Pèlerinage de Pentecôte
de Paris à Chartres

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vendredi 18 janvier 2019

La messe traditionnelle en pleine progression !

Paix liturgique a entrepris de publier chaque année un bilan du développement de la messe traditionnelle dans me monde : ce bilan que nous présentons aujourd’hui pour la première fois comprendra trois parties : la situation des célébrations dans le monde, les prêtres qui célèbrent cette liturgie et des éléments sur les fidèles qui sont favorables à ces célébrations
Nous avons demandé à Christian Marquant, qui a présenté ce travail à la 5éme journée Summorum Pontificum, qui s’est tenu à Rome le 29 octobre 2018, de répondre à nos questions


Q –Nous allons évoquer dans ce premier entretien les messes traditionnelles qui sont célébrées de par le monde : que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

Christian Marquant - Avant de vous répondre je désire faire deux remarques indispensables sur la précision de ce que je vais dire. Tout d’abord ce que nous commençons cette année n’a jamais été réalisé d’une manière aussi complète, aussi, malgré la rigueur qui a été la nôtre dans la réalisation de ce travail, il est tout à fait possible que nous ayons fait des erreurs ou oublié certains éléments.

De ce fait, nous remercions par avance toutes ceux qui le pourront de nous faire part de leurs remarques et corrections, notre désir étant de publier à la fin de l’année 2019, pour les 50 ans de la publication du nouvel Ordo Missæ un bilan plus complet et plus exact que celui que nous présentons pour 2018. Pour revenir à votre question je ferais remarquer tout d’abord que 49 ans après la prétendue interdiction de la messe traditionnelle, celle-ci est désormais célébrées, et régulièrement, sur les 5 continents En Europe et en Amérique bien sûr mais aussi en Asie, en Afrique et en Océanie : un tel développement n’était pas même envisageable il y a un demi-siècle.


Q – Pouvez-vous nous donner quelques chiffres ?

Le plus important est de constater que désormais la messe traditionnelle est célébrée régulièrement, à la fin de l’année 2018, dans plus de 80 pays distincts sans compter les provinces ou les départements d’outre-mer de pays comme la France. Il faut cependant immédiatement faire remarquer que si la messe traditionnelle est célébrée aujourd’hui dans 80 pays ce chiffre couvre évidemment des différences flagrantes et des disparités gigantesques : comment comparer la France ou les lieux de célébrations dépassent 400 avec la Slovénie ou à notre connaissance la messe traditionnelle n’est célébrée que dans une seule église… ou bien comparer les Etats-Unis ou les célébrations sont plus nombreuses qu’en France avec le Zimbabwe ! Mais ce que nous avons voulu mettre en avant c’est la progression universelle d’un phénomène qui n’est ni une mode ni une affaire franco-française, comme on a tant aimé le répéter chez les ennemis de la paix dans la liturgie.


Q – Quelle est la situation en Europe ?

L’Europe est un cas presque unique, car de fait la messe traditionnelle y est célébrée dans tous les pays de tradition catholiques et même aujourd’hui dans de nombreux pays de tradition protestante, la liste que vous trouverez en note vous le confirmera (1)


Q – Et la situation en Amérique ?

Elle est proche de celle de l’Europe, car sur ce continent aussi la messe traditionnelle est célébrée presque partout, hormis au Venezuela, dont est bien connue la situation sociale et politique très particulière, et hormis dans un certain nombre d’Etats antillais qui, de par leur faible population, ne sont pas encore concernés (2).


Q – Et quelle est la situation de l’Afrique ?

L’Afrique est sans doute le continent le moins touché par le phénomène de la messe traditionnelle, bien que la liste des pays où elle est célébrée ne soit pas négligeable (3). Mais parler de ce continent m’amène à signaler l’œuvre missionnaire exceptionnelle et exemplaire qui y est menée par la fraternité Saint-Pie X, et qui a abouti à l’installation de foyers puissants de tradition liturgique dans des pays pauvres ou peu peuplés, qui seront bientôt, n’en doutons pas, des centres importants qui provoqueront un embrasement important dans ces régions dans les prochaines années. Et ce mouvement continue encore par de fréquents voyages missionnaires entrepris par les prêtres des prieurés africains à l’écoute des demandes, sinon importantes mais en tout cas nombreuses, qui laissent penser que d’ici 20 ans toute l’Afrique sera concernée par la liturgie traditionnelle


Q – Et l’Asie ?

L’immense Asie est le parent pauvre du monde traditionnel (4). Cela ne tient pas à la liturgie traditionnelle, mais au fait que le monde asiatique n’est que marginalement catholique avec des régions qui sont presque exclusivement de terres d’Islam ou des régions comme l’Inde ou la Chine où l’évangélisation, malgré d’énormes et très anciens efforts, n’en est encore qu’à ses balbutiements. Il n’empêche que parmi les catholiques d’Asie la messe traditionnelle se répand aussi, car elle répond à un profond désir d’affirmer en même temps sa pleine foi catholique et d’avoir un sentiment très puissant de communion avec l’Eglise universelle dans l’espace et dans le temps, ce que réalise la messe traditionnelle.


Q – Terminons par l’Océanie

C’est un continent ou la tradition liturgique est en pleine expansion (5), à la fois du fait de la présence d’un important foyer européen de cette tradition, mais aussi grâce à un mouvement d’évangélisation en expansion sous cette forme. Je pourrais reprendre pour le monde océanien ma remarque sur le remarquable travail missionnaire de la Fraternité Saint-Pie-X, qui ici se tourne vers le monde pacifique insulaire


Q – Vous avez déclaré que la liturgie traditionnelle était désormais célébrée dans 80 pays. Avez-vous l’impression que l’on arrive à une limite territoriale de ce développement ?

Il est certain qu’en Europe ou en Amérique, où presque tous les pays catholiques sont déjà touchés par le mouvement en faveur de la messe traditionnelle le développement de la liturgie traditionnelle va se faire par des croissances internes – c’est-à-dire par davantage de lieux de cultes, et par le développement d’œuvres d’écoles et souvent de séminaires – plus que par une extension vers des pays nouveaux. En revanche, les informations dont nous disposons au sujet de l’Afrique et de l’Asie nous donnent à croire que dans les années à venir la messe traditionnelle va s’installer dans un grand nombre de pays, non encore concernés aujourd’hui mais au sein desquels des fidèles l’attendent et s’organisent déjà dans cette perspective.


Q – Que diriez-vous pour conclure ce premier entretien consacré à la messe traditionnelle dans le monde ?

Je reprendrai une affirmation qui me semble une évidence : la messe traditionnelle n’est pas une mode, mais elle est pour les catholiques latins l’expression la plus parfaite de la lex credendi, c’est-à-dire de leur Credo, spécialement en ce qui concerne le sacrifice eucharistique et la présence eucharistique. « La France, on n’a rien trouvé de mieux », disait un homme politique célèbre. Je dirais pour ma part : « Depuis cinquante ans qu’on essaye, on n’a rien trouvé de mieux que la messe traditionnelle ». Aussi n’est-il pas étonnant que de plus en plus de prêtres et de fidèles se tournent vers elle dès qu’ils le peuvent. On peut raisonnablement espérer un développement tout à fait considérable dans les toutes prochaines années


1/1- Pays d'Europe ou est célébrée la Messe traditionnelle

Allemagne, Autriche, Belgique, Biélorussie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Irlande, Italie, Le Vatican, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Monaco, Norvège, , Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni, Russie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Ukraine


1/2- Pays d'Europe ou n'est pas célébrée la messe traditionnelle

Albanie, Andorre, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Grèce, Iceland, Macedoine, Moldavie, Montenegro, Roumanie, Saint-Marin, Serbie


2/1 -Pays d'Amérique ou est célébrée la Messe traditionnelle

Argentine, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, Équateur,  Guatemala,  Haïti, Honduras,  Mexique, Nicaragua,  Paraguay, Pérou, République Dominicaine, Trinidad et Tobago, Uruguay, USA


2/2 - Pays d'Amérique ou n'est pas célébrée la messe traditionnelle

Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Belize, Dominique, Guyana, Jamaïque, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sainte-Lucie, San Salvador,  Suriname, Vénézuela


3/1 -Pays d'Afrique ou est célébrée la Messe traditionnelle

Afrique du Sud, Bénin, Cameroun, Congo Brazzaville, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée Equatoriale, Ile Maurice, Kenya, La Réunion, Madagascar, Nigeria, Ouganda, Tanzanie, Zimbabwe


