pureté, la foi, l’union des cœurs triomphent chez nous, non pour nous glorifier nous-mêmes, mais pour servir dans le monde entier, avec générosité, Jésus Sauveur des hommes, votre divin Fils. Faites de nous des hommes et des femmes courageux et fervents, dignes de leurs pères et préparant des générations futures qui continueront l’œuvre de l’amour dans notre pays et sur toute la terre.

Amen.




vendredi 17 mars 2017

Classiques de la vie spirituelle : l'Imitation de Jésus-Christ

20170319Imitation.jpg"L'Imitation de Jésus-Christ" est le livre le plus imprimé au monde après la Bible. On vient et revient sans cesse à ses courtes et frappantes sentences. Elles ont alimenté la vie spirituelle des générations qui nous ont précédés (en particulier en France sous la forme des "manuels du chrétien").
Ne laissons pas un tel trésor prendre la poussière. Faisons-en un compagnon habituel.

Livre I - Chapitre 23 (extraits)

De la méditation de la mort


1. C’en sera fait de vous bien vite ici-bas : voyez donc en quel état vous êtes. L’homme est aujourd’hui, et demain il a disparu, et quand il n’est plus sous les yeux, il passe bien vite de l’esprit. O stupidité et dureté du coeur humain, qui ne pense qu’au présent, et ne prévoit pas l’avenir ! Dans toutes vos actions, dans toutes vos pensées, vous devriez être tel que vous seriez s’il vous fallait mourir aujourd’hui. Si vous aviez une bonne conscience, vous craindriez peu la mort. Il vaudrait mieux éviter le péché que fuir la mort. Si aujourd’hui vous n’êtes pas prêt, comment le serez-vous demain ? Demain est un jour incertain : et que savez-vous si vous aurez un lendemain ?

2. Que sert de vivre longtemps, puisque nous nous corrigeons si peu ? Ah ! Une longue vie ne corrige pas toujours ; souvent plutôt elle augmente nos crimes. Plût à Dieu que nous eussions bien vécu dans ce monde un seul jour ! Plusieurs comptent les années de leur conversion ; mais souvent, qu’ils sont peu changés, et que ces années ont été stériles ! S’il est terrible de mourir, peut-être est-il plus dangereux de vivre si longtemps. Heureux celui à qui l’heure de sa mort est toujours présente, et qui se prépare chaque jour à mourir ! Si vous avez vu jamais un homme mourir, songez que vous aussi vous passerez par cette voie. 8. Qui se souviendra de vous après votre mort, et qui priera pour vous ? Faites, faites maintenant, mon cher frère, tout ce que vous pouvez, car vous ne savez pas quand vous mourrez, ni ce qui suivra pour vous la mort. Tandis que vous en avez le temps, amassez des richesses immortelles. Ne pensez qu’à votre salut, ne vous occupez que des choses de Dieu. Faites-vous maintenant des amis, en honorant les saints et en imitant leurs oeuvres, afin qu’arrivé au terme de cette vie, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels.

9. Vivez sur la terre comme un voyageur et un étranger à qui les choses du monde ne sont rien. Conservez votre coeur libre et toujours élevé vers Dieu, parce que vous n’avez point ici-bas de demeure permanente. Que vos gémissements, vos larmes, vos prières, montent tous les jours vers le ciel, afin que votre âme, après la mort, mérite de passer heureusement à Dieu.

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