Un Canadien chef d’un chapitre français au pélé de Chartres? Et pas de n’importe lequel, mais bien d’un chapitre de Versailles! Est-ce une forme d’invasion?

Au printemps de 1725, Guillaume Boisly, imitant nombre de ses contemporains, s’embarque à Larochelle pour une terre inconnue et lointaine. Nous sommes alors à une époque de géants où le Royaume de France essaime sa puissance militaire en servant de vecteur à la civilisation, c’est-à-dire à l’Évangile. Guillaume ne revint jamais en France. Ou plutôt, il ne revint jamais sur sa terre paternelle, puisque la France, il ne l’avait jamais quitté… Il l’avait amenée avec lui.

ndc2013_724.jpgUn peu moins de 300 ans plus tard, un descendant de Guillaume revient chaque printemps en terre de vieille France. Il y vient respirer un air de chrétienté qui, autrefois dominant, semble profondément endormi sur les rives du St-Laurent. Invité par le bon abbé Le Roux (FSSP), dont le cœur est si large qu’il s’arc-boute transatlantique, il prête sa voix au pèlerinage de Chartres.

Chartres, route merveilleuse; chemin de communion des saints, où se télescopent temps et lieux. Mystérieux échange où les France, la Nouvelle comme celle de toujours, unissent leur voix, par-delà les âges pour chanter la céleste Mère, Celle représentée pas moins de 175 fois dans les sublimes vitraux de la cathédrale!

Et la communion est intense! Les cœurs se retrouvent, année après année, kilomètre après kilomètre, comme si jamais un océan ne les avait séparés, comme si les accents qui tintent, sonores, ne s’étaient jamais perdus. Le même sang irrigue un seul et même cœur au sein du Christ fait colonne!

Cette union si douce prend sa source dans un inestimable trésor de Tradition. En effet, si Chartres sonne et appelle de tous les coins de la terre, c’est qu’elle sait un moyen pour unir les hommes! C’est qu’elle sait que l’homme n’est grand qu’à genoux et que seul le rit éternel des liturgies célestes peut nourrir le tréfonds des âmes. À ses accents harmonieux, les océans se comblent, les siècles s’effacent.

Au pied de Jésus-Hostie, sous le bleu regard de Notre-Dame, le Québécois, ému, reconnait son aïeul dans le visage épuisé de ses frères. C’est le même chant qui résonne à leurs oreilles, les mêmes mots qui montent à leurs lèvres. Sur la colline du Golgotha, sur les pentes du Cap-Diamant, sur le parvis de Chartres, le même éternel moment. La communion des saints prend alors tout son sens. L’histoire s’abime dans l’Alpha et l’Omega.

Ce feu de chrétienté dont Guillaume était habité en traversant l’Atlantique, Dominique le redécouvre chaque année dans la fraternité de sang, d’âme et de cœur du chapitre Vénérable Pie XII.

Amis, hissons-les voiles ensemble encore en 2017. Notre-Dame, mère de Dieu nous guidera à Bon Port.

Dominique Boily
Chef de chapitre, Vénérable Pie XII