3/2 - Pays d'Afrique ou n'est pas célébrée la messe traditionnelle

Algérie, Angola, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cap Vert, Comores, Egypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Lesotho, Liberia, Libye, Malawi, Mali, Maroc, Mauritanie, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, République Centrafricaine, République de Djibouti, République Démocratique du Congo, Rwanda, São Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Swaziland, Tchad, Togo,  Tunisie, Zambie


4/1 -Pays d'Asie ou est célébrée la Messe traditionnelle

Ceylan, Chine, Corée, Inde, Indonésie, Israël, Japon, kazakhstan, Malaisie, Philippines, Singapour, Taiwan


4/2 - Pays d'Asie ou n'est pas célébrée la messe traditionnelle

Afghanistan, Arabie saoudite, Arménie, Azebaïdjan, Bahreïn, Bangladesh, Birmanie, Bouthan, Cambodge, Emirats Arabes Unis, Géorgie, Irak, Iran, Jordanie, kirghizistan, Koweït, Laos, Liban, Maldives, Mongolie, Nepal, Népal, Oman, Ouzbekistan, Pakistan, Palestine, Qatar, Syrie, Tajikistan, Thaïlande, Turquie, Vietnam, Yemen


5/1 -Pays d'Océanie ou est célébrée la Messe traditionnelle

Australie, Fidji,  Nouvelle-Zélande ( Auxquels il faut ajouter les territoires français de Nouvelle-Calédonie et la Polynésie )


5/2 - Pays d'Océanie ou n'est pas célébrée la messe traditionnelle

Brunei, États fédérés de Micronésie, Îles Marshall, Kiribati, Nauru, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Salomon, Samoa, Timor oriental, Tonga, Trinité-et-Tobago, Tuvalu, Vanuatu

jeudi 17 janvier 2019

Subsidiarité, solidarité, bien commun et dignité de la personne

L'ensemble des conditions sociales qui permettent aux personnes de se réaliser collectivement et individuellement, est le bien commun. La solidarité est la vertu qui permet à la famille humaine de partager en plénitude le trésor des biens matériels et spirituels et la subsidiarité est la coordination des activités de la société qui soutient la vie interne des communautés locales.

Toutefois, ces définitions ne sont qu'un début et ne peuvent être comprises comme il se doit que si elles sont organiquement liées les unes aux autres et considérées comme se soutenant réciproquement. Pour commencer, nous pouvons tracer les interconnections entre ces quatre principes en plaçant la dignité de la personne au point d'intersection de deux axes, un axe horizontal, qui représente la "solidarité" et la "subsidiarité", et l'autre vertical, qui représente le "bien commun". Cela crée un espace dans lequel nous pouvons tracer les divers points de la doctrine sociale catholique qui forment le bien commun.

(…) Lorsque nous examinons les principes de solidarité et de subsidiarité à la lumière de l'Evangile, nous comprenons qu'ils ne sont pas simplement "horizontaux": ils possèdent tous les deux une dimension verticale essentielle. Jésus nous exhorte à faire aux autres ce que nous voudrions qu'on nous fasse (cf. Lc 6, 31), et à aimer notre prochain comme nous-mêmes (cf. Mt 22, 35). Ces commandements sont inscrits par le Créateur dans la nature humaine elle-même (cf. Deus Caritas est, n. 31). Jésus enseigne que cet amour nous exhorte à consacrer notre vie au bien des autres (cf. Jn 15, 12-13). C'est pourquoi la solidarité authentique, bien qu'elle commence par la reconnaissance de la valeur égale de l'autre, ne s'accomplit que lorsque je mets volontairement ma vie au service de l'autre (cf. Ep 6, 21). Telle est la dimension "verticale" de la solidarité: je suis poussé à me faire moins que l'autre pour satisfaire ses nécessités (cf. Jn 13, 14-15), précisément comme Jésus "s'est humilié" pour permettre aux hommes et aux femmes de participer à sa vie divine avec le Père et l'Esprit (cf. Ph 2, 8; Mt 23, 12).

De même, la subsidiarité, qui encourage les hommes et les femmes à instaurer librement des rapports vitaux avec ceux qui sont les plus proches et dont ils dépendent le plus directement, et qui exige des plus hautes autorités le respect de ces relations, manifeste une dimension "verticale" adressée au Créateur de l'ordre social (cf. Rm 12, 16, 18). Une société qui honore le principe de subsidiarité libère les personnes du sentiment de découragement et de désespoir, en leur garantissant la liberté de s'engager réciproquement dans les domaines du commerce, de la politique et de la culture (Quadragesimo anno, n. 80). Lorsque les responsables du bien commun respectent le désir naturel de l'homme d'un autogouvernement fondé sur la subsidiarité, ils laissent place à la responsabilité et à l'initiative individuelles, mais, surtout, ils laissent place à l'amour (cf. Rm 13, 8; Deus Caritas estt, n. 28), qui reste toujours la "voie supérieure à toutes les autres" (1 Co 12, 31).

En révélant l'amour du Père, Jésus nous a enseigné non seulement comment vivre en frères et en sœurs, ici sur la terre, mais aussi qu'il est lui-même la voie vers la communion parfaite entre nous et avec Dieu dans le monde qui viendra, car c'est par son intermédiaire que "nous avons accès au Père dans un seul Esprit" (cf. Ep 2, 18). Alors que vous œuvrez pour élaborer les façons dont les hommes et les femmes peuvent promouvoir au mieux le bien commun, je vous encourage à sonder les dimensions "verticale" et "horizontale" de la solidarité et de la subsidiarité. De cette manière, vous pourrez proposer les modalités les plus efficaces pour résoudre les multiples problèmes qui frappent l'humanité au seuil du troisième millénaire, en témoignant également de la primauté de l'amour, qui transcende et réalise la justice dans la mesure où il oriente l'humanité vers la vie authentique de Dieu (cf. Message à l'occasion de la Journée mondiale de la Paix 2004).

Extraits de Benoît XVI à l'Assemblée Plénière de l'Académie Pontificale des Sciences Sociales - 3 Mai 2008 

mercredi 16 janvier 2019

Ne ratez pas l'une des représentations de la pièce de JEAN-PAUL II !

Cette pièce de théâtre est une réflexion profonde sur le sens de l'amour.
Nous la conseillons vivement aux étudiants, couples, fiancés, consacrés, prêtres, religieux, etc.
C'est aussi une bonne occasion de mener la réflexion dans le cadre des préparations au mariage.
Vous pouvez aussi nous aider en diffusant l'information autour de vous. MERCI.
 
 17, 18 et 20 janvier au théâtre Saint Léon à Paris  //  19 janvier au Chesnay
 

Chefs de chapîtres d'Ile de France, la préparation du pélé commence !!!

Chers amis,

Quelle joie de vous retrouver pour préparer notre 37ième pèlerinage sur la Paix du Christ par le Règne du Christ !

Nous vous attendons NOMBREUX à LA recollection IDF 2019

le Samedi 26 janvier 2019 à  Versailles ! 

Au programme :

9h15 : Messe célébrée par l'abbé Damaggio à la chapelle de l'Immaculée Conception, 8 bis rue Mgr Gibier

(le sermon de l'Abbé de Massia sera une introduction générale au thème de l’année)

10h00 : Accueil Café au Centre Ozanam (24 Rue du Maréchal Joffre, 78000 Versailles)

10H30-11H00 : Présentation de la journée et consignes pratiques par la Dirpel

11h00 – 11h45 : "La nature de l'homme et sa finalité" par l'abbé de Massia
11h45 – 12h30 : "Qu'est ce que le Bien commun ?" par l'abbé Garnier

12h30 – 13h40 : Pique-nique

13h40 – 14h25 : "La Loi" par le père Chalufour
14h30 – 14h55 : méditation du chapelet

14h55 – 15h40 : "Application de la DSE dans le domaine du travail" par Hervé Rolland
16h00 – 16h30 : Conclusion : aspects et consignes pratiques et spirituels

16h45 – 17h30 : Salut du Saint-Sacrement et confessions – Chapelle de l’Immaculée Conception.

Hugues Moreau, organisateur de cette journée, compte sur votre présence nombreuse ainsi que sur celle de vos cadres.

Que cette journée de communion de prière et de formation conçue pour vous, chefs de chapîtres, vous aide à mieux accompagner nos pèlerins ! !

