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Notre-Dame de Chrétienté - pèlerinage de Pentecôte de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres

     
 

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mercredi 24 mai 2017

Pèlerinage 2017: inscrivez-vous avant qu'il ne soit trop tard!


Chers pèlerins,

affiche2017_300.jpgAu vu de la croissance des inscriptions cette année, afin de pouvoir préparer au mieux les dimensions opérationnelles et matérielles du pèlerinage, nous demandons aux pèlerins qui ne seraient pas encore inscrits au 35e pèlerinage de Chartres de nous aider en s'inscrivant en ligne dans les plus brefs délais sur notre site www.nd-chretiente.com.

Les contraintes techniques strictes d'organisation et de sécurité de notre marche pourraient nous conduire cette année à arrêter totalement les inscriptions, y compris sur place, les samedi 3 et dimanche 4 juin.

L'augmentation des inscriptions est une très bonne nouvelle, car notre pèlerinage est missionnaire. Aussi cette décision serait-elle prise à grand regret et serait motivée par les raisons de sécurité que nous nous devons d'observer pour le bon déroulement du pèlerinage entre Notre-Dame de Paris et Notre-Dame de Chartres.

Nous vous rappelons que les chapitres Familles et Enfants sont complets et les inscriptions pour ces chapitres closes.

Amis pèlerins, marcheurs de Notre Dame, aidez-nous et inscrivez-vous dès maintenant dans les chapitres adultes et pastoureaux, ou à défaut, dans les chapitres Anges Gardiens.

L'Association Notre-Dame de Chrétienté




mardi 23 mai 2017

Vous êtes loin, vous ne pouvez pas marcher, rejoignez les pèlerins Anges Gardiens!

6a00d83451619c69e201bb08e58ee5970d.jpgQuelle que soit la raison pour laquelle vous ne pouvez être présents, il vous est possible de soutenir les pèlerins marcheurs en devenant pèlerins Anges Gardiens.

Pour cela n'hésitez pas à vous inscrire sur cette page.


Rejoignez nous! Chaque année, nous recevons des messages de pèlerins enthousiasmés par cette initiative, ses fruits et la possibilité de s'associer au pèlerinage. Vous trouverez quelques fioretti sur cette page.




jeudi 18 mai 2017

Le Chapitre Saint Gilles, un nouveau chapitre familial pour les handicapés

Une icone pour Saint GillesLe Pèlerinage de Chartres accueille cette année un nouveau chapitre, le Chapitre Saint Gilles, dédié aux personnes handicapées mentales. L’objectif est de proposer une structure aux jeunes handicapées adapté avec un itinéraire, une logistique, et une spiritualité légèrement différente.

Les jeunes souhaitant marcher au sein du chapitre St Gilles seront accompagnés d’un membre de leur famille, leur « Berger » qui pourront les accompagner tout au long de la marche vers Chartres.

Intégré aux Chapitres Familles de la région Centre, voici l’itinéraire du chapitre pour les trois jours de marche :
- Rdv Samedi 10h30 à Igny, prairie d’Amblainvilliers
- Samedi après-midi : marche de 10km sans pause
- Nuit sous la tente
- Dimanche matin : marche de 18km entrecoupée de 2 pauses de 10 min chacune
- Messe et pause déjeuner : 2h
- Dimanche après-midi : marche de 6km sans pause
- Nuit sous la tente
- Lundi matin : marche de 4km, 1 pause de 10 min
- Pause déjeuner 40 min
- Lundi après-midi : marche de 8km sans pause

Une voiture balai sera dédiée au chapitre, disponible uniquement pour les pèlerins de Saint Gilles, dans les cas où ils souhaiteraient s’arrêter.

Concernant la spiritualité, nous prierons bien entendu le rosaire en chapitre, mais les méditations reliées au thème de cette année seront adaptées aux handicapés mentaux. Fort de nos expériences au sein de l’Arche et Foi et Lumière, les enseignements en seront inspirés.

Le chapitre est limité cette année à une dizaine de couples « berger-brebis » et il nous reste encore quelques places. Alors si un membre de votre famille souhaite participer au Pèlerinage de Chartres dans une structure adaptée, rejoignez-nous!

Documents à fournir:
Certificat_Medical.docx
Fiche_Berger.docx
fiche_sanitaire.docx

Contact:
Enguerrand Savy
Chapitre Saint Gilles
07 88 06 37 07
Lui écrire




mercredi 03 mai 2017

Texte de discernement de Mgr Aillet à la veille du second tour de l'élection présidentielle

20170502MgrAillet.jpg Texte de discernement de Mgr Aillet à la veille du second tour des présidentielles

Les résultats du premier tour des élections présidentielles présentent un scénario inédit, avec l’effacement des partis classiques de gouvernement, tant à droite qu’à gauche, et l’émergence de candidats atypiques. Des deux finalistes, qui ont rassemblé chacun moins d’un quart des suffrages exprimés, sortira le futur Président ou la future Présidente de la République. Je n’ai pas à commenter ces résultats : la démocratie a fonctionné et nul ne saurait remettre en cause la liberté de vote des citoyens français.

1. Voter en conscience

L’évêque que je suis ne donnera évidemment aucune consigne ou indication de vote avant le second tour. Sinon, j’entrerais dans une bataille politique qui n’est pas de la compétence de l’Eglise. Donner des consignes de vote, ce serait même dénier aux fidèles catholiques l’aptitude à se déterminer par eux-mêmes et à assumer de manière responsable leur droit civique, voire se substituer à leur conscience. Sans compter le risque que je prendrais de diviser les catholiques dont je dois reconnaître la diversité des opinions. En revanche, comme Pasteur, je dois encourager les catholiques à accomplir leur devoir de citoyen en conscience : qu’ils décident de voter ou de s’abstenir, que ce soit toujours en conscience. Il s’agit donc pour moi d’exhorter les fidèles à faire œuvre de discernement, c’est-à-dire de choix mûrement réfléchi. Et pour être vraiment libre, le choix doit s’affranchir de toute pression, mot d’ordre, harcèlement de l’image ou du slogan, et exige de prendre du recul et de la hauteur.

2. Discerner en vue du Bien commun

Si le choix porte sur les moyens, il s’élabore toujours en vue d’une fin. Or la fin dernière de la société politique, c’est le Bien commun qui ne se réduit ni à l’intérêt général, lequel n’est autre que le bien-être matériel, ni à la somme des intérêts particuliers qui sont précisément trop particuliers pour être partageables avec tous. Le Bien commun, c’est le Bien que tous peuvent rechercher en commun, car seul il garantit la dignité et l’épanouissement intégral de toute personne humaine, sans exception, à commencer par la plus fragile et la plus vulnérable. En ce sens, le Bien commun est le plus puissant facteur de cohésion et de paix sociales. A la suite de saint Jean XXIII, le Concile Vatican II l’a défini comme « l’ensemble des conditions sociales qui permettent tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée » (Gaudium et spes n. 26). Il se décline en un ensemble de biens fondamentaux qui jouent le rôle de principes dans le discernement politique.

3. Connaître les principes non négociables et la Doctrine sociale de l’Eglise

Pour bien discerner en politique, il faut donc d’abord une connaissance claire de ces grands principes que le Cardinal Ratzinger, à la demande de saint Jean Paul II, a encore appelés des « principes non négociables » : la protection de la vie à toutes les étapes de son développement, de sa conception à sa mort naturelle ; la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille fondée sur l’union stable d’un homme et d’une femme ouverts à la vie ; la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants ; mais encore la promotion du Bien commun sous toutes ses formes : la protection sociale des mineurs et des victimes des formes modernes d’esclavage (drogue, prostitution, pornographie…) ; le droit à la liberté religieuse dans les limites de l’ordre public ; le développement d’une économie qui soit au service de la personne et du Bien commun dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de subsidiarité, en refusant de donner « sa confiance aux forces aveugles et à la main invisible du marché » (Pape François) ; la sauvegarde de la paix ; le droit d’émigrer régulé par la protection du droit de ne pas émigrer et le devoir de s’intégrer… On y reconnaîtra des éléments fondamentaux de la Doctrine sociale de l’Eglise qui, pour un catholique, n’est pas facultative dans ses principes, même si dans son application, elle appartient au champ du jugement prudentiel. Elle éclaire le discernement des citoyens catholiques. Ces grands principes ne sont pas pour autant d’ordre confessionnel, car ils sont inscrits dans le cœur de l’homme par nature, même s’ils sont confirmés par la Révélation judéo-chrétienne et l’enseignement constant de l’Eglise.

4. Le droit à une information juste et indépendante

Pour bien discerner, il faut aussi avoir une connaissance claire des singularités de l’action dans lesquelles on est appelé à appliquer ces grands principes, ce qui nécessite une information vraie et la plus exhaustive possible, non seulement de la situation réelle de la société française, mais encore des solutions préconisées dans leurs programmes par les candidats qui briguent les suffrages de leurs concitoyens.
En cela, la responsabilité des journalistes et des medias est redoutable. Une saine démocratie exige une information juste. Le Pape saint Jean Paul II affirmait en son temps que « la liberté des hommes peut être entravée du fait de la manipulation par les medias qui imposent au moyen d’une insistance bien orchestrée, des modes et des mouvements d’opinion, sans qu’il soit possible de soumettre à une critique attentive les prémisses sur lesquels ils sont fondés » (Centesimus annus, 1991, n. 41). Le Pape François a, de son côté, fustigé à plusieurs reprises les péchés dont peuvent se rendre coupables les journalistes : « La désinformation est probablement le plus grand mal qu’un media puisse infliger, parce qu’elle oriente l’opinion dans une seule direction, en omettant une partie de la vérité » (7 décembre 2016). Une autre fois, il précisait : « Je considère que les péchés les plus graves que commettent les medias sont ceux qui concernent les contre-vérités et les mensonges, et ils sont trois : la calomnie et la diffamation sont graves, mais le plus grave est la désinformation La désinformation, c’est ne dire que la moitié des choses, celles qui me conviennent, et ne pas dire l’autre moitié : de sorte que celui qui regarde la Tv ou écoute la radio ne peut bien juger les choses parce qu’il n’a pas tous les éléments, car ils ne lui ont pas été livrés » (22 mars 2014). Sans compter l’influence des lobbies qui peuvent même se servir des medias pour influencer les citoyens : combien de grands medias sont-ils entre les mains de lobbies dont les intérêts financiers, partisans ou idéologiques, l’emportent sur le Bien commun ? Dans le même ordre d’idée, saint Jean Paul II rappelait que « L’Eglise ne peut approuver la constitution de groupes dirigeants restreints qui usurpent le pouvoir de l’Etat au profit de leurs intérêts particuliers ou à des fins idéologiques » (Centesimus annus n. 46).

5. La vertu de Prudence et le don de Conseil

Comme on le voit, le choix d’un candidat ou d’un autre est d’abord affaire de discernement. C’est l’activité propre de la raison pratique, qu’on a appelée plus haut la conscience. Et la raison pratique est affermie, perfectionnée et stabilisée par la vertu de Prudence qui, pour être d’abord la vertu du gouvernement de soi-même, est encore la vertu du gouvernement de la multitude ou de la participation comme citoyen à ce gouvernement. En outre, la raison pratique a constamment besoin d’être purifiée, « car son aveuglement éthique, découlant de la tentation de l’intérêt et du pouvoir qui l’éblouissent, est un danger qu’on ne peut jamais totalement éliminer » (Benoît XVI, Deus Caritas est, n. 28). La foi et la Doctrine sociale de l’Eglise qui est née des exigences de la foi, sont les forces purificatrices dont la raison a besoin pour exercer un bon discernement.
Il n’est pas interdit non plus de prier l’Esprit Saint pour demander conseil au Seigneur. C’est par le don de Conseil, en effet, que le fidèle catholique peut saisir les vrais enjeux du Bien commun, plus que par l’influence du prêt-à-penser véhiculé par les modes du moment. Comme nous y exhorte l’Apôtre Paul : « Ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait » (Rm 12, 2).
Quel que soit le résultat des élections du 7 mai, nous n’oublierons pas pour autant que la Politique n’est pas le dernier mot de la vie des hommes. Après le 7 mai, il sera toujours urgent pour les catholiques d’annoncer l’Evangile avec la conviction « qu’il répond aux nécessités les plus profondes des personnes parce que nous avons tous été créés pour ce que l’Evangile nous propose : l’amitié avec Jésus et l’amour fraternel » (Pape François, Evangelii Gaudium n. 265). Nous devons même être convaincus que dans une société marquée par un individualisme destructeur et une dissolution sans précédent du lien social, l’imprégnation de la société par l’annonce explicite de l’Evangile est aujourd’hui le moyen privilégié pour reconstruire le tissu social. Notre responsabilité est grande, elle va bien au-delà des échéances électorales présentes, elle est déjà perçue et mise en œuvre par de nombreux disciples-missionnaires qui n’ont pas peur de s’engager en Politique et qui savent, s’ils sont encore minoritaires, que ce sont « les minorités créatives qui font l’histoire » (Benoît XVI).

Prions pour la France et entrons dans ce temps long avec la grâce de Dieu.




Quelques critères de discernement - Mgr Dominique Rey

20170502MgrRey.jpgToulon, 25 Mars 2017, par Mgr Dominique Rey.

A la veille d’élections cruciales pour notre pays… Quelques critères de discernement

La tournure prise par la campagne présidentielle illustre la crise de la politique qui traverse notre pays. La Conférence des Évêques de France nous invitait pourtant il y a quelques mois à Retrouver le sens du politique.

Engagement politique et espérance

A l’heure de l’information continue, une controverse chasse l’autre et la surenchère des petites phrases se fait souvent au détriment de l’analyse et de la réflexion. Aussi, eu égard aux courants profonds qui traversent et meuvent l’histoire, rien de tout cela n’est de nature à nous ébranler. L’écume des vagues est éphémère et négligeable lorsqu’on la considère avec un peu de recul, dans la perspective du temps long. Si l’on peut regretter que le sens de la vérité et du bien ne soient pas toujours les mobiles premiers de l’action politique, on ne doit pas non plus s’étonner que des scandales puissent arriver (Mt 18, 7). Ainsi, on n’élit rarement les plus vertueux. Il s’agit de voir celui qui est le plus capable de servir le bien commun et de diriger une communauté pour que chacun puisse y vivre en paix.
Dans ces temps difficiles où certains semblent se résoudre à une impossibilité pour les chrétiens de s’engager honnêtement, sans « se salir les mains », comme si c’était une fatalité, il faut au contraire saluer ceux qui accomplissent ce service de la politique et qui veulent tenir leur place dans le monde -politique-, sans être du monde. On pourra toujours nous reprocher de n’être pas des saints ; on ne doit pas pouvoir nous reprocher notre indifférence et notre passivité. La peur des coups ou des compromis n’est pas un motif suffisant pour déserter le champ du politique.

