Appel de Chartres

mardi 04 décembre 2018

Appel de Chartres n° 224 : Changer ou demeurer ?

Chers amis pèlerins,

France Culture n’est pas souvent citée dans l’Appel de Chartres. Une fois n’est pas coutume, je vous invite à écouter l’émission Répliques du 24 novembre animée par Alain Finkielkraut (1). Un thème séduisant « Demeurer ou partir : quelle vision du monde à l'ère du mouvement perpétuel ? » et deux invités passionnants et de grand talent, François-Xavier Bellamy et Sylvain Tesson. Je serais bien étonné que le premier ne soit pas un pèlerin de Chartres. Le second est moins amateur de grandes foules, je l’imagine davantage pèlerin promeneur solitaire. Nous serions honorés de marcher avec eux vers Chartres en 2019 si Dieu le veut !

Le dernier livre de François-Xavier Bellamy, « Demeure, Pour échapper à l’ère du mouvement perpétuel » (Grasset), semblait contredire les choix du poète vagabond Sylvain Tesson comme racontés dans son livre « Eloge de l’énergie vagabonde » (Poche). C’était évidemment tout l’intérêt de l’émission de jouer sur cette opposition. Vous constaterez que celle-ci n’existe pas puisque les approches sont différentes. Sylvain Tesson ne parle pas de « Politique » mais d’itinéraire personnel ; il n’appelle pas au mouvement comme modalité d’organisation de nos sociétés. Le mouvement reste pour lui « un solfège ou un style de vie ».

François-Xavier Bellamy évoque la vie intérieure, « les droits de l’âme » pour prendre les mots de Simone Weil dans L’Enracinement (1949). Il s’oppose à la modernité dans sa « version liquide actuelle (2) » où tout est soumis à la passion du changement. Le plaisir, la consommation et la liberté individuelle forment ainsi le cœur de notre société post-moderne. Nous sommes en train de vivre cette « évolution permanente » où les mots de transformation, mobilité, changement, innovation, réforme, … possèdent une espèce de pouvoir magique sur nos esprits! Cette néo-société produit les fruits que nous récoltons : relativisme intégral, perte du sens du bien commun, individualisme roi, …

Alain Finkielkraut raconte l’histoire d’un hollandais de 69 ans exigeant de changer son âge et de rajeunir de 20 ans parce qu’il en avait envie. La révolte de l’homme devant Dieu prend ainsi la forme d’une révolte devant toute réalité : l’homme post-moderne nie, pour se venger, d’avoir été créé !

Nous ne devons pas craindre d’aborder l’écologie en tant que chrétien, comme le fait François-Xavier Bellamy. Nous parlerons d’ailleurs d’écologie intégrale afin de bien insister sur la protection de la nature prise dans son ensemble, y compris bien sûr l’écologie humaine. François-Xavier Bellamy traite trop rapidement ce sujet lors de l’émission mais les tragédies actuelles - le transhumanisme, les migrations, la théorie du genre, la marchandisation de l’homme, …– sont les conséquences de cette société du mouvement.

Vers la 20ème minute vous entendrez parler de pèlerinage. Pourquoi être en marche si nous n’avons pas de but ? Un pèlerin ne marche pas pour marcher, il marche pour prier mieux (le corps libérant l’esprit, Sylvain Tesson en parle magnifiquement) et aussi, pourrions-nous compléter, également par sacrifice et don de soi.

Quand on nous aura mis dans une étroite fosse, 
Quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe, 
Veuillez-vous rappeler, reine de la promesse, 
Le long cheminement que nous faisons en Beauce (3). 

J’entends parfois certains de nos pèlerins ne pas (ne plus ?) comprendre quand Notre Dame de Chrétienté fait référence au mot de Tradition. Chers amis, réfléchissez avec François-Xavier Bellamy à cette société liquide en train de naître sous nos yeux avec son nihilisme absolu : comment l’Eglise n’aurait-elle pas été touchée par cette crise de l’intelligence et de la foi ? Notre attachement à l’Eglise, et donc à sa Tradition, a une histoire ; il conserve, aujourd’hui, tout son sens et son actualité. Notre Dame de Chrétienté tient d’ailleurs toute sa place parmi les mouvements de résistance contre cette sacralisation du changement pour le changement. La Tradition « demeure » pour un pèlerin de Notre Dame Chrétienté la certitude de ne pas errer, d’être fidèle à l’Eglise de toujours. Un pèlerin de Notre Dame de Chrétienté ne retrouve-t-il pas en entrant dans nos cathédrales « le bonheur du naufragé retrouvant la terre ferme » (Homère - L’Odyssée) ?

*

* *

Je termine cet Appel de Chartres de l’Abbaye de Fontgombault où nous suivons la retraite annuelle de Notre Dame de Chrétienté pour ce 1er Dimanche de l’Avent, prêchée par l’abbé Garnier. Nous avons prié pour vous tous, vos familles, nos disparus et Notre Dame de Chrétienté. Que les pèlerins soient protégés par la Sainte Vierge, que de nombreuses grâces soient données aux pèlerins marcheurs et non marcheurs pour la plus grande gloire de Dieu.

Enfin, un dernier mot sur les célébrants de notre prochain pèlerinage: nous aurons la joie d’accueillir en 2019 Monseigneur Leonard (ancien primat de Belgique et ancien archevêque de l’archidiocèse de Malines- Bruxelles) le lundi de Pentecôte et le Très Révérend Père Marc (Prieur du Monastère Sainte Marie de La Garde) le dimanche.

Je vous souhaite ainsi qu’à vos familles de douces et belles fêtes de Noël.

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !

Jean de Tauriers

Président NDC

 

(1) www.franceculture.fr/emissions/repliques/demeurer-ou-partir

(2) Concept de société liquide forgé par le sociologue Zygmunt Bauman (1925-2017). La société liquide s’oppose à la société solide où les structures de l’organisation sont créées collectivement. Dans la société liquide seul existe l’individu intégré par son acte de consommation. 

(3) La route de Chartres Présentation de La Beauce à Notre-Dame de Chartres par Charles Péguy

samedi 03 novembre 2018

Appel de Chartres n°223

C’est le moment de resserrer les rangs

Chers pèlerins,

Nous voici au temps de l’épreuve, celle qui a commencé à secouer l’Eglise catholique depuis les révélations d’actes immoraux, voire criminels, commis par des hommes d’Eglise, sans oublier ceux qui ont couvert ces actes de leur silence. Et certains de ces prédateurs ont été protégés, voire promus…

Un double sentiment nous envahit : colère et tristesse. Nous n’en sommes qu’au début de cette épreuve, l’actualité de mois prochains nous fera mal, mais il y aura un bien : il faut que justice soit faite et elle le sera.

Devons-nous baisser les bras ? Sûrement pas. Car l’Eglise est le Corps Mystique de Notre Seigneur, elle est sainte, même si certains de ses membres sont des parjures et des renégats.

Alors, dans ce temps qui s’annonce difficile, resserrons les rangs. Et tournons-nous vers ce qui est positif : votre pèlerinage croît chaque année, chaque année il apporte de nouveaux et beaux fruits. Deo gratias !

La première étape du pélé 2019, sur le thème ‘La paix du Christ par le règne du Christ’, sera notre journée d’université d’automne le samedi 17 novembre. Nous y présenterons l’édition 2019 et écouterons Bruno de Saint-Chamas, président d’Ichtus et Marion Maréchal, Directrice générale de l’ISSEP, nous parler de vocation, de formation et d’engagement.

Nous avons fait pour vous les choses en grand : Messe à ND du Lys et réunion au Forum de Grenelle, juste à côté. Alors, chers pèlerins, nous vous y attendons très nombreux : c’est le moment de montrer notre mobilisation, notre Foi et notre Espérance. Et notre amour de l’Eglise. Et notre volonté d’aller de l’avant, pour l’amour du Christ.

Car la faute de quelques-uns ne saurait nous décourager !

E ultreia, e suseia, Deus adjuva nos.

Hervé Rolland

Lundi 15 octobre 2018

Appel de Chartres n°222

Du passé faisons table-rase ?


xhennequart.png « Debout, les damnés de la terre
Debout, les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère,
C'est l'éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout, debout
Le monde va changer de base,
Nous ne sommes rien, soyons tout. »

Ce passage emprunté à l’Internationale(1) dont il constitue le premier couplet exprime d’une certaine façon les idées qui ont traversé le siècle précédent et l’ont en quelque sorte façonné, portées par les espoirs de toute une génération.
Aujourd’hui nous en voyons le résultat… Bonjour les dégâts !

Que sont devenues les âmes de la France et de l’Europe, toujours plus orientées vers la primauté de l’économique tout aussi matérialistes et prises dans la tourmente de la globalisation ? Trop pleins de nous-mêmes, nous en avons oublié Dieu.
On ne saura jamais assez que l’oubli de Dieu est à la racine de tout péché.

À l’époque des droits de l’Homme répétés et martelés, le bien-être animal passe avant le respect de la vie de l’enfant dans le sein de sa mère et l’accueil du prochain.

Si l’idée centrale d’Humanae Vitae – dont nous célébrons le 50e anniversaire cette année – de ne jamais séparer union des corps et procréation était respectée, nous n’aurions peut-être pas à lutter contre les idées mortifères et désordonnées qui agitent les enjeux :
- du devenir des embryons surnuméraires,
- de la chosification de l’embryon,
- de la P.M.A. , de la G.P.A.
- du bouleversement du droit de la filiation
- etc…

Est-ce l’économie qui est au service de l’Homme ou l’inverse ?

Il est temps d’arrêter cet énorme gâchis et de revenir aux racines chrétiennes qui sont à notre origine : « À qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines » affirmait Léon XIII dans Rerum Novarum.

Écoutons Benoît XVI :
« L’Europe contemporaine est le fruit de deux mille ans de civilisation et elle plonge ses racines à la fois dans l’immense patrimoine d’Athènes et de Rome, et surtout dans le terrain fécond du christianisme(2)».
« Quand l’Europe écoute l’histoire du Christianisme, elle entend sa propre histoire. Sa notion de justice, de liberté et de responsabilité sociale, en même temps que les institutions culturelles et juridiques établies pour préserver ces idées et les transmettre aux générations futures, sont modelées par l’héritage chrétien(3).»

Depuis plusieurs décennies, notre société fait face à l’arrivée souhaitée ou subie de nouveaux arrivants. Comment leur transmettre l’amour de notre pays si nous passons notre temps à le critiquer ou à ne rien faire ? Si l’Islam est conquérant et progresse si vite, n’est-ce pas avant tout parce-que la France est victime de ses propres abandons ? Plutôt que de nous comporter comme de futurs dhimmis(4), comment pouvons-nous faire aimer la France et Jésus-Christ à ces déracinés, nous qui sommes parfois déracinés dans notre propre pays ?

Aimer ses propres racines est une condition pour les faire aimer aux autres.

Chacun peut agir là où Dieu l’a placé.

Nous récoltons ce que nous semons, rarement l’inverse. Arrêtons de perdre du temps à nous désoler de l’évolution de notre pays et sachons passer de la parole à l’action.

Œuvrer pour installer la chrétienté c’est travailler à un développement durable !
Et pour cela appuyons nous sur nos racines, comme nous le rappelle Chesterton dans Ce qui cloche dans le monde : « Tous les hommes qui, dans l’histoire, ont eu une action réelle sur l’avenir avaient les yeux fixés sur le passé. »

La chrétienté c’est lorsque les institutions, les lois civiles, les modes de vie sont respectueux de la loi naturelle, de la vie depuis son commencement jusqu’à sa fin. Seules ces conditions harmonieuses permettent à chaque homme de s’épanouir et de s’élever spirituellement. Il ne s’agit pas de subir en déclarant « On ne lâche rien », répondons à l’invitation du Christ qui nous appelle à le suivre.