Servir le bien commun

En raison de sa grandeur et de son importance, le bien commun doit être recherché, aimé, servi par tous les citoyens. Il est l’objet de cette charité supérieure dont Pie XI disait « tel est le domaine de la politique qui regarde les intérêts de la société toute entière et qui, sous ce rapport, est le champ de la plus vaste charité, de la charité politique, dont on peut dire qu’aucun autre ne lui est supérieur, sauf celui de la religion ».

Le service du bien commun est donc bien d’abord la mission propre de l’Etat et des gouvernants. Léon XIII rappelait le principe selon lequel «  l’autorité civile ne doit servir, sous aucun prétexte, à l’avantage d’un seul ou de quelques uns, puisqu’elle a été constituée pour le bien commun ».

Comment l’Etat peut-il y parvenir ? par les lois, les institutions et les services qui relèvent de son gouvernement et de son administration. " La mission de l’Etat est de contrôler, aider, régler les activités privées et individuelles de la vie nationale pour les faire converger harmonieusement vers le bien commun" (Pie XII – Encyclique Summi Pontificatus).

L’Etat doit d’abord « avoir soin également de toutes les classes de citoyens, en observant rigoureusement les lois de la justice distributive » (Léon XIII – Encyclique Rerum Novarum) et protéger les droits de chacun et de tous.

Il doit cependant "se préoccuper d’une manière spéciale des faibles et des indigents. La famille des riches se fait comme un rempart de ses richesses et a moins besoin de la protection publique. La masse indigente au contraire, sans richesse pour la mettre à couvert, compte surtout sur le patronage de l’Etat. Que l’Etat entoure donc de soins et d’une sollicitude particulière les salariés qui appartiennent à la multitude des pauvres" (Pie XI – Quadragesimo Anno).

Il est intéressant de constater l’actualité et la nécessité urgente de cette notion de la Doctrine Sociale de l’Eglise à l’heure ou le bien commun semble méprisé, méconnu, bafoué, trahi, privilégiant la course aux jouissances diverses et donc la coalition des intérêts privés contre le bien commun et assurant ainsi la suprématie du chacun pour soi.

Le concept spiritualiste du bien commun a été trop longtemps éclipsé par le concept matérialiste de l’intérêt général, comme somme des intérêts particuliers, de l’hédonisme et de l’arrivisme. A nous d’en retrouver la vraie valeur et de participer à sa reconstruction.

mardi 15 janvier 2019

Grandeur et importance du bien commun

Léon XIII disait du bien commun : « Ce bien est, après Dieu, dans la société, la loi première et dernière ».

Pour Pie XI, le bien commun étant déterminé par la nature de l’homme et par le but de la société, « s’écarter de cet ordre, c’est ébranler les colonnes sur lesquelles repose la société et donc compromettre la tranquillité, la sécurité, et l’existence même de la société ».

Ce qui fait la grandeur du bien commun, c’est que d’abord il répond au plan de Dieu qui a voulu unir les hommes entre eux par une nature commune, les faire vivre en société, les lier par une étroite solidarité dans la recherche de leur conditions de vie en commun pour les entrainer tous vers le bien et la poursuite de leur vocation en s’aidant les uns les autres.

Ce qui fait aussi la grandeur du bien commun, c’est qu’il est au-dessus des intérêts particuliers, qu’il est un bien supérieur qui conditionne l’existence, la vitalité, le bien-être et le bonheur d’un peuple. Lui seul peut réaliser l’unité et la grandeur d’une nation. Il est d’une portée universelle puisqu’il s’applique non seulement à l’intérieur de chaque groupe en société, mais encore dans leurs relations et subordinations.

Ce qui fait encore la grandeur du bien commun, c’est qu’il s’adresse à l’homme tout entier pour l’inviter à se dépasser, à s’accomplir en aidant les autres à devenir meilleurs, à prendre des responsabilités dans le corps social, à pratiquer toutes les vertus qu’exige le don de soi, dont la justice sociale. En plus de s’adresser à l’homme, il s’adresse à tous les hommes, à toutes les familles, à toutes les sociétés, pour provoquer et entretenir entre eux une saine émulation : il possède en lui-même une force capable d’opérer des transformations profondes dans la vie d’un peuple et d’assurer sa restauration sociale.

Loin de replier une nation sur elle-même, le bien commun appelle à coopérer au bien commun international, au bien commun de l’humanité. Le bien commun suprême étant Dieu, la mystique du bien commun, en se généralisant, prépare les hommes à se tourner vers le Père de tous, qui est lui-même « une grande récompense ».

Tiré de la Lettre Pastorale au clergé de Monseigneur Guerry

Lundi 14 janvier 2019

Le bien commun sous conditions

C’est une des bases fondamentales de la Doctrine Sociale de l’Eglise dont la notion même est d’ailleurs tirée bien avant d’avoir été reprise par divers courants d’opinions ou idées sociales.

On préfèrera la notion de bien commun à celle d’intérêt général qui évoque davantage le quantitatif que le qualitatif, reposant sur l’assouvissement de satisfactions, de gains et de profits. Le bien commun est, lui, la réalisation durable de conditions extérieures : il comprend certes les éléments matériels, mais auxquels sont intrinsèquement rattachées les valeurs morales.

Le bien est ce qui perfectionne la personne humaine dans sa dimension raisonnable et libre. C’est ce qui, à travers la satisfaction de besoins matériels et physiques, va en plus répondre à l’apaisement de désirs et de besoins intellectuels, artistiques, culturels et spirituels et va donc lui procurer paix, sécurité, confiance, joie etc…de manière durable.

Dans son encyclique Rerum Novarum, Léon XIII associe fondamentalement la notion de bien commun à celle de bien moral. Ce bien se définissant par la personne humaine et dans le cadre d’une communauté humaine, il trouve son expression dans tous types de cercles : familial, professionnel, national et international. C’est un bien d’ensemble, assuré par un ensemble de conditions extérieures et pour l’ensemble des citoyens. Il demande donc de dépasser les intérêts particuliers ou collectifs de partis politiques, groupements professionnels, associations, courants de pensée.

Il requiert 3 conditions : l’ordre public et extérieur, la prospérité matérielle pour tous, et des valeurs supérieures.

1/ Un ordre public et extérieur

Pour Pie XII, l’économie sociale n’a d’autre but que de « permettre d’une façon stable, à la portée de tous les membres de la société, les conditions matérielles requises pour le développement de leur vie culturelle et spirituelle » et ajoute qu’il « n’est pas possible d’obtenir quelque résultat sans un ordre extérieur, sans des normes sociales qui visent à l’obtention durable de cette fin ».

Le bien commun nécessite donc un ordre public extérieur qui assure la sécurité des biens, la protection des personnes, le respect de la liberté et des droits, la défense du territoire etc… Cet ordre public doit être stable et permanent ; les changements, révolutions ou crises d’instabilité dans le gouvernement sont néfastes à la stabilité, d’où le besoin d’un statut juridique servant à la vie sociale de protection et orientant positivement toutes les énergies particulières des citoyens dans leur coopération au bien commun.

2/ Une prospérité matérielle pour le peuple tout entier

Dans son encyclique Rerum Novarum, Léon XIII précise le rôle des gouvernants et de l’Etat : «  Ce qu’on demande d’abord aux gouvernants, c’est un concours d’ordre général, fourni par toute l’économie même des lois et des institutions ; c'est-à-dire qu’ils doivent faire en sorte que, de l’ordonnance même et du gouvernement de la société, découle spontanément et sans effort la prospérité tant publique que privée ».

La prospérité est évidemment composée d’éléments matériels dont usent en commun les citoyens (denrées, transports, communications, agriculture, industrie, culture ; santé…), mais elle implique également une juste répartition du revenu national entre les différentes catégories sociales, et notamment une amélioration du niveau de vie des masses populaires par l’augmentation de leur pouvoir d’achat, une fiscalité claire, juste et modérée, un équilibre financier, une monnaie stable et forte.

Au-delà de ces éléments matériels, ce qui fait la prospérité d’un peuple, ce sont les familles qui le composent : des familles fécondes, ouvertes à la vie, unies, ouvertes aux autres et aux problèmes de leur temps. C’est une atmosphère de paix sociale et de sécurité, de collaboration loyale entre les diverses professions au bien commun, de climat favorable à l’épanouissement des valeurs intellectuelles, spirituelles et morales.

