> accueil > Le pèlerinage 2009 > Consécration > Présentation

Consécration à Marie (première fois ou renouvellement)


Présentation de la Consécration Mariale Montfortaine



Saint Louis-Marie de Montfort (1673-1716) a transmis à toute l’Eglise un trésor caché, un secret admirable, qui est un extraordinaire moyen de sanctification. C’est la consécration totale de soi-même à Marie, et à Jésus par Marie. Il l’appelle encore « la parfaite dévotion à la sainte Vierge ».

Cette consécration mariale est proposée à tous les baptisés, religieux, prêtres, laïcs… Elle n’est pas réservée à quelques-uns. Elle n’est autre que le renouvellement des promesses de notre baptême, mais en prenant au sérieux toutes leurs exigences et en passant explicitement par Marie.

Tous les baptisés sont invités à se consacrer à Jésus par Marie. Cependant, se lancer dans une telle démarche n’est pas une petite dévotion, ni une simple formalité. C’est un engagement exigeant, qui doit transformer toute notre vie de chrétien : si nous le prenons au sérieux, il nous conduira rapidement à une grande sainteté.

Le but est attirant, enthousiasmant – du moins si j’ai une foi vivante et si j’ai compris le sens profond de ma vie et l’importance de devenir un saint – mais dois-je nécessairement m’engager dans cette voie ? Et comment procéder ?

Avant de me lancer dans cette aventure – car c’en est une : me donner à Notre-Dame m’entraînera loin ! –, trois choses sont nécessaires :
1. avoir bien compris ce dont il s’agit,
2. me sentir appelé,
3. bien m’y préparer.

I. BIEN COMPRENDRE CE DONT IL S’AGIT

La consécration mariale est chose sérieuse. Il serait regrettable de s’y engager à la légère, sans savoir bien ce que l’on fait. Avant de décider de se consacrer à Jésus par Marie, il faut avoir compris suffisamment en quoi consiste cette « parfaite dévotion à la sainte Vierge ». Certes, nous ne pouvons pas mesurer tout ce à quoi cela nous engage. C’est un peu comme pour une vocation ou un mariage : lorsque l’on s’engage dans la vie religieuse ou dans la vie conjugale, on ne sait pas bien tout ce qui va arriver, les difficultés que l’on rencontrera, etc. Mais on doit savoir l’essentiel, la nature de l’engagement religieux ou du mariage.

De même, la consécration mariale montfortaine est un acte bien précis, qui nous engage pour toute la vie. Il faut la distinguer de diverses autres consécrations, même mariales, que certains peuvent faire. Par exemple, la très belle coutume, pour les parents, de consacrer leur enfant à Marie aussitôt après la cérémonie du baptême. C’est une très bonne façon de placer sous la protection de la Mère de Dieu le jeune enfant baptisé et de demander l’aide de Notre Dame pour la tâche difficile de son éducation. Cependant, l’enfant n’agit pas par lui-même, dans la pleine conscience de ce qui s’accomplit. Et ce n’est pas une remise totale de tous ses biens, de la valeur même de ses bonnes actions, à Marie. Il bénéficiera certainement de la protection de la Mère de Dieu, mais la consécration mariale qu’il fera peut-être plus tard le conduira plus loin dans le don explicite de lui-même à Marie.

D’autres formules sont des belles remises de soi à Marie, mais qui ne sont pas aussi radicales que celle de la consécration montfortaine. A ce sujet, il est très important de ne pas faire prononcer indistinctement, sans préparation, à quiconque, des prières qui comportent de vraies consécrations ou des engagements qui n’ont pas été délibérément acceptés par les personnes elles-mêmes. A fortiori, faire réciter la formule de consécration montfortaine par des personnes qui ne sont pas déjà consacrées, et sans préparation, est un abus qu’il faut dénoncer. C’est habituer les fidèles à prononcer des paroles qu’ils n’ont pas vraiment pesées, qui ne viennent pas de leur volonté profonde et faire perdre le sens de la vérité des paroles que l’on dit. Prononcer des paroles d’engagement sans s’engager ou en s’engageant à la légère n’est pas un acte vertueux. La dévotion doit être vraie !

Il faut donc bien comprendre ce qu’est la consécration mariale montfortaine. Le mieux, pour cela, est de lire attentivement l’ouvrage capital de Saint Louis-Marie à ce sujet : le Traité de la vraie Dévotion à la Sainte Vierge1 , ou au moins le bref et magnifique résumé que le saint a lui-même rédigé : le Secret de Marie1. Il est bon d’y joindre la lecture du troisième ouvrage capital du même saint, l’Amour de la Sagesse éternelle2, qui fait partie aussi de la démarche de consécration : on va à Jésus par Marie, il faut donc connaître Jésus et Marie.