« Une société perdure dans le temps : elle recueille le passé et prépare l’avenir. Par elle, chaque homme est constitué " héritier ", reçoit des " talents " qui enrichissent son identité et dont il doit développer les fruits…. A juste titre, chacun doit le dévouement aux communautés dont il fait partie et le respect aux autorités en charge du bien commun(5).»

Assumons donc pleinement notre double filiation :
- Fils de France, nous le sommes
- Enfant de Dieu de par notre baptême, nous le sommes

Serons-nous la génération de la rupture ou de la restauration ?

« Que m’importe le passé en tant que passé », s’écriait déjà Gustave Thibon, « ne voyez-vous pas que, lorsque je pleure sur la rupture d’une tradition, c’est surtout à l’avenir que je pense ? Quand je vois pourrir une racine, j’ai pitié des fleurs qui demain sécheront faute de sève(6). »
La Tradition restera toujours une source d’espérance.

Prions pour la France,
Prions pour nos prêtres,
Prions pour nos âmes,
Formons-nous(7),
Engageons-nous dans la Cité,
Et soyons des vrais serviteurs.

Fidèle à ma Patrie,
Je le serai.
Tous les jours de ma vie
Je servirai (8).

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !

Xavier Hennequart
Responsable de la formation


(1) « L’internationale » : chant révolutionnaire dont les paroles furent écrites par Eugène Pottier en 1871 lors de la répression de la commune de Paris. Chant symbole entonné notamment par les communistes ou socialistes lors de rassemblements.
(2) Zenit, Les racines chrétiennes de l’Europe sont vivantes, constate Benoît XVI, 9 décembre 2008.
(3) Benoît XVI, Rencontre œcuménique, salle du Trône de l’Archevêché de Prague, 27 septembre 2009, Voyage Apostolique, République tchèque, 26-28 septembre 2009.
(4) « Dhimmis : nom donné, au cours de leurs conquêtes par les musulmans aux juifs et aux chrétiens, considérés comme inférieurs. Ayant perdu la totalité de leurs droits politiques et l’essentiel de leurs droits civils , les dhimmis doivent racheter leur vie chaque année par la jizia, un tribut spécial fixé par les musulmans. » Les 2 islams p 70-71 Jean-Jacques Walter.
(5) Catéchisme de l’Église Catholique n°1880
(6) Gustave Thibon, Notre regard qui manque à la lumière » – § le temps et l’éternité
(7) Visiter la rubrique formation de www. nd-chretiente.com, de nombreuses ressources pour vous former sont à votre disposition, c’est gratuit et cela peut rapporter gros ! Servez-vous !
(8) Couplet du Chant de la promesse des scouts. Père Jacques Sevin.

Lundi 17 septembre 2018

Appel de Chartres n°221

Edito de l'Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.

abbe-garnier2018.jpg

CALME, COURAGE, CONFIANCE !



Chers amis pèlerins,

Les vacances sont une belle occasion de desserrer le temps, de le retrouver, de le reprendre. Pourquoi ? Pour l'essentiel. « Vacare Deo », prendre du temps en Dieu, pour Dieu. Les camps, sessions familiales, colonies, séjours et tournées diverses, les retrouvailles en famille, la visite d'un sanctuaire ou d'une abbaye nous permettent cela. Et nous nous exclamons avec crainte et émerveillement ;
« Dieu est ici, et je ne le savais pas ! » (Genèse, XXVIII).

De passage à Pellevoisin, j'ai pour ma part lu un sermon excellent (et court!), en 3 mots. 3 mots qui peuvent résumer l'esprit dans lequel nous attaquons cette rentrée, et la préparation du prochain pèlerinage.

« CALME, COURAGE, CONFIANCE! »

Nous avons besoin de cet encouragement marial, dans une période difficile pour l'Eglise ! Nous en avons besoin pour apaiser l'indignation, la stupeur, et (peut-être) la tentation de scandale que le démon jette contre nos âmes ! Nous en avons besoin devant ces faits accablants. Ils salissent le visage de l'Eglise. Ils rendent difficilement audible pour certains son message de salut et de vérité !

vierge-sacre-coeur2.jpg Sur ce sujet, certaines paroles éclairent notre jugement surnaturel, et notre sensus fidei :
« Les prêtres de mon Fils sont devenus des cloaques d'impureté (1) » - « L'Eglise est du côté des victimes ! (2) » - « Il est inévitable que des scandales arrivent, mais malheur à celui par qui le scandale arrive ! » Devant les infidélités des membres de l'Eglise, y compris haut placés, la sagesse populaire nous rappelle cependant que « Le bruit de l'arbre qui tombe ne doit pas faire oublier la forêt qui pousse ». Mais surtout, gardons le verset du psaume : « Seigneur, il y a beaucoup de paix pour ceux qui aiment votre Loi, et pour eux, point de scandale » (3)

Alors, oui, mes amis, le pèlerinage 2019 aura d'autant plus de sens ! Il sera une protestation amoureuse de nos âmes, une protestation de fidélité, un acte de réparation par les mains jointes et les pieds douloureux, par la grâce de la Sainte Messe, par la prière des enfants et des jeunes.
Car le Coeur de Dieu est blessé sur la croix par tant de crimes monstrueux.
Mais il est aussi consolé d'avance par les actes de charité envers Dieu et le prochain, par les pénitences acceptées et offertes (celles du devoir d'état), par les larmes du cœur pleurant sur ses péchés propres et sur ceux du monde. Ces larmes-là sont posées devant le Seigneur, in conspectu Domini !
Je vous souhaite à tous de bonnes rentrées, et vous donne rendez-vous ici ou là ; lors du petit pèlerinage de rentrée en vallée de Chevreuse (13 octobre), ou encore à l'Université d'automne le 17 novembre à Paris, ou à la retraite spirituelle ouverte à tous à Fontgombault, les 1° et 2 décembre prochains !

Calme, courage, confiance !

Vd abbé Alexis Garnier, Aumônier Général.

(1) Message de Notre Dame de la Salette.
(2) Abbé Pierre Hervé Grosjean, 15 mars 2016, plateau de Canal +.
(3) Psaume 118, v 165.

vendredi 15 juin 2018

Appel de Chartres n°220


Vous n’avez pas suivi le mariage d’Harry et Meghan ce samedi 19 mai 2018…


NDC2018-0404.jpg … car vous étiez, chers pèlerins, avec nous sur les routes de Chartres au pèlerinage de chrétienté et vous avez eu bien raison !

Rassurez-vous, nous n’évaluons pas le « succès » du pèlerinage par des chiffres, nous les prenons pour ce qu’ils offrent : une tendance, un indicateur.
Les chiffres cette année sont éloquents : 13 000 participants, 3 400 anges gardiens (non marcheurs), 7 000 personnes ont assisté à la messe du lundi de Pentecôte en direct sur internet et près de 34 000 en rediffusion les jours suivants. Et pour continuer à vous accabler de chiffres, chacune de nos vidéo-formations est regardée par près de 10 000 personnes.
Cette affluence montre l’enthousiasme, la ferveur que suscite notre marche-retraite de Pentecôte depuis 36 années. Le pèlerinage se développe et touche de nouveaux pèlerins tout en conservant les familles amies, fidèles de longue date, parfois sur plusieurs générations. Pour vous avoir rencontrés et avoir parlé avec vous pendant ces trois jours, j’ai observé que notre pèlerinage attirait aussi de plus en plus de catholiques découvrant les exigences spirituelles, intellectuelles et matérielles de la forme traditionnelle, liturgique ou pastorale. Le pèlerinage, votre pèlerinage, occupe désormais une place de premier rang parmi les mouvements de résistance aux décadences de notre temps.

Nous rendons grâce à Dieu d’avoir protégé les pèlerins. Nous sommes bien conscients des efforts immenses de beaucoup (et pendant toute l’année !) pour que « la colonne passe». Nous avons eu cette année quelques accidents de différentes natures. Nous félicitons et remercions les membres de l’organisation de leur courage pour assurer la sécurité des pèlerins.

La venue du cardinal Sarah a été un immense honneur et une grande joie. Il était très heureux de voir ces familles et ces enfants l’accueillir avec ferveur ! Relisez son homélie du lundi et priez bien pour lui, il me l’a expressément demandé quand je l’ai salué dans la crypte.

Le samedi, la messe de ND de Paris a été célébrée par le Père Zago avec une homélie de Monseigneur Jachiet, évêque auxiliaire de Paris, que je remercie pour ses mots : « Que nos cœurs s’ouvrent à l’Esprit Saint répandu sur l’Eglise au jour de la Pentecôte. Que nous recevions encore l’Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir parce qu’il ne le connaît pas ».

La messe du samedi à Amblainvilliers a été célébrée par le Père Louis-Marie, chanoine régulier de la Mère de Dieu, dont les mots sur le Saint Esprit auront touché les Familles et Enfants « En venant habiter dans nos âmes, il nous rend aimables à Dieu, de son amour à lui... et nous permet d’aimer Dieu, de son amour à lui. C’est ainsi qu’il nous console en nous conduisant à Dieu qui dépasse toutes nos limites ».

Je remercie également l’abbé Paul-Joseph, supérieur du district de France de la Fraternité Saint Pierre, pour la magnifique messe du dimanche aux Courlis. Vous aurez noté la nouvelle utilisation du terrain, très bien agencé par la Logistique de NDC avec un semi-remorque/velum de haute technologie !

Cette année aura également été marquée par la venue le dimanche après-midi du nouvel évêque de Chartres, Monseigneur Christory, qui a célébré le Salut du Saint Sacrement le soir à Gas. Je le remercie d’avoir marché avec nous le dimanche de Pentecôte, dès ses premiers jours comme évêque de Chartres.

Nous avons également une pensée de reconnaissance pour le Sanctuaire de San Giovanni Rotondo qui a autorisé la venue des reliques du cœur de Saint Padre Pio en présence de 4 frères capucins. Nous avons voulu encourager, stimuler la vie spirituelle de nos pèlerins par la Messe et le sacrement de Confession. Pour la première fois, les reliques de Padre Pio venaient en France lors de messes tridentines.

En arrivant à Gas, dimanche sur le bivouac, vous avez peut-être remarqué un regroupement inhabituel. Nous avions organisé un verre de l’amitié avec les cadres pèlerins des premières années, nos amis du Centre Henri et André Charlier. Ce sont eux qui ont créé le pèlerinage dans des conditions difficiles qui étonneraient les générations actuelles. Je remercie Bernard Antony de nous avoir parlé de Dom Gérard, fondateur de ce pèlerinage qu’il a voulu de chrétienté pour inspirer les hommes de notre temps. La réunion habituelle des chefs de chapitre a pris la suite de cette rencontre, une continuité en forme de symbole de ce que nous essayons d’entretenir.

Pour continuer la méditation de notre pèlerinage sur Saint Joseph, je vous engage cet été à prier pour les familles sous la protection de la Sainte Famille avec la prière suivante : « Sainte Famille de Nazareth, Petite Trinité sur la terre, Jésus Dieu sur la terre, Marie épouse de l’Esprit, Joseph ombre du Père, rendez-nous semblable à vous ! Petite Trinité sur la terre, Joseph mourant d’amour pour Marie, Marie mourant d’amour pour Jésus, Jésus mourant d’amour pour le monde, rendez-nous semblable à vous ! »

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !

Jean de Tauriers,
Président Notre Dame de Chrétienté

jeudi 12 avril 2018

Appel de Chartres n°219


En route vers Chartres avec Saint Padre Pio



padre-pio.jpgChers pèlerins,

Benoît XVI dans un discours du 20 août 2005 disait aux JMJ de Cologne « Les reliques nous conduisent à Dieu lui-même : en effet, c’est Lui qui, par la force de Sa grâce, donne à des êtres fragiles le courage d’être Ses témoins devant le monde. En nous invitant à vénérer les restes mortels des martyrs et des saints, l’Église n’oublie pas qu’il s’agit certes de pauvres ossements humains, mais d’ossements qui appartenaient à des personnes visitées par la puissance transcendante de Dieu. Les reliques des saints sont des traces de la présence invisible mais réelle qui illumine les ténèbres du monde, manifestant que le règne de Dieu est au-dedans de nous. Elles crient avec nous et pour nous : ‘Maranath (1 Cor.16:1)’ – ‘Viens Seigneur Jésus’. »
Pour la troisième année, le pèlerinage Notre Dame de Chrétienté offre aux pèlerins la présence d’une relique. Cette année, nous prierons devant les reliques du Saint Padre Pio dans les cathédrales de Paris et Chartres. Ce moment est également l’occasion de réfléchir à la vie de ce saint canonisé par Jean-Paul II le 16 juin 2002 dont l’œuvre, nous le verrons, peut aider à élever notre vie spirituelle.
2018 est le cinquantième anniversaire du rappel à Dieu du Padre Pio et le centième anniversaire de ses stigmates. La venue des reliques du Padre Pio en France est extrêmement rare (deuxième fois en cinquante années) ; nous tenons à remercier le Supérieur du Couvent de San Giovanni Rotondo pour son autorisation ainsi que les différentes autorités ecclésiales jusqu’au Vatican. Rien n’aurait été possible sans l’entremise experte, délicate et tenace de François Brunatto, pèlerin fidèle de Notre Dame de Chrétienté, fils d’Emanuele Brunatto, lui-même fils spirituel de Saint Padre Pio. Nous avions parlé de ce projet lors de la dernière retraite de Notre Dame de Chrétienté à l’abbaye de Fontgombault un premier dimanche d’Avent sans imaginer alors combien il était complexe de le réaliser.

Pourquoi le Padre Pio est-il si cher à Notre Dame de Chrétienté ?

Saint Padre Pio est le saint du XXème siècle de la Sainte Messe, de la Confession et de la Sainte Vierge. Reconnaissez qu’un pèlerin de Chartres ne peut qu’être sensible au Padre Pio ! Notre pèlerinage a mis au cœur de sa vocation missionnaire la messe tridentine, celle justement célébrée pendant toute sa vie par le Padre Pio.
Jean-Paul II le 17 juin 2002, lendemain de la canonisation du Padre Pio : « La messe de Padre Pio ! Il s’agissait pour les prêtres d’un rappel éloquent de la beauté de la vocation sacerdotale et pour les religieux et les laïcs, qui accouraient à San Giovanni Rotondo également très tôt le matin, il s’agissait d’une catéchèse extraordinaire sur la valeur et l’importance du Sacrifice eucharistique. » Dans notre temps d’apostasie du mystère de l’Eucharistie, Saint Padre Pio incarne le lien entre le sacrifice et la miséricorde, entre les sacrements de l’Eucharistie et de Pénitence, entre la messe et le confessionnal.
Notre pèlerinage est chaque année l’occasion de milliers de confessions donnant la grâce et le pardon de Dieu. Certains pèlerins viennent au pèlerinage de Chartres uniquement pour recevoir ce sacrement de pénitence d’un prêtre, instrument de la miséricorde et de la justice de Dieu. Le Padre Pio a été un très grand confesseur, passant souvent quasiment toute la journée au confessionnal. Il avait parmi beaucoup d’autres charismes celui de lire dans les âmes, rappelant à certains pêcheurs la gravité de fautes oubliées. Il savait aussi être sévère car on ne se moque pas du Bon Dieu.
Le Père Derobert, fils spirituel du Padre Pio, a beaucoup écrit pour raconter ses rencontres avec le Padre Pio (notamment Saint Pio de Pietrelcina, transparent de Dieu aux éditions Hovine) et je n’ai jamais oublié certaines de ses conférences (disponibles sur internet). Je vous engage également à lire le Hors-Série tout récent de l’Homme Nouveau (1) (« Padre Pio, une vie pour le salut de âmes »).
Le Padre Pio avait une grande dévotion pour la Sainte Vierge. Ecoutons les mots de Saint Jean-Paul II : « Padre Pio nous invite tout particulièrement à aimer et vénérer la Vierge Marie. Sa dévotion à la Madone se manifestait à tous les moments de sa vie : dans ses paroles et ses écrits, dans les enseignements et les conseils qu’il donnait à ses nombreux enfants spirituels. Il ne se lassait pas d’inculquer à ses fidèles la dévotion à la Vierge Marie, dévotion tendre, profonde et enracinée dans la plus pure tradition de l’Église » (Regina Cæli, 2 mai 1999) et Benoît XVI à l’Angélus du 21 juin 2009 : « Comme tous les grands hommes de Dieu, Padre Pio était lui-même devenu prière, corps et âme. Ses journées étaient un chapelet vécu, une méditation et une assimilation continues des mystères du Christ en union spirituelle avec la Vierge Marie. »

Pendant ces trois jours de pèlerinage nous réciterons cette prière du rosaire que le Padre Pio a tant aimée et nous demanderons au Padre Pio de nous protéger pour nous conduire au Ciel.

Enfin, nous ferons nôtre cette phrase qu’il répétait à la fin de sa vie terrestre : « Aimez la Vierge Marie et faites-la aimer » et qui résume toute la vocation de Notre Dame de Chrétienté.

Jean de Tauriers,
Président Notre Dame de Chrétienté

(1) www.hommenouveau.fr ou 01 53 68 99 77, Editions de l’Homme Nouveau, 10 rue Rosenwald 75015 Paris.


Le mot de l'Aumônier Général.


abbe-garnier.jpgLe culte des reliques ; un bel acte de foi et d’espérance !
OBJECTION !
« Comment prier devant un morceau corporel, un reste physique ? Je trouve cela effrayant ! » Une récente discussion avec des jeunes autour du culte des reliques m'a valu cette remarque. C'est partiellement vrai. En tout cas c'est stimulant, pour redécouvrir le fondement de ce culte des reliques. Merci de cette « provocation à rendre compte avec raison » !

FONDEMENTS DU CULTE DES RELIQUES.
Déjà dans les relations humaines, nous gardons un lien avec les absents par des objets qui leur sont familiers, et qui nous les rappellent. Et bien la religion catholique a intégré cette constante dans le culte rendu aux saints. Ainsi nous vénérons leurs « reliquia », restes. Non seulement des objets leur ayant appartenu, mais aussi leurs restes corporels.

Bien sûr, à travers cette partie d'eux-mêmes, nous vénérons leur « tout », leur personne. Notre acte de dévotion passe par ces reliques, mais il va jusqu'aux saints et saintes de Dieu. C'est une médiation entre nous et eux. Cela nous fait vivre la communion des saints.

APPELES AU SALUT ET A LA SAINTETE, … CORPS ET AME.
Plus encore, le culte des reliques des saints nous rappelle l'étendue et l'impact de la rédemption, du plan de salut de Dieu. Ce plan touche premièrement nos âmes rachetées par la grâce du Christ, mais il concerne aussi nos corps, unis à l'âme durant cette vie, avant de l'être dans l'autre. « Je crois à la résurrection de la chair ! », pouvons-nous redire devant les reliques. C'est tout notre être, corps et âme, qui est touché par la puissance de la passion et de la résurrection de Jésus. C'est tout notre être qui est appelé à le suivre.

Ainsi les reliques remettent devant nos yeux tout le mystère de l'éternelle vie et des fins dernières, vers lesquelles nous marchons. Le corps y est associé comme serviteur et frère de l'âme. A la mort, il connait ordinairement la dissolution et le « retour à la poussière ». En cette vie, il est dans un état passible et mortel, sujet à la fatigue, à la maladie, à la souffrance, à la mort. Il est appelé à suivre l'âme, à la rejoindre au terme de l'histoire. Il doit lui être réuni pour le « 2° » et dernier jugement, qui viendra confirmer le « 1° » jugement (particulier) prononcé au sortir de cette vie.

Nous en avons un avant-gout et une annonce en ce temps pascal, en regardant Jésus ressuscité lors des apparitions et aussi dans sa transfiguration. Il possède un vrai corps, non fantomatique, mais son état est changé ; il est glorieux. Il possède de nouvelles qualités ; agilité et rapidité – subtilité – clarté... Il reste marqué des stigmates, plaies de sa Passion. Ils sont non plus douloureux mais glorieux, comme l'exprime les 5 clous du cierge pascal. Per sua sancta vulnera... Que par ses saintes blessures glorieuses, le christ Seigneur nous garde et nous protège !
Dans le sillage du Christ, les saints martyrs, les stigmatisés voient leurs blessures et leurs souffrances glorifiées dans le ciel, au jour de la résurrection de la chair. Ainsi les stigmates du Saint Padre Pio seront glorieux, et brilleront au ciel comme une ressemblance spéciale avec Jésus crucifié.

Quels repères pratiques pourrons-nous en retirer ?

  • D'abord, accepter cette condition présente dans la foi, avec les conséquences du péché originel et la valeur rédemptrice des épreuves ; « Je complète en mon propre corps ce qui manque aux souffrances du Christ pour son Corps mystique qui est l'Eglise ».
  • Honorer le corps, vase de l'âme, temple du Saint Esprit... « Glorifiez et portez Dieu en vos corps ! »
  • En respecter le mystère de beauté et de pudeur... Le corps exprime l'âme. Dans les gestes de la prière, de la pénitence, de l'effort, de la charité fraternelle... Dans un sourire, une attention, un service rendu...
  • Exercer une juste maîtrise sur les mouvements de ce corps, par la tempérance et la pénitence...
  • Reconnaître ses lois, ses facultés, ses limites, ses rythmes... « Qui veut faire l'ange, fait la bête ! »
  • Désirer et espérer pour lui la résurrection glorieuse et la réunion à l'âme par la puissance divine ! « Je sais que mon Rédempteur est vivant !... Je verrai Dieu. Je le verrai, et il me sera favorable; Mes yeux le verront ! » (Job).


Ce sont des fondamentaux de la vie chrétienne. C'est aussi notre meilleure réponse aux 2 excès de l'histoire hier et aujourd'hui. Les mirages dualiste, mécaniste ou spiritualiste sur la créature humaine ont leurs tentations : adulation ou profanation, culte ou destruction du corps conçu tantôt comme une machine jetable, tantôt comme une idôle. Cor meum et caro mea exsultaverunt in Deum vivum !
Mon cœur et ma chair ont exsulté dans le Dieu vivant ! (Psaumes).

Abbé Alexis Garnier,
Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.

samedi 24 mars 2018

Appel de Chartres n°218


ndc2016-ciel-14.jpg « Amis pèlerins, bonjour ! Nous sommes le 25 mars et je vois encore des pèlerins non-inscrits ! Il est temps de se lever, de se connecter sur le site, et de s’inscrire ! » Parce que – annuntio vobis gaudium magnum – les inscriptions sont ouvertes sur cette page!

Chers amis pèlerins, il existe plus de dix manières d’être pèlerins, mais toutes requièrent votre générosité, votre aide, votre enthousiasme : inscrivez-vous dès aujourd’hui, dès le 25 mars ! Entre les Rameaux et l’Annonciation, combien de protecteurs puissants vous y engagent !

25 mars, Annonciation (quoique reportée cette année) : les Anges gardiens vous attendent, si vous ne pouvez pas être physiquement présents, la prière vous donnera des ailes pour vous unir aux plus de 2500 anges gardiens (pèlerins des Antilles, prisonniers, religieuses, maisons de retraite, paroisses, etc.) qui nous portent sur tous les continents, avec le livret du pèlerin et la possibilité d’organiser la « radio des âmes » dont parlait Carl Leisner.

