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SAMEDI 14 MAI 2005

BOIS DE VERRIERES

SERMON DE MONSIEUR LABBE FRANCOIS SCRIVE
Cur de Belloy-en-France
(diocse de Pontoise)
Juge lOfficialit de 2nde instance dAmiens




Mes Frres,

Vous voici en plerinage pour Chartres. Certains dentre vous y participent pour la premire fois. Nombreux tes-vous lavoir accompli plusieurs fois et vous prouvez le besoin de revenir.

Si lambiance qui y rgne est enthousiasmante, ce nest pas la raison essentielle qui vous y attire, mais bien plutt le dsir daccomplir un acte de religion, un acte par lequel on se met, pour un temps, au service exclusif de Dieu qui nous appelle la conversion. Venez moi , nous dit-il. Et nous rpondons : Me voici, Seigneur ! Je vous coute.

Le plerinage est une forme minente de la prire et de la pnitence. Il sagit de russir cette dmarche. Faisons-l fond, ne la sabotons pas. Ne passons pas ct de la grce.

Il y a plusieurs conditions pour que le plerinage soit russi.

Tout dabord, il doit baigner dans la prire. Cest la mditation des mystres du Rosaire, ce sont les cantiques et bien sr la Sainte Messe et le grand moment de laction de grces.
Ensuite, il doit dborder de joie. Une me dans la joie est le plus beau reflet de lme de Notre Seigneur. Un plerinage doit tre joyeux et tous doivent manifester une bonne humeur. Noubliez pas qu un saint triste est un triste saint ! (Les scouts et les guides qui sont nombreux vous feront connatre larticle 8 de la Loi scoute en le vivant pleinement).
La joie nexclut pas la pnitence. Sur la route de Chartres, on renonce son confort. Lpreuve dsire, accepte, recherche, a un rle purificateur. Sacrifice financier, sacrifice physique, sacrifice moral pour les nombreux petits sacrifices dune vie en commun, tout cela peut nous aider favoriser notre plerinage.
Celui-ci doit en outre tre anim de charit pour ne former quun seul cur o se manifeste la catholicit. Malgr les diffrences de nations, de classes, dge ou de temprament, on se trouve runis pour vivre quelque chose de grand : nous convertir, grandir en saintet, prier pour le monde, pour lEglise, pour tous ceux qui nous sont chers, vivants et dfunts. Si le plerinage doit jouer le rle de retraite , il ne doit nous retirer de notre vie ordinaire que pour nous y rejeter avec plus de force. Il nest pas une vasion o lon oublie ses soucis, mais une offrande de ses soucis quon remet Dieu et une rsolution nergique dy faire face avec plus de courage. Le plerinage peut et doit tre la source dun vrai dpart.

Jai voqu la conversion. Si vous venez sur la route de Chartres, cest pour changer de vie. Revenir meilleur quavant en ayant pris la rsolution de prendre tous les moyens pour devenir des saints. Il y a un passage oblig qui sans doute vous cotera, mais combien rconfortant ! : cest le sacrement de Pnitence qui vous permettra dobtenir le pardon de vos pchs, oprera en vous le changement dont vous serez tonns vous-mmes. Cest un second baptme o lon reoit une nouvelle naissance en Jsus-Christ. Mais cest aussi le sacrement le plus pnible pratiquer. Dire ses pchs au prtre est difficile. Mais, comme le disait le Pape Jean Paul II : Ils mentent ceux qui accusent lEglise de faire preuve dune mentalit rpressive lorsquelle invite la pnitence. La confession sacramentelle ne constitue pas une rpression, mais une libration ; elle nentretient pas le sens de la faute, mais elle efface la faute, elle dissout le mal commis et elle donne la grce du pardon . Et Jean Paul II poursuit : Tous ceux qui, parfois aprs de longues annes et chargs de graves pchs, sapprochent du confessionnal trouvent en le quittant le soulagement dsir, ils retrouvent la joie et la srnit de la conscience quon ne saurait trouver nulle part sinon dans la confession. Il nest personne, en effet, sauf Dieu uniquement, qui puisse nous dlivrer de notre pch . (16 mars 1980)
Certains diront : Il est inutile de me confesser, je retomberai toujours, et puis mes pchs sont trop grands. Sans doute nos pchs sont graves et nombreux, mais la misricorde divine est infinie. Nous retomberons, peut-tre, si nous navons pas un vrai regret de nos fautes, si nous ne prenons pas les moyens pour ne plus retomber. Mais nous ne devons pas oublier que Dieu ne refuse jamais sa grce qui la demande avec humilit et confiance. Ma grce te suffit , disait le Christ Saint Paul (II Cor. XII, 9)
Un jour, lAptre Saint Pierre avait demand Jsus : Seigneur, combien de fois devrai-je pardonner les offenses que me fera mon frre ? Irai-je jusqu sept fois ? Jsus lui rpond : Je ne te dis pas jusqu sept fois, mais jusqu soixante-dix sept fois sept fois. Cest--dire indfiniment. La misricorde de Dieu est inlassable. Cest pourquoi, dit encore Jean Paul II dans son encyclique sur la misricorde, lEglise annonce la conversion et y appelle. La conversion Dieu consiste toujours dans la dcouverte de sa misricorde, cest--dire de cet amour patient et doux comme lest Dieu Crateur et Pre.
Des prtre marchent avec vous et sont votre disposition. Nhsitez pas leur demander de vous aider.
Et surtout, pour bien accomplir cette dmarche, adressez-vous Marie qui est le Refuge des pcheurs. A chaque fois que nous rcitons le Je vous salue Marie , nous disons : Priez pour nous, pauvres pcheurs . Notre Mre nous abandonnerait-elle parce que nous sommes pcheurs ? Bien au contraire, son amour pour nous la pousse nous tendre une main secourable pour nous tirer du danger mortel. Cest le sens des paroles quelle adressait S. Dominique : Ignores-tu, mon fils, que jaime les pcheurs, que jen prends soin et que je suis la distributrice des misricordes de Dieu ? Les merveilles que tu admires dans cette femme, jai voulu te les rvler pour que personne ne dsespre de la misricorde de Dieu.
Et puis Notre Dame a t si troitement lie luvre de la Rdemption qu elle ne peut que dsirer ce que son Fils Jsus a voulu et ralis sur la croix, savoir le salut du monde.
Prions donc Marie, notre Avocate, de tourner vers nous ses yeux pleins de misricorde. Elle nous aime et ne nous abandonnera pas.

Amen.
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