Légitime diversité de stratégie

On a réédité ces jours-ci la note de Simone Weil sur la suppression des partis politiques. Ils seraient pour une part responsables du climat malsain de la vie publique en favorisant les luttes pour des intérêts particuliers, l’esprit de réseau plutôt que le sens de l’intérêt général. En étant fidèle au parti plutôt qu’à la vérité, le risque serait de ne plus penser par soi-même : « Presque partout, l’opération de prendre parti, de prendre position pour ou contre, s’est substituée à l’obligation de la pensée. » Bien que la note date de 1940, il est frappant d’en constater l’actualité. Mais, s’il est légitime d’imaginer un autre système pour organiser la vie politique, il est bien sûr possible d’envisager l’engagement dans le cadre d’un parti.
La stratégie, le choix des instruments et des modes d’expression politiques ne doivent pas être érigés en absolu, d’autant qu’ils se réalisent dans des situations imparfaites et souvent en rapide mutation. Le Compendium de la Doctrine sociale est assez clair à ce sujet : « Le chrétien ne peut pas trouver un parti qui corresponde pleinement aux exigences éthiques qui naissent de la foi et de l’appartenance à l’Église : son adhésion à une formation politique ne sera jamais idéologique, mais toujours critique, afin que le parti et son projet politique soient encouragés à créer les conditions propices à la réalisation du véritable bien commun, y compris la fin spirituelle de l’homme. » (n. 73) On trouve donc chez les chrétiens un légitime pluralisme politique ; on doit veiller cependant à ne pas se diviser à propos de motifs secondaires : « Le parti le plus sage, entre chrétiens, est de ne pas se haïr pour des questions controversables. » (Bienheureux F. Ozanam)

Discerner

Que la plupart des candidats à l’élection présidentielle soient baptisés montre bien que le fait d’être chrétien ne constitue pas en soi un critère pour éclairer notre vote. Inutile de se lamenter sur l’absence du candidat idéal ou de l’homme providentiel ! Même s’il est impossible de donner des consignes de vote, quelques critères pourront aider au discernement. Il n’y a bien sûr pas de “programme politique chrétien” clé en main directement révélé par le Christ. Mais il y a une succession de principes, quelques interdictions, et des exhortations qui permettent de donner un socle solide à une société.

Personne humaine et principes non-négociables

La vision chrétienne de l’engagement politique repose sur la centralité de la personne humaine (dignité et transcendance, disait le pape à Strasbourg en 2014) et le sens du bien commun, conçu comme le « bien de tout homme et de tout l’homme. » A la veille des élections on cite souvent la Note doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la foi de 2002. Elle donne des critères pour l’engagement et le comportement des chrétiens dans la vie politique. On parle habituellement de “principes non-négociables”, nécessaires à la vie démocratique. Souvent présentés comme étant au nombre de trois (le droit à et la défense de la vie humaine, le mariage conçu comme l’union stable d’un homme et d’une femme, la liberté d’enseigner), on oublie qu’ils comprennent en réalité la totalité du bien commun.
Leur liste est donc plus longue : « Il faut penser à la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d’esclavage. On ne peut exclure de cette liste le droit à la liberté religieuse et le développement dans le sens d’une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que “les droits de toutes les personnes, de toutes les familles et de tous les groupes, et que l’exercice de ces droits, soient reconnus“. Enfin, comment ne pas voir dans ces exemples le grand thème de la paix. »

L’option préférentielle pour les pauvres

Les racines évangéliques de la Doctrine sociale indiquent une priorité politique : l’option préférentielle pour les pauvres. Elle est un élément clé de tout action politique chrétienne. Un chrétien en politique ne peut pas faire l’impasse des questions de pauvreté et de misère: SDF, chômeurs, migrants, population des pays en guerre et des pays pauvres, conditions de détention des prisonniers etc. Les expressions forgées par le pape François n’ont pas pu ne pas nous frapper : « Lutter contre la culture du déchet ou bien encore contre la mondialisation de l’indifférence. »
Dans l’histoire, la France a toujours montré l’exemple de la solidarité et de la fraternité. Face aux nouveaux enjeux de pauvreté auxquels l’humanité fait face dans sa dimension planétaire, et compte tenu de la fluidité de l’information, les Français sont invité à une nouvelle « fraternité hors les murs », sans craindre de s’appauvrir.

Vigilance éthique

Nous devons être vigilants à ce que de nouvelles transgressions éthiques ne viennent fragiliser les bases de notre société. Ainsi, la protection des droits des enfants reste une priorité. Il est de notre responsabilité de protéger leurs conditions de croissance psychologique, leur stabilité affective et leur environnement familial. L’adoption plénière par un couple de même sexe n’est pas un cadre juridique protecteur pour l’enfant, qui a besoin de se savoir issu d’un père et d’une mère.
L’être humain ne peut être traité comme une marchandise: ni les enfants, ni le ventre des femmes ne peuvent faire l’objet de transactions. La GPA (gestation pour autrui) est une pratique gravement contraire à la dignité de la personne humaine et doit être fermement condamnée. « L’être humain risque d’être réduit à un simple engrenage d’un mécanisme qui le traite à la manière d’un bien de consommation à utiliser, de sorte que lorsque la vie n’est pas utile au fonctionnement de ce mécanisme elle est éliminée sans trop de scrupule, comme dans le cas des malades, des malades en phase terminale, des personnes âgées abandonnées et sans soin, ou des enfants tués avant de naître. »

Préserver la maison commune

Défendre et respecter notre « mère terre » fait partie des obligations graves qui doivent se traduire par des choix politiques courageux. Nous n’échapperons pas à de sérieux examens de conscience sur nos modes de vie: production, consommation, énergie, alimentation, transport… Les paroles du pape en ont étonné plus d’un: « L’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties. Benoît XVI affirmait qu’il est nécessaire que les sociétés technologiquement avancées soient disposées à favoriser des comportements plus sobres, réduisant leurs propres besoins d’énergie et améliorant les conditions de son utilisation. » (Laudato Si, 93)
L’écologie intégrale dont parle Laudato Si est une boussole fiable pour un programme politique en cohérence avec la Doctrine sociale de l’Eglise. Elle repose sur la notion de limite. Or les idéologies comme le libéralisme libertaire, le transhumanisme, l’anti-spécisme brouillent nos repères et récusent totalement les limites : limites entre l’homme et la machine, l’homme et l’animal, limites de nos désirs matériels, limites entre l’homme et la femme, entre les générations, limites entre les espaces, sacré-profane, frontières géographiques…

L’économie au service de l’homme

Dans un discours historique en 2015 à Santa Cruz, le pape François a fustigé l’économie qui tue et qui exclue. La logique du gain à n’importe quel prix pue « l’odeur de ce que Basile de Césarée appelait “le fumier du diable”; l’ambition sans retenue de l’argent qui commande… Quand le capital est érigé en idole et commande toutes les options des êtres humains, quand l’avidité pour l’argent oriente tout le système socio-économique, cela ruine la société, condamne l’homme, le transforme en esclave, détruit la fraternité entre les hommes, oppose les peuples les uns aux autres, et comme nous le voyons, met même en danger notre maison commune. »
Le pape exprime ses inquiétudes concernant la soumission du politique à la technologie et aux finances. « La politique ne doit pas se soumettre à l’économie et celle-ci ne doit pas se soumettre aux diktats ni au paradigme d’efficacité de la technocratie. Aujourd’hui, en pensant au bien commun, nous avons impérieusement besoin que la politique et l’économie, en dialogue, se mettent résolument au service de la vie, spécialement de la vie humaine. » Un des maux politiques actuels est, pour le pape François, la renonciation du politique face aux exigences de l’économie et du marché.
A ce titre, il serait important que les chrétiens redisent plus fermement leur attachement à la préservation et à la défense du dimanche, comme jour de repos indispensable pour que le travail reste toujours subordonné au bien de la personne.

Revivifier l’Europe : des racines et du zèle

Le pape faisait part de ses rêves sur l’Europe en mai 2016 : « Je rêve d’une Europe jeune, capable d’être encore mère : une mère qui ait de la vie, parce qu’elle respecte la vie et offre l’espérance de vie… Je rêve d’une Europe qui écoute et valorise les personnes malades et âgées, pour qu’elles ne soient pas réduites à des objets de rejet improductifs. Je rêve d’une Europe où être migrant ne soit pas un délit, mais plutôt une invitation à un plus grand engagement dans la dignité de l’être humain tout entier. »

Immigration et identité

Il relie ainsi très clairement la question de l’accueil des migrants à celle de l’identité : il sera d’autant plus difficile de se montrer accueillant si l’on oublie ses racines chrétiennes. « L’Europe sera en mesure de faire face aux problématiques liées à l’immigration si elle sait proposer avec clarté sa propre identité culturelle et mettre en acte des législations adéquates qui sachent en même temps protéger les droits des citoyens européens et garantir l’accueil des migrants. » Ou encore : « A l’origine de la civilisation européenne se trouve le christianisme, sans lequel les valeurs occidentales de dignité, de liberté, et de justice deviennent complètement incompréhensibles… Dans notre monde multiculturel, ces valeurs continueront à trouver plein droit de cité si elles savent maintenir leur lien vital avec la racine qui les a fait naître. » (60° anniversaire du Traité de Rome, 25 mars 2017)

Laïcité

A l’heure où les questions concernant les relations entre le religieux et le politique se posent de manière cruciale, il convient d’avoir une conception juste et commune de la laïcité. La neutralité de l’État n’est pas la neutralisation du religieux. Le respect de la liberté de conscience des individus oblige à les traiter de façon égale quelle que soit leur religion. L’autonomie de la sphère temporelle n’implique pas l’exclusion de la sphère religieuse. « La laïcité de l’État est un cadre juridique qui doit permettre à tous, croyants de toutes religions et non-croyants, de vivre ensemble. » Cela n’implique pas la relégation du religieux de la sphère publique vers le seul domaine privé où il devrait rester caché.
Le pape François a dénoncé le laïcisme français qui considère parfois les religions comme des sous-cultures, estimant que le christianisme doit pouvoir contribuer à la croissance de l’Europe. « Une Europe capable de mettre à profit ses propres racines religieuses, sachant en recueillir la richesse et les potentialités, peut être plus facilement immunisée contre les nombreux extrémismes qui déferlent dans le monde d’aujourd’hui, et aussi contre le grand vide d’idées auquel nous assistons en Occident, parce que c’est l’oubli de Dieu, et non pas sa glorification, qui engendre la violence ».




mardi 02 mai 2017

Á quoi sert la politique ?


rc-ua2017.jpgCe sera le thème de la prochaine Université d'été de nos amis de Renaissance Catholique, du 13 au 16 juillet 2017 au Carrousel de Baronville. Toutes les informations dans ce document .

Inscriptions en ligne sur cette page.




Lundi 01 mai 2017

Rappel à Dieu de M. Georges van Erck

Georges-van-Erck.jpgM. Georges van Erck est décédé ce vendredi-saint 14 avril 2017. Sa longue maladie a trouvé son terme le jour anniversaire de la mort du Sauveur, dans un beau symbole qui l’unit de manière visible à la mort du Christ et lui laisse espérer la joie de la Résurrection pascale. Muni des sacrements de l’Eglise, il est parti dans la paix pour les demeures éternelles.

Monsieur Georges van Erck a été de longues années responsable de l’équipe liturgique du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté. Pendant ces trois jours de marche, il a ainsi participé de près à la beauté de la liturgie, sachant rendre service à tous, et veiller aux imprévus, depuis les messes matinales à Notre-Dame de Paris ou sous les tentes humides, en passant par les valises liturgiques perdues ou oubliées, la pluie, la boue, le vent, le froid ou le soleil, éléments souvent peu compatibles avec le déploiement du culte, en accompagnant les inopportuns grincheux inévitables, pour arriver finalement aux cérémonies splendides de la messe finale dans la cathédrale de Chartres qui annonçait un repos bien mérité.

Si les anecdotes vives ou sympathiques resteront à ceux qui l’ont jadis côtoyé dans ce service, tous les pèlerins, anciens et nouveaux, auront à coeur de prier pour le repos de son âme dans la communion des saints, afin que son pèlerinage terrestre arrive désormais à son terme céleste. Monsieur Georges van Erck était chevalier en obédience de l’Ordre de Malte ; il avait le sens du service et de dévouement. Nos prières l’accompagnent, afin qu’il repose en paix dans sa nouvelle patrie, et continue à servir avec dévouement et fidélité son divin Maître.

Abbé Jacques Olivier, FSSP




vendredi 28 avril 2017

Activités de l'été des chapitres du pèlerinage


Dans la continuité du pèlerinage, certains chapitres proposent des activités tout au long de l'année.

Voici un tableau récapitulatif des activités de l'été 2017:

Chapitre Origine Tranche d'âge Type d'activité et lieu Dates Renseignements
Sainte Madeleine
Rhône-Alpes Sud-Est
15-20 ans
Séjour itinérant de Porto à Fatima
7-24 août 2017
Etienne Prost
Tél. 06 62 22 66 80

Site: chapitre-sainte-madeleine.fr
Saint Lazare
Paris Versailles Rennes
16-22 ans
Camp itinérant au Portugal
31 juillet-21 août 2017
Marin Tollet
Tél. 06 51 00 04 18

Site : www.chapitresaintlazare.com
Saint Martin
Ile de France
18-25 ans
de Sisteron à la Sainte Baume
28 juillet-17 août 2017
Vianney
Tél. 06 14 64 77 84
Site: www.chapitresaintmartin.com
Missio
France entière
16-23 ans
Camp au Portugal
31 juillet-21 août 2017
Marc Villepelet : 06 29 01 59 25

Site: www.missionet.fr
Saint-Gatien
Tours, Angers, Nantes, Paris
18-28 ans
Lac Léman -> sanctuaire de Flueli
5-18 août 2017

Site: www.chapitresaintgatien.fr
Marie Reine Immaculée En avance
Région parisienne, toute la France
18-24 ans
St Jacques de Compostelle-Fatima-Lisbonne à vélo
14-29 août 2017

Site: www.enavance.org
Route Saint-Pierre
toute la France
18-28 ans
Castille: d'Avila à Tolède
31 juillet - 11 août 2017

Site: routesaintpierre.blogspot.co.id


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Camp marche et chantier avec la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier

# dates : du 10 au 22 juillet 2017

# participants : douze garçons de 16 à 18 ans, désireux de vivre ensemble deux semaines d’effort physique, d’esprit de service et d’amitié chrétienne.