25 mars, Conception de Notre Seigneur : les chapitres enfants, « paratonnerres du pèlerinage », comme le rappelait l’abbé Coiffet, sont impatients de retrouver vos enfants, de 6 à 12 ans, pour une marche adaptée à leur âge, bien encadrée, et toute dédiée à eux pour leur permettre d’offrir à Dieu, eux aussi, leur marche de trois jours ! Ce sont nos meilleurs apôtres pour attirer leurs amis ou camarades, et donner ainsi à de plus en plus de gens l’occasion de vivre ce formidable élan de chrétienté !

25 mars, les Rameaux : les Pastoureaux font revivre cette jeunesse ardente et conquérante qui se presse et se bouscule autour de Notre-Seigneur. Un parcours un peu raccourci pour les adolescents de 13 à 17 ans, avec un appui spirituel d’aumôniers de choc et d’animateurs dévoués, au service de l’enthousiasme des hommes de demain, la relève !

25 mars, Conception virginale de Notre Seigneur Jésus-Christ en tant qu’homme au sein d’une vraie famille : si vous voulez marcher parents et enfants ensemble, les chapitres familles (1200 adultes et 800 enfants répartis dans 35 chapitres) attendent votre voix et vos prières pour faire grossir un nombre déjà croissant ! Devant un tel succès, un parcours spécifique vous offre le moyen de marcher tous ensemble vers la cathédrale !

25 mars, les Rameaux : quelle foule ne devait pas se presser à Jérusalem, hommes de toutes langues et nations, comme à la Pentecôte ! Notre-Dame de Chrétienté, c’est aussi 850 pèlerins de 16 pays différents, depuis l’Asie à l’Amérique, en passant par le vieux continent.

25 mars, les Rameaux et la foule en liesse qui acclame son Rédempteur : les pèlerins des 200 chapitres adultes (paroisses, mouvements de jeunesse, scouts, troupes de théâtre, grandes écoles, universités…), répartis en 13 régions, qui mettent leurs pas dans ceux de Péguy et d’Henri et André Charlier, depuis Paris jusqu’à Chartres, qui suivent leur Bon Maître jusqu’au bout – avec Sa grâce !

25 mars enfin, les Rameaux préparés par les disciples, ou la DIRPEL (direction des pèlerins) : plus de 700 héros de l’ordinaire, qui coordonnent (responsables provinces et Ile-de-France), organisent (chefs de région, mais également responsables des enfants, pastoureaux, familles et étrangers), animent (chefs de chapitre et adjoints : chant, sécurité, animation, accueil)... et sans qui le pélé ne serait pas le pélé ! La direction se dépense sans compter pour former ses cadres afin de transmettre l’héritage reçu à ceux de demain, et pour partager notre pédagogie d’animation de chapitre. Qu’il me soit permis de les remercier. Evidement notre travail ne serait pas possible sans le soutien de la DIRSOUT (direction des soutiens) et leur investissement pour que l’intendance suive ! (cuisines, toilettes, eau, pain, soupe, SO, Log, achats, secrétariat, etc…)

Notre pèlerinage est un grand corps, composé de cellules de base, les chapitres, avec à leur tête le chef de chapitre (CDC). Tout se tient, tout est hiérarchique, car nous marchons avec une seule âme et un seul cœur. S’il tend parfois au serpent de mer vu d’avion, notre pèlerinage se veut un semeur d’espérance, parce qu’enraciné dans la Tradition. C’est elle qui innerve notre action, car « la pensée mendie un point fixe, un port » disait Gustave Thibon.

Cette Tradition est au service de la Chrétienté, « civilisation où le temporel est sans cesse irrigué par l’éternel », dit encore le penseur ardéchois. Une chrétienté ne peut pas vivre si elle ne s’ancre pas dans le réel. Si nous voulons que « France et Chrétienté continuent », selon les mots de Péguy, nous devons fonder notre marche sur le roc de convictions solides, qui seul peut fendre le flot, le raz-de-marée plutôt, des dérives ambiantes.

Enfin, cette Chrétienté n’est pas réservée à une élite ! Elle a vocation à enflammer le monde. « Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde » disait Sainte Catherine de Sienne. Amis pèlerins, si chacun d’entre vous ramène un collègue, un camarade, un voisin de chapelle, d’immeuble ou de village, nous croîtrons de 100% !
Nous devons être missionnaires, et la phrase du Cardinal Sarah, qui viendra célébrer la messe de clôture du pèlerinage, est une invitation, et même une exhortation, qui s’adresse à chacun d’entre nous : « Je suis certain que le rouge de mon cardinalat est vraiment le reflet du sang de la souffrance des missionnaires qui sont venus jusqu’au bout de l’Afrique pour évangéliser mon village ». Serons-nous missionnaires ? Oui ! 

C’est une immense joie d’accueillir le Cardinal Sarah. Ce prince de l’Eglise nous fera l’honneur de nous parler lundi : quelle meilleure préparation à l’écouter du fond de notre cœur, du fond de notre âme, que nos trois jours de marche et d’efforts ?

Tradition, Chrétienté, Mission ? Formation, Inscription, Invitation ! Au 19 mai à Paris : « La terre est comme les marches de l’église. Elle est pour monter au ciel comme les marches de l’église sont aussi pour monter et entrer dans l’église. Nous avons le droit que la terre soit le seuil de notre ciel » (Charles Péguy).

O Crux ave, spes unica.

La Direction des pèlerins

mercredi 28 février 2018

Appel de Chartres n°217


herve-rolland2012.jpgSPE GAUDENTES


La concision de la langue latine étonnera toujours.
En deux simples mots, Saint-Paul dresse le portrait-type idéal des Chrétiens dans son épître aux Romains (12, 12 : facile à retenir !) : spe gaudentes.

Espérance et joie. Joyeux dans l’espérance, espérance joyeuse…à chacun son expression. La Bible Crampon donne un joli texte en français à la fois plus long et plus lyrique : « Soyez pleins de la joie que donne l’espérance ».

Franchement, ne boudons pas notre plaisir pour une fois, c’est l’image que nos chapitres projettent à chaque Pentecôte, sur les routes de Chartres, comme nous le disent de nombreux observateurs extérieurs. Certes, l’âge moyen des pèlerins (21 ans !) et leur nombre croissant qui gonfle les chapitres en sont la raison. Le prochain pèlerinage ne dérogera pas à la règle.

C’est très important qu’il en soit ainsi car notre marche est missionnaire, pour chacun d’entre nous et pour tous ceux que nous croisons. Combien ont grandi, fortifié leur foi, affermi leur vocation, choisi leur état de vie, sur les routes de Chartres, souvent en revenant partager à nouveau ce qu’ils y avaient vécu une première fois.

Cette espérance joyeuse du « pélé de Chartres » et ce goût inimitable de revenez-y, malgré les fatigues, nous, anciens pèlerins, les connaissons tous.

Pourtant, joie et espérance ne sont pas données à tout le monde, ce sont deux biens précieux, au point que le Pape François, dans son adresse aux prêtres de Rome, le 3 mars 2017, n’a pas hésité à justement nous mettre en garde : ‘Le démon cherche à nous voler la joie et l’espérance’. Paroles fortes.

Nous les voler…. pourquoi ? Osons le dire, parce qu’ils nous sont propres à nous, Catholiques : nous seuls pouvons affirmer que nous possédons le secret de la vraie joie, humaine et surnaturelle en même temps, parce que portée par la vertu théologale de l’espérance.

Bien sûr et heureusement, beaucoup d’êtres connaissent des moments de joie naturelle, beaucoup cultivent des espoirs, même si ce n’est pas simple. Soyons réalistes : nous vivons dans un monde difficile où vacillent les valeurs fondamentales de l’humanité, où chaque année apporte son lot de menaces, contre la Vie et la Dignité de l’homme. Les mots lourds s’entrechoquent : avortement, manipulations biologiques, euthanasie, marchandisation du corps, transhumanisme, théorie du genre et tous ses avatars, esclavage, terrorisme, etc.

Mais justement, dans ce monde déprimé où l’ivraie côtoiera toujours le bon grain, qui d’autre que nous peut rappeler ouvertement et affirmer chaque jour qu’il y aura toujours, jusqu’à la fin du monde, des croyants joyeux, ‘Spe gaudentes’ ?

Car nous Catholiques savons que, quoiqu’il arrive, le Christ fera aboutir son dessein pour l’humanité.

Rendez-vous à Notre-Dame de Paris, le samedi 19 mai.

Hervé Rolland
Délégué Général NDC

Dimanche 21 janvier 2018

Appel de Chartres n°216


D-Pinoteau-chartres.jpg Notre pèlerinage se prépare sous le regard de Saint Joseph.

Tout juste sortis de l’émerveillement de la crèche, avec Notre Dame de Chrétienté, nous nous préparons à pèleriner cette année, pendant trois jours, en compagnie de St Joseph. Il a vécu avec la Sainte Famille trois exodes, trois étapes de pèlerinage. Voilà déjà trouvée notre première proximité entre lui et nous.

Chers amis de la Direction des Soutiens,
alors que la plupart d’entre nous sont déjà sur le pont depuis bien des mois, parfois dans ce silence que St Joseph nous enseigne, de quel meilleur modèle aurions-nous pu rêver pour nous inspirer pendant les 362 jours de notre pélé ? Entre deux Pentecôtes, Saint Joseph nous guide dans notre sanctification personnelle d’abord, dans notre vie de famille toujours, mais aussi dans la construction patiente, parfois humble et discrète des trois jours, par une résolution du moindre des tracas, par une prise en compte de quelque souhait de notre DIRPEL, et par une obéissance aux consignes contraignantes des pouvoirs publics.

Laissons, si vous le voulez bien, St Pie X exprimer pour nous dans sa très belle prière, notre humble dévotion à Saint Joseph, père, serviteur mais aussi modèle des travailleurs, nous montrant déjà que toutes ces vocations sont compatibles :
« Glorieux Saint Joseph, ….obtenez-moi de travailler en esprit de pénitence pour l’expiation de mes nombreux péchés, …mettant le culte du devoir au-dessus de mes inclinations… de travailler avec reconnaissance et joie, regardant comme un honneur d’employer et de développer par le travail les dons reçus de Dieu, ayant sans cesse devant les yeux la mort et le compte que je devrai rendre du temps perdu, des talents inutilisés, du bien omis et des vaines complaisances dans le succès…. ».

Notre travail quotidien, et en particulier celui au service de notre œuvre, n’aura pas la même saveur, accompagné par Saint Joseph. Alors prions-le chaque jour, et tout ira mieux pour nous. Tout ira mieux pour notre famille qui chemine avec nous pendant ces 362 jours, puis sans nous pendant les trois jours restants.

Chers amis pèlerins marcheurs,
sur le millésime 2017, nous avons dû clore, bien malheureusement, l’inscription à certains chapitres, déjà remplis. Sécurité, taille des bivouacs, nombre de cars, nombre de trains, tout s’anticipe de nombreux mois à l’avance (cf supra) et parfois nous savons ne pas être en mesure de recevoir plus de pèlerins. Cette année, nous avons pris de nouvelles mesures qui devraient permettre d’accepter le plus grand nombre, conformément à notre vocation. Mais pour cela, nous avons aussi besoin de vous. Je voudrais vous proposer trois axes majeurs pour que chacun trouve sa place :

  • Anticipez !, c’est-à-dire inscrivez-vous au plus tôt, bannissez définitivement les inscriptions sur place. C’est essentiel pour nous. Nous devons, de notre côté, anticiper le nombre de pèlerins à chaque étape du pélé. Plus de 700 d’entre nous sont dans l’organisation, et nous ne pouvons pas tout adapter au dernier moment.


