jeudi 19 septembre 2019

Synode sur l'Amazonie : des erreurs et des hérésies dénoncées par le cardinal Burke et Mgr Schneider ( L'Homme Nouveau)

Un texte à lire absolument : Notre-Dame de Chrétienté remercie l'Homme Nouveau de cette diffusion, le Cardinal Burke que Mgr. Schneider ayant honoré le pèlerinage de leur présence et de leur enseignements ces dernières années.

Du 6 au 27 octobre, se déroulera le synode des évêques sur l'Amazonie. La publication de l'Instrumentum Laboris, le document préparatoire de ce synode, a suscité des craintes et des réactions chez plusieurs théologiens, clercs et fidèles laïcs. Ce texte avait déjà fait l'objet de vivre critiques par la cardinal Müller et le cardinal Brandmüller. Le cardinal Burke (déjà auteur d'une lettre à destination des cardinaux et pointant du doigt les erreurs de l'Instrumentum Laboris) et Mgr Schneider ont choisi de présenter à l'ensemble des fidèles catholiques, six sujets gravement problématiques ressortant du texte préparatoire. Ils invitent à "une croisade de prière et de jeûne afin d'implorer Dieu pour que l'erreur et l'hérésie ne pervertissent pas la prochaine assemblée extraordinaire du synode des évêques sur l'Amazonie". Voici une traduction de leur lettre ouverte.

Divers prélats et commentateurs fidèles laïcs, ainsi que des institutions laïques, ont mis en garde sur le fait que les auteurs de l'Instrumentum Laboris, publié par le secrétariat du Synode de Evêques pour servir de base pour la discussion durant la prochaine assemblée extraordinaire sur l'Amazonie, ont inséré de graves erreurs théologiques et des hérésies dans le document.

Nous invitons le clergé catholique et les fidèles à participer à une croisade de prière et de jeûne afin d'implorer Notre Seigneur et Sauveur, par l'intercession de la Sainte Vierge sa Mère, pour les intentions suivantes :

  • Que les erreurs théologiques et les hérésies insérées dans l'Instrumentum Laboris ne soient pas approuvées durant l'assemblée synodale.
  • Qu'en particulier le Pape François, dans l'exercice de son ministère pétrinien, puisse confirmer ses frères dans la foi par un rejet sans ambiguïté des erreurs de l'Instrumentum Laboris, et qu'il ne consente pas à l'abolition du célibat sacerdotal dans l'Eglise latine en introduisant la pratique de l'ordination d'hommes mariés, les dits « viri probati », pour le sacerdoce sacré.

Nous proposons une croisade de quarante jours de prière et de jeûne à commencer le 17 septembre et à terminer le 26 octobre 2019, le jour précédant la conclusion de l'assemblée extraordinaire du Synode des Evêques sur l'Amazonie. Quiconque serait informé de la croisade après la date officielle de son commencement pourrait bien sûr s’y joindre à n’importe quel moment.

Durant les quarante jours de la croisade de prière et de jeûne, nous invitons à prier au moins une dizaine du Saint Rosaire et à jeûner une fois par semaine pour les intentions mentionnées plus haut. Selon la tradition de l'Eglise, jeûner consiste à manger un seul repas complet dans la journée et, en addition, il est possible d'y ajouter deux petites collations. Jeûner au pain et à l'eau est également recommandé pour ceux qui sont capables de faire ainsi.

Il est de notre devoir de faire prendre conscience aux fidèles de quelques-unes des erreurs répandues dans l'Instrumentum Laboris. En guise d'introduction, il faut observer que le document est long et qu'il est marqué par un langage qui n'est pas clair dans sa compréhension, tout spécialement ce qui concerne le dépôt de la foi (depositum fidei). Parmi les principales erreurs, nous notons plus particulièrement les suivantes :

1. Un panthéisme implicite

L'Instrumentum Laboris promeut une socialisation païenne de la « Terre Mère », reposant sur la cosmologie des tribus amazoniennes, implicitement panthéiste.

  • Les peuples aborigènes découvrent comment toutes les parties « sont des dimensions qui existent de façon constitutive en relation, formant un tout vital » (n°21) et ainsi vivent « en communion avec la nature comme un tout » (n°18) et « en dialogue avec les esprits » (n°75).
  • Leur vie et leur « bonne manière de vivre » sont caractérisées par « l'harmonie des relations » entre « le cosmos total- nature, hommes, l'être suprême » et « les diverses forces spirituelles » (n°12 et 13), résumé dans le « mantra » du Pape François : « tout est connecté » (n°25).
  • Les croyances et les rites des « guérisseurs traditionnels » (n°88 et 89) concernant « la divinité aux noms multiples », agissant avec et en relation avec la nature (n°25) « créent harmonie et équilibre entre les êtres humains et le cosmos » (n°87).
  • Ainsi, nous devons écouter les pleurs de la « terre Mère » (n°146), arrêter son extermination (n°17) et vivre sainement en harmonie avec elle (n°85).

Le Magistère de l'Eglise rejette un tel panthéisme implicite comme incompatible avec la Foi catholique : « La chaleur de la Terre Mère, dont la divinité s'étend à toute la création, comble, dit-on, le fossé entre la création et le Dieu-Père transcendant du judaïsme et du christianisme en écartant la perspective de devoir être jugés par un tel Être. » (Conseil Pontifical pour la Culture et Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux, « Jésus Christ, le porteur d'eau vive : une réflexion chrétienne sur le « Nouvel Age »,2.3.1)

Dans l'affirmation suivante, le Magistère de l'Eglise rejette panthéisme et relativisme en enseignant ceci :

« Ils (NDT :les adeptes du Nouvel Age) tendent à relativiser la doctrine religieuse en faveur d'une vague vision mondialiste exprimée comme un système de mythes et de symboles habillés d'un langage religieux. De plus, ils proposent souvent un concept panthéiste de Dieu qui est incompatible avec les Saintes Ecritures et la Tradition chrétienne. Ils remplacent la responsabilité personnelle envers Dieu pour nos actions par un sens du devoir envers le cosmos, renversant par conséquent le véritable concept de péché et le besoin de rédemption à travers le Christ. » (Jean-Paul II, Adresse aux évêques américains de l'Iowa, du Kansas, du Missouri et du Nebraska, visite« Ad Limina », 28 mai 1993).

2. Les superstitions païennes comme sources de la révélation divine et comme voies alternatives pour le salut

L'Instrumentum Laboris retire, de son implicite conception panthéiste, un concept erroné de la Révélation divine, affirmant dans l'ensemble que Dieu continue de se communiquer Lui-même dans l'histoire à travers la conscience des peuples et les cris de la nature. Selon cette vision, les superstitions païennes des tribus amazoniennes sont une expression de la Révélation divine méritant une attitude de dialogue et d'acceptation de la part de l'Eglise :

  • L'Amazonie est une « place théologique » où la foi « ou l'expérience de Dieu dans l'histoire » est vécue ; c'est « une source particulière de la révélation de Dieu : des lieux épiphaniques » où « les caresses de Dieu » deviennent « incarnées dans l'histoire » (n°19).
  • L'Eglise doit « découvrir la présence incarnée et active de Dieu » dans « la spiritualité des peuples d'origine » (n°33), reconnaissant en eux « d'autres avenues/voies »  (n°39), puisque l'Esprit Créateur « a nourri la spiritualité de ces peuples pendant des siècles, même avant la proclamation de l'Evangile » (n°120), leur enseignant « la foi en Dieu Créateur Père-Mère » et « la relation vivante avec la nature et la « Terre Mère » ainsi qu' « avec les ancêtres » » (n°121).
  • À travers le dialogue, l'Eglise doit éviter d'imposer des « doctrines pétrifiées » (n°38), « des formulations de la foi exprimées avec d'autres références culturelles »  (n°120), et une « attitude corporatiste qui réserve le salut uniquement à son propre credo ». (n°39) ; en faisant ainsi, l'Eglise marchera «  en cherchant son identité vers l'unité dans le Saint Esprit ». (n°40)

Le Magistère de l'Eglise rejette la relativisation du caractère unique de la Révélation de Dieu contenue dans les Saintes Ecritures et la Tradition sacrée, en enseignant ceci :

« L’Église a toujours vénéré les divines Écritures, comme elle le fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles. Toujours elle eut et elle a pour règle suprême de sa foi les Écritures, conjointement avec la sainte Tradition, puisque, inspirées par Dieu et consignées une fois pour toutes par écrit, elles communiquent immuablement la Parole de Dieu lui-même et font résonner dans les paroles des prophètes et des Apôtres la voix de l’Esprit Saint. » (Second Concile du Vatican, Constitution dogmatique Dei Verbum n°21)

Le Magistère de l'Eglise affirme qu'il n'y a qu'un unique Sauveur, Jésus-Christ, et que l'Eglise est son unique Corps mystique et Epouse :