# déroulement : cinq jours de marche dans la splendide partie méridionale de l’Auvergne : de la Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay à l’Abbaye Notre-Dame de Randol. À l’Abbaye, sous la direction d’un compagnon du devoir et des moines, nous prêterons main forte, six jours durant, au chantier de restauration du village médiéval de Randol

# axe spirituel : messe quotidienne (rit traditionnel), vie de prière et causeries de formation humaine et spirituelle. Le camp est placé sous le patronage du dominicain espagnol saint Vincent Ferrier. Ce marcheur de Dieu a sillonné l’Europe du 15e siècle pour prêcher l’Évangile. Comme nous et avant nous, il a pris la route pour servir le Christ.

# prix : 150 € (logement, nourriture et assurance compris). Réduction possible de 40 € en cas de difficulté. Chèques vacances et bons CAF acceptés.

# transport : possibilité de transport aller-retour en minibus depuis Le Mans et Tours (participation aux frais : 50 €).

# précisions : le camp aura lieu dans des conditions qui peuvent parfois manquer de confort mais qui feront aussi son charme (6 heures de marche par jour avec des dénivelés, chacun porte son sac, logement sous tente; travaux sérieux de restauration au village de Randol pendant la deuxième semaine). La volonté de se dépenser et une bonne condition physique des participants sont indispensables.

Plus d’information et vidéo de présentation sur cette page.




vendredi 21 avril 2017

A la veille des élections : Prière pour la France du Cardinal Pacelli (pape Pie XII)

20170421CardinalPacelli1937.jpgÔ Mère céleste, Notre-Dame, vous qui avez donné à cette nation tant de gages insignes de votre prédilection, implorez pour elle votre Divin Fils : ramenez-la au berceau spirituel de son antique grandeur, aidez-la à recouvrer, sous la lumineuse et douce étoile de la foi et de la vie chrétienne, sa félicité passée, aidez-la à s’abreuver aux sources où elle puisait jadis cette vigueur surnaturelle, faute de laquelle les plus généreux efforts demeurent fatalement stériles, ou tout au moins bien peu féconds : qu’elle s’unisse à tous les gens de bien des autres peuples, parvienne à s’établir ici-bas dans la justice et dans la paix, en sorte que, de l’harmonie entre la patrie de la terre et la patrie du Ciel, naisse la véritable prospérité des individus et de la société toute entière.

Regina pacis ! Oh ! Oui! En ces jours où l’horizon est tout chargé de nuages qui assombrissent les coeurs les plus trempés et les plus confiants, soyez vraiment, au milieu de ce peuple qui est vôtre, la Reine de la paix ; écrasez de votre pied virginal le démon de la haine et de la discorde ; faites comprendre au monde, où tant d’âmes droites s’évertuent à édifier le temple de la paix, le secret qui seul assurera le succès de leurs efforts : établir au centre de ce temple le trône royal de votre Divin Fils, et rendre hommage à sa loi sainte, en laquelle la justice et l’amour s’unissent en un chaste baiser, justitia et pax osculatae sunt (justice et paix s’embrassent). Et que par vous la France, fidèle à sa vocation, soutenue dans son action par la puissance de la prière, par la concorde dans la charité, par une ferme et indéfectible vigilance, exalte dans le monde le triomphe et le règne du Christ, Prince de la Paix, Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Amen




mercredi 12 avril 2017

Message de notre Aumonier Général à l'approche de Pâques


Resurrectionis consortia mereamur!


ndc2016102.jpgChers pèlerins,

Les inscriptions sont lancées! Je vous encourage à faire la vôtre dès maintenant, tant pour profiter des conditions avantageuses que pour faciliter la tâche des "Marthe" du pèlerinage.

Je vous souhaite une belle montée vers Pâques. 

Quelle belle chose que de suivre pas à pas le Seigneur, "en temps réel", au fil de la liturgie qui déploie devant nos yeux émerveillés le grand mystère de Rédemption, et nous plonge dans les abîmes de l'amour miséricordieux infini! 

Je vous encourage à "dégager" autant que faire se peut les saints jours, afin de pouvoir participer aux beaux offices de l'Eglise, et de préparer une bonne communion pascale par une belle confession. 

Nous nous agenouillons et nous courbons sous le poids de nos misères, afin d'être debouts au pied de l'autel dans la lumière de Pâques. Ayons à coeur de vivre intérieurement ces attitudes liturgiques.

Communier, c'est recevoir le Christ tout entier, vivant et glorieux. 

Se confesser, c'est reconnaitre que l'on est tombé spirituellement, et se laisser relever par la main invisible de Dieu; sa grâce actuelle, sa miséricorde "tendue" vers nous, appliquée à nous dans l'absolution.

A Pâques, nous devons tous "ressusciter" intérieurement avec le Seigneur. "Resurrectionis consortia mereamur - Puissions-nous mériter de participer à la Sainte Résurrection du Seigneur". L'oraison du Dimanche des Rameaux nous dit l'essentiel en 3 mots.

Enfin, je vous annonce que vos prières pour le petit Stanislas Trochu et sa famille ont été entendues; son "relèvement" se poursuit lentement, il reprend peu à peu conscience et commence une rééducation encourageante. Deo gratias!

Que Dieu vous bénisse, en union de prière avec les pèlerins d'hier, aujourd'hui et demain, chaque premier dimanche du mois à la Messe,

Abbé Alexis Garnier
Aumonier General
Notre Dame de Chrétienté




Lundi 10 avril 2017

1er et 2 avril - Récollection des régions Provence-Languedoc et Rhône-Alpes

20170411RecollectionBarroux2.jpgSamedi 1er et dimanche 2 avril, une trentaine d'encadrants des chapitres adultes et familles des régions Provence-Languedoc et Rhône-Alpes se retrouvaient à l'Abbaye Notre-Dame de l'Annonciation du Barroux, pour la traditionnelle récollection de préparation au pèlerinage de Chartres.
Le directeur des Pèlerins et son adjoint pour les chapitres de province avaient fait le déplacement pour nous encourager et montrer le soin qu'ils apportent à entretenir notre réseau d'amitié.
Nous avons pu appréhender le - magnifique ! -thème du pèlerinage "Sainte-Marie, Mère de Dieu", grâce aux instructions de nos deux aumôniers de région, le Père Hilaire, de l'Abbaye Lagrasse, et l'Abbé Toulza, de la Fraternité Saint-Pierre.
Les deux chefs de régions ont pu, quant à eux, former les chefs de chapitre et adjoints sur la gestion plus technique des trois jours du Pèlerinage.
Dans une "ambiance pèlerine", amitié chrétienne et convivialité furent de bons ingrédients pour nous former et pour prier dans un cadre porteur malgré une météo moins heureuse... Téléphone coupés et cigarettes au placards, tous étaient plus disponibles à l'écoute des instructions !
A présent, en route vers le pélé, vivement le 3 juin !
Amitiés et union de prières.

Prouvençau e catouli, nosto fe, nosto fe n’a pas fali




samedi 08 avril 2017

Chartres 2017: les inscriptions sont ouvertes!


Chers amis pèlerins,

affiche2017_300.jpgNous avons le plaisir de vous annoncer que les inscriptions en ligne pour notre 35e pèlerinage de Pentecôte les 3, 4 et 5 juin 2017 sont ouvertes.

Le pèlerinage aura pour thème : Sainte Marie, Mère de Dieu.

Nous sommes de plus en plus nombreux à faire le pèlerinage de Chrétienté! L'organisation du pèlerinage, les contraintes de logistique et de sécurité, les impératifs d'encadrement, représentent une charge de travail très importante pour les centaines de bénévoles de Notre-Dame de Chrétienté qui se dévouent toute l'année.

Vous pouvez nous aider, en vous inscrivant, à partir du dimanche des Rameaux dès le 9 avril 2017 sur cette page.

Pour les pèlerins des chapitres FAMILLES, ENFANTS, PASTOUREAUX, nous vous demandons de vous inscrire avant le 25 mai 2017, le nombre de places étant limité. Passé ce délai, nous ne serons pas en mesure de vous garantir une place dans ces chapitres.

Nous vous invitons, dans un esprit missionnaire auquel nous appelle le pape François, à convaincre vos amis de venir prier et marcher cette année sur la route de Chartres, en particulier ceux qui n’ont jamais fait le pèlerinage.

Vous avez jusqu’au 7 mai inclus pour bénéficier d’un tarif préférentiel.


Par ailleurs, nous recherchons des bonnes volontés pour renforcer les équipes des services (équipes mobiles, chauffeurs avec ou sans véhicules pour le transport des pèlerins, service d'ordre, équipes installations…). Pour plus d’explications, consultez cette page. N’oubliez pas d’indiquer le service que vous souhaitez rejoindre lors de votre inscription en ligne.

Nous avons également besoin de cheftaines (jeunes filles âgées d’au moins 15 ans) pour encadrer les chapitres enfants, et de jeunes adultes pour encadrer les chapitres pastoureaux.

  • Pour proposer votre aide au responsable des chapitres enfants, cliquez ici.
  • Pour proposer votre aide au responsable des chapitres pastoureaux, cliquez ici.


Merci d’avance pour votre contribution à la réussite de ce 35e pèlerinage !




samedi 01 avril 2017

Restaurer la Liturgie - un message du Cardinal Robert Sarah

Nous reproduisons ci-dessous un article que vient de publier "l'Homme nouveau". Nous saisissons l'occasion pour remercier "l'Homme nouveau" pour la qualité de son travail d'information et de réinformation.
20170401SarahMesseLagrasse.jpg

Restaurer la Liturgie

Cardinal Robert Sarah







Du 29 mars au 1er avril se tiennent à Herzogenrath, au nord d'Aix-la-Chapelle, les 18èmes rencontres liturgiques de Cologne, organisées par l'abbé Guido Rodheudt. Ne pouvant être présent lors de cette rencontre, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin, a adressé aux organisateurs un message substantiel que nous reproduisons ci-dessous avec son autorisation.

Je désire avant tout remercier du fond du cœur les organisateurs du Colloque intitulé : « La source de l’avenir », à l’occasion du 10e anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI, à Herzogenrath, car ils me permettent d’introduire votre réflexion sur ce sujet si important pour la vie de l’Eglise, et, plus particulièrement, l’avenir de la liturgie ; je le fais avec une grande joie. Je voudrais saluer très cordialement tous les participants à ce Colloque, en particulier les membres des associations suivantes, dont les noms sont mentionnés sur l’invitation que vous avez eu la grande bonté de m’envoyer, en espérant n’en oublier aucune. Il s’agit de l’Association Una Voce-Allemagne, du Cercle catholique des Prêtres et Laïcs des Archidiocèses de Hambourg et de Cologne, de l’Association Cardinal Newman, du Réseau des prêtres de la paroisse catholique sainte Gertrude de Herzogenrath. Comme je l’écrivais à M. l’abbé Guido Rodheudt, curé de la paroisse sainte Gertrude de Herzogenrath, je regrette beaucoup d’avoir dû renoncer à participer à votre Colloque à cause d’obligations qui sont survenues à l’improviste et se sont ajoutées à un agenda déjà bien chargé. Toutefois, croyez bien que je serai parmi vous par la prière : celle-ci vous accompagnera chaque jour, et, bien entendu, vous serez tous présents à l’offertoire de la sainte messe quotidienne que je célébrerai durant les quatre jours de votre Colloque, du 29 mars au 1er avril. Je vais donc de mon mieux introduire vos travaux par une brève réflexion sur la manière dont il convient d’appliquer le motu proprio Summorum Pontificum dans l’unité et la paix.

Restaurer la liturgie


Comme vous le savez, ce que l’on a appelé, au début du XXe siècle, le « mouvement liturgique », ce fut cette volonté du pape saint Pie X, exprimée dans un autre motu proprio, intitulé Tra le sollicitudini (1903), de restaurer la liturgie pour en rendre les trésors plus accessibles, et qu’elle redevienne ainsi la source d’une vie authentiquement chrétienne. D’où la définition de la liturgie comme « sommet et source de la vie et de la mission de l’Église » présente dans la Constitution sur la sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II (n. 10). Et on ne répétera jamais assez que la liturgie, en tant que sommet et source de l’Église, trouve son fondement dans le Christ lui-même. En effet, Notre Seigneur Jésus-Christ est l’unique et définitif Souverain Prêtre de l’Alliance Nouvelle et Éternelle, puisqu’Il s’est offert lui-même en sacrifice, et « par une oblation unique a rendu parfaits pour toujours ceux qu’Il sanctifie » (cf. He 10, 14). Ainsi, comme le déclare le Catéchisme de l’Église catholique, « C’est le Mystère du Christ que l’Église annonce et célèbre dans la liturgie, afin que les fidèles en vivent et en témoignent dans le monde » (n. 1068). C’est dans ce cadre du « mouvement liturgique », dont l’un des plus beaux fruits fut la Constitution Sacrosanctum Concilium, qu’il convient de considérer le motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007, dont nous sommes heureux de célébrer cette année, avec grande joie et action de grâce, le dixième anniversaire de sa promulgation. On peut donc affirmer que le « mouvement liturgique » initié par le pape saint Pie X ne s’est jamais interrompu, et qu’il continue encore de nos jours à la suite de la nouvelle impulsion qui lui a été conférée par le pape Benoît XVI. A ce sujet, on peut mentionner le soin particulier et l’attention personnelle, dont il faisait preuve en célébrant la sainte liturgie en tant que pape, puis, ses références fréquentes, dans ses discours, concernant sa centralité dans la vie de l’Église, et, enfin, ses deux documents magistériels Sacramentum Caritatis et Summorum Pontificum. En d’autres termes, ce que l’on appelle l’aggiornamento liturgique (« aggiornamento » est un terme italien qui signifie littéralement : « mise à jour ». Nous avons fêté le cinquantième anniversaire de la Constitution sur la sainte Liturgie du concile Vatican II Sacrosanctum Concilium en 2013, puisque celle-ci a été promulguée le 4 décembre 1963) a été en quelque sorte complété par le motu proprio Summorum Pontificum du Pape Benoît XVI. De quoi s’agissait-il ? Le pape émérite établissait la distinction entre deux formes du même rite romain : une forme dite « ordinaire », qui concerne les textes liturgiques du Missel Romain révisés suivant les indications du concile Vatican II, et une forme dénommée « extraordinaire », qui correspond à la liturgie qui avait cours avant l’aggiornamento liturgique. Ainsi, actuellement, dans le rite romain ou latin, deux Missels sont en vigueur : celui du bienheureux Pape Paul VI, dont la troisième édition date de l’an 2002, et celui de saint Pie V, dont la dernière édition, promulguée par saint Jean XXIII, remonte à 1962.