3/ Des valeurs supérieures de l’ordre intellectuel, spirituel, moral et religieux

Dans l’ordre intellectuel et moral, le bien commun appelle la généralisation de l’instruction, le développement de la formation intellectuelle, humaniste, technique, culturelle et artistique. Il exige que toute formation intègre l’éducation des âmes et de la conscience, de la volonté et de l’énergie, pour assurer le renouvellement de générations fortes, soucieuses de leur patrie, dotées d’une capacité de jugement sain, habituées à une certaine discipline de vie, à la maîtrise de leurs instincts, capables de se donner pour idéal le dépassement de soi. Cette éducation exige le goût de l’effort, l’amour du bien, du vrai, du beau, la lutte contre l’égoïsme, la paresse et la lâcheté.

Mais le bien commun inclut également l’ordre religieux, en respectant la religion pour ce qu’elle est en elle-même comme pour l’influence qu’elle peut avoir sur les consciences, les familles, les rapports sociaux et l’éducation du sens du bien commun.

Tiré de la Lettre Pastorale au clergé de Monseigneur Guerry

Dimanche 13 janvier 2019

Prière à la Sainte Famille

 Sainte Famille, Trinité de la terre, Jésus, Marie et Joseph, sublimes modèles et tuteurs des familles chrétiennes, nous recourons à vous, non seulement pour nous fortifier dans la douce contemplation de vos aimables exemples, mais aussi pour implorer votre protection et vous promettre une constante fidélité dans la voie que vous nous montrez.

Votre paix, votre inaltérable sérénité réconfortent nos esprits tourmentés parmi les angoisses d'une vie toujours plus compliquée et difficile, en nous montrant avec éloquence que c'est seulement dans les foyers ornés et enrichis des vertus domestiques que vous nous enseignez, que nos coeurs pourront trouver le repos et la félicité auxquels nous aspirons tant.

Mais comment cette frêle plante qu'est la famille pourra‐t‐elle se défendre de l'ardeur des passions sans frein, des mouvements insidieux de révolte qui, pour ainsi dire, se glissent en tout lieu, de l'ouragan de la vie moderne, qui dirait‐on, veut tout bouleverser? Comment, sinon en faisant nous‐mêmes pénétrer profondément ses racines dans la terre généreuse de la piété chrétienne; en implorant pour elle la rosée abondante de la grâce divine, spécialement par la participation commune aux sacrements; en l'animant d'un véritable esprit de foi, qui l'amène à dominer la conception matérialiste de la vie; en unissant tous ses rameaux par l'étroit lien d'un amour qui, s'il n'était surnaturel, passerait comme tout ici‐bas; en la consolidant dans son être‐même, par la ferme résolution d'accomplir chacun de nos devoirs en tout ce que nous impose le bon ordre de la famille; en la soutenant dans les difficultés de cet exil terrestre, où parfois manque jusqu'à une honnête demeure, ou bien font défaut les moyens suffisants de subsistance.

Dans le désordre des idées qui souvent trouble les esprits, nous proclamons hautement la sainteté, l'unité et la mission divine de la famille chrétienne, cellule de la société et de l'Eglise; et, chacun à notre place, ‐parents et enfants‐  avec modestie mais avec fermeté, nous nous engageons à faire tout ce qui est en notre pouvoir, pour qu'un idéal aussi saint soit dans le monde une réalité.

Aidez‐nous, Joseph, miroir de la plus admirable paternité dans le soin assidu dont vous avez su entourer le Sauveur et la Vierge, vous conformant fidèlement aux inspirations divines; venez à notre secours, Marie, la plus aimante, la plus fidèle et la plus pure de toutes les épouses et de toutes les mères; assistez‐nous, Jésus, qui pour nous être en tout un éclatant modèle, vous êtes fait le plus soumis des fils.

Soyez toujours tous trois auprès de nous, dans les heures de joie et dans les heures de tristesse, dans notre travail et dans notre repos, dans nos inquiétudes et dans nos espoirs, auprès de ceux qui naissent et de ceux qui meurent. Et obtenez‐nous que tous les foyers, saints à l'exemple du vôtre, soient pour tous leurs membres des écoles de vertu, des asiles de sainteté, un chemin assuré vers cette éternelle béatitude que, par votre intercession, nous espérons avec confiance.

Ainsi‐soit‐il.

samedi 12 janvier 2019

Le bien commun : ce que nous enseigne l'Eglise

1905 - Conformément à la nature sociale de l’homme, le bien de chacun est nécessairement en rapport avec le bien commun. Celui-ci ne peut être défini qu’en référence à la personne humaine : Ne vivez point isolés, retirés en vous-mêmes, comme si vous étiez déjà justifiés, mais rassemble- vous pour rechercher ensemble ce qui est de l’intérêt commun (Barnabé, ep. 4, 10).

1906 -  Par bien commun, il faut entendre " l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindre leur perfection, d’une façon plus totale et plus aisée "(GS 26,§ 1 ; cf. GS 74,§ 1). Le bien commun intéresse la vie de tous. Il réclame la prudence de la part de chacun, et plus encore de la part de ceux qui exercent la charge de l’autorité. Il comporte trois éléments essentiels :

1907 -  Il suppose, en premier lieu, le respect de la personne en tant que telle. Au nom du bien commun, les pouvoirs publics se tenus de respecter les droits fondamentaux et inaliénables de la personne humaine. La société se doit de permettre à chacun de ses membres de réaliser sa vocation. En particulier, le bien commun réside dans les conditions d’exercice des libertés naturelles qui sont indispensables à l’épanouissement de la vocation humaine : " ainsi : droit d’agir selon la droite règle de sa conscience, droit à la sauvegarde de la vie privée et à la juste liberté, y compris en matière religieuse " (GS 26, § 2).

1908-  En second lieu, le bien commun demande le bien-être social et le développement du groupe lui-même. Le développement est le résumé de tous les devoirs sociaux. Certes, il revient à l’autorité d’arbitrer, au nom du bien commun, entre les divers intérêts particuliers. Mais elle doit rendre accessible à chacun ce dont il a besoin pour mener une vie vraiment humaine : nourriture, vêtement, santé, travail, éducation et culture, information convenable, droit de fonder une famille, etc. (cf. GS 26, § 2).

1909 -  Le bien commun implique enfin la paix, c’est-à-dire la durée et la sécurité d’un ordre juste. Il suppose donc que l’autorité assure, par des moyens honnêtes, la sécurité de la société et celle de ses membres. Il fonde le droit à la légitime défense personnelle et collective.

1910 -  Si chaque communauté humaine possède un bien commun qui lui permet de se reconnaître en tant que telle, c’est dans la communauté politique qu’on trouve sa réalisation la plus complète. Il revient à l’Etat de défendre et de promouvoir le bien commun de la société civile, des citoyens et des corps intermédiaires.

1911 -  Les dépendances humaines s’intensifient. Ils s’étendent peu à peu à la terre entière. L’unité de la famille humaine, rassemblant des êtres jouissant d’une dignité naturelle égale, implique un bien commun universel. Celui-ci appelle une organisation de la communauté des nations capable de " pourvoir aux divers besoins des hommes, aussi bien dans le domaine de la vie sociale (alimentation, santé, éducation ...), que pour faire face à maintes circonstances particulières qui peuvent surgir ici ou là (par exemple : l’accueil des réfugiés, l’assistance aux migrants et à leurs familles ...) " (GS 84, § 2).