« Par conséquent, compte tenu de l'unicité et de l'universalité de la médiation salvifique de Jésus-Christ, on doit croire fermement comme vérité de foi catholique en l'unicité de l'Église fondée par le Christ. Tout comme il existe un seul Christ, il n'a qu'un seul Corps, une seule Épouse : une « seule et unique Église catholique et apostolique ». De plus, les promesses du Seigneur de ne jamais abandonner son Église (cf. Mt16,18 ; 28,20) et de la guider par son Esprit (cf. Jn16,13) impliquent, selon la foi catholique, que l'unicité et l'unité, comme tout ce qui appartient à l'intégrité de l'Église, ne feront jamais défaut. ». (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration Dominus Iesus sur l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus Christ et de l'Eglise, n°16)

3. Dialogue interculturel au lieu d'évangélisation

L’Instrumentum Laboris contient la théorie erronée que les peuples aborigènes ont déjà reçu la révélation divine et que l’Eglise catholique en Amazonie devrait opérer « une conversion pastorale et missionnaire », au lieu d’introduire la doctrine et la pratique de la vérité et du bien universels. L’Instrumentum Laboris affirme également que l’Eglise doit s’enrichir des symboles et des rites des peuples aborigènes :

  • Une « Eglise en chemin » évite le risque de « proposer une solution avec une valeur universelle » ou l’application d’ « un corps monolithe de doctrine regardé par tous » (n°110), et favorise l’interculturalité, c’est-à-dire « un enrichissement mutuel des cultures dans le dialogue », parce que « les sujets actifs de l’interculturation sont les peuples indigènes eux-mêmes » (n°122).
  • En outre, l’Eglise reconnaît « la spiritualité indigène comme une source de richesse pour l’expérience chrétienne » et se charge d’ « une catéchèse qui assume le langage et le sens des récits des cultures indigènes et d’ascendance africaine » (n°123).
  • En partageant mutuellement « leurs expériences de Dieu », les croyants font « de leurs différences un stimulus de croissance et d’approfondissement de leur propre foi » (n°136).

Le Magistère de l’Eglise rejette l’idée que l’activité missionnaire soit simplement un enrichissement interculturel, en enseignant ceci :

« Les initiatives particulières par lesquelles les prédicateurs de l’Évangile envoyés par l’Église et allant dans le monde entier s’acquittent de la tâche d’annoncer l’Évangile et d’implanter l’Église parmi les peuples ou les groupes humains qui ne croient pas encore au Christ, sont communément appelées « missions » (…). La fin propre de cette activité missionnaire est l’évangélisation et l'implantation de l’Église dans les peuples ou les groupes humains dans lesquels elle n’a pas encore été enracinée (…). Mais le moyen principal de cette implantation, est la proclamation de l’Évangile de Jésus Christ . » (Second Concile du Vatican, Décret Ad Gentes, n°6)

« Par l’inculturation, l’Eglise incarne l’Evangile dans les diverses cultures et, en même temps, elle introduit les peuples avec leurs cultures dans sa propre communauté; elle leur transmet ses valeurs, en assumant ce qu’il y a de bon dans ces cultures et en les renouvelant de l’intérieur. Pour sa part, l’Eglise, par l’inculturation, devient un signe plus compréhensible de ce qu’elle est et un instrument plus adapté à sa mission. ». (Jean-Paul II, Encyclique Redemptoris Missio, n°52)

4. Une conception erronée de l’ordination sacramentelle, postulant des ministres du culte des deux sexes pour accomplir même des rites chamaniques

Au nom de l’inculturation de la foi, et sous le prétexte du manque de prêtres pour célébrer fréquemment l’Eucharistie, l’Instrumentum Laboris est en faveur d’adapter les ministères ordonnés catholiques aux coutumes ancestrales des peuples aborigènes, accordant aux femmes des ministères officiels et ordonnant les dirigeants mariés de la communauté comme prêtres de second rang, privés d’une partie de leur pouvoir ministériel mais autorisés à célébrer des rites chamaniques :

  • Comme « le cléricalisme est inacceptable sous toutes ses formes » (n°127) « un changement est nécessaire en ce qui regarde le critère de sélection et de préparation des ministres autorisés à célébrer l’Eucharistie » (n°126), étudiant la possibilité de l’ordination presbytérale « pour des anciens, préférablement indigènes, respectés et acceptés dans leur communauté, même s’ils ont une famille stable et existante » (n°129), ceci montrant « une autre manière d’être l’Eglise (…) sans la censure, le dogmatisme ou les disciplines rituelles. » (n°138).
  • Parce que, dans les cultures de l’Amazonie, « l’autorité est rotative », il serait opportun « de reconsidérer l’idée que l’exercice de la juridiction(pouvoir du gouvernement) doive être lié dans tous les domaines (sacramentel, juridique, administratif) et de façon permanente au sacrement de l’Ordre sacré ». (n°127)
  • L’Eglise doit « identifier le type de ministère officiel qui peut être conféré aux femmes ».(n°129)
  • Reconnaissance doit être donnée « aux rites et cérémonies indigènes » qui « créent une harmonie et un équilibre entre les êtres humains et le cosmos » (n°87), de même qu’ « aux éléments traditionnels qui sont parts des processus de guérison » pratiqués par les « guérisseurs anciens » (n°88) dont « les rites, les symboles et les styles de célébration » devraient être intégrés dans « les rituels sacramentels et liturgiques ». (n°126)

Le Magistère de l’Eglise rejette de telles pratiques, et leurs idées implicites, en enseignant ceci :

« Le sacerdoce ministériel diffère essentiellement du sacerdoce commun des fidèles parce qu’il confère un pouvoir sacré pour le service des fidèles. Les ministres ordonnés exercent leur service auprès du peuple de Dieu par l’enseignement (munus docendi), le culte divin (munus liturgicum) et par le gouvernement pastoral (munus regendi).» (Catéchisme de l’Eglise catholique, n°1592)

« Le Christ, Fils unique du Père, du fait même de son incarnation, est constitué Médiateur entre le ciel et la terre, entre le Père et le genre humain. En pleine harmonie avec cette mission, le Christ est resté durant toute sa vie dans l’état de virginité, qui signifie son dévouement total au service de Dieu et des hommes. Ce lien profond qui, dans le Christ, unit la virginité et le sacerdoce, se reflète en ceux à qui il échoit de participer à la dignité et à la mission du Médiateur et Prêtre éternel, et cette participation sera d’autant plus parfaite que le ministre sacré sera affranchi de tout lien de la chair et du sang . » (Paul VI, Encyclique Sacerdotalis Caelibatus, n°21)

« La volonté de l’Église trouve sa dernière motivation dans le lien du célibat avec l’Ordination sacrée, qui configure le prêtre à Jésus Christ Tête et Époux de l’Église. L’Église, comme Épouse de Jésus Christ veut être aimée par le prêtre de la manière totale et exclusive avec laquelle Jésus Christ Tête et Époux l’a aimée. Le célibat sacerdotal alors, est don de soi dans et avec le Christ à son Église, et il exprime le service rendu par le prêtre à l’Église dans et avec le Seigneur. » (Jean-Paul II, Exhortation apostolique Pastores dabo vobis, n°29)

« L’ordination sacerdotale, par laquelle est transmise la charge, confiée par le Christ à ses Apôtres, d’enseigner, de sanctifier et de gouverner les fidèles, a toujours été, dans l’Église catholique depuis l’origine, exclusivement réservée à des hommes. (…) D’autre part, le fait que la très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église, n’ait reçu ni la mission spécifique des Apôtres ni le sacerdoce ministériel montre clairement que la non-admission des femmes à l’ordination sacerdotale ne peut pas signifier qu’elles auraient une dignité moindre ni qu’elles seraient l’objet d’une discrimination. (…) C’est pourquoi, afin qu’il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l’Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc22,32), que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église. » (Jean-Paul II, Lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis, n°1, 3 et 4)

5. Une « écologie intégrale » qui dévalorise la dignité humaine

En accord avec ses vues implicitement panthéistes, l’Instrumentum Laboris relativise l’anthropologie chrétienne qui reconnaît la personne humaine comme créée à l’image de Dieu et donc le sommet de la création matérielle (Gen. 1, 26-31). À l’opposé, il considère l’humain comme un simple lien dans la chaîne écologique de la nature, regardant le développement socio économique comme une agression envers la « Terre Mère ».