Pour un enrichissement mutuel


Dans la Lettre aux évêques accompagnant le motu proprio, le pape Benoît XVI précisait bien que sa décision de faire coexister les deux missels n’avait pas seulement pour but de satisfaire le désir de certains groupes de fidèles attachés aux formes liturgiques antérieures au concile Vatican II, mais aussi de permettre l’enrichissement mutuel des deux formes du même rite romain, c’est-à-dire non seulement leur coexistence pacifique, mais encore la possibilité de les perfectionner en mettant en évidence les meilleurs éléments qui les caractérisent. Il écrivait notamment que « les deux formes d’usage du rite romain peuvent s’enrichir réciproquement: dans l’ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces… Dans la célébration de la messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers la forme ancienne du rite romain ». C’est donc dans ces termes que le pape émérite manifestait son désir de relancer le « mouvement liturgique ». Dans les paroisses où le motu proprio a pu être mis en œuvre, les curés témoignent de la plus grande ferveur autant chez les fidèles que chez les prêtres, comme l’abbé Rodheudt lui-même peut en témoigner. On a pu noter également une répercussion et une évolution spirituelle positive dans la manière de vivre les célébrations eucharistiques selon la forme ordinaire, en particulier la redécouverte des attitudes d’adoration envers le Saint Sacrement : agenouillement, génuflexion…, et aussi un plus grand recueillement caractérisé par ce silence sacré qui doit marquer les moments importants du Saint Sacrifice de la messe pour permettre aux prêtres et aux fidèles d’intérioriser le mystère de la foi qui est célébré. Il est vrai aussi qu’il faut fortement encourager et faire œuvre de formation liturgique et spirituelle. De même, il faudra promouvoir une pédagogie parfaitement ajustée pour dépasser un certain « rubricisme » trop formel en expliquant les rites du Missel tridentin à ceux qui ne le connaissent pas encore, ou le connaissent d’une manière trop partielle et parfois… partiale. Pour cela, il est opportun et urgent de mettre au point un missel bilingue latin-langue vernaculaire, en vue d’une participation pleine, consciente, intime et plus fructueuse des fidèles aux célébrations eucharistiques. Il est aussi très important de souligner la continuité entre les deux missels par des catéchèses liturgiques appropriées... Beaucoup de prêtres témoignent qu’il s’agit d’une tâche stimulante, car ils sont conscients de travailler au renouveau liturgique, en apportant leurs propres pierres au « mouvement liturgique », dont nous parlions tout à l’heure, c’est-à-dire, en réalité, à ce renouveau spirituel et mystique, et donc missionnaire, voulu par le concile Vatican II, et auquel nous appelle avec vigueur le Pape François. La liturgie doit donc toujours se réformer pour être plus fidèle à son essence mystique. Mais la plupart du temps, cette « réforme » qui s’est substituée à la véritable « restauration » voulue par le concile Vatican II, a été réalisée avec un esprit superficiel et sur la base d’un seul critère : supprimer à tout prix un héritage devant être perçu comme totalement négatif et dépassé afin de creuser un abîme entre l’avant et l’après-Concile. Or, il suffit de reprendre la Constitution sur la sainte Liturgie et de la lire honnêtement, sans en trahir le sens, pour voir que le véritable but du concile Vatican II n’était pas d’engager une réforme qui puisse devenir l’occasion d’une rupture avec la Tradition, mais bien au contraire, de retrouver et de confirmer la Tradition en sa signification la plus profonde. De fait, ce que l'on appelle la « réforme de la réforme » et qu'on devrait peut-être appeler plus précisément « l’enrichissement mutuel des rites », pour reprendre une expression du magistère de Benoît XVI, est une nécessité avant tout spirituelle. Et elle concerne bien évidemment les deux formes du rite romain. Le soin particulier à apporter à la liturgie, l’urgence de tenir en haute estime et de travailler à sa beauté, sa sacralité et au maintien d’un juste équilibre entre fidélité à la Tradition et légitime évolution, et donc en rejetant absolument et radicalement toute herméneutique de discontinuité et de rupture ; ce sont là le cœur et les éléments essentiels de toute liturgie chrétienne authentique. Le cardinal Joseph Ratzinger a inlassablement répété que la crise qui secoue l’Église, depuis une cinquantaine d’années, principalement depuis le concile Vatican II, est liée à la crise de la liturgie, et donc à l’irrespect, à la désacralisation et à l’horizontalisation des éléments essentiels du culte divin. « Je suis convaincu, écrit-il, que la crise de l’Eglise, que nous vivons aujourd’hui, repose largement sur la désintégration de la liturgie » (Joseph Ratzinger, Ma vie. Souvenirs 1927-1977, Fayard, p. 135) Certes, le concile Vatican II a voulu promouvoir une plus grande participation active du peuple de Dieu et faire progresser de jour en jour, la vie chrétienne chez les fidèles chrétiens (cf. Sacrosanctum Concilium, n. 1). Certes, de belles initiatives ont été réalisées dans ce sens. Pourtant, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le désastre, la dévastation et le schisme que les promoteurs modernes d’une liturgie vivante ont provoqués en remodelant la liturgie de l’Église selon leurs idées. Ils ont oublié que l’acte liturgique est, non seulement une PRIÈRE, mais aussi et surtout un MYSTÈRE dans lequel se réalise pour nous quelque chose que nous ne pouvons comprendre pleinement, mais que nous devons accepter et recevoir dans la foi, l’amour, l’obéissance et un silence adorateur. Et c’est cela le véritable sens de la participation active des fidèles. Il s’agit non pas d’une activité seulement extérieure, d’une répartition des rôles ou des fonctions dans la liturgie, mais plutôt d’une réceptivité intensément active : la réception est, dans le Christ et avec le Christ, l’offrande humble de soi dans la prière silencieuse, et une attitude pleinement contemplative. La grave crise de la foi, non seulement au niveau des fidèles chrétiens, mais aussi et surtout chez nombre de prêtres et d’évêques, nous a mis dans l’incapacité de comprendre la liturgie eucharistique comme un sacrifice, comme l’acte identique, accompli une fois pour toutes par Jésus-Christ, rendant présent le Sacrifice de la Croix d’une manière non-sanglante, partout dans l’Église, à travers les divers temps, lieux, peuples et nations. On a souvent la tendance sacrilège de réduire la sainte messe à un simple repas convivial, à la célébration d’une fête profane et à une autocélébration de la communauté, ou pire encore, à un divertissement monstrueux contre l’angoisse d’une vie qui n’a plus de sens ou contre la peur de rencontrer Dieu face à face, parce que son regard dévoile et nous oblige à regarder en vérité et sans dissipation la laideur de notre intériorité. Mais la sainte messe n’est pas un divertissement. C’est le sacrifice vivant du Christ mort sur la Croix pour nous libérer du péché et de la mort et en vue de révéler l’amour et la gloire de Dieu le Père. Beaucoup ignorent que la finalité de toute célébration est la gloire et l’adoration de Dieu, le salut et la sanctification des hommes, puisque, dans la liturgie « Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés » (Sacrosanctum Concilium, n. 7). Cet enseignement du Concile, une majorité de fidèles – prêtres et évêques compris – l’ignorent. Tout comme ils ignorent que les vrais adorateurs de Dieu ne sont pas ceux qui, selon leurs idées et créativité, réforment la liturgie en vue d’en faire quelque chose qui plaise au monde, mais ceux qui, avec l’Évangile, réforment en profondeur le monde pour lui permettre d’accéder à une liturgie qui soit le reflet de la liturgie qui se célèbre de toute éternité dans la Jérusalem céleste. Comme l’a souvent souligné Benoît XVI, à la racine de la liturgie, se trouve l’adoration, et donc Dieu. Dès lors, il faut reconnaître que la grave et profonde crise qui, depuis le Concile, affecte et continue d’affecter la liturgie et l’Église elle-même, est due au fait que son CENTRE n’est plus Dieu et son adoration, mais les hommes et leur prétendue capacité à « faire » quelque chose pour s’occuper pendant les célébrations eucharistiques. Même aujourd’hui, un nombre important d’ecclésiastiques sous-estiment la grave crise que traverse l’Église : relativisme dans l’enseignement doctrinal, moral et disciplinaire, graves abus, désacralisation et banalisation de la sainte liturgie, vision purement sociale et horizontale de la mission de l’Église. Beaucoup croient et affirment haut et fort que le concile Vatican II a suscité un vrai printemps de l’Église. Cependant, un nombre croissant d’ecclésiastiques envisagent ce « printemps » comme un rejet, une renonciation de son héritage multiséculaire, ou même comme une remise en cause radicale de son passé et de sa Tradition. On reproche à l’Europe politique d’abandonner ou de nier ses racines chrétiennes. Mais la première à avoir abandonné ses racines et son passé chrétiens, c’est incontestablement l’Église catholique postconciliaire. Certaines Conférences épiscopales refusent même de traduire fidèlement le texte original latin du Missel romain. Certains réclament que chaque Église locale puisse traduire le Missel romain, non pas selon l’héritage sacré de l’Église et suivant la méthode et les principes indiqués par Liturgiam authenticam, mais selon les fantaisies, les idéologies et les expressions culturelles susceptibles, dit-on, d’être comprises et acceptées par le peuple. Mais le peuple désire être initié au langage sacré de Dieu. L’Évangile et la Révélation, eux-mêmes, sont « réinterprétés », « contextualisés » et adaptés à la culture occidentale décadente. En 1968, l’évêque de Metz, en France, écrivait dans son bulletin diocésain une effroyable énormité qui était comme la volonté et l’expression d’une rupture totale avec le passé de l’Église. Selon cet évêque, nous devons aujourd’hui repenser la conception même du salut apporté par Jésus-Christ, car l’Église apostolique et les communautés chrétiennes des premiers siècles du christianisme n’avaient rien compris de l’Évangile. C’est seulement à partir de notre époque qu’on a compris le dessein de salut apporté par Jésus. Voici l’audacieuse et surprenante affirmation de l’évêque de Metz : « La transformation du monde (mutation de civilisation) enseigne et impose un changement dans la conception même du salut apporté par Jésus-Christ ; cette transformation nous révèle que la pensée de l’Église sur le dessein de Dieu était, avant la présente mutation, insuffisamment évangélique… Aucune époque autant que la nôtre n’a été en mesure de comprendre l’idéal évangélique de vie fraternelle » (cité par Jean Madiran, L’hérésie du XXe siècle, Nouvelles Éditions Latines (NEL), 1968, p. 166). Avec une telle vision, on ne s’étonne pas des dévastations, des destructions et des guerres qui ont suivi et qui persistent de nos jours au niveau liturgique, doctrinal et moral, car on prétend qu’aucune époque autant que la nôtre n’a été en mesure de comprendre « l’idéal évangélique ». Beaucoup refusent de regarder en face l’œuvre d’autodestruction de l’Église par elle-même par la démolition planifiée de ses fondations doctrinales, liturgiques, morales et pastorales. Alors que des voix d’ecclésiastiques de haut rang se multiplient, affirmant obstinément des erreurs doctrinales, morales et liturgiques manifestes, pourtant cent fois condamnées, et travaillent à la démolition du peu de foi qui reste dans le peuple de Dieu, alors que la barque de l’Église sillonne la mer orageuse de ce monde décadent, et que les vagues se jettent sur la barque, si bien que déjà elle se remplit d’eau, un nombre croissant d’ecclésiastiques et de fidèles hurle : « Oh, tout va bien, madame la marquise ! ». Mais, la réalité est tout autre : en effet, comme le disait le cardinal Ratzinger, « les papes et les Pères conciliaires s’attendaient à une nouvelle unité catholique et, au contraire, on est allé vers une DISSENSION qui - pour reprendre les paroles de Paul VI – semble être passée de l’autocritique à l’autodestruction. On s’attendait à un nouvel enthousiasme, et on a trop souvent abouti au contraire à l’ennui et au découragement. On s’attendait à un bond en avant et l’on s’est trouvé au contraire face à un processus évolutif de décadence, qui s’est développé dans une large mesure en se référant notamment à un prétendu esprit du Concile et qui de cette manière l’a de plus en plus discrédité » (Joseph Ratzinger, Entretien sur la foi, pp. 30-31). « Personne aujourd’hui n’ose plus honnêtement et sérieusement contester les manifestations de crises et de guerres liturgiques auxquelles le concile Vatican II a conduit » (Joseph Ratzinger, Principes de la théologie catholique, Téqui, 1985, p. 413). Aujourd’hui, on procède à la fragmentation et à la démolition du saint Missale Romanum en l’abandonnant aux diversités culturelles et aux fabricants des textes liturgiques. Je suis heureux ici de féliciter le travail gigantesque et merveilleux réalisé, à travers Vox Clara, par les Conférences épiscopales de langue anglaise, et les Conférences épiscopales de langue espagnole et coréenne, etc. qui ont traduit fidèlement et en parfaite conformité aux indications et principes de Liturgiam authenticam le Missale Romanum, et la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements leur a octroyé la recognitio.