1912 - Le bien commun est toujours orienté vers le progrès des personnes : " L’ordre des choses doit être subordonné à l’ordre des personnes, et non l’inverse " (GS 27, § 3). Cet ordre a pour base la vérité, il s’édifie dans la justice, il est vivifié par l’amour.

vendredi 11 janvier 2019

Que votre Règne arrive : notre marche vers le Bien Commun

Seigneur Jésus-Christ, Vous nous avez appris à nous adresser avec confiance à notre Père du Ciel, et à Lui demander ardemment, dans notre prière quotidienne: "Que votre Règne arrive!"
Oui, mon Dieu, que votre Règne arrive. Vous nous gouvernez avec patience et amour par votre Providence, et Vous voulez nous conduire à Vous afin que nous puissions Vous contempler éternellement dans votre Paradis. Mais nous, créatures libres, nous rejetons trop souvent votre appel salutaire pour nous tourner vers les créatures. Vous voulez que librement nous venions à Vous, et trop souvent nous détournons la liberté que Vous avez mise en nous de sa vocation à l'amour, pour mieux satisfaire nos appétits égoïstes. C'est pourtant en Vous que nous sommes libres, délivrés de l'esclavage de nos caprices, correspondant pleinement à l'amour pour lequel Vous nous avez créés. En Vous, notre âme trouve son repos. Alors mon Dieu, nourrissez nos âmes de votre grâce afin que nous puissions nous tourner enfin vers Vous, et Vous demander, et vouloir avec confiance: que votre règne arrive! Répandez dans nos âmes un doux parfum de liberté.
Que votre règne arrive dans nos âmes!
Par le péché, nous nous sommes détournés de votre amour et nous avons chassés de nos âmes la vie divine que Vous y aviez placée, prémices déjà de l'éternité à laquelle Vous nous appeliez. Par le Sang de votre Fils, Vous avez scellé avec nous une alliance nouvelle: nous voilà désormais réconciliés avec Vous, et nos âmes assoiffées réclament, par la vertu de la Croix, de pouvoir épancher leur soif dans l'Amour intarissable de la Trinité divine. Seule source de la liberté véritable des enfants de Dieu, vocation éternelle des âmes renouvelées dans le Sang du Christ par l'eau des sacrements. Votre Règne est un règne d'Amour!
Que votre règne arrive dans nos familles !
Car l'amour est au principe de la famille et la famille est elle-même source de vie. Elle est le lieu où, de l'amour fécond des époux, jaillit la vie naturelle. Mais Vous seul faites jaillir la vie surnaturelle dans nos âmes. Vous seul êtes source de la grâce par laquelle Vous nous faites participer à votre divinité, par laquelle Jésus- Christ est engendré dans nos âmes et vient prendre possession de notre liberté pour la grandir à la mesure de notre destinée éternelle. Régnez dans nos familles afin que là où apparaît la vie, apparaisse la grâce, afin que nos enfants puissent grandir sous votre regard et sous l'autorité de leurs parents, en apprenant à Vous connaître, à Vous aimer, à Vous honorer.
Que votre règne arrive dans nos sociétés !
Car lorsque les hommes organisent la vie sociale sans Vous, ils oublient que leur bien temporel est ordonné au bien éternel de leurs âmes, qui en Vous seul sont rassasiées. Car la vocation des sociétés est de disposer les hommes à Vous reconnaître comme leur bien ultime, et de même que la nature appelle la grâce, le temporel est appelé à être irrigué par le spirituel qui lui fait entrevoir déjà les prémices de l'éternité. "S'il n'est pas venu le temps pour Jésus-Christ de régner, il n'est pas venu le temps pour les gouvernements de durer", annonçait le cardinal Pie, rappelant que si Dieu est l'auteur des sociétés, Il est aussi leur fondement et leur fin.
Régnez Seigneur dans nos âmes, dans nos familles et dans nos sociétés.
Régnez Seigneur sur toute la création car vous en êtes l'Auteur et le Maître.
Régnez Seigneur sur toutes vos créatures humaines car vous avez, sur la Croix, acquis sur nous une royauté salvatrice qui fait de nous les enfants de Dieu.
Régnez Seigneur car, par votre Providence, Vous nous conduisez vers notre bien commun : la béatitude éternelle qui commence sur la terre, dans nos âmes que Vous inondez de votre grâce.

mercredi 09 janvier 2019

Etre fidèle à son devoir d'état

Nous sommes tous dans un état de vie provisoire ou définitif. Cet état de vie comporte des obligations et ces obligations sont la traduction concrète de la volonté de Dieu sur nous. Une fidélité très exacte à ces obligations est le meilleur moyen de marcher vers la sainteté effective.

La première obligation de notre devoir d'état, très souvent soulignée par Saint François de Sales, est de ne pas rêver d'un autre état de vie, où, nous semble-t-il, la sainteté serait plus facilement accessible.

" Les moyens de parvenir à la perfection sont divers selon la diversité des vocations; car les Religieux, les veuves et les mariés doivent rechercher cette perfection, mais non par même moyen " (A la Présidente Brulart, 3 mai 1604).
" Chacun voudrait volontiers changer sa condition à celle des autres, ceux qui sont Evêques voudraient ne l'être pas; ceux qui sont mariés voudraient ne l'être pas, et ceux qui ne le sont pas le voudraient être " (même lettre).
" Chacun demeure en sa vocation devant Dieu. Il ne faut pas porter la croix des autres, mais la sienne " (à la même, 13 octobre 1604).
" Chacun aime selon son goût; peu de gens aiment selon leur devoir et le goût de Notre-Seigneur. De quoi sert-il de bâtir des châteaux en Espagne puisqu'il nous faut habiter en France ?" (à la même, juin 1607).


La seconde obligation de notre devoir d'état est de bien mettre l'héroïsme là où il doit être mis. Ni dans notre intelligence, ni dans notre volonté même, encore moins dans notre imagination, mais dans nos actes concrets. Les héros que nous admirons tant, ceux qui ont versé leur sang pour leur Foi et pour leur Roi, se sont préparés à l'héroïsme de grandeur par l'héroïsme de petitesse. Ce dernier héroïsme a un Docteur incomparable qui parle " des petits moyens qui m'ont si parfaitement réussi : il n'y a qu'une seule chose à faire : jeter à Jésus les fleurs des petits sacrifices». (Ste Thérèse de
l'Enfant-Jésus) Elle avoue avec beaucoup de simplicité qu'en lisant la vie de Sainte Jeanne d'Arc, dans son enfance, il lui semblait que le Seigneur la destinait à de grandes choses. Mais plus tard, elle comprit qu'il n'est pas nécessaire de faire des oeuvres éclatantes mais de se cacher et de pratiquer la vertu, en sorte que la main gauche ignore ce que fait la main droite.
Peut-être n'a-t-elle jamais mieux décrit sa " petite voie" que dans ce passage de sa lettre du 8 septembre 1896 à Soeur Marie du Sacré-Coeur : " Je n'ai pas d'autre moyen de te prouver mon amour que de jeter des fleurs, c'est-à-dire de ne laisser échapper aucun petit sacrifice, aucun regard, aucune parole, de profiter de toutes les petites choses et de les faire par amour. Je veux souffrir par amour et même jouir par amour, ainsi je jetterai des fleurs devant ton trône, je n'en rencontrerai pas une sans l'effeuiller pour toi. " (Mss. auto.coll. Livre de vie, p. 229)

Cette humble obéissance au devoir d'état est très coûteuse à notre nature, mais elle enracine très profondément en nous les vertus qui font les héros et les saints. Car c'est une remarque faite par Aristote et Saint Thomas, que la vertu se manifeste le mieux dans les occasions soudaines. On se trahit mieux dans les circonstances imprévues. C'est dans la soudaineté d'un fusil braqué sur celui qui le précédait que le capitaine de Cathelineau a révélé toute la noblesse de son âme et s'est jeté avec toute la promptitude de son amour entre le fusil et l'adjudant de gendarmerie. Sacrifier sa vie
ainsi ne s'improvise pas. Et dans ce geste, on peut voir aussi l'un des plus beaux fruits du sacrifice du " Saint de l'Anjou" en 1793, tant il est vrai que " le sang des Martyrs est une semence de chrétiens".
Préparons-nous par l'héroïsme dans le " terrible quotidien" (l’expression est de Pie XI) à l'héroïsme qui nous sera peut-être demandé par Dieu dans des circonstances extraordinaires. " Les circonstances font les Saints, mais les Saints ne font pas les circonstances".

Dom Géranger

mardi 08 janvier 2019

Don Jean Pateau: l'amitié

Conférence donnée par Dom Pateau, père abbé de l'abbaye ND de Fontgombault, à l'occasion de la retraite annuelle de l'Avent de Notre-Dame de Chrétienté le 2 décembre 2018.

RENDEZ-VOUS A LA MARCHE POUR LA VIE LE 20 JANVIER ! 