  • « Un aspect fondamental de l’origine du péché humain est de se détacher de la nature et de ne pas la reconnaître comme une part de l’humain en exploitant la nature sans limites.» (n°99)
  • « Un nouveau paradigme de l’écologie intégrale » (n°56) devrait se fonder sur « la sagesse des peuples indigènes » et sur leur vie quotidienne qui « nous enseigne à nous reconnaître comme part du biome » (n°102), « part de l’écosystème » (n°48), « part de la nature ». (n°17)

Le Magistère de l’Eglise rejette les opinions suivantes : que les hommes ne possèdent pas une dignité unique au-dessus du reste de la création matérielle, et que le progrès technique est lié au péché, en enseignant ceci :

« Aux hommes, Dieu accorde même de pouvoir participer librement à sa providence en leur confiant la responsabilité de «  soumettre la terre et de la dominer » (cf. Gn 1, 26-28). Dieu donne ainsi aux hommes d’être causes intelligentes et libres pour compléter l’œuvre de la Création, en parfaire l’harmonie pour leur bien et celui de leur prochains. » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n°307)

6. Un collectivisme tribal qui amoindrit le caractère propre de la personne et la liberté

Selon l’Instrumentum Laboris, une « conversion écologique » intégrale inclut l’adoption du modèle social collectif des tribus aborigènes dans lesquelles la personnalité individuelle et la liberté sont amoindries :

  • « Le concept de sumak kawsay ["bonne vie"] a été construit à partir de la sagesse ancestrale des peuples et nations indigènes. Il s’agit d’un mot riche d’expérience, plus ancien et plus réel qui propose un style de vie communautaire où tous SENTENT, PENSENT et AGISSENT de la même façon, comme un fil de laine qui maintient, enveloppe et protège, comme unponchode différentes couleurs » (Appel « Le Cri du Sumak Kawsay en Amazonie », cité dans la note 5 du n°12).
  • « La vie en Amazonie est intégrée et unifiée au territoire; il n’y a pas de séparation ou de division entre les parties. Cette unité inclut toute l’existence: travail, repos, relations humaines, rites et célébrations. Chaque chose est partagée; les espaces privés, si caractéristiques de la modernité, sont réduits au mininum. La vie avance sur un chemin commun où les tâches et les responsabilités sont distribuées et partagéesdans le but du bien commun. Il n’y a pas de place pour l’idée d’un individu détaché de la communauté ou du territoire. »(n°24)

Le Magistère de l’Eglise rejette de telles opinions en enseignant ceci :

« La personne humaine doit toujours être comprise dans sa singularité inimitable et inéluctable.De fait, l’homme existe avant tout comme subjectivité,comme centre de conscienceet de liberté,dont l’histoire unique et non comparable à aucune autre exprime l’impossibilité de le réduire à quelque tentative que ce soit de l’enfermer dans des schémas de pensée ou dans des systèmes de pouvoir, idéologiques ou non. » (Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise, n°131)

« À juste titre, l’homme apprécie la liberté et la cherche passionnément: à juste titre, il veut et doit former et conduire, de sa libre initiative, sa vie personnelle et sociale, en en assumant personnellement la responsabilité.( Veritatis Splendor, n°24) De fait, non seulement la liberté permet à l’homme de modifier convenablement l’état de choses qui lui est extérieur, mais elle détermine la croissance de son être en tant que personne, par des choix conformes au vrai bien : (Catéchisme de l’Eglise catholique, n°1733) de la sorte, l’homme s’engendre lui-même, il est le père de son propre être (Saint Grégoire de Nysse, De Vita Moysis), il construit l’ordre social.» (Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise, n°135)

Conclusion

Les erreurs théologiques et les hérésies, implicites et explicites, dans l’Instrumentum Laboris de l’imminente assemblée extraordinaire du Synode des Evêques sur l’Amazonie, sont une manifestation alarmante de la confusion, de l’erreur et de la division qui affectent l’Eglise d’aujourd’hui. Personne ne peut s’excuser de ne pas être informé de la gravité et de la situation, et de ne pas prendre les mesures appropriées par amour pour le Christ et pour sa vie avec nous dans l’Eglise. Par-dessus tout, tous les membres du Corps mystique du Christ, en présence d’une telle menace contre son intégrité, doivent prier et jeûner pour le bien éternel de ses membres qui risquent d’être scandalisés, c’est-à-dire induits dans la confusion, dans l’erreur, dans la division par ce texte pour le Synode des Evêques. De plus, chaque catholique, comme un vrai soldat du Christ, est appelé à protéger et à promouvoir les vérités de la foi et la discipline par lesquelles ces vérités sont honorées dans la pratique, de peur que la solennelle assemblée des évêques au Synode ne trahisse la mission du Synode qui est « d’aider de ses conseils le Pontife Romain pour le maintien et le progrès de la foi et des mœurs, pour conserver et affermir la discipline ecclésiastique (…) » (Droit Canon, n°342).

Le 13 octobre 2019, lors de la tenue de l’assemblée extraordinaire du Synode des Evêques sur l’Amazonie, aura lieu la canonisation du bienheureux cardinal John Henry Newman. Puissent le Saint Père et tous les membres de l’assemblée extraordinaire du Synode des Evêques sur l’Amazonie, entendent et acceptent l’enseignement lumineux de ce nouveau saint de l’Eglise, par lequel il prévient contre des erreurs théologiques semblables à celles mentionnées plus haut dans l’Instrumentum Laboris :

« Les credos privés, les religions capricieuses peuvent être très voyants et s’imposer à beaucoup de nos jours; les religions nationales peuvent s’étaler sur une grande échelle de façon inerte, et occuper le terrain pendant des siècles, et distraire l’attention ou semer la confusion dans le jugement des savants ; mais, à la longue, il apparaîtra que, ou bien la Religion catholique est en vérité et vraiment la préfiguration du monde invisible dans celui-ci, ou bien qu’il n’y a rien de positif, rien de dogmatique, rien de réel dans nos idées sur d’où nous venons et où nous allons. » (Discourses to Mixed Congregations, XIII)

« Jamais la Sainte Eglise n’a eu autant besoin de champions contre [l’esprit de libéralisme dans la religion] qu’actuellement, alors que, hélas, c’est une erreur se répandant comme un piège sur le monde entier ; … Le libéralisme dans la religion est la doctrine qui affirme qu’il n’existe aucune vérité positive dans la religion, et que toutes les croyances se valent, position dont l’enseignement prend substance et force de jour en jour actuellement. C’est inconsistant avec la reconnaissance de n’importe quelle religion comme vraie. Il enseigne que toutes doivent être tolérées, car toutes sont des questions d’opinions. La religion révélée n’est pas une vérité, mais un sentiment et un goût; pas un fait objectif; pas un fait miraculeux: et donc c’est le droit de chaque individu de lui faire dire ce qui lui plaît le plus. La dévotion n’est pas nécessairement fondée sur la la foi. Les hommes peuvent fréquenter les Eglises protestantes ou l’Eglise catholique, peuvent recevoir de la nourriture des deux et n’appartenir à aucune. Ils peuvent fraterniser ensemble dans des pensées spirituelles et des sentiments, sans avoir de doctrines communes et éprouver la nécessité d’en posséder. » (Biglietto Speech, 12 mai 1879)

Que Dieu, par l’intercession de tant de vrais missionnaires catholiques qui évangélisèrent les peuples indigènes des Amériques, parmi lesquels sont saint Turibius de Mongrovejo et saint José de Anchieta, et par l’intercession des saints que les peuples indigènes ont donnés à l’Eglise, parmi lesquels sont saint Juan Diego et sainte Catherine Tekakwitha, et tout spécialement par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Reine du Saint Rosaire, qui vainc toute hérésie, accorde que les membres de la prochaine assemblée du Synode des Evêques sur l’Amazonie et le Saint Père soient protégés du danger d’approuver des erreurs doctrinales et des ambiguïtés, et de miner la règle apostolique du célibat sacerdotal.

 

Cardinal Raymond L. Burke

Mgr Athanasius Schneider

12 septembre 2019

mercredi 18 septembre 2019

De l'importance de s'engager personnellement

"De tous les mauvais usages que l'on peut faire de la prière et des sacrements, aucun n'est aussi odieux que cet abus de paresse qui consiste à ne pas travailler et à ne pas agir et ensuite, et pendant et avant, à faire intervenir la prière pour combler le manque… Demander la victoire et ne pas avoir envie de se battre, je trouve que c'est mal élevé. (…) Les croisés, entre tous autres Saint Louis, qui faisaient une guerre sainte, qui se battaient littéralement pour le corps de Dieu, pour le temporel de Dieu, puisqu'ils se battaient pour le recouvrement du tombeau de Jésus Christ, ne s'y fiaient pourtant pas. Ils ne priaient pas comme des oies qui attendent la pâtée. Ils priaient, mieux que nous, et ensuite, et si je puis dire en exécution de leur prière, et presque déjà en couronnement de leur prière, ils se battaient, euxmêmes, tant qu'ils pouvaient, de tout leur corps, et eux-mêmes de tout leur temporel. Car dans le temporel et pour la conquête du temporel, il faut aussi engager le temporel. Et pourtant ces gens-là priaient mieux que nous. Mais quand ils avaient prié, ils bouclaient leur ceinturon, pour le couronnement même de leur prière et aussi obéissant ainsi à la loi de travail." Charles Péguy

L'Université de rentrée Marchons Enfants - La Manif Pour Tous (samedi 21-dimanche 22 septembre, près de Versailles) et la Manifestation du 6 octobre à Paris sont une bonne mise en pratique de l'engagement personnel de la rentrée...

mardi 17 septembre 2019

Rendez-vous le 6 Octobre !