Une guerre liturgique


A la suite de la publication de mon ouvrage Dieu ou rien, on m’a interrogé sur cette « guerre liturgique », qui divise trop souvent les catholiques depuis des décennies. J’ai affirmé qu’il s’agit là d’une aberration, car la liturgie est le domaine par excellence où les catholiques devraient faire l’expérience de l’unité dans la vérité, dans la foi et dans l’amour, et que, par conséquent, il est inconcevable de célébrer la liturgie en ayant dans le cœur des sentiments de lutte fratricide et de rancœur. D’ailleurs, Jésus n’a-t-il pas prononcé des paroles très exigeantes sur la nécessité d’aller se réconcilier avec son frère avant de présenter sa propre offrande à l’autel ? (cf. Mt 5, 23-24). Car « la liturgie elle-même pousse les fidèles rassasiés des "mystères de la Pâque" à n’avoir plus "qu’un seul cœur dans la piété" (Cf. Postcommunion pour la Vigile et le Dimanche de Pâques) elle prie pour "qu’ils gardent dans leur vie ce qu’ils ont saisi par la foi" ; et le renouvellement dans l’Eucharistie de l’Alliance du Seigneur avec les hommes attise et enflamme les fidèles à la charité pressante du Christ. C’est donc de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ, et cette glorification de Dieu, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l’Église » (Sacrosanctum Concilium, n. 10). Dans ce « face à face » avec Dieu, qu’est la liturgie, notre cœur doit être pur de toute inimitié, ce qui suppose que chacun doit être respecté dans sa propre sensibilité. Cela signifie concrètement que, s’il faut réaffirmer que le concile Vatican II n’a jamais demandé de faire table rase du passé et donc d’abandonner le Missel dit de saint Pie V, qui a généré tant de saints, à ne nommer que ces trois prêtres si admirables que sont saint Jean-Marie Vianney, le Curé d’Ars, le saint Padre Pio et saint Jose María Escriva de Balaguer, dans le même temps, il est essentiel de promouvoir le renouveau liturgique voulu par le même Concile, et donc les livres liturgiques mis à jour à la suite de la Constitution Sacrosanctum Concilium, en particulier le Missel dit du bienheureux pape Paul VI. Et j’ajoutais que ce qui importe avant tout, que l’on célèbre dans la forme ordinaire ou extraordinaire, c’est d’apporter aux fidèles ce à quoi ils ont droit : la beauté de la liturgie, sa sacralité, le silence, le recueillement, la dimension mystique et l’adoration. La liturgie doit nous placer face à face avec Dieu dans une relation personnelle et d’intense intimité. Elle doit nous plonger dans l’intimité de la Très Sainte Trinité. Parlant de l’usus antiquior dans sa Lettre d’accompagnement de Summorum Pontificum, le pape Benoît XVI disait que « aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait supposer que la demande de l’usage du Missel de 1962 aurait été limité à la génération plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entre-temps, il est apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement ». Il s’agit d’une réalité incontournable, un vrai signe de notre temps. Quand les jeunes sont absents de la sainte liturgie, nous devons nous demander : pourquoi ? Nous devons veiller à ce que les célébrations selon l’usus recentior facilitent aussi cette rencontre, qu'elles conduisent les gens sur le chemin de la via pulchritudinis qui mène au Christ vivant et à l’œuvre dans son Église aujourd’hui à travers ses rites sacrés. En effet, l’Eucharistie n’est pas une sorte de « dîner entre amis », un repas convivial de la communauté, mais un Mystère sacré, le grand Mystère de notre foi, la célébration de la Rédemption accomplie par Notre Seigneur Jésus-Christ, la commémoration de la mort de Jésus sur la Croix pour nous libérer de nos péchés. Il convient donc de célébrer la sainte messe avec la beauté et la ferveur d’un saint Curé d’Ars, d’un Padre Pio ou d’un Jose María, et c’est la condition sine qua non pour qu’on parvienne « par le haut », si je puis dire, à une réconciliation liturgique (cf. Entretien au site internet catholique Aleteia, du 4 mars 2015). Je refuse donc avec vigueur que nous occupions notre temps en opposant une liturgie à une autre, ou le Missel de saint Pie V à celui du bienheureux Paul VI. Il s'agit plutôt d'entrer dans le grand silence de la liturgie, en se laissant enrichir par toutes les formes liturgiques, qu’elles soient d’ailleurs latines ou orientales. En effet, sans cette dimension mystique du silence et sans un esprit contemplatif, la liturgie demeurera une occasion de déchirements haineux, d'affrontements idéologiques et d’humiliations publiques des faibles par ceux qui prétendent détenir une autorité, au lieu d'être le lieu de notre unité et de notre communion dans le Seigneur. Ainsi, au lieu de nous affronter et de nous détester, la liturgie devrait nous faire parvenir tous ensemble à l’unité dans la foi et à la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ… et, en vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons dans le Christ pour nous élever en tout jusqu’à Lui, qui est la Tête (cf. Ep 4, 13-15) cf. Entretien à La Nef, octobre 20....

Comme vous le savez, le grand liturgiste allemand Mgr Klaus Gamber (1919–1989) désignait par le mot : « Heimat » cette maison commune ou « petite patrie » qui est celle des catholiques réunis autour de l’autel du Saint Sacrifice. Le sens du sacré, qui imprègne et irrigue les rites de l’Église est corrélatif, indissociable de la liturgie. Or, ces dernières décennies, de très nombreux fidèles ont été malmenés, voire profondément troublés par des célébrations marquées par un subjectivisme superficiel et dévastateur, au point de ne pas reconnaître leur « Heimat », leur maison commune, et pour les plus jeunes, de ne l’avoir jamais connue ! Combien sont partis sur la pointe des pieds, en particulier les plus petits et les plus pauvres d’entre eux ! Ils sont devenus en quelque sorte des « apatrides liturgiques ». Le « mouvement liturgique », auquel les deux formes sont associées, vise donc à leur rendre leur « Heimat », et, ainsi, à les réintroduire dans leur maison commune, car nous savons bien que, dans son œuvre de théologie sacramentaire, le cardinal Joseph Ratzinger, bien avant la publication de Summorum Pontificum, avait mis en évidence que la crise de l’Église et donc la crise et l’affadissement de la foi, provient en grande partie de la manière dont nous traitons la liturgie, selon le vieil adage : lex orandi, lex credendi. Dans la préface qu’il avait accordée à l’ouvrage magistral de Mgr Gamber : Die Reform der römischen Liturgie (« la réforme de la liturgie romaine »), le futur pape Benoît XVI affirmait ceci, je le cite : « Un jeune prêtre me disait récemment : il nous faudrait aujourd'hui un nouveau mouvement liturgique. C'était là l'expression d'un souci que, de nos jours, seuls des esprits volontairement superficiels pourraient écarter. Ce qui importait à ce prêtre, ce n'était pas de conquérir de nouvelles et audacieuses libertés : quelle liberté ne s'est-on pas déjà arrogée ? Il sentait que nous avions besoin d'un nouveau commencement issu de l'intime de la liturgie, comme l'avait voulu le mouvement liturgique lorsqu'il était à l'apogée de sa véritable nature, lorsqu'il ne s'agissait pas de fabriquer des textes, d'inventer des actions et des formes, mais de redécouvrir le centre vivant, de pénétrer dans le tissu proprement dit de la liturgie, pour que l'accomplissement de celle-ci soit issu de sa substance même. La réforme liturgique, dans sa réalisation concrète, s'est éloignée toujours davantage de cette origine. Le résultat n'a pas été une réanimation mais une dévastation. D'un côté, on a une liturgie dégénérée en show, où l'on essaie de rendre la religion intéressante à l'aide d’inventions à la mode et de maximes morales aguichantes, avec des succès momentanés dans le groupe des fabricants liturgiques, et une attitude de recul d'autant plus prononcée chez ceux qui cherchent dans la liturgie non pas le « showmaster » spirituel, mais la rencontre avec le Dieu vivant devant qui tout "faire" devient insignifiant, seule cette rencontre étant capable de nous faire accéder aux vraies richesses de l'être. De l'autre côté, il y a conservation des formes rituelles dont la grandeur émeut toujours, mais qui, poussée à l'extrême, manifeste un isolement opiniâtre et ne laisse finalement que tristesse. Certes, il reste entre les deux tous les prêtres et leurs paroissiens qui célèbrent la nouvelle liturgie avec respect et solennité; mais ils sont remis en question par la contradiction entre les deux extrêmes, et le manque d'unité interne dans l'Église fait finalement paraître leur fidélité, à tort pour beaucoup d'entre eux, comme une simple variété personnelle de néo-conservatisme. Parce qu'il en est ainsi, une nouvelle impulsion spirituelle est nécessaire pour que la liturgie soit à nouveau pour nous une activité communautaire de l'Église et qu'elle soit arrachée à l'arbitraire. On ne peut pas “fabriquer” un mouvement liturgique de cette sorte – pas plus qu'on ne peut “fabriquer” quelque chose de vivant – mais on peut contribuer à son développement en s'efforçant d'assimiler à nouveau l'esprit de la liturgie et en défendant publiquement ce qu'on a ainsi reçu ».

Je pense que cette longue citation, si juste et si limpide, devrait vous intéresser, au début de ce Colloque, et aussi contribuer à lancer votre réflexion sur « la source de l’avenir » (« die Quelle der Zukunft ») du motu proprio Summorum Pontificum. En effet, laissez-moi vous transmettre une conviction qui m’habite depuis longtemps : la liturgie romaine réconciliée dans ses deux formes, qui est elle-même le « fruit d’un développement », selon l’expression d’un autre grand liturgiste allemand, Joseph Jungmann (1889-1975), peut lancer le processus décisif du « mouvement liturgique » que tant de prêtres et de fidèles attendent depuis si longtemps. Par où commencer ? Je me permets de vous proposer les trois pistes suivantes que je résume dans ces trois lettres : SAF : silence-adoration-formation en français, et en allemand : SAA : Stille-Anbetung-Ausbildung. Tout d’abord, le silence sacré, sans lequel on ne peut rencontrer Dieu. Dans mon ouvrage La force du silence, j’écris ceci : « Dans le silence, l’homme ne conquiert sa noblesse et sa grandeur que s’il est à genoux pour écouter et adorer Dieu » (n. 66). Puis, l’adoration ; à ce propos, je fais part de mon expérience spirituelle dans ce même livre La force du silence : « Pour ma part, je sais que les plus grands moments de ma journée se trouvent en ces heures incomparables que je passe à genoux dans l’obscurité devant le Très Saint Sacrement du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ. Je suis comme englouti en Dieu et entouré de toutes parts par sa présence silencieuse. Je voudrais ne plus appartenir qu’à Dieu et me plonger dans la pureté de son Amour. Et pourtant, je mesure combien je suis pauvre, si loin d’aimer le Seigneur comme Il m’a aimé jusqu’à se livrer pour moi » (n. 54). Enfin, la formation liturgique à partir d’une annonce de la foi ou catéchèse ayant comme référence le Catéchisme de l’Église Catholique, ce qui nous protège des éventuelles élucubrations plus ou moins savantes de certains théologiens en mal de « nouveautés ». Voici ce que je disais à cet égard dans ce qu’il est maintenant convenu d’appeler, non sans un certain humour, le « Discours de Londres » du 5 juillet 2016, prononcé au cours de la troisième Conférence internationale de l’Association Sacra Liturgia : « La formation liturgique est avant tout et essentiellement une immersion dans la liturgie, dans le profond mystère de Dieu. Il s’agit de vivre la liturgie dans toutes ses dimensions, de s’enivrer en buvant à une source qui n’éteint jamais notre soif de richesse, d’ordre et de beauté, de silence contemplatif, d’exultation et d’adoration, de ce pouvoir qui nous fait rejoindre intimement Celui qui est à l’œuvre dans et par les rites sacrés de l’Église » (cardinal Robert Sarah : Troisième Conférence internationale de l’Association Sacra Liturgia, Londres. Discours du 5 juillet 2016. Cf. site internet de l’Association Sacra Liturgia : Vers une authentique mise en œuvre de Sacrosanctum Concilium, 11 juillet 2016).

C’est donc dans ce contexte global et dans un esprit de foi et de profonde communion à l’obéissance du Christ sur la Croix, que, humblement, je vous demande d’appliquer avec grand soin Summorum Pontificum ; non pas comme une mesure négative et rétrograde, tournée vers le passé, ou comme quelque chose qui construit des murs et crée un ghetto, mais comme une importante et véritable contribution à l’actuelle et future vie liturgique de l’Église, ainsi qu’au mouvement liturgique de notre époque, auquel de plus en plus de personnes, plus particulièrement les jeunes, puisent tant de choses vraies, bonnes et belles. Je voudrais conclure cette introduction par ces mots lumineux de Benoît XVI à la fin de l’homélie qu’il prononça en 2008, en la solennité des saints Pierre et Paul : « Lorsque le monde, dans son ensemble, sera devenu liturgie de Dieu, lorsque dans sa réalité, il sera devenu adoration, alors il aura atteint son objectif, alors il sera sain et sauf ».

Je vous remercie pour votre bienveillante attention. Et que Dieu vous bénisse et emplisse vos vies de sa Présence silencieuse !

Robert Card. Sarah
Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements




vendredi 31 mars 2017

Cardinal Sarah : "Le professeur Jérôme Lejeune, martyr de la vérité et de la vie"

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Le professeur Jérôme Lejeune, martyr de la vie et de la vérité