Ces trois ouvrages sont accessibles, relativement faciles à lire (surtout le Secret de Marie). Certes, le style est celui de l’époque du saint, il y a 300 ans environ. Certains mots n’ont plus tout à fait le même sens qu’aujourd’hui, certaines tournures sont archaïques, des images nous semblent démodées… Mais avec un petit effort, toute personne peut saisir assez facilement le sens profond de ce qui est dit. Passé le premier abord, qui peut parfois rebuter, on entre dans ces ouvrages avec plaisir, car Saint Louis-Marie écrit avec une âme de saint, une âme de feu, dévorée du zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes, embrasée de l’amour de Marie. Le côté « dépaysant » peut même ajouter à l’intérêt de la lecture.

Certains livres plus modernes ou des brochures (comme celle réalisée il y a quelques années par l’association Notre-Dame de Chrétienté) peuvent nous aider à mieux comprendre le contenu des ouvrages du saint, expliquer de façon plus adaptée à notre époque le sens de la consécration et ses exigences, la façon de se consacrer… Mais rien ne remplace la lecture des magnifiques ouvrages du grand apôtre de Jésus et Marie. L’effort en vaut la peine.

Donc, avant de vous engager, ou même pour savoir si vous devez vous engager, lisez le Traité de la vraie Dévotion à la Sainte Vierge ou au moins le Secret de Marie. De toute façon, vous ne le regretterez pas, vous aurez pris connaissance d’un chef-d’œuvre de la spiritualité catholique. Tout catholique devrait lire ces petits ouvrages qui sont de véritables trésors, au même titre que les ouvrages les plus célèbres des saints et docteurs catholiques3.

II. SE SENTIR APPELE

En lisant ces ouvrages, en parlant avec votre père spirituel ou avec un bon conseiller, en méditant et en priant le Saint-Esprit, vous pourrez discerner si, oui ou non, il vous semble bon de vous lancer dans cette aventure de la consécration : si le Seigneur vous y appelle. Car la consécration est un conseil, non une obligation ou un commandement de Dieu ou de l’Eglise. Nous devons nous y engager un peu comme on s’engage dans une vocation. C’est-à-dire qu’il faut ressentir comme un attrait de la grâce, qui est le signe d’un appel de Dieu.

Il ne faut pas s’y engager seulement pour faire plaisir à son directeur spirituel, ou à un(e) bon(ne) ami(e), ou pour faire comme tout le monde (rassurez-vous, d’ailleurs, tout le monde n’est pas encore consacré !). Non, il faut, étant bien conscient de la démarche que l’on va entreprendre, la désirer, la vouloir, parce que l’on comprend que cela sera source de grâce : pour moi personnellement, et non en général. Est-ce que ce sera un bien pour moi ? Est-ce que ce sera quelque chose qui va m’aider à grandir dans l’amour de Dieu (et de Marie) ? Est-ce que j’ai confiance que Dieu va me conduire à une plus grande sainteté par ce moyen ? Si oui, il n’y a pas à hésiter, à tergiverser. Alors, ne cédons pas à de faux prétextes, à de vaines craintes.

Suivre sa vocation comporte toujours des risques, comme tout dans la vie, mais la foi et la raison nous demandent de suivre le chemin qui paraît le meilleur pour parvenir à notre fin : le bonheur du ciel, la Béatitude. Notre salut peut dépendre de ces actes de générosité que nous voyons devoir être posés à tel moment de notre vie. « Qui a mis la main à la charrue et regarde en arrière, n’est pas digne du Royaume de Dieu », nous dit Notre Seigneur (Luc 9,62).

Ajoutons que, si nous voulons être missionnaires, et notre engagement dans l’association Notre-Dame de Chrétienté est le signe que nous en avons l’ambition, la consécration mariale sera certainement un puissant moyen de rayonnement de notre apostolat. Le Règne de Jésus se construit par Marie. Ce n’est pas la moindre des raisons qui nous invitent à suivre cette voie.

III. BIEN S’Y PREPARER

Une fois que nous avons pris la décision de nous consacrer à Jésus par Marie, il faut nous préparer à bien le faire.

Saint Louis-Marie propose pour cela, dans le Traité de la vraie Dévotion (n° 227 et ss.), une méthode de préparation qui comporte 33 jours, répartis ainsi :
- d’abord 12 jours employés « à se vider de l’esprit du monde contraire à celui de Jésus-Christ » ;
- puis, 1 semaine pour demander la connaissance de nous-mêmes et la contrition de nos péchés ;
- 1 semaine pour demander la connaissance de la très sainte Vierge ;
- 1 semaine pour demander la connaissance de Jésus-Christ.

Peut-on se passer de cette méthode ou en inventer une autre ? Certes on peut imaginer de se préparer autrement. Mais il semble présomptueux de vouloir réinventer une méthode alors qu’un grand saint visiblement inspiré du Ciel nous a transmis lui-même, après mûre réflexion, cet admirable chemin. Si nous voulons vraiment que notre consécration soit faite sérieusement, dans de bonnes conditions, et qu’elle porte des fruits durant notre vie entière, il faut nous y préparer avec soin. Une vocation religieuse s’éprouve pendant au moins un an de noviciat ; un mariage se prépare par un temps de fiançailles, des entretiens, des sessions, une retraite... De façon analogue, l’engagement de la consécration mariale suppose une bonne préparation.