Choisis la vie !
La vie est une chance, saisis-la
La vie est beauté, admire-la
La vie est béatitude, savoure-la
La vie est un rêve, fais-en une réalité
La vie est un défi, fais-lui face
La vie est un devoir, accomplis-le
La vie est un jeu, joue-le
La vie est précieuse, prends-en soin
La vie est amour, jouis-en
La vie est mystère, perce-le
La vie est promesse, remplis-la,

La vie est tristesse, surmonte-la
La vie est combat, accepte-le 

La vie est une tragédie, prends-la à bras le corps
La vie est une aventure, ose-la
La vie est bonheur, mérite-le

Sainte Teresa

 

Lundi 07 janvier 2019

Etre la voix des sans voix

 

Si Saint Paul pose l’Enfant comme intrinsèquement héritier, c’est parce qu'un héritier est celui qui possède de grands biens sans pouvoir encore en disposer, c'est aussi parce qu’il dépend d’autres que lui-même bien qu'il soit déjà sujet de la loi, c'est enfin parce qu'il n’hérite  que lorsqu'il peut user droitement de ses biens. 

L’héritier, c’est d'abord le Christ. On hérite en vertu de la filiation, le Christ est Fils de Dieu par nature et en droit, il est établi héritier de toute chose. L’héritier c’est encore l'Israël de Dieu aujourd'hui c'est à dire l'Eglise, plus universelle et plus large que le seul peuple hébreu. L’héritier enfin, c’ est chacun d’ entre nous : nous sommes enfants de Dieu par adoption et par grâce. C’est ce qui nous permet de prétendre à l’ héritage divin. 

L'homme est donc un héritier... Oui ! Mais pas seulement au plan surnaturel. Cela vaut aussi au plan naturel. 

Il ne s'appartient pas absolument, parce qu'il ne s'est pas fait seul et entièrement. C'est sa noblesse d'être intelligent et libre de le reconnaître, puis d'agir de manière responsable, parce que toute richesse créée une responsabilité.

Or, quelle est la tentation d'Hérode, hier et aujourd'hui? Se vouloir tout puissant, maître absolu, possesseur et manipulateur. Non serviam. Je ne sers pas, je ne reconnais pas ma condition de créature, ma dépendance envers le Créateur, je n'agis pas en conformité avec cette dépendance. Je refuse et repousse toute limite, tout repère que je n'aurai pas fixé moi-même, que je pourrai techniquement et matériellement franchir. C'est alors que la menace d'arbitraire, l'ivresse de toute puissance tourne au détriment des créatures, et atteint l'être humain lui-même. 

Sans Dieu, "l'homme est un loup pour l'homme"... En particulier le plus petit, le plus faible. Ce plus petit, ce plus faible est un signe de contradiction. Il est une limite objective posée à la volonté de puissance, à la soif de bien-être et de jouissance égoïste. Il appelle au don de soi, au dévouement, au sens des responsabilités.

Ayant redéfini que seul ce qui est apparent et performant, productif ou jouisseur a droit de cité, nous manipulons et éliminons ce qui est caché, ce qui est dépendant, ce qui est « improductif ». Terrible "culture du déchet", dénoncée par le Magistère récent ! Le progrès technique, scientifique, médical balance sans cesse entre la merveille ou la monstruosité.

C'est donc le sens de la marche pour la vie du 20 janvier prochain d'être la voix des sans voix, la défense visible des invisibles sans défense. C'est un signe de contradiction aux yeux du monde! Ces plus petits, enfants à naître, handicapés, (mais aussi malades incurables, personnes âgées et en fin de vie...) ne peuvent pas enfiler un gilet jaune pour dire ce que le système leur fait souffrir. Pour ceux et celles d'entre nous qui le peuvent, soyons au rendez-vous ! Paris n'est peut-être pas si loin de chez vous...

Le magistère récent a reformulé des fondamentaux de la loi naturelle, à travers l'écologie intégrale et l'équilibre de la maison commune.  Mais comment appliquer "l'écologisme partial" de notre siècle, qui met l'espèce humaine à égalité, voire en deça des autres espèces animales... Qui pleure sur les espèces protégées et le sort des bébés phoques, tout en détruisant des enfants à naître... Qui fait passer "l'empreinte carbone" avant "l'image de Dieu"... Qui prêche et adore le recyclage des déchets, en jetant à la poubelle de l'histoire les êtres humains les plus faibles ou les plus dépendants? Une société qui pratique massivement l'élimination des plus petits, des invisibles vivants a-t-elle un avenir?

Il y a cependant des lueurs d'espérance. On n'a pas le droit de pleurer sur les ténèbres sans regarder la lumière. Je pense à ces courageux défenseurs de la vie ; ce président des gynécologues de France qui a affirmé que l'IVG est un homicide... Cette infirmière qui a fait valoir son droit à l'objection de conscience (et combien de soignants le font encore actuellement pour le respect de la vie, et pour préserver le sens de leur profession!)... Ce chef de service qui a eu la bienveillance et la franchise d'avertir une mère hésitant à garder son enfant. Cette religieuse prix Nobel de la paix, Sainte Mere Teresa, qui a dénoncé l'IVG comme le plus grand destructeur de la paix... Ce professeur Lejeune qui a sacrifié la gloire, la richesse, pour empêcher que ses découvertes génétiques servent l'eugénisme et le tri sélectif des êtres humains... Ces bénévoles et accompagnateurs nombreux qui accueillent, écoutent, guident et encouragent les filles mères désorientées, les couples en difficulté.... Ces époux, enfin, qui vivent la parenté responsable en pleine fidélité à la loi naturelle et au Magistère de l'Eglise.

Chers amis, confions à la miséricorde de Dieu les enfants et malades victimes de la folie humaine.  Prions l'ange gardien des mères et des enfants à naître. Offrons nos prières, messes, communions en réparation de tous les IVG.  Manifestons, avec fermeté et prudence, une vraie bonté envers ceux et celles qui sont dans l'ignorance, la détresse, l'hésitation concernant l'enfant à naître.

Et enfin, si nous le pouvons, soyons nombreux à Paris le 20 janvier prochain, pour être la voix des sans voix!

Abbé Alexis Garnier

 

Rendre les salariés heureux

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Ce début d’année nous apporte, aux éditions Téqui, un trésor qui peut nous permettre de transmettre ce que nous avons-nous-mêmes reçu : il s’agit du livre que Thierry Delcourt vient de publier sous le titre « Rendre les salariés heureux – Être un bon chef face à la crise du management ».   

Ce livre est dédié à Jean de Saint Chamas et à Pierre Jeanson, fondateurs du Centre d’Études des Entreprises. On y retrouve toutes les leçons de leur expérience (le clou et le marteau, faire avant de dire, le chef est celui avec lequel on fait plus, etc.) 

Voilà un guide indispensable à tous ceux qui veulent bien remplir leur rôle d'encadrement : chaque chapitre est illustré de nombreuses anecdotes qui, mieux qu'un long développement, montrent le cœur des leçons à mettre en œuvre. On y apprendra « La confiance en 12 commandements »

  1. Passer du temps avec ses collaborateurs.
  2. Protéger ses collaborateurs.
  3. Montrer l'exemple (faire avant de dire).
  4. Faire ce que l'on dit.
  5. Informer, informer, informer.
  6. Éviter les courts-circuits, respecter l'autonomie.
  7. Éviter les désaveux en public et ce qui peut blesser.
  8. Respecter et considérer ses collaborateurs.
  9. Être ambitieux pour chacun de ses collaborateurs.
  10. Créer l'esprit d'équipe.
  11. Fêter pour créer une bonne ambiance.
  12. Être juste.


Un grand livre destiné non seulement aux hommes d'entreprise, mais aussi à tous ceux qui ont des responsabilités, bénévoles, associations, familles, scoutisme. 

Amis pèlerins d’Ile de France, vous pouvez rencontrer l’auteur à l’Ecole de Guerre Economique (196 rue de Grenelle – Paris VII) le 12 Janvier de 19h à 20h30 à l’occasion d’une conférence-dédicace.  

 

 

Chant de l'Epiphanie - Paul Claudel

En ce petit matin de l’An tout neuf, quand le givre sous les pieds est criant comme du cristal
Et que la terre en brillant, future, apparaît dans son vêtement baptismal,
Jésus, fruit de l’ancien Désir, maintenant que Décembre est fini,
Se manifeste, qui commence, dans le rayonnement de l’Epiphanie.
Et l’attente pourtant fut longue, mais les deux autres avec Balthazar
A travers l’Asie et le démon cependant se sont mis en marche trop tard
Pour arriver avant la fin de ce temps qui précède Noël,
Et ce qui les entoure, c’est déjà le Six de l’Année nouvelle !
Voici l’étoile qui s’arrête, et Marie avec son Dieu entre les bras qui célèbre !
Il est trop tard maintenant pour savoir ce que c’est que les ténèbres !
Il n’y a plus qu’à ouvrir les yeux et à regarder,
Car le fils de Dieu avec nous, voici déjà le douzième jour qu’il est né !