  • Jouez collectif ! utilisez les tentes collectives (nous en aurons plus de disponibles cette année), ne gâchez pas l’eau en bouteille afin d’en laisser aux derniers, protégez vous des intempéries, aidez votre prochain à ne pas s’arrêter en dehors des haltes.


  • Engagez-vous ! aux Soutiens pour aider la construction de cette belle œuvre, quels que soient vos talents, nous les développerons ensemble, sous réserve d’être majeur. Une année sur trois peut être consacrée à rendre service, préconise notre aumônier général. Et nous lançons aussi régulièrement des demandes pour des compétences pointues, professionnelles, dont nous avons besoin. Soyez à l’écoute et n’ayez pas peur…


Quant aux valeureux chefs de chapitre et de région, nous vous remercions de votre investissement pour transmettre les consignes diverses, parfois surprenantes, mais jamais inutiles, quelle que soit la bouche qui les donne. Toute autorité vient d’en haut, à NDC aussi.

Chers amis Anges Gardiens,

  • Priez Saint Joseph pour nous. Qu’il nous accompagne dans notre dur labeur.
  • Priez Saint Joseph pour nos malades, qui manqueront sans doute à l’appel le 19 mai à 5h00 sur le parvis de Notre Dame et seront aussi nos anges gardiens. Nous pensons à Pierre, Alain, Erwan, et tant d’autres plus discrets. Nous y associons leur famille.
  • Priez Saint Joseph pour Charles, notre chef d’équipe tentes qui nous a quittés le 20 novembre dernier, à 21 ans, et qui veillera sur nous de là haut. La grand’messe du dimanche de Pentecôte sera célébrée à son intention, sur le pèlerinage.


Saint Joseph, modèle des travailleurs, priez pour nous !
Notre Dame de Paris, priez pour nous !
Notre Dame de Chartres, priez pour nous !
Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez nous !

Denis Pinoteau
Directeur des Soutiens

samedi 09 décembre 2017

Appel de Chartres n°215


cardinal-robert-sarah.jpg

Le cardinal Sarah sera à Chartres en 2018 !


Comme je l’ai annoncé lors de l’Assemblée Générale de notre association (le 17 novembre) et à l’Université d’Automne (le 18 novembre), Notre Dame de Chrétienté aura le grand honneur d’accueillir le cardinal Sarah lors de la Messe de clôture de notre prochain pèlerinage à Chartres, le 21 mai 2018.
Nous remercions infiniment le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, d’avoir accepté de venir pèleriner avec nous. Nous nous faisons une joie de préparer cet événement qui sera une date importante pour l’histoire de notre pèlerinage.


*
* *


Nous revenons juste de notre retraite annuelle à l’abbaye de Fontgombault où nous étions une cinquantaine de pèlerins, amis de Notre Dame de Chrétienté. La chaleur de l’accueil des moines nous a fait oublier la fraîcheur du microclimat bien connu des bords de Creuse ! Nous avons prié pour nos défunts, malades, familles et pour vous tous.
« Écoute, ô mon fils, les préceptes du Maître, et prête l’oreille de ton cœur » sont les premiers mots de la Règle de Saint Benoît. Nous avons écouté le silence rempli de Dieu de l’abbaye et « frappé sans fatigue à la porte du Dieu silencieux » (Benoît XVI). Le Père Abbé, Dom Pateau, nous a instruits sur la « lectio divina », et l’Abbé Garnier sur Saint Jean-Baptiste, « premier martyr du mariage et de la famille » (Cardinal Burke).
Cette retraite, année après année, se remplit de plus en plus vite. Nous allons la maintenir en remerciant encore l’Abbaye de Fontgombault et son Père Abbé. Cette retraite nous permet de donner à Dieu ce temps qui est la prière, peut-être en suppléance de celui que nous ne donnons pas suffisamment dans la vie de tous les jours.

*
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Joyeux temps de l’Avent !


En ce début de temps de l’Avent, je vous propose de lire un petit texte devant le tableau de La Nativité peint en 1622 par Gerrit van Honthorst. (1)

Honthorst.jpg

C’est un extrait d’un texte bien connu pour son auteur, Jean-Paul Sartre, écrit dans un camp de prisonniers français en 1940. Au second plan du tableau, dans l’ombre et la discrétion, vous découvrirez Saint Joseph père attentif et serviteur de Notre Seigneur à qui notre prochain pèlerinage sera dédié. Mais lisons le texte « … Joseph ? Je ne le peindrais pas. Je ne montrerais qu’une ombre au fond de la grange et aux yeux brillants, car je ne sais que dire de Joseph. Et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer. Il se sent un peu en exil. Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu. Combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu est venu dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté, et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera d’apprendre à accepter. Joseph ne sait que dire de lui-même : il adore et il est heureux d’adorer. »

Je vous souhaite, ainsi qu’à toutes vos familles, un saint temps de l’Avent et un joyeux Noël. Prions pour les défunts amis de Notre Dame de Chrétienté : Charles Houdet, Arnaud de Lassus, Gérard de Rosny, Jehan de Saint Chamas. Que la Sainte Vierge protège également nos amis malades, je pense tout spécialement à Alain Huser et Pierre Vouters.

Saint Joseph, priez pour nous.

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président

(1) En remerciant le site PRIXM, découvert au retour d’un récent pèlerinage en Terre Sainte, de nous avoir donné « involontairement » l’idée de cet Appel de Chartres.

Dimanche 12 novembre 2017

Appel de Chartres n°214


Vive la différence !


xavier-hennequart.jpgNotre époque tend à vouloir imposer un égalitarisme de plus en plus prégnant.
La non-reconnaissance de l’altérité entre un homme et une femme, la théorie du gender, le politiquement correct imposant un prêt à penser, la non-discrimination sont autant d’illustrations de ce refus de la différence.

Et pourtant, il suffit d’observer la réalité autour de nous pour constater que nous sommes tous habillés différemment, pratiquons des occupations différentes, avons des goûts divers pour ne prendre que quelques exemples.
Ne serait-ce pas la preuve que nous sommes tous différents?

Revenons au récit des origines.

Une égalité, une différence voulues par Dieu

Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu (1)

L’homme tient une place unique dans la création, il est « à l’image de Dieu » :
. Chacun de nous possède une infime partie des attributs divins. Il existe donc bien une part aimable chez chacun d’entre nous, comme chez la pire des crapules ou chez nos ennemis.
. Notre diversité dans les dons reçus, révèle la richesse infinie des dons de Dieu.

Il les créa ; homme et femme, Il les créa. (2)

Créés et voulus par Dieu dans une parfaite égalité et une même dignité « à l’image de Dieu » (3), le Créateur nous a volontairement créés différents à commencer par l’homme et la femme mais aussi dans les dons prodigués à chacun.
Chacun d’entre nous est un être unique et a sa place dans le plan de Dieu. Dieu nous a donné le pouvoir d’être cause du bien qu’il veut réaliser (4).

Pourquoi Dieu nous a-t-il créés différents ?

La réponse nous est donnée par Dieu le Père à sainte Catherine de Sienne :

« Mes dons sont temporels ou spirituels. J’appelle temporels toutes les choses nécessaires à la vie de l’homme, et ces choses je les dispense avec une grande inégalité. Je ne les donne pas toutes à un seul, afin que des besoins réciproques deviennent une occasion de vertu et un moyen d’exercer la charité. II m’était très facile de donner à chacun ce qui est utile à son corps et à son âme ; mais j’ai voulu que tous les hommes eussent besoin les uns des autres pour devenir ainsi les ministres et les dispensateurs des dons qu’ils ont reçus de moi. Que l’homme le veuille ou non, il est forcé d’exercer la charité envers son prochain : seulement, si cette charité ne s’exerce pas par amour pour moi, elle ne sert de rien dans l’ordre de la grâce. »

« … C’est pour organiser la charité que j’ai rendu les hommes mes ministres, et que je les ai placés dans des états et des rapports si différents. (5) »

La réponse est claire, personne ne possède ni toutes les qualités ni tous les dons divins. Les échanges avec Dieu, source de tout bien, et autrui bénéficiaire d’une partie de ses dons, constituent une vraie source d’enrichissement.

Pourquoi ne pas faire jouer les complémentarités entre les personnes et mettre en pratique la communication mutuelle des biens (6) ?

C’est par cette complémentarité nécessaire des dons de chacun que nous œuvrons ensemble pour accomplir le bien.

Plusieurs exemples l’attestent :
- l’entraide dans une famille entre les enfants disposant de qualités ou de tempéraments différents.
- Le scoutisme développe le sens des autres. D'ailleurs, le salut scout ne matérialise-t-il pas la protection du faible par le fort? - Les mondes de l’entreprise ou associatif sont des communautés de personnes et sont aussi des lieux privilégiés d’exercice de la charité.

Œuvrer pour restaurer la chrétienté

Chrétien, disciple de Jésus-Christ, mettons en pratique la devise du grand pape Saint Pie X : « omnia intaurare in Christo » « tout restaurer dans le Christ (7) »

C’est notre mission ! Nous n’avons pas reçu la foi pour garder notre lampe sous le boisseau mais pour faire connaître la Vérité de Jésus-Christ : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ».

A la question posée sur le premier des commandements, Jésus-Christ répond :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force ! Voici le second : "tu aimeras ton prochain comme toi même". Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (8)

Etre missionnaire c’est parler de Jésus-Christ.

Pour bien en parler il faut le connaître. C’est pour cela que Notre Dame de Chrétienté met à votre disposition un ensemble de ressources dans la rubrique formation de son site www.nd-chretiente.com, profitez-en!

En ce mois de novembre, pensons à nos défunts et prions aussi à l’intention des âmes du purgatoire, la charité c’est aussi cela.

Rappelons nous les paroles de la Sainte Vierge en cette année du centenaire des apparitions de Fatima :

« Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d'âmes vont en enfer, parce qu'il n'y a personne qui se sacrifie et prie pour elles. (9) »

Quoi qu’il en soit de la vocation de chacun, la parole de saint Jean de la Croix nous concerne tous :

« Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'Amour »

Xavier Hennequart
Responsable de la formation


(1) Genèse 1,27 La Bible – Chanoine Emile Osty
(2) Genèse 1,28 La Bible – Chanoine Emile Osty
(3) Catéchisme de l’Eglise Catholique n°369
(4) St Thomas d’Aquin - Somme théologique Ia, q103, a.6
(5) « Le dialogue » - Don de la discrétion Chp VI - Sainte Catherine de Sienne – Editions Tequi
(6) Exercices spirituels de Saint Ignace n°231 : « L’amour consiste dans la communication mutuelle des biens. »
(7) Devise de Saint Pie X - verset de Saint Paul, Ephésiens 1, 10, "Instaurare omnia in Christo"
(8) Mc 12, 29-31
(9) Apparition de Notre Dame aux 3 pastoureaux de Fatima le 19 août 1917

mercredi 18 octobre 2017

Appel de Chartres n°213

On a tous droit à un portable !



abbe-garnier2017.jpgBien chers amis pèlerins,
Anciens et nouveaux,
Chers confrères prêtres et religieuses,
Chères sœurs,

J'appelai un jour un paroissien, qui décrocha et me dit qu'il récitait son chapelet avec ses proches. J'ai proposé de le rappeler, malgré son obligeance et sa disponibilité... Au fond, il était déjà « en ligne « !

Le rosaire, (ou le chapelet qui en est une partie), c'est... notre indispensable !
La culture pub, la science de la consommation a réinventé et multiplié les « indispensables » : besoins, dépendances consenties ou non, et avec la peur de perdre, de ne pas avoir, de manquer...
Voici un exemple; la « nomophobie »... Ce mot valise, curieux mélange d'anglais et de grec, désigne la peur panique de perdre son portable... et la sensation d'être coupé du monde, privé de communication lorsque cela arrive... « coupé du réel » !!
Je vous propose une autre dépendance connue, acceptée, entretenue ; la « noprayphobie »... ni peur, ni scrupule, mais plutôt crainte aimante de perdre la prière quotidienne... et d'être coupé de Dieu, privé de communication, d'échange, de conversation avec Lui.