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Chers amis,

Je n’ai pas eu le privilège, ni la joie de rencontrer le Professeur Jérôme Lejeune. En revanche, il y a quelques années, à l’occasion d’un Congrès organisé par l’Association française Raoul Follereau, j’avais été heureux de rencontrer Madame Lejeune, son épouse, qui est ici présente ; elle avait eu la bonté de m’offrir l’image du Professeur portant au verso, la « Prière pour obtenir des grâces par l’intercession du Serviteur de Dieu, Jérôme Lejeune ».
Permettez-moi d’introduire cette brève conférence par ces mots du Professeur Jérôme Lejeune : « Si on veut vraiment attaquer le Fils de l’homme, Jésus-Christ, il n’y a qu’un moyen, c’est d’attaquer les fils des hommes. Le christianisme est la seule religion qui dit : ˝votre modèle est un enfant˝, l’enfant de Bethléem. Quand on vous aura appris à mépriser l’enfant, il n’y aura plus de christianisme dans ce pays ».
On peut affirmer que le combat du Professeur Jérôme Lejeune, avec les seules armes de la vérité et de la charité, un combat mené à mains nues, s’inscrit dans la bataille finale, évoquée dans l’Apocalypse selon saint Jean, entre Dieu et Satan. Face à l’arrogance du Goliath des puissances financières et médiatiques, lourdement armé et protégé par la cuirasse de ses fausses certitudes et par les nouvelles lois contre la vie, l’Église catholique du XXI siècle, au moins en Occident, ressemble au petit reste dont parlent les Saintes Écritures. En effet, l’Église catholique, tel David, dispose seulement du petit caillou de l’Évangile de la Vie et de la Vérité, et pourtant elle va frapper le géant en pleine tête et l’abattre. En effet, nous le savons bien - et la vie entière du Professeur Lejeune nous en apporte un témoignage éclatant - il s’agit d’une bataille, à la fois très âpre et décisive, qui sera longue et s’apparente à celle des fins dernières décrites dans le dernier livre de la Bible. Ainsi, il en va de la survie de l’humanité elle-même. Le « dragon infernal rouge-feu à sept têtes », prototype de cette culture de mort dénoncée par saint Jean-Paul II dans son enseignement, se tient devant la femme enceinte, prêt à dévorer l’enfant à sa naissance, et à « nous » dévorer également (cf. Ap 12, 4). Soyons conscients que, une nouvelle fois, et c’est arrivé bien souvent dans sa longue histoire bimillénaire, l’Église constitue le dernier rempart contre la barbarie : il ne s’agit plus d’Attila et de ses Huns, que sainte Geneviève arrêta devant Paris en 451, ni du combat des papes du XX siècle - de Pie XI à saint Jean-Paul II - contre les divers totalitarismes qui ont ensanglanté l’Europe et le reste du monde, il s’agit d’une barbarie aseptisée en laboratoire, terriblement efficace, que l’opinion publique ne perçoit pratiquement pas, puisqu’elle est anesthésiée par les Goliath des puissances financières et médiatiques. Oui, il s’agit bien d’un combat… à la vie et à la mort : si ce n’était pas le cas, les pouvoirs publics, en France, tenteraient-ils en ce moment de faire taire les sites internet dits « pro-vie », en inventant un délit d’entrave numérique à l’avortement ? Lors de la discussion de ce projet de loi aberrant au Parlement français, les défenseurs de la vie ont été verbalement lynchés pour avoir osé rappeler que l’avortement n’est pas un droit, mais un crime, et donc le plus grand drame de notre temps…
En guise d’introduction, j’ai désiré vous rappeler le cadre événementiel et mystique du combat pour la vie menée par le Professeur Lejeune pour mieux en faire ressortir maintenant le sens profond à la lumière de l’Évangile. Examinons ensemble sa vie : on peut affirmer, sans risque d’erreur, que, plutôt que de tomber dans les lâches compromis, le Professeur Lejeune a renoncé aux honneurs et à l’aisance en acceptant l’humiliation et même l’exil, du moins un exil intérieur. En effet, Jérôme Lejeune, contre vents et marées, est resté fidèle au Christ et à l’Évangile ; c’est pourquoi il représente pour chacun de nous un exemple admirable de force dans la foi et de dévouement dans la charité. En effet, comme vous le savez, la mort « in odium fidei », en haine de la foi, n’est pas l’apanage de « cette foule immense d’hommes et de femmes qui viennent de la grand épreuve et ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le Sang de l’Agneau, qui se tiennent debout devant le Trône de Dieu et devant l’Agneau, et le servent jour et nuit dans son Temple », selon la vision de l’Apocalypse (cf. Ap 7, 9). Une telle mort, où le sang est versé par le témoin du Christ, n’est pas la seule voie vers le martyre, car il est vrai qu’une vie de martyr chrétien, c’est aussi une vie durant laquelle on offre tout à Dieu, y compris sa vie, sa famille, sa réputation et son honneur, s’ils viennent à être foulés aux pieds par les païens, une vie où l’on renonce à tout pour l’Amour de Dieu(1). Pendant la longue maladie du Professeur Lejeune, qui l’a arraché prématurément à l’affection des siens, on a vu comment meurt un chrétien à l’aube de Pâques, et le Pape saint Jean-Paul II, un grand ami du Professeur, ne s’y est pas trompé, lui qui déclarait, dans la lettre qu’il adressait alors au Cardinal Lustiger, le Lundi de Pâques 1994, au lendemain du retour de Monsieur Lejeune à la Maison du Père: « La Résurrection du Christ constitue un grand témoignage rendu à la Vie qui est plus forte que la mort. Une telle mort, celle de Jérôme Lejeune, rend un témoignage encore plus fort à la Vie à laquelle l’homme est appelé en Jésus-Christ. En effet, tout au long de la vie de notre frère Jérôme, cet appel a représenté une ligne directrice… Nous nous trouvons devant la mort d’un grand chrétien du XX siècle, d’un homme pour qui la défense de la vie est devenue un apostolat, et nous désirons remercier Dieu aujourd’hui, lui, l’Auteur de la vie, de tout ce que fut pour nous le Professeur Lejeune, de tout ce qu’il a fait pour défendre et pour promouvoir la dignité de la vie humaine ».
Dans le cadre de sa profession de médecin et de chercheur, qui était une véritable vocation, la vie du Professeur Lejeune se partageait entre deux domaines qu’il convient de distinguer pour mieux unir : d’une part, son activité de chercheur, et donc son appartenance à ce qu’il est convenu d’appeler « la communauté scientifique », qui, pourtant, l’avait sinon rejeté, du moins marginalisé à cause de ses positions qualifiées de trop rigides, voire d’extrémistes, sur le sujet crucial du respect de la vie. D’autre part, son service auprès des malades et de leurs familles, à la tête d’une équipe qu’on peut qualifier de fraternelle, qui n’était animée que par le souci de guérir, ou au moins de soulager les souffrances physiques et morales provoquées par la maladie et le handicap. La charité qui animait le Professeur Lejeune unissait donc les deux aspects de sa vocation au service du malade, et cette vertu théologale de la charité fut bien la voie royale que Jérôme Lejeune emprunta avec courage et détermination pour se frayer un passage au milieu des épines de ce monde vers la contemplation du Dieu vivant, la Sainte Trinité d’Amour. Oui, par son service quotidien, humble et confiant en la Providence, le Professeur Lejeune donnait un visage à la charité du Christ venu parmi nous, et il est vrai que nul n’a oublié son sourire lumineux et rayonnant, et son regard d’un bleu d’azur empreint de cet amour du prochain, qui émanait d’une âme où Jésus, reçu dans la sainte Communion eucharistique, avait fait sa demeure : « Si quelqu’un m’aime », dit Jésus, « il gardera ma parole; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure » (Jn 14, 23). Puisqu’il m’est donné d’évoquer la vie spirituelle du Professeur Lejeune, j’ose affirmer, en référence à l’enseignement du Concile Vatican II sur la vocation universelle à la sainteté (cf. Lumen Gentium, chap. 5), et, en particulier au caractère particulier de la sainteté du fidèle laïc(2) (cf. Décret Apostolicam Actuositatem, n. 4), que toute l’existence de ce grand ami des enfants malades reflète admirablement la présence du Seigneur Jésus dans notre monde ; elle est donc comme un prolongement de l’Incarnation et de la vie du Fils de Dieu ici-bas. Je m’explique : qu’y a-t-il de plus tangible que les soins dispensés aux malades par un médecin, un chirurgien, une infirmière, un aide-soignant, une religieuse hospitalière ou garde-malade, ou un Frère de saint Jean de Dieu…, - ce qu’a fait le Professeur Lejeune pendant de longues années - , quoi de plus concret que la présence quotidienne et assidue auprès des familles de ces malades, et aussi le travail ardu du chercheur combattant ardemment la maladie, tel un chevalier intrépide muni du ceinturon de la vérité et brandissant le glaive flamboyant de la Parole de Dieu et de l’enseignement de la Sainte Église(3), avec un infini respect pour les lois de la vie inscrites par le Créateur dans les fibres de chaque être humain… ? En rendant présent le Christ qui guérit les corps et les cœurs, qui rend la vue aux aveugles, rend fermes les pieds des boiteux, leur permettant alors de bondir de joie, Jésus, qui purifie les lépreux, ouvre les oreilles des sourds et délie la langue des muets (cf. Mt 11, 5), lui qui est vrai Dieu et vrai homme, lui qui est aussi le Bon Samaritain qui oint de l’huile de l’Amour de Dieu les plaies de l’homme blessé (cf. Lc 10, 34), on peut donc considérer que la vie du Professeur Lejeune fut en quelque sorte, dans le temps de l’Église où nous vivons depuis l’Ascension et la Pentecôte, un prolongement de l’Incarnation du Fils unique de Dieu, Jésus Christ, venu parmi nous pour nous guérir et nous sauver. C’est ce qu’exprimait l’ami de Jérôme Lejeune, le Pape saint Jean-Paul II, dès sa première encyclique Redemptor hominis, lorsqu’en reprenant les mots du Concile Vatican II, il affirmait que, par son Incarnation, le Christ « s'est en quelque sorte uni lui-même à tout homme »(4). Au sujet du Professeur Lejeune, on peut donc vraiment parler d’une spiritualité de l’Incarnation, qui constitue, avec la défense de la vérité concernant la vie humaine et la compassion, l’un des traits essentiels de cette sainteté que je souhaite voir reconnaître par l’Église, afin que nous puissions bénéficier de son intercession et, ainsi, être soutenus dans notre lutte contre la dégradation actuelle de notre société par son exemple et son combat pour la vie.
Allons plus loin, et voyons maintenant comment cet homme d’action, à la fois scientifique et poète, si intelligent, et d’une grande sensibilité et finesse, a réussi à ne pas succomber à l’autosatisfaction, voire à l’orgueil. De fait, lorsque, comme lui, nous sommes tout entier dans l’action, nous risquons de succomber à la tentation suivante, qui est bien connue des missionnaires ardents de l’Evangile : que notre personne, notre « moi », établisse sa suprématie jusqu’à l’absolu, en laissant subrepticement Dieu de côté. Je pense que le Professeur Lejeune a été préservé de cet écueil, moyennant sans doute un combat spirituel parfois bien âpre, mais la parole mariale de l’Annonciation résonnait constamment dans son cœur de croyant, d’humble serviteur de l’Évangile et de l’Église : « Fiat » ! ; oui, « fiat », c’était le mot - que dis-je - la réponse si pure, parfaite et sans réserve de la Vierge Marie, que lui-même adressait à Dieu chaque jour de sa vie, en particulier lorsqu’il avait la grâce de recevoir son Seigneur dans la sainte Communion. Dès lors, comme la Très Sainte Vierge Marie, et aussi comme tant de saints et de saintes, dont nous connaissons la réponse empreinte d’abandon filial - à l‘exemple de sainte Thérèse de Lisieux, de sainte Jeanne d’Arc ou du Bienheureux Charles de Foucault - Jérôme Lejeune a consenti à laisser Dieu agir. « Consentir » dans la théologie spirituelle catholique, c’est accepter cette union de la liberté et de la grâce, qui élève l’homme au rang de collaborateur de Dieu. En effet, pour un baptisé, la décision de remettre au Christ la conduite de sa propre vie est un acte fondamental, qui permet de déjouer les pièges du désir de paraître, du découragement et de la tristesse. Toutefois, pour cela, il faut s’enfoncer dans ce que j’appellerai la « discrétion », c’est-à-dire dans ce silence qui est l’apanage des grands contemplatifs et des vrais adorateurs de Dieu. Et ce silence n’est pas seulement un porche royal par où la Très Sainte Trinité pénètre dans notre âme, et vient faire sa demeure en nous (cf. Jn 14, 23) pour transfigurer nos tâches quotidiennes en des actes de charité. Le silence est aussi une « force », d’où le titre de cet ouvrage que beaucoup d’entre vous ont sans doute déjà lu, ou qu’ils ont entre leurs mains ce soir. Lorsque M. Jean-Marie Le Méné, le président de la Fondation Jérôme Lejeune, et aussi gendre du Professeur, déclare : « A la fin de sa vie, il avait tout perdu, il avait des difficultés à travailler, il n’était plus invité aux congrès, et, pressenti pour le prix Nobel, il ne l’a jamais reçu », qu’évoque-t-il sinon le silence qui s’était abattu telle une chape de plomb sur le Professeur Lejeune, fruit amer de l’aveuglement et de la méchanceté des hommes… ? Oui, on l’avait réduit au silence, mais, loin de l’écraser, ce silence est devenu une véritable proximité avec Dieu, une « force », la force du témoignage, du martyr, la force de la sainteté. Car le silence du Professeur Lejeune était celui de Jésus durant sa propre Passion face à ses accusateurs. Voyons quelle fut l’attitude du Seigneur Jésus à partir des Évangiles : tout d’abord, nous dit saint Matthieu, Jésus comparut devant les grands prêtres et tout le Conseil suprême, qui cherchaient un faux témoignage pour le faire mettre à mort. Or, dit l’évangéliste, « Ils n’en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés. Finalement il s’en présenta deux, qui déclarèrent : ˝Cet homme a dit : “Je peux détruire le Sanctuaire de Dieu et le rebâtir en trois jours˝.” Alors le Grand Prêtre se leva et lui dit : ˝ Tu ne réponds rien ? Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ?˝. « Jesus autem tacebat », poursuit l’Évangile : « Mais Jésus gardait le silence. Le Grand Prêtre lui dit : ˝Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu˝. Jésus lui répond : ˝C’est toi-même qui l’as dit ! En tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel˝. Alors le Grand Prêtre déchira ses vêtements, en disant : ˝Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème ! Quel est votre avis ? ˝. Ils répondirent : ˝Il mérite la mort˝ » (Mt 26, 59-66). Puis, selon l’évangéliste saint Luc, Jésus comparut devant Hérode, qui l’interrogea longuement, mais il ne lui répondit pas un mot. Finalement, Hérode le traita avec mépris, le revêtit d’un vêtement éclatant et le renvoya à Pilate (cf. Lc 23, 8-11). Saint Jean nous apprend alors que le procurateur l’interrogea à son tour sur son identité, et Jésus déclara : « Moi, je suis né pour ceci, et c’est pour ceci que je suis venu dans le monde, afin de rendre témoignage à la vérité » (Jn 18, 37). Puis, il se tut.
Comme je l’écris dans La force du silence, dans le monde d’aujourd’hui, nous savons que « l’homme qui parle est célébré et l’homme silencieux est un pauvre mendiant devant lequel il n’est pas même besoin de lever les yeux » (n. 30, p. 54). Comme Jésus, qui était devenu le mendiant de l’Amour de cette humanité pécheresse, sourde et aveugle - et le Seigneur devait crier : « J’ai soif » quelques heures plus tard sur la Croix glorieuse - ainsi le Professeur Lejeune, par son silence, quémandait la compassion de ses contemporains pour les plus faibles, ces enfants malades, dont il s’était fait la voix, lui qu’on avait réduit au silence. Il se souvenait notamment de cet enfant trisomique âgé de dix ans qui, au cours d’une consultation, s’était jeté dans ses bras en s’exclamant : « On veut nous tuer ; il faut que tu nous protèges, parce que nous, nous sommes trop faibles, nous ne saurons pas nous défendre ! ». Et le cœur du Professeur, lui-même réduit au silence, saignait… Dans La force du silence, je me permets d’affirmer que « au moment le plus crucial de sa vie, alors que les hurlements fusaient de partout, le couvrant de toutes sortes de mensonges et de calomnies, quand le grand prêtre lui demanda : ˝ Tu ne réponds rien ?˝, Jésus préféra le silence » (n. 141, p. 120). Ainsi, « Jésus, en se taisant, veut montrer son mépris pour les mensonges, lui la vérité, la lumière et l’unique chemin qui mène à la Vie. Sa cause n’a pas besoin d’être défendue. On ne défend pas la vérité et la lumière : leur splendeur est leur propre défense » (n. 197, p. 155). De son côté, Pilate « ne comprenait pas la cause d’un silence si extraordinaire. Il était en face du silence de Dieu, au milieu des hurlements des hommes, ivres de haine irraisonnée » (n. 197, p. 156). Oui, que pouvait-il répondre encore le Professeur Lejeune à ces invectives que l’on a entendues encore récemment dans la bouche d’un ministre : « Une femme qui avorte n’interrompt pas une vie », et aussi : « L’avortement est un droit de la femme » ?
A ce stade de notre méditation, permettez-moi cette analogie : lorsque nos frères chrétiens orientaux, qui subissent en ce moment la persécution, sont arrêtés et emprisonnés par leurs bourreaux, ils peuvent leur présenter, inscrite dans leur chair, ce qui constitue la confession de leur foi de baptisés pour le cas où, disent-ils, sous la torture, nous succomberions à la tentation de renier le Christ. En effet, alors que tant de nos contemporains, ici, dans l’Occident décadent, s’adonnent, sous l’effet d’une mode passagère et coûteuse, à l’étrange pratique du tatouage, ces chrétiens sont toujours prêts à exhiber face aux Caïphe et Pilate de notre temps, la Croix qui est tatouée d’une manière indélébile sur leur propre poignet, témoignage silencieux de leur union à Jésus jusqu’à la mort. « Au moins », disent-ils, « ce signe là vaincra mon éventuelle faiblesse face à la peur de mourir ». Il en a été de même pour le Professeur Lejeune : sa croix tatouée sur le poignet, c’était son affirmation sereine que, disait-il « la dignité d’une civilisation se mesure au respect qu’elle porte aux plus faibles de ses membres », et il signait cette affirmation prodigieuse et vraie par son attitude dans la vie de chaque jour : de fait, patiemment, humblement, avec amour et un infini respect, il recevait tous les patients qui se présentaient à la consultation de l’hôpital, en particulier les plus pauvres, car il savait que son devoir, sa mission, était de chercher à guérir le malade et de l’aimer, une forme de charité qui, chez lui, était devenue héroïque. Martyr de la vie et de la vérité, il l’a donc été pleinement, y compris dans son silence, qui, loin d’être l’aveu d’une faiblesse, a constitué une force capable de renverser les montagnes d’égoïsme et d’indifférence. Sa vie montre bien que, comme je l’écris dans La force du silence, « Aujourd’hui, les silences des martyrs chrétiens qui vont être massacrés par les ennemis du Christ imitent et prolongent ceux du Fils de Dieu. Les martyrs des premiers siècles comme ceux de notre triste époque, ont tous montré la même dignité silencieuse. Le silence devient alors l’unique parole, le seul témoignage, le dernier testament. Le sang des martyrs est une semence, un cri, et une prière silencieuse qui monte vers Dieu » (n. 198, pp. 156-157).
Chers amis, aujourd’hui, personne ne peut se montrer insensible et indifférent devant l’obligation impérieuse de défendre l’enfant à naître. Au-delà de l’aspect moral qui nous interdit de porter atteinte à toute vie humaine, surtout lorsqu’elle est innocente et sans défense, la protection de l’embryon est la condition sine qua non pour sortir toute civilisation de la barbarie et assurer l’avenir de notre humanité. Le signe clinique le plus impressionnant, indiquant que nous allons vers l’abîme et un gouffre sans fond, c’est la puissance dramatique du refus de la vie. L’homme de la société de consommation devient toujours plus insensible au respect sacré de la vie humaine. Il ne comprend plus que la personne humaine puisse être un absolu que nous n’avons pas le droit de manipuler à notre guise.
Si le Professeur Lejeune était encore de ce monde, il ne ferait que suivre la ligne intangible de la défense de la dignité de la personne humaine, qui fut la sienne d’une manière constante. Il se serait donc opposé au faux et scandaleux « mariage » homosexuel, à ces aberrations que sont la PMA, et la GPA, et il aurait combattu avec une énergie sans pareille la théorie proprement délirante et mortifère dite du « genre » ou « gender ». D’ailleurs, le Professeur Lejeune avait vu et compris les conséquences de la légalisation de l’avortement en 1975, qui est devenu, avec le temps, un pseudo « droit de la femme »: ainsi, il tremblait déjà pour le sort de « ses » enfants trisomiques, qui, de fait, actuellement, sont en voie d’extermination, car, comme vous le savez, les pouvoirs publics eux-mêmes reconnaissent, comme une victoire funeste, que 96 % d’entre eux sont mis à mort par l’avortement. C’est vraiment horrible, criminel et sacrilège ! Jérôme Lejeune avait aussi compris, lui, le grand généticien, à quelles dérives prométhéennes nous conduiraient les manipulations génétiques en tous genres, à commencer par la recherche sur les embryons, qui sont menacés « a priori » de destruction, puisque la nouvelle loi, votée récemment le 6 mai 2013 dans une indifférence quasi générale, autorise expressément la recherche sur l’embryon, et ne met donc pratiquement plus de limite à la destruction des embryons dits surnuméraires, alors que, la loi précédente du 6 août 2004 prévoyait encore un régime d’interdiction avec dérogations accordées par l’Agence de biomédecine… et ne parlons pas du transhumanisme, qui est proprement terrifiant : jusqu’où va-t-on aller dans cette course à l’enfer ? En effet, avec le transhumanisme, cela signifie que « l’humanité augmentée » sera le triomphe de l’eugénisme et de la sélection du meilleur capital génétique parmi tous les êtres afin de créer le surhomme idéal. Le transhumanisme va réaliser, grâce aux techno-sciences, le rêve prométhéen du nazisme. Comme dans le nazisme, y aura-t-il une race des seigneurs ? Si oui, sur quels critères ? Et, dans ce cas, que fera-t-on des « sous-hommes », selon la terminologie nazie, dont le travail aura été remplacé par les robots ? Ces questions sont terrifiantes et nous glacent jusqu’au sang. Le refus d’accueillir et de laisser vivre ceux qui gênent, c’est-à-dire non seulement l’enfant conçu et « non désiré », comme le martèlent les partisans de l’avortement, mais aussi la personne handicapée, le malade en phase terminale, la personne âgée devenue impotente, ce refus manifeste une profonde méconnaissance de la valeur de toute vie humaine créée et donc voulue par Dieu. Dans l’encyclique Evangelium Vitae, le Pape saint Jean-Paul II déclare que « nous sommes face à une réalité… que l’on peut considérer comme une véritable structure de péché, caractérisée par la prépondérance d’une culture contraire à la solidarité, qui se présente dans de nombreux cas comme une réelle ˝culture de mort˝… Par sa maladie, par son handicap, beaucoup plus simplement, par sa présence même, celui qui met en cause le bien-être ou les habitudes de vie de ceux qui sont plus favorisés, tend à être considéré comme un ennemi dont il faut se défendre ou qu’il faut éliminer. Il se déchaîne ainsi une sorte de conspiration contre la vie »(5). Et le Pape François, avec le franc-parler qu’on lui connaît, qualifie sans détour cette « culture du déchet » qui « ne s'applique pas seulement à la nourriture ou aux biens superflus qui sont objets de déchet, mais souvent aux êtres humains eux-mêmes, qui sont “jetés” comme s'ils étaient des “choses non nécessaires” ». Et il ajoute : « La seule pensée que des enfants ne pourront jamais voir la lumière, victimes de l'avortement, nous fait horreur »(6). Le Saint-Père précise, dans son Exhortation apostolique Gaudium Evangelii (« la Joie de l’Évangile ») du 24 novembre 2013 que « parmi ces faibles, dont l'Église veut prendre soin avec prédilection, il y a aussi les enfants à naître, qui sont les plus sans défense et innocents de tous, auxquels on veut nier aujourd'hui la dignité humaine afin de pouvoir en faire ce que l'on veut, en leur retirant la vie et en promouvant des législations qui font que personne ne peut l'empêcher. Fréquemment, pour ridiculiser allégrement la défense que l’Église fait des enfants à naître, on fait en sorte de présenter sa position comme quelque chose d’idéologique, d’obscurantiste et de conservateur. Et pourtant cette défense de la vie à naître est intimement liée à la défense de tous les droits humains. Elle suppose la conviction qu’un être humain est toujours sacré et inviolable, dans n’importe quelle situation et en toute phase de son développement »(7). Ainsi, le Pape François nous appelle à une mobilisation générale pour la Vie : quand il évoque l’Eglise qui, dit-il, est comme un lazaret ou un « hôpital de campagne » après la bataille, il pense en premier lieu à cette bataille pour la survie de l’humanité terriblement blessée dans sa chair et dans son âme, au chevet de laquelle se tient la Mère Église. Le professeur Lejeune, en tant que médecin, plus que tout autre, a accueilli dans son « hôpital de campagne » qu’est l’hôpital Necker des Enfants-malades, ces blessés de la vie qui, tel cet enfant de 10 ans que je citais tout à l’heure, venaient, avec leurs parents, chercher le réconfort et le courage d’avancer et d’espérer encore ; l’hôpital Necker, ce « lazaret » des temps modernes est bien une œuvre admirable de charité et de compassion qui continue aujourd’hui. Le Professeur Lejeune a su versé l'huile de la miséricorde et le vin de la vérité qui libère(8) (cf. Lc 10, 34) sur les blessures de cette partie de l’humanité sans défense et ignorée des puissants de ce monde, dans cet « hôpital », cet « Hôtel-Dieu », qui est aussi « l’auberge » de la parabole du Bon Samaritain ; et nous savons que l’auberge est ici l’allégorie de l’Église, notre Mère.
Je profite de cette opportunité pour saluer et remercier toutes les associations qui œuvrent patiemment et contre vents et marées, pour que la vie soit promue et protégée, tout comme la famille qui en est le sanctuaire. La vie est un don de Dieu, un don que Dieu a confié à la famille. C’est donc dans la famille que la vie trouve sa source, qu’elle trouve le cadre qui répond et à sa dignité et à sa destinée. D’où le caractère sacré de la vie et le respect qu’elle mérite, deux impératifs que toute législation digne de ce nom doit reconnaître et promouvoir, y compris ici, en France, la Fille aînée de l’Église. En effet, dans la vie de chaque personne humaine, même la plus faible et la plus blessée, l'image de Dieu resplendit et se manifeste dans toute sa plénitude avec la venue et l’Incarnation de Jésus, du Fils de Dieu Sauveur. Dès lors, chaque homme est appelé à une plénitude de vie qui va bien au-delà des dimensions de son existence sur terre, puisqu'elle est la participation à la vie même de Dieu. Telle était la conviction du Professeur Lejeune, et telle est encore aujourd’hui la conviction inébranlable de la Fondation qui porte son nom.
Je voudrais conclure en livrant à votre méditation cette réflexion lumineuse du Professeur Jérôme Lejeune, ce modèle de médecin généticien et praticien, qui n’a pas craint de dire la vérité à temps et à contretemps (9) : « Il n’y a point d’Homme avec un grand H. Il y a des hommes, des personnes, et chacun d’eux est respectable. Si chacun veut bien verser une larme sur la condition de l’Homme, si les grandes consciences s’enorgueillissent de grands élans en parlant des droits de l’Homme, bien peu se préoccupent de chaque homme, si ce n’est la loi élémentaire de la charité, un mot fort décrié ces temps-ci, et pourtant irremplaçable, car la charité s’étend à tous et à chacun, et surtout au premier venu, celui qui est juste à côté de nous, le « prochain » comme nous le disent nos catéchismes ».
Je vous remercie pour votre attention.