Gaspard, Melchior et le troisième offrent les présents qu’ils ont apportés. 
Et nous, regardons avec eux Jésus-Christ, en ce jour, qui nous est triplement manifesté.

Le mystère premier, c’est la proposition aux Rois qui sont en même temps les Sages.
Car, pour les pauvres, c’est trop simple, et nous voyons qu’autour de la Crèche le paysage
Tout d’abord avec force moutons ne comporte que des bonnes femmes et des bergers
Qui d’une voix confessent le Sauveur sans aucune espèce de difficulté. 
Ils sont si pauvres, que cela change à peine le bon Dieu,
Et son Fils, quand Il naît, se trouve comme chez lui avec eux. 
Mais avec les Savants et les Rois c’est une bien autre affaire !
Il faut, pour en trouver jusqu’à trois, remuer toute la terre.
Encore est-il que ce ne sont pas les plus illustres ni les plus hauts,
Mais des espèces de magiciens pittoresques et de petits souverains coloniaux. 
Et ce qu’il leur a fallu pour se mettre en mouvement, ce n’est pas une simple citation,
C’est une étoile du Ciel même qui dirige l’expédition,
Et qui se met en marche la première au mépris des Lois astronomiques
Spécialement insultées pour le plus grand labeur de l’Apologétique.
Quand une étoile qui est fixe depuis le commencement du monde se met à bouger,
Un roi, et je dirai même un savant, quelquefois peut consentir à se déranger.
C’est pourquoi Joseph et Marie un matin voient s’amener Gaspard, Melchior et Balthazar,
Qui, somme toute, venant de si loin, ne sont pas plus de douze jours en retard. 
Mère de Dieu, favorablement accueillez ces personnes honnêtes
Qui ne doutent pas un seul moment de ce qu’elles ont vu au bout de leurs lunettes.
Et ce qu’ils vous apportent à grand labeur du fond de la Perse ou de l’Abyssinie,
Tout de même ce sont des présents de grand sens et de grand prix :
L’or (qu’on obtient aujourd’hui avec les broyeurs et le cyanure)
Et qui est l’étalon même de la Foi sans nulle fraude ni rognure ;
La myrrhe, arbuste rare dans le désert qu’il a fallu tant de peines pour préserver,
Dont le parfum sépulcral et amer est le symbole de la Charité ;
Et pincée de cendre immortelle soustraite à tant de bûchers,
L’unique once d’encens, c’est l’Espoir, que Melchior est venu vous apporter,
Au moyen de mille voitures et de deux cent quatre-vingts chameaux à la file, 
Qui sans aucune exception ont passé par le trou d’une aiguille !

La deuxième Epiphanie de Notre-Seigneur, c’est le jour de Son baptême dans le Jourdain. 

L’eau devient un sacrement par la vertu du Verbe qui s’y joint. 
Dieu nu entre aux fonts de ces eaux profondes où nous sommes ensevelis. 
Comme elles Le font un avec nous, elles nous font Un avec Lui. 
Jusqu’au dernier puits dans le désert, jusqu’au trou précaire dans le chemin,
Il n’est pas une goutte d’eau désormais qui ne suffise à faire un chrétien, 
Et qui, communiquant en nous à ce qu’il y a de plus vital et de plus pur,
Intérieurement pour le Ciel ne féconde l’astre futur. 
Comme nous n’avons point de trop dans le Ciel de ces gouffres illimités
Dont nous lisons que la Terre à la première ligne du Livre fut séparée,
Le Christ à son âge parfait entre au milieu de l’Humanité, 
Comme un voyageur altéré à qui ne suffirait pas toute la mer. 
Pas une goutte de l’Océan où il n’entre et qui ne Lui soit nécessaire. 
« Viderunt te Aquæ, Domine », dit le Psaume. Nous Vous avons connu !
Et quand du milieu de nous de nouveau Vous émergez ivre et nu, 
Votre dernière langueur avant que Vous ne soyez tout à fait mort,
Votre dernier cri sur la Croix est que Vous avez soif encore !

Et le troisième mystère précisément, c’est à ce repas de noces en Galilée,
(Car la première fois qu’on Vous voit, ce n’est pas en hôte, mais en invité),
Quand Vous changeâtes en vin, sur le mot à mi-voix de Votre Mère, 
L’eau furtive recelée dans les dix urnes de pierre.
Le marié baisse les yeux, il est pauvre, et la honte le consterne :
Ce n’est pas une boisson pour un repas de noces que de l’eau de citerne !
Telle qu’elle est au mois d’août, quand les réservoirs ne sont pas grands, 
Toute pleine de saletés et d’insectes dégoûtants.
(Tels les sombres collégiens qui sablent comme du champagne
Tout Ernest Havet  liquéfié dans les fioles de la Saint-Charlemagne !)
Un mot de Dieu suffit à ces vendanges dans le secret,
Pour que notre eau croupie se change en un vin parfait. 
Et le vin d’abord était plat, à la fin voici le meilleur. 
C’est bien. Ce que nous avons reçu, nous Vous le rendrons tout à l’heure. 
Et Vous direz si ce n’est pas le meilleur que nous avons réservé pour la fin, 
Ce nectar sur une sale éponge, tout trempé de lie et de fiel,
Qu’un commissaire de police Vous offre pour faire du zèle !

L’Epiphanie du jour est passée et il ne nous reste plus que celle de la nuit,

Où l’on fait voir aux enfants les Mages qui redescendent vers leur pays, 
Par un chemin différent, tous les trois en une ligne oblique.
C’est un grand ciel nu d’hiver avec tous ses astres et astérisques,
Un de ces ciels, blanc sur noir, comme il en fonctionne au-dessus de la Chine du Nord et de la Sibérie,
Avec six mille étoiles de toutes leurs forces ! les plus grosses, qui palpitent et qui télégraphient !
Quel est parmi tant de soleils celui qu’un ange arracha comme une torche au hasard,
Pour éclairer le chemin où procèdent les trois Vieillards ?
On ne sait pas. La nuit est redevenue la même et tout brûle de toutes parts en silence.
Le livre illisible du Ciel jusqu’à la tranche est ouvert en son irrésistible évidence. 
Salut, grande nuit de la Foi, infaillible Cité astronomique !
C’est la Nuit, et non pas le brouillard, qui est la patrie d’un catholique, 
Le brouillard qui aveugle et qui asphyxie, et qui entre par la bouche et les yeux et par tous les sens, 
Où marchent sans savoir où ils sont l’incrédule et l’indifférent,
L’aveugle et l’indifférent dans le brouillard sans savoir où ils sont et qui ils sont, 
Espèces d’animaux manqués incapables du Oui et du Non !
Voici la nuit mieux que le jour qui nous documente sur la route
Avec tous ses repères à leur place et ses constellations une fois pour toutes, 
Voici l’An tout nouveau, le même, qui se lève, avec ses millions d’yeux tout autour vers le point polaire,
Ton siège au milieu du Ciel, ô Marie, Etoile de la Mer !

Dimanche 06 janvier 2019

La venue des mages et l'adoration de l'Enfant-Jésus

"Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer" (Mt. II, 2). Les Rois Mages partent sur un signe. C'est parce qu'ils découvrent une étoile inhabituelle dans le ciel que les Rois Mages se mettent en route. Saint Grégoire de Nice nous le rappelle : "Trouver Dieu consiste à Le chercher sans cesse."