Et maintenant, je vous présente ce portable, cet indispensable d'un nouveau genre.
Existe en plusieurs modèles; 10 touches – 50 – 150 ! Peut-être ne les utiliserez-vous pas toutes en un seul jour...
Il capte partout, en très haut débit... En l'utilisant on est connecté au plus grand réseau social qui soit; la communion des saints.
Pas besoin de cable et de batterie. Il ne se décharge jamais! Au contraire, il gagne en efficacité à mesure qu'on l'utilise !
Les forfaits possibles:150 SMS + 15 MMS + 15 Tweets – mais il y a aussi le forfait 50, et 10.
Le volume? On peut l'utiliser sur différents modes – haut parleur ou silencieux... On passe d'ailleurs ordinairement et progressivement de l'un à l'autre.
Les applis? Il donne accès à la 3C; CONNAISSANCE de foi plus intime du Seigneur et de la Sainte Vierge – CHARITÉ plus ardente – CONFORMITÉ plus grande.
Les mises à jour? Pas besoin... La Sainte Vierge, les souverains pontifes, les saints s'en sont occupés.
En cas de perte ? Il se remplace aisément, et peu importe le modèle, les fonctionnalités sont toujours les mêmes. Pas besoin de le faire sonner pour le retrouver.
Les précautions d'emploi ;
Il s'utilise en voiture (et sans perdre des points) – en marchant - en repassant – ou mieux, en ne faisant rien d'autre. Il y a un kit mains libres, en comptant seulement sur le bout des doigts.
Il tient dans le sac à main,... et si les enfants l'utilisent en cachette, surtout, laissez les faire ! Mieux encore, montrez-leur comment ça marche !
Il se glisse facilement dans les poches ; s'il passe au lavage, ce n'est pas bien grave ; il marche encore !
Sur la table de nuit ; en cas d'insomnie, c'est un excellent passe temps.
Au réveil, où se soulèvent (durement parfois) l'âme et le corps... c'est un « pense bête à prière ».
Dans le sac de vacances, de camp, de WE scout ou louveteau... Il complète avantageusement la panoplie de Carrick et Decathlon.
Conseils d'utilisation...
Si vous trouvez que « cela fait beaucoup », même en partie, que c'est du « déjà vu »... Economisez du temps sur les autres portables (écran ou téléphone), pour pianoter sur celui-ci. Comparez seulement le nombre de tweets, mails et sms envoyés (bien légitimement, parfois) – avec le nombre de Pater et d'Ave consentis chaque jour...

Oui, merveilleux portable – authentique indispensable
Vous y trouverez non seulement le son, mais encore l'image !
Car on y apprend, non plus seulement à voir, mais à regarder le Seigneur
non plus à l'entendre, mais à l'écouter
non plus à le sentir, mais à le gouter.
Pédagogie spirituelle ordinaire, mais féconde.
« Voilà ce que j'aime dans le chapelet, c'est qu'il est simple, dit Dieu (1)».

O rosaire, (ou chapelet, ou dizainier), douce chaine qui nous relie à Dieu,
nous ne te lâcherons plus!
Et tu seras sans doute le secret de bien d'autres fidélités
choisies, tenues ou reprises dans l'Eglise, dans la cité, dans nos âmes.

Abbé Alexis Garnier,
Aumônier Général de Notre-Dame de Chrétienté.

(1) Charles PEGUY.

mercredi 27 septembre 2017

Appel de Chartres n°212


En marche... vers Notre Dame de Chartres !

ndc2017_0365.jpg
NDC a fait sa rentrée le 8 septembre et nous avons préparé les grands projets de l’année qui arrive dans notre QG favori.

D’abord, et je vous en avais parlé le dimanche de Pentecôte, nous devons adapter le pèlerinage au nombre grandissant de pèlerins. Nous avons, cette année, dû fermer les inscriptions des chapitres Familles, Enfants, Pastoureaux plusieurs semaines avant le pèlerinage. Comment améliorer cela et tenter de concilier notre vocation missionnaire avec les exigences de sécurité ?
Le renouvellement de postes importants sera également une de nos préoccupations. Certains postes sont très exigeants (toute l’année !) et il est bien légitime de faire tourner les responsables qui donnent beaucoup de leur temps. N’hésitez pas à proposer vos services à NDC. Parlez-en à votre Chef de Région, au cadre de la Direction Soutiens que vous connaissez. Ecrivez-nous, au secrétariat

ou à mon attention. Nous avons besoin de vous, quel que soit votre âge ou votre lieu d’habitation.


La formation reste une des priorités de NDC. Les vidéo-formations vont continuer mais il nous faut faire encore davantage car les besoins actuels des pèlerins sont immenses.
J’aimerais que, cette année (en 2018), les chefs de chapitres et leurs adjoints, sans oublier la direction des Soutiens, participent largement aux récollections que nous organiserons au premier trimestre de l’année prochaine. Je sais combien il est difficile de s’engager aussi tôt dans l’année mais cet effort est nécessaire pour préparer ces 3 journées qui peuvent changer une vie !

Nous avons noté les imperfections de notre organisation. Nous avons écouté vos remarques, lu vos courriers. Des décisions, selon nos moyens, seront prises pour améliorer matériellement le pèlerinage. Les équipes Soutiens font un travail magnifique, difficile par sa technicité. Ces équipes sont la vitrine du pèlerinage et nous comptons encore et toujours sur elles.

Parmi les rendez-vous de rentrée, merci de noter sur vos agendas l’Université d’Automne le 18 novembre et la retraite à Fontgombault les 2 et 3 décembre 2017 prêchée par l’abbé Garnier et les moines de l’Abbaye. Ces événements sont ouverts à tous, il suffit de vous inscrire. Regardez sur notre site le programme de l’Université d’Automne. Venez nombreux, c’est une belle occasion de nous rencontrer.

Je termine ce premier éditorial de l’année avec quelques mots sur le Congrès Summorum Pontificum dans le cadre prestigieux de l’Angelicum à Rome (université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin) où j’ai assisté le 14 septembre au cycle de conférences de la journée. Ce Congrès fêtait les 10 années du Motu Proprio signé par Benoît XVI, le 7 juillet 2007. Avec l’abbé Garnier nous avons pu rencontrer les cardinaux Burke, Sarah, Müller, Monseigneur Pozzo entre autres, leur parler de notre dernier pèlerinage, de notre histoire et de nos projets. De nombreux supérieurs de communautés amies étaient présents ainsi que beaucoup de pèlerins. Il est toujours émouvant de réaliser combien notre pèlerinage est connu et son rayonnement considérable.

Le cardinal Sarah nous a rappelé que l’« on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. » (Matthieu 5,15). Il pensait aux fruits du Motu Proprio Summorum Ponticum et il compte sur nous, pèlerins de Chartres, pour participer à l’effort missionnaire dont la France a tant besoin.

Nos politiques de tous bords ont voulu effacer la religion dans notre pays. Nous voyons les fruits de cette société sans Dieu. Au risque de répéter ce que je vous disais en introduction de la dernière Université d’Automne 2016, la Vème République héritière de la IIIème République refuse la dimension religieuse de l’homme, l’histoire chrétienne de la France, la culture catholique. Pourquoi cette hystérie ? Pourquoi cette haine envers Dieu ? Il faut remonter à la Révolution française pour le comprendre. Contre ces mensonges et ces outrances Notre Dame de Chrétienté appelle à la Chrétienté, vocation de notre pays. Nos longues marches, nos prières, nos chants, notre histoire crient justice contre cette société sans Dieu.
Commençons notre année avec Dom Pateau, en espérant que vous lirez sa conférence (texte à lire ici) donnée à l’Angelicum, rappelant Benoît XVI dans son discours du 9 septembre 2007 à l’Abbaye de Heiligenkreuz : « Célébrez la sainte liturgie en ayant le regard tourné vers Dieu dans la communion des Saints, de l’Église vivante de tous les lieux et de tous les temps afin qu’elle devienne l’expression de la beauté et de la sublimité de ce Dieu ami des hommes ! »

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président de Notre Dame de Chrétienté

samedi 10 juin 2017

Appel de Chartres n°211


adc211.jpgAmis pèlerins, bonjour !

Après un pèlerinage, nous recevons des centaines de mots, des remerciements très touchants pour la plupart. Je ne vous réponds pas toujours, pardonnez-moi, mais je peux vous assurer que tous les messages sont lus. Ils nous encouragent grandement dans la tâche, chaque année plus lourde, de la préparation du pèlerinage. Nous avons même fait cette année une petite brochure « Fioretti de chrétienté - 3 jours pour Dieu sur la route de Chartres » (1) avec textes et photos qui raconte le pèlerinage à ceux qui ne le connaissent pas et hésitent encore à partir un week-end de Pentecôte pour marcher 100 kilomètres.

Il y a quelques jours, juste après le pèlerinage, le mot d’une pèlerine m’a beaucoup faire rire : « Après deux jours passés hors des colonnes du pèlerinage, je me suis rendu compte à quel point la voix du speaker m'aidait à me lever de bon matin. Aussi, serait-il possible d'en avoir un enregistrement audio afin que je puisse l’utiliser comme sonnerie de réveil? Mon employeur vous en serait très reconnaissant. » Nous allons certainement utiliser, chère pèlerine, cette bonne idée sur notre nouveau site internet qui devrait être prêt pour notre prochaine Université d’automne (18 novembre).

Vous l’avez constaté samedi matin, au départ de la colonne à Notre Dame de Paris, après le magnifique mot d’envoi du RP Louis-Marie de Blignières, la messe célébrée par le Chanoine Guelfucci et le sermon de Monseigneur Chauvet, nous étions cette année vraiment très nombreux. Ne soyez pas impatients, je ne vous donnerai pas les chiffres définitifs, je les réserve à ceux qui viendront à la messe d’action de grâces à Saint Odile, jeudi prochain 15 juin à 19h30.
Deo gratias ! Nous avons eu un très beau pèlerinage, difficile à organiser dans le contexte actuel mais les équipes de la Direction Soutiens ont fait un travail magnifique pour accueillir le chiffre record de 230 chapitres rassemblés par la Direction des Pèlerins ! Nous avons été efficacement protégés par nos deux paratonnerres, les chapitres Enfants et les Anges gardiens, les pèlerins non marcheurs qui du monde entier prient avec nous pendant les 3 jours. Ils étaient cette année en très grand nombre. J’ai une pensée toute particulière pour ce groupe Anges gardiens des Antilles et son aumônier qui nous a promis des photos que nous mettrons sur le site.

Je garderai en mémoire la messe des Courlis célébrée par Monseigneur Schmitz, l’arrivée des enfants à Gas, accueillis par le cardinal Burke, sa visite des chapitres Familles et Adultes. J’ai pu constater combien il était compliqué de canaliser une colonne de pèlerins descendant un chemin pentu pour s’agenouiller devant un cardinal !