MANIFESTATION NATIONALE CONTRE LA PMA SANS PÈRE ET LA GPA


Une mobilisation unitaire contre la PMA sans père et la GPA                     

Parce que le Gouvernement refuse toute forme de dialogue et reste sourd au dissensus clair à propos de la PMA sans père et de la GPA,

Parce que le Président de la République et sa majorité n’ont pas daigné prendre connaissance des conclusions des États généraux de la bioéthique,

Parce que le Comité Consultatif National d’Éthique souligne lui-même l’absence de de consensus sur cette question à l’issue des États généraux de la bioéthique (« Il n’y a pas de consensus sur la procréation médicalement assistée », Pr. Delfraissy, Le Monde, 5 juin 2018),

Parce qu’il est injuste de vouloir autoriser la fabrication d’enfants volontairement privés de père,

Parce que l’autoconservation des ovocytes n’est ni plus ni moins qu’une soumission au capitalisme ultra-libéral ne jugeant la dignité d’une personne qu’à sa valeur économique,

Parce que cela fragiliserait le tissu familial et donc toute la société,

Parce que le droit à l’enfant par la PMA sans père ne résistera pas à la voie de la GPA,

Parce que cet asservissement de la femme est une nouvelle forme d’esclavage,

Mobilisons-nous le 6 octobre à Paris en descendant dans la rue !

Marchons enfants !

 

VENIR À LA MOBILISATION DU 6 OCTOBRE

Département Villes  
06 - Alpes-Maritimes Départ de car sur Antibes et Nice, pour rejoindre le TGV à Aix  
09 - Ariège Départ Pamiers puis Auterive, Toulouse.... et Paris  
13 - Bouches-du-Rhône Marseille, Aix TGV  
16 - Charente Au départ d'Angoulême avec co-voiturage depuis autres villes de Charente  
18 - Cher Bourges -  
19 - Corrèze Brive Uzerche + à voir selon inscriptions  
22 - Côtes-d'Armor Carhaix, Loudéac, Lannion, Tréguier, Guingamp, Saint-Brieuc, et Dinan  
24 - Dordogne Car : Bergerac, Les Lèches, Périgueux, Thiviers  
31 - Haute-Garonne Pamiers (09), Auterive (31), Toulouse  
33 - Gironde Bordeaux  
37 - Indre-et-Loire Tours Centre - Tours Nord - Tours Sud - Amboise - Loches - Chinon - Bourgueil  
40 - Landes DAX  
41 - Loir-et-Cher Blois - Vendome - Mondoubleau - Romorantin - Lamotte-Beuvron  
42 - Loire St Etienne Roanne Moulins Nevers  
44 - Loire-Atlantique Nantes, Saint-Nazaire, Pornic  
46 - Lot co-voiturage jusqu'à Brive + bus (depuis Cahors, gramat, Figeac, Gourdon...)  
49 - Maine-et-Loire Saumur, Angers, Segré, Le Lion d'Angers  
49 - Maine-et-Loire Cholet  
56 - Morbihan Vannes, Lorient, Locminé, Ploërmel, Guer  
59 - Nord Lille, Croix, Valenciennes, Cambrai  
63 - Puy-de-Dôme Clermont-Ferrand, Riom, Moulins, Nevers  
69 - Rhône Lyon  
72 - Sarthe La Flèche, Le Bailleul, Le Mans, La Ferté Bernard (pour le moment)  
83 - Var Toulon  
84 - Vaucluse Avignon TGV  
85 - Vendée La Roche sur Yon  

Ce tableau est en cours de mise à jour.

Lundi 16 septembre 2019

Université de la Manif pour Tous à ne pas manquer le 21 septembre !

UNIVERSITÉ DE RENTRÉE MARCHONS ENFANTS !

L’Université de rentrée de Marchons Enfants aura lieu dans les Yvelines, près de Versailles.

  • Samedi 21 septembre de 10h30 à 23h : journée ouverte à tous (sur inscription)

Au programme : un face à face exceptionnel entre Laurent Alexandre (médecin, fondateur de Doctissimo et écrivain) et Bérénice Levet (philosophe et essayiste) sur le thème : « Transhumanisme, biotechnologies, robotique… : l’histoire est-elle écrite ? »

Et plein d’autres débats et interventions : de Chantal Delsol (philosophe), André Bercoff (écrivain), Philippe Bilger (ancien magistrat et blogueur), Joseph Thouvenel (syndicaliste), Gilles-William Goldnadel (avocat et essayiste), Anne Schaub-Thomas (psychothérapeute), Franck Meyer (porte-parole des Maires pour l’Enfance), Blanche Streb (directrice de la recherche d’Alliance Vita), Bertrand Lionel-Marie (secrétaire générale des AFC), Jean-Pier Delaume-Myard (porte-parole de La Manif Pour Tous), Ludovine de La Rochère et Albéric Dumont (présidente et vice-président de La Manif Pour Tous) …

  • Dimanche 22 septembre : journée de formation pour les bénévoles du 6 octobre (sur inscription aussi, réservé aux personnes enregistrées comme bénévoles)

Nombre de places limité : il est vivement conseillé de s’inscrire dès maintenant !pour s'inscrire, c'est ici !

Dimanche 15 septembre 2019

Rendre la pensée de St Thomas d’Aquin accessible à tous, gratuitement et dans le monde entier

Je te loue, je te glorifie, je te bénis, mon Dieu, pour les immenses bienfaits que tu m’as accordés, à moi indigne.

Je loue ta clémence si patiente à m’attendre, ta douceur qui ne fait que simuler la vengeance, ta tendresse qui m’appelle, ta bénignité qui me reçoit, ta miséricorde qui pardonne mes fautes, ta bonté qui me comble au-delà de mes mérites, ta patience qui ne se souvient pas de l’injure, ta condescendance qui me console, ta longanimité qui me protège, ton éternité qui me conserve, ta vérité qui me récompense.

Que dirai-je, mon Dieu, de ta libéralité ineffable ? Fugitif, tu me rappelles ; à mon retour, tu me reçois ; chancelant, tu me secours ; désespérant, tu me consoles ; négligent, tu m’excites ; combattant, tu me donnes des armes ; triomphant, tu me couronnes ; pécheur, tu ne me méprises pas après ma pénitence, tu oublies mon injure. Tu me délivres d’une foule de maux ; tu touches mon cœur pour qu’il se repente ; tu m’effraies des supplices, tu m’attires par des promesses, tu me corriges par tes châtiments ; tu me gardes par le ministère des anges ; tu me procures les biens temporels et me réserves les éternels ; tu m’exhortes par le prix de ma création, tu m’invites par la clémence de ma rédemption, tu me promets les biens de la rémunération.

Pour tout cela, je ne suffis pas à te louer. A ta Majesté je rends grâces pour les largesses de ton immense bonté, afin que toujours tu augmentes en moi ta grâce et, augmentée, que tu la conserves, et, conservée, que tu la récompenses. Amen.

Aquinas - Prière attribuée à St Thomas d'Aquin

Pour soutenir Aquinas : https://iaquinas.com/dons/

Saint Thomas d’Aquin est une autorité parmi les théologiens de l’Église catholique. Lancé en 2016, l’objectif du projet Aquinas est de rendre la pensée de saint Thomas d’Aquin accessible à tous, gratuitement et dans le monde entier.

Le projet est né d’un constat : une demande croissante d’initiation à saint Thomas émane d’un public toujours plus varié et dispersé dans le monde entier. La formation en ligne est l’outil idéal pour répondre à cette demande. Elle est adaptée à des profils d’élèves très variés par leur état de vie, leur langue, leur âge, leur disponibilité et leur niveau de connaissances. C’est ce que nous avons fait en créant le site internet iAquinas.com.

Notre site internet a pour ambition d’être une plateforme internationale de référence pour l’étude de la pensée de saint Thomas d’Aquin. Il rassemble et ordonne le contenu que nous produisons (vidéos, visuels, audios, textes) et du contenu externe que nous référençons.

Le projet Aquinas s’appuie juridiquement sur une association française : l’association « Aquinas ». Il a été soutenu dès le début par plusieurs collaborateurs bénévoles de nationalités différentes, experts ou amis, laïcs ou religieux dominicains, tous amateurs de saint Thomas

samedi 14 septembre 2019

14 septembre : fête de l'Exaltation de la Sainte Croix

Après le meurtre de son petit-fils Crispus, victime de complots dans la Rome impériale, Hélène partit en Terre Sainte. Jérusalem avait été vidé par l’empereur Adrien de tout souvenir judeo-chrétien, mais Hélène apprit, par révélation, que la croix avait été enfouie dans un des caveaux  du sépulcre de Notre Seigneur. A ce propos nous dira Saint Ambroise : « Elle commença par visiter les Lieux saints ; l’Esprit lui souffla de chercher le bois de la croix. Elle s’approcha du Golgotha et dit  "Voici le lieu du combat ; où est la victoire ? Je cherche l’étendard du salut et ne le vois pas." Elle creuse donc le sol, en rejette au loin les décombres. Voici qu’elle trouve pêle-mêle trois gibets sur lesquels la ruine s’était abattue et que l’ennemi avait cachés. Mais le triomphe du Christ peut-il rester dans l’oubli ? ». Sainte Hélène remercia Dieu d'une grande ferveur et fit bâtir au même lieu une église magnifique dans laquelle elle laissa une bonne partie de la Croix qu'elle fit richement orner ; une autre partie fut donnée à Constantinople ; enfin le reste fut envoyé à Rome, pour l'église que Constantin et sa mère avaient fondée près du Latran qui a toujours depuis le nom de Sainte-Croix-de-Jérusalem. 