Une difficulté que l’on peut rencontrer dans la méthode montfortaine, outre le style ancien de l’auteur, est que Saint Louis-Marie paraît parfois sévère dans son appréciation du monde, et dans les exigences qu’il indique au chrétien. Au lieu de juger trop rapidement que c’est la marque d’une époque austère et rigoriste qui est heureusement révolue, il convient de nous demander si ce n’est pas plutôt notre christianisme moderne qui s’est abâtardi. Saint Louis-Marie n’est-il pas plus proche que nous de l’esprit de l’Evangile, des Apôtres et des grands saints de toutes les époques ? Se consacrer à Jésus par Marie, c’est replonger dans la vérité profonde du christianisme, ressaisir les exigences de notre baptême, prendre vraiment au sérieux la vie divine, la vie de la grâce qui est en nous. Nous laissons malheureusement trop souvent celle-ci être recouverte par les accommodements avec le monde, avec nos petites habitudes égoïstes ou très peu chrétiennes.

Un peu comme un carême (40 jours) qui nous prépare à la grande fête de Pâques, les 33 jours devront être vécus comme une préparation à l’acte de notre consécration. Cela suppose concrètement que nous donnions chaque jour un certain temps (il paraît difficile de descendre en dessous d’une demi-heure quotidienne) à la lecture des textes proposés, à la méditation et à la prière. Il faudra autant que possible s’exercer à la pratique de certaines vertus et prolonger sa méditation dans le cours de la journée en pensant souvent à ce grand acte que l’on va accomplir.

La préparation durant au moins 33 jours, il faudra, avant de s’y lancer et lorsque l’on est bien déterminé à le faire, choisir une date (si possible une fête mariale) où l’on pourra facilement prononcer sa consécration (le mieux étant aussi d’assister à la messe ce jour-là, et de communier en s’étant confessé avant). La période des 33 jours de préparation doit aussi être choisie de façon opportune : il faut que nous ayons une certaine disponibilité, en temps et en liberté d’esprit, pour accomplir les exercices préparatoires ; il ne convient pas d’avoir des charges trop lourdes ou des soucis trop pesants. Le programme étant bien fixé, avec la période des 33 jours et la date de la consécration, il n’y a plus qu’à se lancer dans l’aventure, avec foi et confiance. Croyez bien que Marie ne sera pas avare des dons célestes à ceux qui se donnent tout entier à elle.

Ensuite, il s’agira de vivre en consacré. On peut toujours progresser en ce domaine. Le renouvellement de la consécration, avec sa préparation de 33 jours, pourra être un bon moyen de reprendre mieux conscience de tout ce à quoi cette consécration nous engage. Prononcer l’acte de consécration assez fréquemment et régulièrement est en tout cas recommandé, comme aussi bien sûr la fidélité à la prière du Rosaire.

Un prêtre de la Fraternité Saint Vincent Ferrier



1. Cf. bibliographie à la fin de cet article

2. Cf. bibliographie à la fin de cet article. C’est dans cet ouvrage que saint Louis-Marie donne la formule de la consécration à Jésus par Marie.

3. Voici, à titre d’exemples et sans vouloir être exhaustif, quelques titres d’ouvrages qu’un catholique devrait avoir lu au moins une fois dans sa vie, outre bien sûr l’Ecriture sainte : l’Imitation de Jésus-Christ, les Confessions de saint Augustin, la Règle de saint Benoît, le Dialogue de sainte Catherine de Sienne, l’Introduction à la vie dévote de saint François de Sales, les autobiographies de sainte Thérèse d’Avila et de sainte Thérèse de Lisieux, etc.


Ouvrages utiles pour la Consécration


ŒUVRES DE SAINT LOUIS-MARIE GRIGNION DE MONTFORT:

- Œuvres complètes, édition du Seuil
- Traité de la vraie Dévotion à la Sainte Vierge
- Le Secret de Marie, édition Téqui
- L’Amour de Jésus en Marie : Le traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge. Le Secret de Marie, volumes 1 et 2, édition Ad Solem, 2000, 12€ et 13€
- L’Amour de la Sagesse éternelle, édition Dominique Martin Morin
- Le Livre d’or. Manuel complet de la parfaite dévotion à la très sainte Vierge d’après saint Louis-Marie de Montfort, 6e édition, Louvain 1960. Ce livre, malheureusement épuisé, contient l’intégralité du Traité de la vraie Dévotion et du Secret de Marie, ainsi que divers autres textes et prières. Il est très adapté à celui qui veut se consacrer. Une édition plus moderne et modifiée est aussi en vente : Le Livre d’Or, les grands textes et la vie spirituelle, édition Nouvelle Cité, Bruyères-le-Châtel, 1989, rééd. 1995, 478 pages, 18€.

AUTRE:

- Brochure de Notre-Dame de Chrétienté : « Un secret : la consécration à Marie », 1999

> accueil > Le pèlerinage 2009 > Consécration > Présentation