Le dimanche soir, nous avions organisé une petite fête autour d’Hubert de Gestas avec sa famille et quelques amis. Nous voulions le remercier de ses 35 années de service, des premiers jours à aujourd’hui, à tous les postes dont celui de président pendant 7 années. Le cardinal Burke lui a remis un cadeau qui lui rappellera nos marches de Pentecôte.
Le Salut du Saint Sacrement, la Consécration au Cœur Immaculée de Marie en cette année du centenaire de Fatima auront réuni de nombreux pèlerins fervents jusqu’au petit matin.
Enfin, le lundi de Pentecôte après-midi, le cardinal Burke et Monseigneur Pansard ont accueilli les pèlerins entrant dans la cathédrale (trop peu malheureusement!). Nous avions la joie d’avoir au premier rang le tout nouveau chapitre Saint Gilles pour les personnes handicapées mentales dont le chef de chapitre (Enguerrand Savy) est un ancien du chapitre Enfants Saint Michel qui m’est cher. Le pèlerinage est une chaîne qui réunit les générations et entremêle les souvenirs.
L’ostension du Voile de la Sainte Vierge en l’honneur de Notre Dame de Fatima avant l’arrivée des bannières, la procession et la Sainte Messe célébrée par le cardinal Burke ont enfin terminé notre trente-cinquième pèlerinage.
En votre nom à tous, pèlerins marcheurs et Anges Gardiens, j’ai remercié le cardinal Burke d’avoir honoré Notre Dame de Chrétienté de sa présence, en l’assurant de nos prières et de notre reconnaissance.

Comme je vous l’ai dit pendant le pèlerinage, nous allons devoir adapter notre organisation pour mieux accueillir les toujours plus nombreux pèlerins de demain. De fidèles amis vont laisser leurs postes, ce qui est tout à fait normal, même si nous les regrettons déjà ; de nouveaux cadres vont prendre leurs fonctions au service de la Sainte Vierge. Toutes les bonnes volontés seront nécessaires.

A bientôt à Saint Odile pour la messe d’action de grâces (jeudi 15 juin prochain à 19h30).

Notre-Dame de Fatima, gardez-nous fidèles ; Saint Joseph, aidez-nous à servir ; Saint Michel, dans le combat défendez-nous.

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président

(1) Brochure en vente à Notre Dame de Chrétienté

mardi 16 mai 2017

Appel de Chartres n°210


Non confundar!


abbe-garnier.jpgChers amis pèlerins,

Lorsque la France tremblait devant l'invasion prussienne, et que s'effondrait le régime de Napoléon III, des âmes inquiètes venaient interroger la petite Bernadette, cherchant auprès de la «saintoune» une lumière au milieu de l'obscurité. Elle leur répondait paisiblement ; « Il ne faut pas trop s'arrêter à la main des hommes».

Notre temps est celui des espoirs déçus. Et donc celui de l'Espérance relevée.
Paradoxe ? Jolie formule ? Non. C'est le prolongement dans la vie de l'Eglise et de nos âmes du Mystère de Jésus. Mais cette profondeur du mystère de bonté et d'iniquité nous étonne, nous déconcerte, nous effraie.
Au bout des attentes messianiques, des enthousiasmes, des tentatives de couronnement terrestre, il y eut le retournement des foules, la couronne d'épines et la condamnation à mort.
Au bout des enthousiasmes, des protestations de fidélité, il y eut les lâchetés et les abandons.
Au bout des rayons de transfiguration, il y eut l'heure de la Puissance des ténèbres, l'obscurité dans l'âme de Jésus et dans les cieux à la sixième heure. Après le Thabor, il y eut Gethsemani et le Golgotha.
« Ce que nous prenons pour la fin n'est que le commencement (1) ». Etait-ce la fin ? Non.
Et l'âme de Jésus en croix, plongée en déréliction, chantait déjà en sa partie haute le salut accompli, l'Esperance affermie. Le prélude de la résurrection.

Quelle est donc la vraie hauteur de l'Espérance ?
L'espérance porte sur un bien, et sur le secours qui permet de l'obtenir. Le principal de l’espérance est la béatitude, Bien ultime, et la toute-puissance divine, la miséricorde divine secourable. L'Espérance est permise, ensuite, du côté des homme ou des créatures, des événements, des œuvres, des institutions. Parce que tout cela nous aide à rechercher les biens ordonnés à la béatitude (2).
Donc la hauteur définitive de l’espérance est celle de Dieu. « In Te Domine speravi ».

Amis pèlerins, à quelle hauteur d'espérance vivons-nous ?
C'est la question de Jésus aux Apôtres abattus, aux lendemains de résurrection. C'est la question que nous posent les douloureux événements qui secouent la vie de l'Eglise, de nos pays, de nos familles, de nos communautés. Est-ce que notre espérance n'est pas à ce point tournée vers des biens temporels, des succès terrestres, que nous la voyons ensuite affaissée, effondrée avec l'échec ou la déconvenue à vue humaine ? Alors « l'espoir vaincu pleure (3) »... Et peut-être méritons-nous le sage conseil de la petite bigourdane ; « Il ne faut pas trop s'arrêter à la main des hommes ».

Avec Notre Dame, à bonne hauteur d'espérance.
L'Espérance plantée en nos âmes et relevée...
C'est la grâce de Notre Dame !
C'est celle du pèlerinage !
C'est celle du temps pascal !
Etre affermis dans cette Espérance qui ne déçoit pas. « Spes non confundit (4) »

« In te Domine, speravi, non confundar in aeternum (5) »
L'Esperance est une toute petite fille, souriante et paisible, qui nous attend.
Elle nous attend !
… Au bout de nos attentes et de nos espoirs humains
… au bout de nos déceptions et de nos abattements d'âme.
Alors, chers amis pèlerins, soyez plus que jamais des porteurs, des éveilleurs de cette Espérance qui ne déçoit pas. Et pour cela, venez prier, marcher (pour ceux qui le peuvent), servir, offrir, aimer durant ces 3 jours de Pentecôte prochaine. Venez tremper vos âmes dans ce flot d'espérance vraie qui coule du Coeur ouvert du Seigneur, passant par les mains et le Coeur immaculé de Marie. Et vous serez plus forts pour les défis et les luttes de ce temps... Plus fort pour vous engager au service de l'Eglise, du pays, de la famille, de l'école, du scoutisme, … et de tant d'autres œuvres de résistance.

Dans cette attente, je vous assure de ma prière à toutes vos intentions.
« In Te Domine... En Vous, Seigneur, j'ai mis mon espérance, je ne serai pas déçu pour l'éternité » !

Abbé Alexis Garnier,
Aumônier Général de Notre-Dame de Chrétienté.


___
(1) Victor HUGO, Les Contemplations - A Villequier.
(2) Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, II-II, qu 17, a 4.
(3) Charles BAUDELAIRE, Spleen, LXXVIII.
(4) Romains, V, 5.
(5) Psaume 70, 1 (Vulgate).

vendredi 14 avril 2017

Appel de Chartres n°209


Message privé aux pèlerins français…


herve-rolland2012.jpgChers pèlerins (et candidats-pèlerins) français, permettez-moi de vous adresser un message direct !

Comme nous sommes dans la joie de Pâques, dans l’immensité de la Résurrection de Notre Seigneur, il m’est facile de vous proposer un programme simple : prolonger cette joie, et l’accompagner de l’envie et de la fierté. Pourquoi ces trois priorités ? Parce que ce sont celles qui nous manquent le plus en ce moment.

La joie tout d’abord,
afin que nous, Français, puissions lutter contre notre penchant favori : râler… Les Français ne font presque plus que cela ! Bien entendu, les motifs pour se plaindre sont nombreux et ces derniers mois ont vu se multiplier les mauvaises nouvelles, jusqu’à l’horreur d’un prêtre assassiné à l’autel. On peut aussi évoquer les attaques continuelles contre la Vie, la Famille, l’école, l’autorité, dénoncer la paralysie de certains responsables politiques, détailler les difficultés économiques, bref, on peut multiplier les raisons d’être inquiet.

Pourquoi râle-t-on ? Parce qu’on a peur, tout simplement. Voilà pourquoi on trouve si facilement des ‘camarades de râlerie’, grande spécialité française. Avec eux, on partage ses frustrations et on essaie de vider sa peur. Râler nous met en sécurité, surtout râler à plusieurs. Arrêter de râler, c’est changer d’état d’esprit, c’est reprendre sa vie en main. Oui, le monde est anxiogène, mais a-t-il vraiment existé un âge d’or où ‘c’était mieux avant ?’. Nos frères chrétiens durement persécutés aujourd’hui dans tant de pays (on parle de 215 millions d’entre eux !) ne subissent-ils pas un sort bien plus grave que le nôtre ?

Cette attitude de peureux et de geignards ne convient à des chrétiens : Jean-Paul II a été clair. Lui qui affronta directement la tyrannie, en fit son premier message de Pape élu: ‘N’ayez pas peur’.

Retrouvons l’envie.
L’envie de dire au monde, à nos contemporains qu’il y a aussi une Bonne Nouvelle, que Dieu nous attend dans l’éternité, qui commence aujourd’hui. Que sa Mère, la Sainte Vierge, tant de fois apparue sur notre terre de France, nous regarde et parle pour nous à son Fils. Elle qui de son ‘Fiat’ librement donné, a changé l’histoire de l’humanité. C’est elle, la Mère de Dieu, que nous prierons sur les routes de Chartres en juin.
Si nous n’annonçons pas l’Evangile, avec joie, si nous n’en avons pas envie, qui le fera ?

Nous avons envie que les choses changent ? Alors, ayons envie de partager le bonheur d’être catholiques. Pour cela, mobilisons-nous, préparons notre pèlerinage, invitons-y nos amis, des camarades d’école, d’université, de travail. Dites-leur « Venez et voyez ».

Enfin, la fierté.
On nous observe, on nous regarde passer sur les routes. Lisez les témoignages de Français convertis à l’Islam : pour la plupart d’entre eux, c’est la fierté affichée par les Musulmans qui a été déterminante. Et nous, qui portons l’amour du Christ, Dieu fait homme, celui qui est la Voie, la Vérité, la Vie, montrons-nous une telle fierté ?

Français, notre patrie est ‘fille aînée de l’Eglise’, elle lui a donné tant de saints. Notre fierté, partageons-la ! A chaque Pentecôte, nous déployons nos étendards, nos croix, nos bannières, nous prions et nous chantons : parce que nous sommes heureux et fiers d’appartenir au Christ et à son Eglise, et de l’annoncer haut et fort. Et fiers d’être Français, le ‘pays que Dieu aime’.

Oui, ‘Vive le Christ qui aime les Francs’, proclame déjà la loi de Clovis.

Français, rendez-vous samedi 3 juin 6h30 à ND de Paris, avec tous ceux que vous aurez invités.

Ps : chers pèlerins étrangers qui lisez cette tribune, vous serez là aussi et nous nous réjouissons de vous retrouver !

Hervé Rolland
Délégué Général NDC

mardi 04 avril 2017

Appel de Chartres n°208


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Le pèlerinage de Chartres, un rendez-vous incontournable !


adc208-2.jpgOn me demande pour quelle raison, chaque année, à la Pentecôte, je sors de mon placard mes chaussures de marche, mon gros sac, mon tapis de sol et mon duvet.
Pourquoi, alors que les beaux jours arrivent, je décide tous les ans de marcher de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres.
Comme de nombreux pèlerins et pèlerines, j’ai fait de ce pèlerinage un rendez-vous incontournable car j’aime retrouver cette ferveur que tous partagent, en particulier les enfants, malgré leur fatigue. J’aime faire une pause dans un quotidien qui va toujours trop vite. J’aime me dire que Jésus est heureux de nous voir marcher en chantant, assister à la Sainte Messe et qu’Il se réjouit de toutes ces âmes qui reviennent à Lui.
Mais, par-dessus tout, je marche parce que je crois qu’il n’y a pas de prière plus efficace qu’une souffrance offerte joyeusement pour l’amour du Bon Dieu. La vie nous donne des occasions de souffrir - personne n’est épargné - mais c’est si difficile d’offrir cette souffrance à Jésus. Dans le cadre d’un pèlerinage, la douleur des pieds et la fatigue sont toutes tournées vers le Bon Dieu.
Sainte Teresa de Calcutta nous a enseigné de très jolies choses sur la souffrance : « Je dis toujours aux gens qui souffrent que la souffrance est un baiser de Jésus, un signe qu'ils sont tout près de Lui sur la croix, tellement près, que là, Jésus peut les embrasser ».
Qui pourrait désirer autre chose que cela ?

adc208-3.jpgVenir marcher sur les routes de Chartres, c’est faire en sorte de se rapprocher du Cœur de Jésus, par l’intermédiaire de sa maman qui est chantée, louée et honorée pendant trois jours. Trois jours de rosaires, de méditations, d’invitation à une plus grande intimité avec son Créateur.
Votre cœur est chargé de peine ? Alors n’hésitez plus ! Prenez à votre tour vos chaussures de marche, votre gros sac, votre tapis de sol et votre duvet.
N’ayez pas peur de ne pas y arriver, le Christ marchera à nos côtés. « Apporte toutes tes souffrances à ses pieds », nous encourage mère Teresa. « Ouvre seulement ton cœur pour qu'Il t'aime tel que tu es ; Il fera le reste ».