Les Rois Mages qui sont des astrologues païens qui scrutent les astres pour lire l'avenir, sont suffisamment intrigués pour prendre la décision de tout abandonner. Savons-nous, dans notre quotidien, abandonner notre confort pour chercher la voie que Dieu nous trace ? Bien sûr, nous sommes sur la route pour aller rencontrer le Christ. A l'image des Rois Mages, tenons-nous prêts aujourd'hui, demain et à tout autre instant de notre vie à scruter tous les signes de la volonté de Dieu sur nous.
"Chaque âme d'adulte, en effet, est éclairée au moins une fois, comme les Mages, par l'étoile de la vocation au salut éternel. A tous la lumière est donnée. C'est un dogme de notre Foi que Dieu veut sauver tous les hommes." Bienheureux Dom Marmion

La connaissance des Écritures fortifie la Foi. Se mettre en route est une bonne chose, tenir la distance en est une autre. Nous sommes-nous bien préparés ? C'est dans les épreuves que nous allons rencontrer, c'est dans les doutes qu'il va falloir affronter, que nous allons démontrer la solidité de notre engagement. Les Rois Mages, faisant étape dans les oasis du désert, scrutent le ciel. Ils retrouvent cette étoile qui les dirige vers Jérusalem. Alors comme ce sont de fins lettrés, ils se souviennent de la prophétie d'Isaïe : "Jérusalem ... Les nations marchent vers ta lumière et les rois vers la splendeur de
ton aurore ...Les foules viendront de Saba portant l'or et l'encens, et proclamant la louange du Seigneur"
(Is. 60, 3-6); les Rois Mages nous enseignent qu'au travers des épreuves que la Foi doit traverser, des nuits et des difficultés qu'il faut vaincre, la purification et la connaissance sont les deux leviers qui permettent à notre Foi de grandir pour aller à la rencontre de Celui qui nous attend. Les épreuves de la route, la fatigue et le mal au pied creusaient leur appétit de Dieu...

Après s'être mis en route, s'être purifiés par la fatigue du voyage et s'être fortifiés par la lecture des enseignements, les Rois Mages peuvent enfin aller à la
rencontre de Celui vers quoi tout tend. "Entrés dans la maison, ils trouvèrent l'Enfant avec Marie sa Mère et, se prosternant, ils L'adorèrent." (Mat. II, 11)
Comme pour nous, La Très Sainte Vierge Marie se présente aux Rois Mages comme la médiatrice qui leur offre le Christ. Nous aussi, comme les Rois Mages, pouvons aller à sa rencontre au cours de chacune des messes auxquelles nous assistons. Nous aussi pouvons, à l'image des Mages, Lui offrir l'or de notre Charité fraternelle, l'encens de nos prières qui montent constamment vers le ciel et la myrrhe de notre pénitence.

Le saint Padre Pio disait : "L'amour ne souffre pas de délai. Dès leur arrivée, les Mages n'épargnent aucun effort pour faire connaître et aimer Celui qui
avait conquis leur coeur. Ils ont été comme blessés par cet amour qui désire s'étendre à tous : notre coeur est en effet trop petit pour le contenir, et l'on aime partager ce qui le comble.
" Nous sommes partis, nous espérons arriver, mais Dieu seul sait comment nous reviendrons transformés, comment cette rencontre portera des fruits. Comme les Rois Mages, marcheurs de Dieu, allant vers l'Enfant-Roi en suivant une étoile, vont repartir pour préparer le terrain aux Apôtres qui, trente ans plus tard, viendront évangéliser leurs contrées, souffrons, offrons, apprenons ce que nous enseigne l'Église pour que nos coeurs soient disponibles pour entendre ce que Dieu voudra nous dire et repartir, tels les Rois Mages, les Apôtres et les saints de tous les temps "de toutes les nations faire des disciples."
 

samedi 05 janvier 2019

La volonté se nourrit d'amour

Sainte Catherine de Sienne nous a livré une phrase phénoménale: " la volonté se nourrit d’amour ". Nous sommes chrétiens certes par le baptême, nous reconnaissons un chrétien par son assistance à la messe le dimanche, mais la vie chrétienne authentique ne fait pas l’économie de pratiques ancrées dans le quotidien comme la prière, le jeune, l’aumône, les mortifications, la charité…

" Mais pourquoi donc ferais-je tout cela? " Voici une question que l'on se pose souvent. Les pratiques sont des moyen : une vie chrétienne authentique doit être la conséquence d’une rencontre avec le Christ. Tout ce que nous faisons n’est qu’un moyen d’arriver à notre fin ultime : l’union à notre Créateur. Si un fiancé dit qu’il aime sa fiancée mais qu’il n'a pas le temps de passer de partager des moments avec elle et de faire des efforts pour elle, est-il cohérent ? De même quel chrétien sincère peut affirmer aimer Dieu sans chercher à passer du temps en sa présence par tous les moyens et trésors que l’Église met à notre disposition ?  

Il peut être en effet difficile de mener une vie chrétienne et tout ce que cela implique comme conséquences dans sa vie de tous les jours : la prière du matin se réduit de plus en plus, la messe en semaine devient un mirage, le chapelet se transforme en concours de rapidité… Le quotidien nous pèse et nous constatons que la volonté nous manque pour vivre du Christ fidèlement. C’est ici que les résolutions ont un rôle majeur à jouer car elles ont la caractéristique d’être prises à un moment où l’on se remet en question, et où l’on se rend compte que notre vie n’est pas conforme à ce qu’elle devrait être. Prendre des résolutions est donc une démarche d’humilité et c‘est déjà un bon signe! Les résolutions sont indispensables pour se maintenir éveillé dans la Foi. Si nous voulons devenir des saints, il faut prendre des résolutions et s’y tenir. Prendre une résolution permet de fixer le cap d’une vie et donne des repères qui permettent d’avancer. Il faut donc continuellement faire le point sur sa vie chrétienne et l’état de ses résolutions.

Alors comment faire pour à la fois ne pas se décourager mais en même temps avoir un minimum d’exigence avec soi ? 3 critères semblent déterminants :
PEU
En début d'année, nous somme pleins de zèle et sommes prêts à soulever des montagnes pour le royaume de Dieu, et nous nous trouvons que les pratiques chrétiennes sont faciles ! Eh bien, c’est ici qu’il faut tout d’abord prendre des résolutions légères et non pas vouloir révolutionner sa vie du tout au tout, car il y a un risque de ne pas tenir le rythme longtemps. Si vous avez le désir de vous unir à Dieu par l’oraison tous les jours, vouloir commencer par 1 heure quotidienne n’est pas prudent, surtout si vous avez une vie professionnelle prenante. 10 minutes par jour suffiront, mais en aucun cas il ne faudra faire moins. Faire son lit tous les matins, dire une dizaine de chapelet, offrir une messe tous les mois, visiter les prisonniers 1 fois par trimestre, ce n’est peut être pas grand-chose, mais ça prendra de la valeur dans la fidélité constante de votre résolution. Connaissant votre faiblesse, choisissez une résolution atteignable et surtout inscrite dans le temps. De la même manière, veillez à ne pas vouloir en faire beaucoup en même temps, mais de vous occuper de chaque résolution une à une. Ainsi vous n’aurez pas la tentation de désespérer en vous rendant compte que vous n’arrivez pas à tout mener de front.
BIEN
Si je choisis de changer peu de choses à la fois, par exemple réciter une dizaine de chapelet tous les jours, j’aurai le souci de le faire BIEN ! De prendre conscience de mon acte, de mettre beaucoup d’amour à l’intérieur. Ainsi vous ancrerez dans votre vie cette pratique de la vie chrétienne et elle ne vous quittera plus, car à chaque fois vous y aurez mis une intention particulière qui lui donne toute sa valeur.
JUSQU’AU BOUT
"C'est bien, serviteur bon et fidèle; parce que tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup: entre dans la joie de ton maître." (Matth.,
XXV, 21-23; Luc, XIX, 17.). Oui, le Christ ne nous demande pas de faire de grandes choses, mais de les faire fidèlement ! La tentation est grande de se perdre dans de grandes et belles oeuvres au service de la chrétienté, alors que son devoir d’état n’est pas fait correctement. Combien de pères ou de mères de famille délaissent certaines de leurs obligations pour servir telle ou telle cause? Et pourtant, c’est dans le sacrifice discret et fidèle que nous obtenons en premier lieu des grâces pour changer ce monde et le coeur de nos contemporains. Nous serons ainsi plus généreux lorsqu’il faudra tout donner. Oui, il faut aller jusqu’au bout de ses résolutions, jusqu’au bout de ses convictions, jusqu’au bout du peu que nous faisons. " La volonté se nourrit d’amour ", nous aurons cette volonté si nous aimons vraiment.


Profitons donc de cette nouvelle année pour faire le point et de décider peu, bien et jusqu’au bout !!!  Comme modèle, nous avons la Sainte Vierge, icône de la fidélité. Elle connaît notre nature et ne veut pas nous demander de choses trop difficiles: ce sont toujours les mêmes : prière et pénitence. Demandons-lui la grâce de tenir fidèlement les promesses de notre baptême et de tenir fidèlement à son image les résolutions que nous prendrons.