Robert, Cardinal Sarah


(1) Nous devons à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Docteur de l’Église, l’appel à l’offrande de soi-même à l’Amour miséricordieux en guise de martyre, elle que le Pape saint Pie X, au début du XX siècle, qualifiait de «  plus grande sainte des temps modernes ». En effet, dans une lettre à l’abbé Bellière, Thérèse évoque « le martyre du cœur » qui n’est pas moins fécond que « l’effusion de sang » (Correspondance Générale, Lettre 213). Dans son Acte d’offrande à l’Amour miséricordieux, elle s’exclame : « Afin de vivre dans un acte de parfait Amour, je m'offre comme victime d'holocauste à votre Amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous, et qu'ainsi je devienne martyre de votre AMOUR, ô mon Dieu ! ».
(2) Le n. 4 du Décret Apostolicam Actuositatem (sur l’apostolat des laïcs) souligne que « la fécondité de l’apostolat des laïcs dépend de leur union vitale avec le Christ ».
(3) Selon la Parole de Dieu en saint Paul qui décrit l’équipement spirituel du baptisé : « Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu » (Ep 6, 14-17).
(4) Saint Jean-Paul II, encyclique Redemptor hominis, 4 mars 1979 (n. 8) : cf. Concile Vatican II: Constitution pastorale Gaudium et Spes sur l’Eglise dans le monde de ce temps (22, 2).
(5) Saint Jean-Paul II : Lettre encyclique Evangelium Vitae, 25 mars 1995, n. 12.
(6) Pape François : Discours au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, 13 janvier 2014.
(7) Pape François, Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, 24 novembre 2013, n. 213.
(8) « Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : "Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres" » (Jn 8, 31-32).
(9) « Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques. Mais toi, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère. Moi, en effet, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse » (2 Tm 4, 2-8).




vendredi 24 mars 2017

Récollection des Régions Nord et Normandie

20170311BlasonNormandie.pngLa récollection jointe des deux Régions, Nord et Normandie, samedi 11 mars à Rouen, a été, au témoignage de tous, participants et organisateurs, une superbe journée. Elle a été marquée par une ambiance de grande amitié jointe au sérieux du travail. Occasion de faire la connaissance de beaucoup de nouveaux, cadres comme simples pèlerins.


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Cette deuxième édition commune a été accueillie à Rouen par le Chanoine Waché de Corbie, de l'Institut du Christ-Roi. Les 19 participants ont profité des enseignements de l'aumônier général du Pèlerinage, l'abbé Garnier. Tous ont été impressionnés par le thème choisi pour 2017, et ont pris de fermes résolution pour préparer ce thème et recruter de nombreux pèlerins dans leurs chapitres respectifs.





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Classiques de la vie spirituelle : l'Imitation de Jésus-Christ

20170319Imitation.jpg"L'Imitation de Jésus-Christ" est le livre le plus imprimé au monde après la Bible. On vient et revient sans cesse à ses courtes et frappantes sentences. Elles ont alimenté la vie spirituelle des générations qui nous ont précédés (en particulier en France sous la forme des "manuels du chrétien").
Ne laissons pas un tel trésor prendre la poussière. Faisons-en un compagnon habituel.

Livre II - Chapitre 6 (extraits)

De la joie d’une bonne conscience


1. La gloire de l’homme de bien est le témoignage de sa conscience. Ayez la conscience pure, et vous posséderez toujours la joie. La bonne conscience peut supporter beaucoup de choses, et elle est pleine de joie dans les adversités. La mauvaise conscience est toujours inquiète et troublée. Vous jouirez d’un repos ravissant, si votre coeur ne vous reproche rien. Ne vous réjouissez que d’avoir fait le bien. Les méchants n’ont jamais de véritable joie, ils ne possèdent point la paix intérieure, parce qu’il n’y a point de paix pour l’impie, dit le Seigneur. Et s’ils disent : Nous sommes dans la paix, les maux ne viendront pas sur nous ; et qui oserait nous nuire ? ne les croyez pas, car la colère de Dieu se lèvera soudain, et leurs oeuvres seront réduites à rien, et leurs pensées périront. (...)