Faisons-lui confiance et marchons joyeusement pour la plus grande gloire de Dieu à la suite de Charles Péguy dans les bras de la Vierge Marie. « Partir, marcher droit, arriver quelque part », écrivait-il. « Arriver ailleurs plutôt que de ne pas arriver. Arriver où on n’allait pas plutôt que de ne pas arriver. Avant tout arriver. Tout plutôt que de vaguer. »

Bon carême à tous !

Marine Rondot
Une pèlerine

Présentation de la Beauce à ND de Chartres


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« … Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce ont fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.
Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours,
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois.
Et toute leur séquelle et toute leur volaille



Nous arrivons vers vous du lointain Parisis.
Nous avons pour trois jours quitté notre boutique,
Et l’archéologie avec la sémantique,
Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous du lointain Beauvaisis.
Nous avons pour trois jours laissé notre négoce,
Et la rumeur géante et la ville colosse,
D’autres viendront vers vous du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous de Paris capitale.
C’est là que nous avons notre gouvernement,
Et notre temps perdu dans le lanternement,
Et notre liberté décevante et totale.

Nous arrivons vers vous de l’autre Notre Dame,
De celle qui s’élève au cœur de la cité,
Dans sa royale robe et dans sa majesté,
Dans sa magnificence et sa justesse d’âme. »

Charles Péguy

jeudi 16 février 2017

Appel de Chartres n°207


D-Pinoteau-chartres.jpgChers amis,

En ce dimanche de la Septuagésime, nous entrons dans la préparation du Carême, qui nous mènera dans seulement 70 jours vers Pâques. Puis encore 50 jours et c’est la Pentecôte. Nous voici maintenant avec notre pèlerinage en ligne de mire, dans ce temps également de préparation active et laborieuse. Et déjà le temps court jusqu’à ce rendez-vous sur le parvis de Notre Dame de Paris. Déjà, Chartres sonne, Chartres nous appelle ! Comment allons-nous vivre ces quelques 120 jours qui nous séparent de l’envoi dans la cathédrale?

Chers amis pèlerins « des Soutiens »,
Voilà déjà 7 mois que certains d’entre nous travaillent à construire notre millésime 2017. Changements dans l’itinéraire, améliorations diverses, investissements… et maintenant des règles de sécurité toujours plus présentes à mettre en œuvre. La route est encore longue jusqu’à la Pentecôte. Et nous avons encore tant de soucis et de tracas à confier à Marie, Mère de Dieu, que notre thème de l’année nous propose justement de méditer. Nous devrons lutter et peiner pour arriver au bout, comme chaque année depuis 35 ans, et n’oublions pas de lui confier toutes nos difficultés. Demandons donc à Marie, qui comme mère de la sainte Famille devait bien organiser les choses, de nous aider à préparer nos missions, nos équipes. Vous êtes déjà plus d’une centaine à vous être fermement engagés pour être au rendez-vous, merci de votre dévouement. « Allez, vous aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste » nous dit le Christ ce dimanche de la Septuagésime (Matt, XX, 4). Allons encore chercher, si vous le voulez bien, de nouveaux ouvriers pour nous aider à la vigne et prendre la relève.

Chers amis pèlerins « marcheurs »,
Vous qui vous apprêtez, parfois depuis de nombreuses années, à venir vivre ces trois jours avec vos chapitres, micro-chrétientés fugaces, vous allez sans doute vous préparer en vous appropriant le thème de l’année, peut-être avec les excellentes vidéos- formations, par exemple. Alors, n’oubliez pas non plus de vous demander si vous pourriez rendre service à notre pélé, en vous engageant dans les Soutiens, un pélé sur trois, comme le conseillait notre aumônier général, l’abbé Garnier. « Mais je veux donner à ces derniers autant qu’à toi » (Matt, XX, 14), dit encore le Seigneur aux ouvriers de la première heure, dans l’évangile de ce jour. Soyez sûrs que vous serez récompensés si vous nous rejoignez cette année, autant que ceux qui soutiennent depuis des décennies. Alors n’hésitez pas !
Quant à vous, chers chefs de chapitre, que ces 120 jours vous permettent de préparer par la méditation le beau thème de l’année. Mais pendant les trois jours, vous aurez aussi des consignes d’organisation et de sécurité, beaucoup plus concrètes, à faire respecter. Si elles vous coûtent mais que vous les appliquez, alors elles ne vous apporteront que plus de mérites dans la Jérusalem céleste. Profitez-en et priez pour ceux qui doivent vous les imposer par devoir. C’est vous qui avez les mérites de l’obéissance.

Chers amis pèlerins « Anges-gardiens »,
Nous avons besoin de vos prières dès aujourd’hui. Nous rentrons avec les équipes des Soutiens dans la phase d’organisation complexe. Nous ne sommes que les instruments de la volonté de Dieu et nos mérites ne sont que des dons de Dieu. Il ne faut pas grand-chose pour remettre en question notre pèlerinage, alors priez Sainte Marie, Mère de Dieu, que des solutions apparaissent quand nous sommes bloqués. « Dressez-vous Seigneur, ne laissez pas à l’homme le dernier mot » (Ps 9), pouvions-nous entendre dans le graduel de la Messe d’aujourd’hui. Que vos prières fassent que notre grand rendez-vous de Chrétienté, le plus grand pèlerinage d’Europe, qui gêne tant de monde dans cette France moderne et déchristianisée, puisse continuer demain par la volonté de Dieu. Et priez pour nos familles qui, par leur patience et leur compréhension, sont les co-organisatrices de ce pèlerinage.

Notre Dame de Paris, priez pour nous !
Notre Dame de Chartres, priez pour nous !
Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous !


Le 12 février 2017, dimanche de la Septuagésime.

Denis Pinoteau
Directeur des Soutiens

mercredi 18 janvier 2017

Appel de Chartres n°206


Que résonne dès aujourd’hui l’appel de Chartres !


Chers amis pèlerins,

Noël est déjà derrière nous, laissant le regret d’un temps très pur et si court.

Sans respiration, l’agenda pousse les jours. Sans répit, il nous précipite dans une nouvelle année chargée de bien des menaces mais riche aussi de bien des grâces.

La chrétienté de France va mal. Après une temporisation des attaques, des lois nouvelles - que n’arrêtent même pas les cris des foules rassemblées - se succèdent et rongent le socle de la Loi Naturelle sur laquelle elle est fondée.

La mémoire collective, chargée de culture chrétienne, s’efface doucement dans l’indifférence générale. Elle est remplacée par un consumérisme qui gomme les signes de toutes les traditions forgées à l’abri des paroisses et qui formaient l’armature invisible de la Fille ainée de l’Eglise. Le mot Tradition est sommé de rester au banc. Privée de forces vives, la chrétienté de France semble épuisée et condamnée à abandonner son rôle missionnaire qui tant de fois lui a permis de redresser des situations désespérées.

Au regard de tout cela, le pèlerinage de Chartres est un paradoxe qui traverse cette époque dénaturée comme la colonne traverse la Beauce. Il s’assemble un matin, dans les cantiques et les prières. Sans complexe, il traverse un Paris ahuri et sa joie réveille sa banlieue désespérée. Il avance par champs et bois, trois jours durant, qui laisseront plus de grâces dans les cœurs et le secret des âmes que de traces de pas sur les chemins.

Ce Pèlerinage est pour la terre de France un événements spirituels de masse qui porte signe visible d’Espérance. Il est le fruit des sacrifices de quelques-unes et quelques-uns qui, durant des mois, ne cessent de le préparer. Il doit aussi beaucoup à quelques centaines de chefs de Chapitres qui chaque année se chargent d’accueillir, d’entraîner, d’enseigner, de soutenir et de conduire leurs pèlerins, et à qui l’on doit mille mercis pour avoir pris ce service.

Ce pèlerinage est en lui-même une terre de mission, car il enseigne à des pèlerins, maintenant très jeunes et pour partie peu pratiquants, les fondements les plus solides d’une foi parfois bien mal transmise.

Ce pèlerinage porte pour la jeunesse de France l’oriflamme de La Tradition. Elle s’y rassemble autour de l’autel et de l’encens, pour une liturgie qu’elle aime, ou qu’elle découvre mais que jamais elle n’oubliera plus. Elle y rapprend la force des symboles temporels en regardant passer l’anneau de Jeanne d’Arc. Elle y prie, s’y sanctifie et s’y forge une identité chrétienne qu’elle découvre ou redécouvre encore. Les retours à la chrétienté quotidienne sont parfois difficiles.

Les communautés des chapitres se dissolvent bien souvent. Cette rupture empêche les grâces collectives d’amitiés de perdurer et l’effort missionnaire né du regroupement s’affaiblit. Chers chefs de chapitre, il vous revient de pérenniser ces liens tissés pendant le pèlerinage ; qu’ils se fortifient et croissent au profit de tous et de la Chrétienté. Les Chapitres qui se retrouvent pendant l’année ont des fruits d’amitiés et de conversions dont les effets enfantent d’autres beaux engagements.

Janvier est le temps des résolutions personnelles qu’il ne faut pas manquer de prendre, par crainte de perdre maintenant, par omission, des combats que nous laissons trop souvent aux autres le soin de livrer pour nous.

Le prochain pèlerinage se prépare dés hiver, dès maintenant pour tout dire. Les Chapitres seront d’autant plus soudés, joyeux et missionnaires, qu’ils se seront reconnus et rassemblés avant le parvis de Notre Dame de Paris. Les méditations toucheront d’autant plus les âmes qu’elles auront été préalablement bien préparées et partagées entre plusieurs.

L’église n’est certes plus toujours au milieu du village mais nous marchons vers Chartres aussi pour l’y remettre.

Pèlerins, adjoints route, porteurs d’eau, animateurs, adjoints chant et adjoints principaux, chefs de chapitres, cadres des chapitres des soutiens et de la direction, aumoniers préparons Chartres dès maintenant, car le pèlerinage de Chrétienté, va beaucoup plus loin que Chartres.

Il va jusqu’à la Jérusalem Céleste si l’on y part en ayant bien préparé ce voyage spirituel à l’avance en communion de Foi, d’Espérance et de Charité

Ce sera mon vœu le plus sincère pour vous tous, chers pèlerins.
Que Notre Dame renforce notre Espérance durant toute cette nouvelle année.

Didier ROUSSEAU
Chef de région Est
Pèlerin depuis 1991.

Charles Péguy « La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance »

FRANCE-LITTERATURE-WW1-PEGUY« La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance. La Foi ça ne m’étonne pas. Ce n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. La Charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas. Ça n’est pas étonnant. Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un cœur de pierre, comment n’auraient-elles point charité les unes des autres. Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance. Et je n’en reviens pas. L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. C’est cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus. La Foi va de soi. La Charité va malheureusement de soi. Mais l’Espérance ne va pas de soi. L’Espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bienheureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. La Foi voit ce qui est. La Charité aime ce qui est. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de des grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite ».

Charles Péguy (1873-1914)