Au lendemain de la dédicace de cette basilique construite par Constantin et Sainte Helene, aujourd’hui appelée, « basilique de la Résurrection », le dimanche 14 septembre 335, l'évêque de Jérusalem montre pour la première fois à la foule le bois sacré de la Croix, devenant ce jour-là, la fête de célébration annuelle de la dédicace et de l'exaltation.  Cette fête devint très vite extrêmement populaire en Orient, et passa à l’occident dès le Ve siècle. 

« Nous célébrons la fête de la Croix, de cette Croix qui a chassé les ténèbres et ramené la lumière. Nous célébrons la fête de la Croix et, avec le Crucifié, nous sommes portés vers les hauteurs, nous laissons sous nos pieds la terre et le péché pour obtenir les biens du ciel. Quelle grande chose que de posséder la Croix : celui qui la possède, possède un trésor. Je viens d'employer le mot de trésor pour désigner ce qu'on appelle et qui est réellement le meilleur et le plus magnifique de tous les biens; car c'est en lui, par lui et pour lui que tout l'essentiel de notre Salut consiste et a été restauré pour nous. En effet, s'il n'y avait pas eu la Croix, le Christ n'aurait pas été crucifié, la vie n'aurait pas été clouée au gibet et les sources de l'immortalité, le sang et l'eau qui purifient le monde, n'auraient pas jailli de son côté, le document reconnaissant le péché n'aurait pas été déchiré, nous n'aurions pas reçu la liberté, nous n'aurions pas profité de l'arbre de vie, le Paradis ne se serait pas ouvert ! S'il n’y avait pas eu la Croix, la mort n'aurait pas été terrassée, l'Enfer n'aurait pas été dépouillé de ses armes. La Croix est donc une chose grande et précieuse. Grande, parce qu'elle a produit de nombreux biens, et d'autant plus nombreux que les miracles et les souffrances du Christ ont triomphé davantage. C'est une chose précieuse, parce que la Croix est à la fois la souffrance et le trophée de Dieu. Elle est sa souffrance, parce que c'est sur elle qu’il est mort volontairement; elle est son trophée, parce le diable y a été blessé et vaincu, et que la mort y a été vaincue avec lui ; les verrous de l'Enfer y ont été brisés, et la Croix est devenue le Salut du monde entier. La Croix est appelée la gloire du Christ, et Son Exaltation. On voit en elle la coupe désirée, la récapitulation de tous les supplices que le Christ a endurés pour nous ». Saint André de Crète (660-740)

vendredi 13 septembre 2019

De la PMA au transhumanisme : l'urgence de comprendre

Sur l’échelle des progrès que la technoscience offre au monde moderne, la PMA occupe une place de choix que personne ne s’avise ni de remettre en cause ni même de discuter. Et pourtant …

D’un point de vue historique, la PMA s’inscrit dans le droit fil de la légalisation de l’avortement, comme un revers positif de la médaille. En effet, sans la possibilité de mettre la main sur l’être humain aux premiers instants de sa vie, ce qu’a permis l’avortement, impossible d’autoriser la PMA, grande consommatrice d’embryons, puisqu’on ne réimplante que les plus aptes après les avoir triés. Contrairement à l’avortement qui était « faire l’amour sans faire l’enfant », la PMA c’est « faire l’enfant sans faire l’amour ». Il ne s’agit plus d’enlever du ventre des femmes des enfants indésirables mais d’y introduire des enfants désirés. Au pouvoir de défaire l’embryon s’ajoute celui de le faire, de le refaire, voire de le parfaire.

A « un enfant si je veux » succède « un enfant comme je veux ». Les deux propositions revêtent le même degré d’impériosité, la magie de la deuxième venant compenser la tragédie de la première. Sur le plan philosophique, la PMA introduit une nouvelle définition de l’enfant qui n’avait encore jamais été osée : l’enfant reste « projet parental » tant qu’il n’est pas conforme aux canons de la société. L’enfant est devenu interchangeable, monnayable et négociable s’il ne correspond pas au projet parental. Ce qui compte ce n’est plus la réalité de tel enfant mais l’idée d’enfant, l’enfant virtuel plus que l’enfant réel, l’enfant générique plus que l’enfant génétique. La technique le permet, le marché y trouve son intérêt et la loi légitime tout progrès plus qu’elle ne recherche la justice. En dissociant la procréation de la sexualité, la PMA a rendu l’embryon « disponible », en contradiction avec le principe d’indisponibilité du corps humain. En effet, l’embryon issu d’une PMA peut être fabriqué, trié, congelé, décongelé, transféré, donné à un autre couple, cédé à la recherche, disséqué sur une paillasse de laboratoire, détruit à date de péremption.

Il paraît dès lors inévitable que nos sociétés acceptent la PMA pour toutes les femmes ainsi que l’enfant de substitution procuré par une GPA « éthique ». Le matérialisme, l’argent et le droit se conjuguent pour faire de la PMA la première marche du transhumanisme. Après la déconstruction de l’homme par l’avortement, la PMA a ouvert la reconstruction de l’homme sur des critères qui échappent dorénavant à l’éthique, à la médecine hippocratique et au politique : la reconstruction de l’homme sans l’homme. Il est urgent de le comprendre et de le faire comprendre.

Jean-Marie Le Méné, Président de la fondation Jérôme Lejeune

jeudi 12 septembre 2019

« Le 6 octobre, tous dans la rue » : entretien avec Ludovine de la Rochère ( La Nef)

Ludovine de La Rochère est présidente de La Manif pour Tous (LMPT) qui appelle à une grande manifestation le 6 octobre pour contester le projet de loi bioéthique qui inclut notamment la légalisation de la « PMA pour toutes ». Elle nous en explique les raisons. Entretien.

La Nef – Que pensez-vous du projet de loi bioéthique, qu’est-ce qui vous semble le plus critiquable ?
Ludovine de La Rochère
 – Ce projet de loi serait le franchissement d’un abîme anthropologique, éthique et civilisationnel.
Dans sa partie « procréation », il prévoit que la PMA ne serait plus réservée aux couples souffrant d’infertilité. Les couples de femmes et les femmes seules pourraient donc avoir un enfant en l’absence de père : elles n’auraient besoin d’hommes que pour leur fournir des gamètes. Quant aux couples homme-homme féconds, pourquoi leur ouvrir la PMA, si ce n’est pour les faire profiter d’un diagnostic prénatal. Joint à l’élargissement, prévu dans ce projet, du diagnostic prénatal, cela implique une orientation eugénique.
Le texte prévoit aussi la possibilité, sans condition médicale, de faire prélever et conserver ses gamètes. Sous prétexte de libérer la femme de son « horloge biologique » – une illusion complète – on va mettre la femme enceinte à un âge habituel en position d’avoir à se justifier de ne pas avoir reporté sa grossesse à plus tard…
Quant à la partie qui concerne la recherche, elle veut créer une différence entre l’embryon humain et les cellules embryonnaires. Or ces dernières proviennent évidemment de l’embryon lui-même, et la question en jeu est bien le statut de l’embryon dans tous les cas. Le projet vise aussi à faciliter encore davantage l’utilisation de l’embryon. Les chercheurs n’auraient plus qu’à « déclarer » leurs projets scientifiques : il n’y aurait même plus d’autorisation à demander. L’embryon humain ne serait plus qu’un matériau de recherche comme un autre !
Le projet prévoit en outre d’autoriser la fabrication d’embryons transgéniques. Le transfert in utero ne serait pas autorisé mais, évidemment, si ces recherches sont conduites, c’est bien pour autoriser un jour la naissance d’enfants dont on dira qu’on a « traité » tel ou tel gène pour éviter une maladie. Enfin, le projet veut « encadrer » les travaux qui cherchent à faire des cellules germinales à partir de cellules iPS : en clair, il s’agit d’essayer de produire des spermatozoïdes et des ovocytes à partir de cellules de peau, par exemple. Cela rejoint la partie « procréation » du projet de loi, lequel nous emmène vers une procréation asexuée.

Pourquoi la PMA est-elle pour vous une mauvaise chose ?
La PMA pour les femmes seules et les couples de femmes consistera, d’abord, à faire volontairement des orphelins de père, ce qui va à l’opposé de la finalité du droit, qui est la protection du plus faible.
Cela implique, en outre, une révolution de la filiation : celle-ci ne serait plus fondée sur la réalité humaine – charnelle et psychique – mais sur la volonté de l’adulte. L’enfant devient dès lors otage de l’adulte.
J’ajoute que le fait d’ouvrir la PMA à des personnes fécondes serait un détournement de la médecine. Alors que celle-ci est faite pour soigner les maladies et les prévenir, le législateur pourrait en faire une prestation de service destinée à réaliser nos désirs individuels. Or les désirs humains sont illimités. La PMA sans père entraînera dès lors la PMA post-mortem (réalisée avec les gamètes congelés du père décédé), la gestation pour autrui (GPA), etc.
À cela s’ajoutera d’ailleurs le détournement de l’Assurance maladie puisque le projet prévoit le remboursement de la PMA sans motif médical et ce, dans un contexte où notre système de santé est confronté à de grandes difficultés budgétaires.
Un autre problème majeur est l’insuffisance de gamètes : à ce jour, 3,9 % des couples ayant recours à la PMA ont besoin d’un don de sperme. Si on étend la PMA aux femmes seules et couples de femmes, 100 % d’entre elles auront besoin d’apports de sperme. C’est pourquoi l’extension de la PMA entraînera la France dans le commerce des gamètes. Et dès lors qu’on achète, on choisit… ce qui nous ramène aux implications eugéniques de ce projet de loi.