3. Il sera aisément en paix et content, celui dont la conscience est pure. Vous n’êtes pas plus saint parce qu’on vous loue, ni plus imparfait parce qu’on vous blâme. Vous êtes ce que vous êtes, et tout ce qu’on pourra dire ne vous fera pas plus grand que vous ne l’êtes aux yeux de Dieu. Si vous considérez bien ce que vous êtes en vous-même, vous vous embarrasserez peu de ce que les hommes disent de vous. L’homme voit le visage, mais Dieu voit le coeur. L’homme regarde les actions ; mais Dieu pèse l’intention.
Faire toujours bien, et s’estimer peu, c’est le signe d’une âme humble. Ne vouloir de consolation d’aucune créature, c’est la marque d’une grande pureté et d’une grande confiance intérieure.




Dimanche 19 mars 2017

L’angélus de midi pour la France et pour la paix du 25 mars au 15 août

20170320SanctuairesprientpourlaFrance.pngDes recteurs de sanctuaires français coordonnent leurs actions de prière pour l’avenir de notre pays. Les élections présidentielles et législatives à venir en sont une étape importante, mais notre prière se poursuivra au delà des élections. C’est pourquoi le réseau « Des sanctuaires prient pour la France » propose de retrouver jusqu’au 15 août 2017 l’origine de la prière de l’Angélus de midi en l’offrant pour la paix, en particulier dans notre pays.



Prier l’Angélus de midi pour la France et pour la paix

D’abord prié uniquement le matin puis le soir, c’est en 1472 que Louis XI prescrit à tout son royaume l'extension de l'Angélus à midi, et demande qu'à cette heure-là l'intention de prière soit la paix.
L'Angélus reprend 3 versets bibliques, véritables résumés la foi chrétienne, empruntés à saint Luc :

  • « L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie. - Et elle conçut du Saint-Esprit. » (Luc 1, 26-28),
  • « Voici la Servante du Seigneur. - Qu’il me soit fait selon ta parole. » (Luc 1, 38),
  • et au prologue de saint Jean « Et le Verbe s’est fait chair. – Et il a habité parmi nous.» (Jean 1, 14),

suivi chacun par un Je Vous Salue Marie.

On termine par une prière très ancienne, l’oraison du 4ème dimanche de l’Avent, résumé de notre cheminement spirituel :
« Que votre grâce Seigneur se répande en nos cœurs ; par le message de l’ange, Vous nous avez fait connaître l’Incarnation de votre Fils bien-aimé ; Conduisez-nous, par sa Passion et par sa Croix, jusqu’à la gloire de sa Résurrection.»

Une nuit de prière du 14 au 15 août 2017 dans nos sanctuaires

Notre prière commune se terminera par des veillées de prière dans nos sanctuaires, la nuit du 14 au 15 août 2017, veille de la fête de l’Assomption de Marie, patronne principale de la France.

Les 16 recteurs membres du réseau au 14 septembre 2017 :
Cotignac
Jérusalem Sainte Anne
Laghet
Le Puy-en-Velay - ND de France
Le Puy en Velay - St Joseph
L’Ile-Bouchard
Lorette Italie
Notre-Dame du Chêne
Notre-Dame de Cléry
Paray-Le-Monial
Paris (Cathédrale Notre-Dame)
Paris (Notre-Dame du Perpétuel Secours)
Paris (Notre-Dame des Victoires)
Pellevoisin
Pontmain
Rocamadour

La prière officielle du réseau :


Sainte Vierge Marie, Notre-Dame,

Vous avez porté depuis des siècles un regard d’amour sur le pays de France et sur le peuple français. Vous l’avez protégé et aidé de mille manières et vous avez manifesté à de nombreuses reprises votre présence sur cette terre. Malgré toutes leurs faiblesses et leurs péchés, les chrétiens de France vous ont montré souvent leur tendresse et leur confiance. Ainsi, un pacte d’affection s’est créé entre la France et vous-même, déterminant de la sorte un chemin privilégié vers le Cœur de votre Fils Jésus.

Aujourd’hui, Vierge Sainte, nous tournons nos regards vers vous avec plus d’insistance. Vous savez que dans notre pays, comme dans le monde entier, se joue l’avenir de l’être humain, de la famille, et de la civilisation et de la vie. Vous voyez que les forces de destruction de l’homme sont à l’œuvre comme jamais, séduisant les esprits et les cœurs. Vous êtes la femme de l’Apocalypse qui, avec l’aide des anges, combattez le démon. Prenez-nous en pitié. Ne nous abandonnez pas dans le combat. Ecoutez les humbles prières que nous faisons monter vers vous avec un cœur d’enfant. Permettez que la vérité, la pureté, la foi, l’union des cœurs triomphent chez nous, non pour nous glorifier nous-mêmes, mais pour servir dans le monde entier, avec générosité, Jésus Sauveur des hommes, votre divin Fils. Faites de nous des hommes et des femmes courageux et fervents, dignes de leurs pères et préparant des générations futures qui continueront l’œuvre de l’amour dans notre pays et sur toute la terre.

Amen.




vendredi 17 mars 2017

Classiques de la vie spirituelle : l'Imitation de Jésus-Christ

20170319Imitation.jpg"L'Imitation de Jésus-Christ" est le livre le plus imprimé au monde après la Bible. On vient et revient sans cesse à ses courtes et frappantes sentences. Elles ont alimenté la vie spirituelle des générations qui nous ont précédés (en particulier en France sous la forme des "manuels du chrétien").
Ne laissons pas un tel trésor prendre la poussière. Faisons-en un compagnon habituel.

Livre I - Chapitre 23 (extraits)

De la méditation de la mort


1. C’en sera fait de vous bien vite ici-bas : voyez donc en quel état vous êtes. L’homme est aujourd’hui, et demain il a disparu, et quand il n’est plus sous les yeux, il passe bien vite de l’esprit. O stupidité et dureté du coeur humain, qui ne pense qu’au présent, et ne prévoit pas l’avenir ! Dans toutes vos actions, dans toutes vos pensées, vous devriez être tel que vous seriez s’il vous fallait mourir aujourd’hui. Si vous aviez une bonne conscience, vous craindriez peu la mort. Il vaudrait mieux éviter le péché que fuir la mort. Si aujourd’hui vous n’êtes pas prêt, comment le serez-vous demain ? Demain est un jour incertain : et que savez-vous si vous aurez un lendemain ?

2. Que sert de vivre longtemps, puisque nous nous corrigeons si peu ? Ah ! Une longue vie ne corrige pas toujours ; souvent plutôt elle augmente nos crimes. Plût à Dieu que nous eussions bien vécu dans ce monde un seul jour ! Plusieurs comptent les années de leur conversion ; mais souvent, qu’ils sont peu changés, et que ces années ont été stériles ! S’il est terrible de mourir, peut-être est-il plus dangereux de vivre si longtemps. Heureux celui à qui l’heure de sa mort est toujours présente, et qui se prépare chaque jour à mourir ! Si vous avez vu jamais un homme mourir, songez que vous aussi vous passerez par cette voie. 8. Qui se souviendra de vous après votre mort, et qui priera pour vous ? Faites, faites maintenant, mon cher frère, tout ce que vous pouvez, car vous ne savez pas quand vous mourrez, ni ce qui suivra pour vous la mort. Tandis que vous en avez le temps, amassez des richesses immortelles. Ne pensez qu’à votre salut, ne vous occupez que des choses de Dieu. Faites-vous maintenant des amis, en honorant les saints et en imitant leurs oeuvres, afin qu’arrivé au terme de cette vie, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels.

9. Vivez sur la terre comme un voyageur et un étranger à qui les choses du monde ne sont rien. Conservez votre coeur libre et toujours élevé vers Dieu, parce que vous n’avez point ici-bas de demeure permanente. Que vos gémissements, vos larmes, vos prières, montent tous les jours vers le ciel, afin que votre âme, après la mort, mérite de passer heureusement à Dieu.




mercredi 15 mars 2017

Récollection de la Région Est

20170312BBenedictionbanniere.jpgLa Région Est a fait carton plein pour sa récollection le week end dernier : près de cent participants pour ces journées de prière, d'étude et d'amitié. l’aumônier régional était assisté de deux autres confrères pour les exposés.

La veillée s'est déroulée dans une ambiance "Chœur Montjoie-Saint Denis", autour des chants et du buffet.
Le dimanche Messe solennelle à la basilique de Fontaine-lès-Dijon, lieu de naissance de Saint Bernard, avec bénédiction de la nouvelle bannière du chapitre saint Bernard -sainte Elisabeth de la Trinité (canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François).

Ces deux journées ont réchauffé les coeurs et fait beaucoup de bien à tous.

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vendredi 10 mars 2017

À propos du totalitarisme et de la terreur - un article de Joël Hautebert dans "l'Homme Nouveau"

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Joël Hautebert - "l'Homme Nouveau" n° 1634 du 11 mars 2017


Dans ses encycliques Veritatis splendor (nn. 99 et 101) et Evangelium vitæ (nn. 20 et 96) publiées en 1993 et en 1995, le saint pape Jean-Paul II dénonçait la possible dérive totalitaire des démocraties modernes. Ces fermes mises en garde suscitèrent bien des réactions d’émoi. D’aucuns ont pu penser et pensent encore que les propos du pape faisaient preuve d’un anachronisme coupable ou bien qu’ils révélaient un défaut de rigueur conceptuel par l’emploi inapproprié du substantif « totalitarisme ». Telle n’est pas notre opinion, car il nous semble au contraire que la culture de mort revêt un caractère systémique dans nos régimes contemporains, similaire à ce que l’on a pu observer dans le passé. Pour s’en convaincre, il convient de reprendre l’une des analyses les plus perspicaces du système totalitaire, celle proposée par Hannah Arendt dans les années 1950, à partir des expériences politiques national-socialiste et soviétique.

Aux yeux de la célèbre philosophe juive allemande, le concept de totalitarisme repose essentiellement sur les deux critères suivants : l’idéologie et la terreur. L’idéologie est présentée comme le moteur du régime, c’est-à-dire ce qui fait agir tant les gouvernants que les citoyens. La terreur correspond à la nature du régime, ce qui le fait être, comme on peut dire que la nature de la monarchie consiste dans le fait qu’elle soit dirigée par un roi, l’aristocratie par une élite, etc. Conséquence selon Hannah Arendt de la faillite du sens commun, l’idéologie est un système d’explication du monde déconnecté du réel et de l’expérience. Les idéologies totalitaires, révolutionnaires, sont progressistes car elles énoncent l’idée d’un mouvement permanent, fondé sur des lois prétendument scientifiques, celle de la « nature » (1) (évolutionnisme de Darwin appliqué à la race), d’un côté et celle de l’histoire, de l’autre (marxisme).

La définition de la terreur est particulièrement fine puisque selon cet auteur, elle a pour mission d’affranchir les processus énoncés par l’idéologie de tous les obstacles qu’ils peuvent rencontrer… y compris l’homme lui-même. À l’inverse des exécutions d’opposants auxquelles recourent les régimes autoritaires, la terreur est permanente et vise tout le monde, principalement des innocents. Selon Hannah Arendt, « cette humanité (l’homme nouveau, but ultime des idéologies), qui constitue à la fois le produit ultime et l’incarnation du mouvement de la Nature ou de l’Histoire, demande des sacrifices continuels – l’élimination constante de classes ou d’éléments raciaux hostiles, parasites ou malsains – afin de conquérir son éternité meurtrière ». (2) La terreur exécute les verdicts de mort dictés par l’idéologie. La liquidation de masse est donc intrinsèque au système totalitaire. Il en résulte que « le totalitarisme ne tend pas vers un monde despotique sur les hommes, mais vers un système dans lequel les hommes sont superflus».(3) Cette phrase synthétise la quintessence du totalitarisme selon Hanna Arendt, qui a le mérite de définir un système politique inconnu jusqu’alors, dont les caractéristiques ne résultent pas du seul contexte social et politique, car d’autres idéologies peuvent devenir totalitaires.

À la lecture des deux encycliques citées, les allusions explicites de saint Jean-Paul II au totalitarisme ne sont pas éloignées du schéma qui vient d’être présenté, même s’il est question des démocraties occidentales. En effet, les divers paragraphes traitant du sujet mentionnent le relativisme éthique et la culture de mort à travers les lois autorisant l’avortement et l’euthanasie, formes nouvelles d’idéologie et de terreur de masse au sein d’un système politique.
Si l’idéologie s’exprime aujourd’hui différemment, elle garde ses traits caractéristiques à travers le relativisme éthique contemporain : déconnexion du réel, progrès linéaire et mouvement permanent. La société change nous dit-on, elle évolue, il n’y a pas de nature humaine et tous nos comportements sont des conditionnements sociaux, tous sujets aux mutations. Les sciences sociales fournissent aujourd’hui l’ossature intellectuelle de la « scientificité prophétique », annonçant des lendemains forcément meilleurs, quoique indéfinis. Ce processus justifie la phase nouvelle de la révolution anthropologique au service de l’émancipation narcissique des volontés pures, autrement dit au service du « droit à ». Quant à la terreur, elle ne s’exprime pas forcément par des camps ou des fusillades de masse. Puisqu’elle consiste à affranchir le processus de tous les obstacles qu’il peut rencontrer, les nouvelles victimes innocentes par excellence sont les enfants conçus non encore nés, dont la possible liquidation est déjà prononcée par les grandes « avancées » du mouvement progressiste émancipateur, comme le soi-disant droit des femmes à disposer de leur corps. Combien de morts depuis quarante ans en France ? Combien dans le monde entier ? Rendons-nous à l’évidence, dans nos démocraties occidentales aussi les êtres humains sont superflus. Cette réalité légale n’a rien d’accidentelle puisqu’elle est idéologiquement justifiée et qu’elle constitue toujours un sujet majeur de la vie politique française. Pire, il faut toujours plus d’avortements, comme si les « sacrifices continuels » étaient la règle intrinsèque au système.

La légalisation de l’euthanasie dans de nombreux pays d’Europe vient offrir de nouvelles victimes. Rien de tel pour faire comprendre aux impotents, faibles et vieillards superflus que leur « sacrifice » est vivement souhaité. « Lorsqu’il est parvenu au calme bien connu qui est celui des cimetières, le totalitarisme, loin d’être satisfait, transforme aussitôt et avec une vigueur accrue l’instrument que constituait la terreur en une loi objective du processus » (4) précisait Hannah Arendt. La transposition de cette analyse du phénomène totalitaire aux temps actuels n’a, hélas !, rien d’incongrue. Quand on y réfléchit un peu, ce n’est pas l’homme qui se libère aujourd’hui, mais le processus révolutionnaire qui s’affranchit de l’humanité. Quelles seront les prochaines victimes ?

Joël Hautebert

1. Qui n’a strictement rien à voir avec la conception classique de la loi naturelle ou du droit naturel.
2. La nature du totalitarisme, p. 101, Payot, 1990. Rééd. 2006, 176 p., 22,50€.
3. Le système totalitaire, p. 274, Seuil, 2005, 384 p., 9,80 €.
4. La nature du totalitarisme, op. cit., p. 106.

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