À quoi ont servi, selon vous, les états généraux de la bioéthique ?
Ils ne sont clairement pas pris en compte en ce qui concerne la PMA, puisqu’il était ressorti des états généraux une opposition très importante à cette pratique.
En revanche, la GPA n’est pas abordée dans le texte, contrairement à ce qui était envisagé. On peut penser que les 90 % d’opposition des participants a eu une certaine portée.

La « PMA pour toutes » est une étape supplémentaire dans la suppression du père : comment analysez-vous la situation actuelle, passons-nous d’une société patriarcale à une société matriarcale ?
Oui, la PMA sans père est une manière de mettre les pères de côté, et donc les hommes. Si ce n’est pour avoir leur sperme (en attendant qu’on puisse en fabriquer à partir de cellules de peau), la société n’aurait pas besoin d’eux. Laurence Rossignol, l’ancienne ministre « des familles », expliquait ainsi, sur le plateau de la chaîne LCI en juin, que la PMA « ne regarde que les femmes, leur ventre, leur grossesse », que « les hommes n’ont rien à dire ». En réalité, les femmes ne font pas les enfants toutes seules, même avec la PMA !
Un autre aspect sous-jacent se déploiera encore davantage je pense : c’est l’indifférenciation sexuelle. La PMA sans père, en effet, consiste à dire qu’un homme et une femme, ou deux femmes, cela revient au même. L’idée, fondamentalement, est qu’un père et une mère ne diffèrent pas… parce qu’un homme et une femme ne diffèrent pas : certes, ils ne sont pas pareils physiquement, mais cela n’aurait pas d’importance. Quant à la différence dans la manière d’être, féminin ou masculin, elle serait due à la culture : la société construirait cette différence pour assurer la domination de l’homme. Comme vous l’avez compris, la PMA sans père est fondée sur l’idéologie du genre.

Le « mariage pour tous » appelait la PMA, qui appelle aussi la GPA au nom de l’égalité et de la lutte contre les discriminations, sésame face auquel personne n’ose vraiment s’opposer : comment communiquer sur ces questions, un débat honnête et non faussé est-il possible ?
Les militants de la PMA et de la GPA utilisent en effet toujours les mêmes arguments. Et pourtant, comme le Conseil d’État l’a exposé, l’encadrement actuel de la PMA n’est pas inégalitaire ni discriminatoire. Mais le fait est que nos opposants n’ont pas d’autres arguments… et que la victimisation fonctionne.
Cependant, il semble que les Français voient très bien la manipulation. Lorsque nous participons à des débats médiatiques, par exemple, nous voyons bien que beaucoup d’internautes, sur les réseaux sociaux, sont d’accord avec nous.
D’ailleurs, 83 % des Français pensent que « l’enfant né par PMA a le droit d’avoir un père et une mère » (sondage IFOP de juin 2019). Nous sommes une immense majorité !

Qu’avez-vous prévu face à ce projet de loi ? Envisagez-vous de revenir à de grandes manifestations et pensez-vous possible de rééditer des rassemblements comparables à ceux de 2013 sur ces questions de bioéthique ?
Le 24 juillet, le projet de loi a été présenté au Conseil des Ministres. Le jour même, avec 18 autres associations, nous avons lancé l’appel à la mobilisation nationale, à Paris, le 6 octobre. Face à l’absence de dialogue et de raison, c’est la meilleure solution.
Je pense que la mobilisation peut être immense, oui, parce que ce projet concerne les enfants et parce que nos concitoyens ne veulent pas du « meilleur des mondes » qui se profile.

Malgré le succès en nombre des manifestations de 2013, la loi pour le « mariage pour tous » est quand même passée : quelle leçon en tirez-vous, était-ce la bonne méthode ?
Il est vrai que la loi Taubira a été votée malgré tout. Mais n’oublions pas nos grandes victoires, des premières dans l’histoire sociétale : reculs successifs de François Hollande sur la PMA ; retrait du projet de loi « Familles » le 3 février 2014, au lendemain de l’une de nos manifestations ; retrait du projet d’ouverture de l’adoption aux couples pacsés et concubins ; volte-face de Manuel Valls sur la GPA… La France a aussi entraîné de nombreux pays à résister : Croatie, Italie, Finlande, Slovaquie, Roumanie, Mexique, Chili, Taïwan…
Le 6 octobre, soyons tous dans la rue !

Propos recueillis par Christophe Geffroy

Tout renseignement pour la manifestation du 6 octobre sur le site de LMPT : http://www.lamanifpourtous.fr/

mercredi 11 septembre 2019

Rentrée littéraire : et si l'on remettait les choses à l'endroit ?

Les croisades étaient-elles une entreprise impérialiste à l’encontre de l’Orient musulman ? L’Inquisition a-t-elle brûlé des milliers d’hérétiques ? La chrétienté médiévale était-elle antisémite ? L’Église s’est-elle vraiment interrogée pour savoir si les femmes avaient une âme ? Les papes de la Renaissance ressemblaient-ils tous aux Borgia ? Pendant les guerres de Religion, les catholiques ont-ils fait preuve d’intolérance alors que les protestants incarnaient la liberté d’esprit ? Galilée a-t-il été condamné parce que les papes s’opposaient aux découvertes scientifiques ? L’Église du XIXe siècle étaitelle par principe hostile à la modernité ? Dans les années 1930, le Vatican s’est-il aveuglé par anticommunisme sur les dangers du fascisme et du nazisme ?

Autant de questions explosives en forme de réquisitoire dans un procès couramment fait à l’Église catholique. Les réponses données ici par quinze historiens visent d’abord à remettre en contexte chaque question dans son époque, avec le souci d’éviter tout anachronisme.

Sans jamais remplacer la légende noire par une légende dorée, cette fresque alerte et passionnante redonne sa place à une investigation historique sans préjugés et sans œillères.

Des signatures: Jean-Christian Petitfils, Sylvain Gouguenheim, Olivier Chaline, Bernard Lecomte, Olivier Hanne, Martin Aurell, Grégory Woimbée, Jean-Louis Benoit, Éric et Émeline Picard, Christophe Dickès, François Huguenin, Yves Chiron, Frédéric Le Moal, Jean Sévillia.

Jean Sévillia est le chroniqueur histoire du Figaro Magazine. Il est aussi membre du comité scientifique du Figaro Histoire. Il a notamment publié Historiquement correct (2003) et Historiquement incorrect (2011), ainsi que, plus récemment, Les Vérités cachées de la guerre d’Algérie (2018).

mardi 10 septembre 2019

Amis pèlerins bretons, nous vous attendons au Feiz e Breizh les 28 et 29 septembre !

Comme nous vous l’annoncions avant l’été, les samedi 28 et dimanche 29 septembre 2019, pour la deuxième année consécutive, se déroulera le pèlerinage « Feiz e Breizh » vers Sainte-Anne-d’Auray.

Lors de la première édition en 2018, le pèlerinage a rassemblé plus de 200 pèlerins marcheurs. Enfants, adolescents et adultes s’étaient groupés derrière les oriflammes de Vannes, Lorient, Quimper, Brest, Saint-Brieuc, Rennes, Nantes… et de la Bretagne extérieure. Plus de 600 personnes assistèrent à la messe de clôture, célébrée dans la Basilique de Sainte-Anne-d’Auray, selon la forme extraordinaire du rit romain.

Le but de ce pèlerinage est de raviver la foi en terre de Bretagne et dans le cœur des bretons qui y participent ou qui le croisent.

Le pèlerinage s’appuie sur trois piliers :

  • Mission : Feiz e Breizh veut toucher spirituellement les familles, en terre de Bretagne, et se faire missionnaire auprès de la jeunesse bretonne.

La foi est une grâce que l’on prie d’obtenir ou pour y être fidèle : nous marchons pour glorifier Dieu, sanctifier les âmes et enraciner notre foi.

  • Tradition : La liturgie romaine, dans sa forme extraordinaire, est une invitation à découvrir le sens du sacré et du beau.

En s’appuyant sur la tradition et le magistère de l’Église, Feiz e Breizh s’inscrit au cœur de la piété bretonne et de ses croyances séculaires.

  • Patrimoine : À l’exemple des saints bretons, nous souhaitons favoriser l’attachement et la connaissance du patrimoine culturel et religieux de Bretagne.

Le pèlerinage Feiz e Breizh convie à la méditation de la vie des saints locaux et à la diffusion des cantiques de langue bretonne.

Le pèlerinage est accessible à tous, la marche se fait en chapitre, unissant ceux qui chantent, méditent et prient ensemble. Plusieurs prêtres diocésains, de la Fraternité Saint-Pierre et de l’Institut du Christ-Roi accompagnent ce « pèlerinage pour la Bretagne ».

Les pèlerins se mettront en marche vers le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray, mère de la Sainte Vierge Marie et grand-mère du Christ. C’est ici que saint Anne est apparue en 1623. C’est donc ici que la patronne de la Bretagne et des Bretons est spécialement honorée depuis les premiers pèlerinages du XVIIe siècle.

Amis, ne restez pas immobiles, ne soyez pas reclus : venez marcher, prier, chanter et vous fortifier avec nous !

 

Au programme :

  • Thème du pèlerinage : « Prier avec nos saints »
  • Saints patrons des deux jours : « Saint Iltud, à l’origine de la chrétienté bretonne » et « Sainte Anne, patronne des familles ».
  • Samedi 28 septembre au matin, les pélerins ont rendez-vous à Guénin (Baud). La Messe sera célébrée vers midi à la La Chapelle Neuve et le bivouac dressé à Bieuzy-Lanvaux (Notre-Dame de Fatima), avec feu de veillée et adoration nocturne au Saint-Sacrement. La distance parcourue sera de 28 kilomètres.
  • Dimanche 29 septembre, la colonne des pélerins franchira encore 20 kilomètres pour atteindre Sainte-Anne-d’Auray. À 16h15, Son Excellence Monseigneur Raymond Centène, évêque de Vannes, présidera la Messe Pontificale pour la clôture de l’édition 2019 du Pèlerinage « Feiz e Breizh ».
  • Pour s’inscrire et pour tout renseignement : www.feiz.bzh

    Contact Presse : Bertrand de Tinténiac – Mobile : +33 6 58 04 06 84 – Courriel : contact@feiz.bzh

Lundi 09 septembre 2019

Notre Dame de Chrétienté fait sa rentrée !

Amis pèlerins, 

Après deux bons mois de vacances, nous sommes heureux de vous retrouver pour cette nouvelle montée vers notre pèlerinage annuel de la Pentecôte qui aura lieu du 30 mai au 1er Juin 2020. Notre dernier pèlerinage a été source de nombreuses grâces, nous ne résistons pas à vous le faire revivre en quelques minutes à l'occasion de cette rentrée ! 

Vous êtes toujours plus nombreux à nous rejoindre sur les routes de Chartres et nous nous en réjouissons : que cette année fortifie nos chapitres anges gardiens et nos pèlerins étrangers pour que leur communion de prière rayonne sur le monde entier et qu'elle nous donne la joie d'accueillir toujours plus de bénévoles dont l'enthousiasme et l'engagement font la force d'une croissance aussi belle qu'exigeante. 

De nombreux rendez-vous vous attendent dont le premier sera celui de notre Journée d'Amitié Chrétienne le 16 novembre en la paroisse Sainte Odile ( Paris 17) pour laquelle nous comptons sur votre présence ! 

In Christo per Mariam, 

Notre-Dame de Chrétienté

mercredi 14 août 2019

A Dieu, Pierre Vouters

Pierre Vouters nous a quittés vendredi 9 aout à l’âge de 62 ans.

Père de 12 enfants, très attaché au pèlerinage de Chartres, il était engagé depuis des années à Notre Dame de Chrétienté, spécialement au service des chapitres enfants dont il a couvert avec fidélité et disponibilité tous les besoins en sonorisation jusqu’au pèlerinage de 2016, juste après lequel il est tombé malade. Il était aussi chargé d’assurer la sonorisation pour la diffusion des méditations aux Pèlerins fatigués.

Tous ceux qui ont côtoyé le Chapitre enfants garderont toujours le souvenir de Pierre sur les bivouacs enfants, affairé aux réglages de son matériel impressionnant, dormant la nuit dans sa camionnette.

Diplômé de Sciences Po, il était un homme de profonde conviction, militant depuis son plus jeune âge pour la défense de la Vie dès sa conception, participant à toutes les manifestations contre l’avortement et pour la Vie. Il a été pendant des années Délégué général de Laissez Les Vivre - SOS Futures Mères dont son épouse Béatrice est la présidente.

Nous conserverons de lui le souvenir d’un homme dévoué, doux, discret et cultivé.

Nous présentons à son épouse Béatrice et à tous ses enfants nos très sincères condoléances et les assurons de nos prières pour lui.

A Dieu, Cher Pierre.

L'association Notre-Dame de Chrétienté

vendredi 12 juillet 2019

Le loup et l'agneau

« La raison du plus fort est toujours la meilleure », dit le fabuliste. Si La Fontaine revenait aujourd'hui, il constaterait sans doute que la déraison du plus violent l'emporte parfois, au moins à l'échelle de la terre.

Pourquoi ce préambule litteraire ?

 

Une pétition circule en ce moment sur Internet, plaidant la cause du loup. En l'occurence, un loup en liberté en Meurthe et Moselle, qui cause des ravages parmi les troupeaux de la région. Le pétitionnaire écrit, textuellement ; « Qui sommes-nous pour nous arroger le droit de vie et de mort sur un animal ? »

 

Il ne m'appartient pas de donner un avis sur ledit animal. Je suis frappé néanmoins de la coincidence avec la mort de Vincent Lambert, ce matin. Ou devrais-je dire, la mise à mort orchestrée du plus haut de l'échelle des décideurs de notre pays.

 

Un loup est protégé au nom de la biodiversité, un être humain est éliminé au nom du confort de vie et de la dignité humaine.

« Force reste à la loi ? »... Ou bien « Violence persiste et signe entre les mains de l'arbitraire ? »

 

Mourir de faim et de soif...

Pour illustrer cela à nos yeux, un lecteur racontait à un journal sa propre situation au tunnel de Dora sous l'Allemagne nazie. Il avait été contraint de travailler plusieurs jours, privé volontairement d'eau et de nourriture, dans quelles souffrances ! Cette souffrance silencieusement endurée par Vincent est l'écho d'une sentence du dernier jour que nous connaissons bien ; « j'avais faim et vous ne m'avez pas donné à manger,  j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire» (Matth 25, 31-46). Nous savons quelle signature porte ce qui commence dans le mensonge et finit dans la mort de l'innocent.

 

Le degré de civilisation d'un pays se mesure, entre autre, à sa capacité à protéger les plus faibles, les plus vulnerables de ses membres. Vincent Lambert en est devenu, bien malgré lui, le porte drapeau. S'adressant à lui une dernière fois à distance, depuis le parvis de Saint Sulpice, son courageux défenseur, Maître Jérôme Triomphe déclarait “Tu n’es qu’un symbole pour faire avancer le débat sur l’euthanasie”, donc “tu dois mourir au nom de la loi, maintenant c’est fini”. Et Maître Jean Paillot, autre courageux défenseur, constatait « une régression dramatique des droits » ; « C'est une cathédrale d'humanité qui brûle sous nos yeux » !

 

Combien de Vincent Lambert ?

Combien peuvent aujourd'hui craindre pour leur premier droit humain fondamental, celui de vivre ? Et conjointement, celui de recevoir nourriture et hydratation, même lorsque leur état de santé est dégradé mais stable ?

Combien de personnes handicapées ou diminuées mais conscientes vont assister à leur propre exécution si, comme on peut le prévoir, le « cas » de Vincent fait jurisprudence ?

Où sont les apôtres zélés des droits de la personne, les défenseurs de l'humanité, les pourfendeurs de crime contre l'humanité ?

 

Ces questions se posent sérieusement.

 

Mais ce temps est d'abord celui de la prière, du recueillement. Comme l'a souligné Maître Triomphe, il y a quelquechose de christique dans la mise à mort de Vincent Lambert, victime muette de l'arbitraire. « Comme une brebis menée à l'abattoir, comme un agneau devant celui qui le tond, il se tait, il n'ouvre pas la bouche » (Isaïe, 53, 7).

 

Alors nous nous associons de tout cœur à la demande de plusieurs évêques, que des messes soient célébrées pour le repos de l'âme de Vincent Lambert.

Si nous dénonçons l'injustice de la violence, nous reconnaissons aussi la fécondité de la souffrance d'un innocent. Surtout lorsque celle-ci est déposée sur la patène, à côté de l'hostie immaculée, le Christ mort et ressuscité.

 

Stabat Mater...

Et parce qu'au pied de la croix se tenait Marie, debout dans les larmes, majestueuse de foi et d'esperance jusque dans sa peine, nous lui confions aussi les proches de Vincent. Eux aussi sont au pied de la Croix, en ces heures. Que Notre Dame les prenne sous son voile de tendresse, de miséricorde et de pitié !

 

Une messe sera célébrée au nom de Notre Dame de Chrétienté, à cette intention, le samedi 13 juillet, à 11 heures.

 

Abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre-Dame de Chrétienté

Jean de Tauriers, Président de Notre-Dame de Chrétienté

jeudi 04 juillet 2019

3 jours de formation essentiels auxquels vous pouvez encore vous inscrire

Chers amis

Dans la continuité de notre beau pèlerinage de Pentecôte et du sermon de combat de Mgr Léonard nous vous invitons à participer à l'Université d'été organisée, aux environs de Nevers, du 11 au 14 juillet sur le thème: Révoltes. Révolutions. Contre-révolutions par nos amis de Renaissance catholique.


Les conférenciers rassemblés (Philippe de Villiers, Hilaire de Crémiers, Joël Hautebert, etc.) fourniront l'indispensable complément intellectuel à notre démarche spirituelle pour que France continue et chrétienté ressuscite.

Cette session est ouverte à tous et propose un tarif préférentiel pour les étudiants.

Informations et inscriptions en ligne : www.renaissancecatholique.org

Contacts : renaissancecatholique@wanadoo.fr Tél. 01 47 36 17 36 

 

 

vendredi 28 juin 2019

Notre-Dame de Chrétienté vous souhaite de bonnes vacances !

Alors que certains s'apprêtent à rejoindre d'autres horizons ce week-end pendant que d'autres tremblent pour le brevet différé de leur progéniture et ne programment leur carillon que pour la fin du mois , Notre-Dame de Chrétienté souhaite de bonnes vacances à tous ses vaillants pèlerins ! 

Une mention particulière est dédiée aux 1 000 bénévoles qui ont encore donné de leur temps avec générosité et enthousiasme pour ce 37ième pèlerinage. "Aimer, c'est tout donner et se donner soi-même" : que cet amour nous guide vers la Paix du Christ par le Règne du Christ ! 

Notre profonde gratitude serait incomplète si nous n’y associons pas nos deux partenaires privilégiés : Rejoyce à Versailles et Tribouillet à Chartres.

Grâce à Tribouillet, ce sont pas moins de 75 tonnes d'eau en bouteille cette année qui ont été mises à disposition des pèlerins pour leur donner la force d’aller toujours plus loin !

Rejoyce orchestre depuis de nombreuses années toute la sonorisation et l'image de notre pèlerinage : mise en place des deux écrans géants pour permettre de suivre les Messes où que l'on soit, prise de vue et diffusion de la Messe de Chartres sur internet (22 000 connexions), sonorisation des sites et des bivouacs dont le doux réveil musical que vous chérissez tant, "amis pèlerins, bonjour" ...

A tous, un immense merci !

Nous serons heureux de vous retrouver dès le mois de septembre pour préparer notre journée d’Amitié Chrétienne qui se tiendra le 16 novembre à Paris : à vos agendas !

Récit d'un chapitre d'anges gardiens dans le massif du Pilat

Notre marche nous a conduits sur les crêts du Pilat, depuis le refuge de la Jasserie, auberge née d’un ermitage des Chartreux de Sainte Croix-en-Jarez, jusqu’à la Chapelle Saint Sabin, édifiée à la fin du XVIIe siècle à l’emplacement d’une forteresse gauloise et devenue depuis un lieu de pèlerinage traditionnel le lundi de Pentecôte.

 

Le Veni Creator chanté ou balbutié au pied du clocher de la Jasserie, nous partons en milieu de matinée, quasi vingt, sous une pluie qui s’installe et gagne en épaisseur à l’orée du bois de hêtres où nous entrons. Les feuilles de chants et de méditations boivent l’eau allègrement mais Louis et Zélie Martin, dont l’hagiographie se mêle aux mystères lumineux, résistent sur le papier comme dans les coeurs. Nos godillots prennent l’eau mais la joie des petits qui sautent de flaques en flaques, et l’Esprit Saint qui souffle discrètement sur les braises intérieures, ravivent notre ardeur. Nos Ave Maria traversent les chirats, les bois de charmilles, les landes de genêts, et ajoutent leur part d’éternité à la fragile poésie des sommets.

 

Le pique nique de midi n’offre pas davantage de répit. La pluie battante nous force à trouver refuge sous les sapins : grelottant sous les ponchos, nous échangeons, avec l’âme virile des derniers résistants d’une Chrétienté toujours à renouveler, chips, sandwichs, fraises tagadas, frênette…Une famille nous rejoint sous l’abri de fortune. Des mamans vaillantes donnent la becquée, avec une étonnante dextérité, aux nourrissons blottis contre elles.

 

Nous entamons la descente sur le versant rhodanien. La croix passe de main et de main et notre jeu d’équilibriste s’affine pour s’assurer des rochers glissants de l’ancienne voie romaine. Nos prières sont entendues, la pluie s’arrête. Comme chaque année désormais, la fontaine Chaumienne nous fournit le prétexte d’une halte prolongée. Adossés au hameau,  cernés de lupins qui pointent leur hampe colorée vers le ciel, nous nous chauffons la gorge et le coeur de chants des quatre coins du monde, à Henri IV et d’Amérique, cosaques et alsaciens. Deux nouvelles familles viennent élargir le groupe et la marche reprend au rythme vigoureux de « Chartres sonne ».

 

15h : l’heure de la miséricorde ouvre l’ultime étape de notre pèlerinage. Depuis le col du Gratteau, nous nous laissons glisser paisiblement à travers les sapins, dressés comme une armée ou abattus par les dernières coupes claires, dans l’écharpe de brume qui s’accroche à la dernière pente.

 

Nous franchissons enfin le tertre gaulois au sommet duquel est installée la chapelle Saint Sabin, modeste édifice dont les crépis successifs dissimulent l’ancienneté. Rejoints par d’autres paroissiens et quelques badauds, nous sommes désormais près de quarante à suivre la messe qui commence. La séquence du Veni Sancte Spiritus lance une mystérieuse et touchante passerelle entre le ciel et la terre comme entre les époques. Le Ciel ne dédaigne pas de venir habiter notre théâtre bien sonore dont le plancher résonne sous les trépidations des plus jeunes comme sous les aboiements du chien venu nous rejoindre à toute force. Et l’on se prend à penser aux paysans de 1683, fourbus et non moins vivants, venus réclamer au « Consolateur souverain…les sept dons qui font les saints ».

 

La Sainte Vierge veille sur chacun de nous pendant les vacances

Ce que beaucoup ignorent encore du pèlerinage de Chrétienté, c’est la puissance de sa communion de prière qui va bien au-delà de sa colonne de plus de 14 000 pèlerins pour se répandre sur toute la France et Outre-Mer mais aussi au Luxembourg, au Royaume-Uni, en Suisse, en Espagne, en Belgique, en  Italie, en Espagne, en Allemagne, en Slovaquie, au Togo, en Afrique du Sud, en Tunisie, au Mali, au Etats-Unis, en Argentine, au Canada, en Syrie…

Une communion de prières qui ne se ferait pas sans la présence de ceux que l’on appelle à juste titre, nos anges gardiens. Inscrits dans une parfaite démarche de réciprocité spirituelle, ces 3 500 laïcs et communautés religieuses dépassent leurs contraintes (éloignement, expatriation, âge, santé, vie en communauté…)  pour vivre pleinement les grâces de l’effort, de la prière, de la méditation, de la confession et de la messe, mais à distance. Ils se retrouvent d’ailleurs parfois en groupe, le temps d’une marche « locale «, d’un office ou du rosaire.

Ils prient pour les pèlerins marcheurs et les pèlerins marcheurs portent leurs intentions écrites de prières qui sont déposées au pied de Notre-Dame du Pilier dans la cathédrale de Chartres lors de la messe de clôture du pèlerinage. Des demandes de guérison, de conversion, de résolution de problèmes familiaux ou conjugaux, d’emploi, de soutien financier, de sérénité, de discernement, du salut de l’âme d’un proche, de l’accompagnement à la mort, de fécondité…tout ce qui fait la vie de chacun. Cette communion pleine et entière d'enfants de Dieu venus de toutes parts et de toutes conditions pour se  placer humblement sous le regard aimant de Notre Seigneur manifeste toute l'espérance d'un retour à la chrétienté. 

« Un membre souffre-t-il ? Tous les membres souffrent avec lui.

Un membre est-il à l’honneur ? Tous les membres prennent part à sa joie.

Or vous êtes le Corps du Christ, et membre chacun pour sa part » (1 Co 12, 26-27)

« Nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même » (Rm, 14, 7)

 

jeudi 27 juin 2019

Interview d'Hervé Rolland pour Télé Lumière, télévision catholique au Moyen Orient

Première chaîne de télévision chrétienne au Liban et dans le monde arabe, Télé Lumière a été fondée en 1991. Depuis 2003, elle diffuse également une programmation par satellite dans le monde entier sous le nom de Noursat .
Notre-Dame de Chrétienté remercie particulièrement Dominic Chikhani de l'avoir sollicitée pour mieux faire connaître à l'ensemble des chrétiens d'Orient le pèlerinage de Chartres.
Certains de nos amis chrétiens d'Orient sont déjà en communion avec nous en marchant dans les montagnes de la vallée des chrétiens en Syrie et nous avaient, pour rappel, adressé ce message de communion de pèlerinage le 8 juin :

"A tous les pèlerins

de Notre-Dame de Chrétienté,

les chrétiens d'Orient

et les volontaires

sont en union de prières

et de souffrances avec vous.

Ne lâchez rien".